Séduite par un pompier

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Pour le 14 juillet, valsez avec un beau POMPIER !

Trois semaines. C'est le temps durant lequel Evie va devoir résister à l'attirance incroyable qu'elle ressent pour Scott Jones, avant que celui-ci ne quitte l'Australie. Car, si cet homme qu'elle vient de rencontrer a le pouvoir de faire vibrer chaque fibre de son corps, il n'est absolument pas un homme pour elle. Trop beau, trop jeune, trop...aventureux, il exerce en outre le dangereux métier de pompier. Or, Evie se l'est juré : jamais plus elle ne risquera son coeur pour un homme qui n'a rien de plus à lui offrir qu'une liaison - aussi délicieuse soit-elle...

12 mois, 12 romances, 12 hommes ultra sexy...
Avec le calendrier Harlequin 2016, vivez une année pleine d'émotions et de passion !
Publié le : vendredi 1 juillet 2016
Lecture(s) : 11
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280353137
Nombre de pages : 200
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De plus en plus mal à l’aise sur son inconfortable siège d’aéroport, Evie Dunn étira les jambes et poussa un long soupir. Elle attendait depuis deux longues heures dans le terminal des arrivées, et elle atteignait les limites de sa patience. D’ailleurs, elle détestait les aéroports. Trop de gens en partance, trop de visages tristes, trop d’adieux. Baissant les yeux vers le rectangle de carton qu’elle tenait entre les mains, elle suivit du bout du doigt le nom qui y était inscrit. Le petit frère de son amie Callie, qui était sur le point de devenir sa belle-sœur, arrivait sur le vol de midi en provenance de Los Angeles, via Sydney, et elle avait accepté d’aller l’accueillir. Car c’était toujours à elle qu’on faisait appel dans ces cas-là. Elle allait chercher des gens, ou elle les déposait. Evie, solide comme un roc. Evie, sur qui on pouvait toujours compter. Evie, ennuyeuse comme un jour de pluie. « Faux », corrigea-t-elle aussitôt. Elle n’était pas ennuyeuse. Elle était simplement une personne responsable et digne de confiance, et il n’y avait rien de mal à cela. Et, aujourd’hui, fidèle à sa réputation, elle avait accepté de faire ces quatre heures de route aller et retour entre Crystal Point et Brisbane. Si le neveu d’Evie ne s’était pas fracturé le bras en tombant de vélo, c’était à Callie qu’aurait échu cette mission. — Callie ! gémit-elle tout bas. Pourquoi n’es-tu pas ici à ma place ? Elle aimait bien la personne qu’elle était. En tout cas, la plupart du temps. Lorsque la petite voix insinuante de son esprit lui soufflait de se détendre un peu, d’oser prendre des risques, de se conduire de façon fantasque et imprévisible pour une toute petite fois dans sa vie, elle la faisait taire. Ces idées-là étaient bannies de son univers. Elle avait une maison d’hôtes à gérer, et un fils adolescent à élever. Les risques inutiles ne faisaient pas partie de son programme. Les passagers commencèrent à s’acheminer vers la sortie. Certains allaient embrasser leur famille ou leurs amis, d’autres poursuivaient seuls. Elle se leva, brandissant sa pancarte devant elle. Alors que la foule s’éclaircissait déjà, un homme brun de haute taille attira son attention. Il marchait d’un pas nonchalant, comme s’il n’était pas du tout pressé, comme s’il avait tout le temps du monde devant lui. Et quelque chose dans sa physionomie lui sembla vaguement familier. Il avait les mêmes yeux bleus que Callie. L’homme était vêtu d’un pantalon kaki porté bas sur les hanches et d’un T-shirt noir. Il avait pour bagage un grand sac de style militaire, suspendu à son épaule. Il était grand, athlétique, et beau à couper le souffle. Pas vraiment l’idée qu’elle se faisait d’un « petit frère ». Il ralentit le pas et parcourut la salle des yeux, comme s’il cherchait quelqu’un dans la foule. Leurs regards se rencontrèrent. Il jeta un coup d’œil à sa pancarte, puis il releva les yeux pour retrouver les siens. Une seconde plus tard, il lui offrit un sourire dévastateur qui lui irradia le corps. Il s’arrêta à quelques pas pour l’examiner tranquillement et, sous ce long regard évaluateur, elle se surprit à regretter de ne pas avoir soigné davantage sa tenue. — Je suppose que c’est vous qui êtes venue m’accueillir ? La voix douce et grave au fort accent américain lui fit l’effet d’une caresse. — Bonjour, dit-elle d’une voix étranglée. Je suis Evie, la sœur de Noah. — Scott, annonça-t-il en serrant la main qu’elle lui tendait. Heureux de faire votre connaissance. Scott Jones, le plus fabuleux spécimen masculin sur lequel elle ait jamais posé les yeux. Et presque une génération trop jeune pour une femme de trente-six ans comme elle. — Avez-vous fait bon voyage ? s’enquit-elle, la bouche sèche. — Pas trop mauvais, répondit-il, si l’on excepte l’escale de trois heures à Sydney.
— Vous pourrez dormir un peu en route, si vous le désirez, dit-elle, ignorant les battements précipités de son cœur. — C’est gentil à vous d’être venue m’accueillir. — Pas de problème. — Je suppose que je devrais aller récupérer mes bagages. — Oui, bien sûr, admit-elle. Mais verriez-vous un inconvénient à me montrer d’abord une pièce d’identité ? — Pardon ? Elle redressa les épaules. — J’ai besoin de m’assurer que vous êtes bien qui vous prétendez être, précisa-t-elle, prudente comme toujours, et comme toujours responsable. Il lui sourit, et elle vit se dessiner la plus merveilleuse fossette sur sa joue. — D’accord. Il porta la main à la poche arrière de son pantalon pour en retirer son passeport, et elle ne put s’empêcher de remarquer le jeu de ses puissants biceps sous le T-shirt. Elle lut son nom — Scott Augustus Jones —, constatant sans surprise qu’il était également extrêmement photogénique, puis elle lui rendit le document. — Souhaitez-vous me passer à la fouille, maintenant ? suggéra-t-il en lui décochant un nouveau sourire éblouissant. — Je… ne crois pas, non, bredouilla-t-elle, se sentant rougir. Il plaisantait, bien sûr, mais elle ne put s’empêcher de s’imaginer en train de laisser glisser les doigts sur ce torse sculptural, et une onde de chaleur l’envahit. — Si… nous allions chercher vos bagages ? Souriant de nouveau, il la suivit jusqu’aux escalators. Elle sentait le regard qu’il posait sur elle et se désola encore une fois de l’image médiocre qu’elle devait lui offrir, avec sa jupe en jean délavé et son chemisier gris. Lissant un pli imaginaire sur sa jupe, elle redressa le menton et regarda droit devant elle. Il ne leur fallut que trois minutes pour récupérer le sac de Scott, et cinq de plus pour retourner à sa voiture. Elle se réjouit d’avoir songé à emprunter le gros pick-up de son frère au lieu d’être venue à l’aéroport dans sa petite Honda. Les longues jambes puissantes de Scott Jones n’étaient pas faites pour l’exiguïté d’une minuscule voiture japonaise. Pas plus que ses larges épaules ou ses bras musculeux… Elle refoula précipitamment ces images dérangeantes. Elle devait absolument se reprendre.Et vite. Cela faisait une éternité qu’elle n’avait pas songé à un homme de cette façon-là. Bien sûr, quelques pensées vagues et passagères avaient pu lui traverser occasionnellement l’esprit. Mais il ne s’agissait la plupart du temps que de réminiscences du mari qu’elle avait aimé et perdu. Il n’avait jamais été question de passer à l’acte. Après tout, elle était veuve et maman. Dix ans. Une décennie entière d’abstinence à mener une véritable vie de nonne. Elle lança un nouveau regard en direction de Scott, suffisamment bref pour n’être pas trop déplacé. Jeune. Ce fut le premier terme qui lui vint à l’esprit.C’est le frère de Callie qui ne compte rester ici que trois semaines. Et ce n’est pas du tout mon type. Son type, cela avait été Gordon. Fort et sensible. Son premier et son unique amour. Ils avaient été heureux ensemble. Mais sa mort absurde l’avait plongée dans le plus noir désespoir. Elle s’était enterrée elle-même en même temps que son cher mari. Elle avait enterré définitivement lafemme en elle et avait repris sans regret le cours solitaire de son existence. Ou, tout du moins, c’était ce qu’elle avait cru jusqu’à aujourd’hui. — Merci de vous être dérangée pour venir m’accueillir. Evitant soigneusement son regard, elle roula lentement vers la sortie du parking. — Vous l’avez déjà dit, lui fit-elle remarquer. — Alors, qu’est-il donc arrivé à cet enfant ? s’enquit-il en allongeant nonchalamment les jambes. — Matthew est tombé de son vélo avant-hier, et il s’est fracturé le bras. Il est déjà sorti de l’hôpital, mais Callie a préféré ne pas le laisser seul. Elle admirait la fiancée de son frère. Callie s’était tout naturellement installée dans le rôle de maman des quatre enfants de Noah, et, en peu de temps, elle était devenue l’élément tonique dont la famille avait besoin. Lorsque Matthew, qui était âgé de quatre ans, avait fait cette vilaine chute,
Evie s’était donc aussitôt proposée pour aller accueillir le frère de Callie à sa place, à l’aéroport de Brisbane, et le ramener à Crystal Point. Callie avait déjà assez de soucis comme cela, avec les préparatifs de son mariage, qui devait avoir lieu dans quelques semaines à peine. Par surcroît, elle s’efforçait de vendre une maison qui était en pleine rénovation et devait maintenant s’occuper du petit Matthew. Mais Evie était loin de soupçonner que ce frère serait aussi séduisant et ne s’était pas attendue à ressentir cet étrange frisson, à éprouver cette curieuse difficulté à respirer. Cela ne prouve rien,sinon que tu es encore vivante. — Alors ? s’enquit-elle d’un ton faussement enjoué. Que faites-vous dans la vie ? — Je travaille pour le Département incendie de la ville de Los Angeles, répondit-il en lui lançant un regard en biais. Un pompier ? Son cœur cessa de battre. Combattre le feu était un métier extrêmement dangereux. Exactement le genre de détails dont elle avait besoin pour refroidir instantanément cette résurgence incongrue de sa libido ! — Vous faites un métier risqué, non ? — Cela peut l’être. — Alors, pourquoi l’avez-vous choisi ? ne put-elle s’empêcher de demander. — Il faut bien que quelqu’un le fasse, vous ne croyez pas ? — Oui, je suppose. Il n’avait pas tort, bien sûr. Mais cela ne l’empêchait nullement de considérer tous les risques qu’il prenait. Elle avait eu plusieurs années pour réfléchir aux risques et aux dangers de l’existence. Dix ans pour être exacte, depuis ce soir pluvieux où Gordon avait enfilé son blouson de volontaire des services d’urgence de la ville et qu’il était parti en promettant de rentrer très vite. Il n’était jamais revenu. Cette nuit lointaine avait été si horrible qu’elle avait définitivement refermé la porte de son cœur. Mais quelles étaient exactement les motivations de Scott ? — Dites-moi, sincèrement, pourquoi faites-vous cela ? Etes-vous un accro de l’adrénaline ? Il éclata de rire, et c’était si incroyablement sexy qu’elle sentit ses joues s’enflammer. — Je suis certain que ma mère et ma sœur en sont persuadées. — Mais pas vous ? insista-t-elle. — Je le fais parce que c’est mon travail. Parce que c’est ce que je sais faire. Je ne me pose pas la question du pourquoi. Essayez-vous toujours d’analyser les raisons de chacune de vos actions ? Non. Parce qu’une personne cloîtrée en elle-même ne se pose pas de questions. Elle ne se soucie que de conserver le contrôle de sa vie, ne vit que pour l’instant présent. Mais elle ne l’admettrait jamais à haute voix. Elle préférait avoir l’air de vivre sa vie comme tout le monde. — Quelquefois, oui, répondit-elle simplement. — Que faites-vous exactement, dans la vie ? — Je gère une maison d’hôtes. — Oui, je crois que Callie me l’avait déjà mentionné. Et vous avez un fils, c’est bien cela ? — Trevor, précisa-t-elle. Il a quinze ans. Bien qu’elle ait les yeux fixés sur la route, elle sentit qu’il la dévisageait d’un air surpris. — Vous avez dû vous marier très jeune. — Selon certains avis, oui. J’avais dix-neuf ans. Elle crut presque l’entendre se livrer à un calcul mental. Tout à coup, elle avait l’impression d’être centenaire alors que lui, elle le savait, avait tout juste vingt-sept ans. Elle alluma la radio pour se donner une contenance et attendit que la musique emplisse la cabine. — Souhaitez-vous que nous nous partagions la conduite ? — En Australie, nous roulons à gauche, rappela-t-elle en lui lançant un regard en coin. — J’ai un permis de conduire international. Elle aurait dû s’y attendre. Il était jeune, séduisant, intrépide, et rompu à toutes les disciplines. — Nous verrons tout à l’heure. Il ne dit plus un mot durant un moment, et elle commença à se détendre, même si elle sentait sa proximité dans chaque fibre de son corps. Qu’est-ce qui rendait les hommes comme Scott Jones si différents des autres, au point qu’en leur présence, certaines femmes en oubliaient instantanément tout leur bon sens pour se lancer dans des folies ? Mais elle n’allait pas se couvrir de ridicule à cause d’un corps parfait et d’un sourire de rêve.
Elle lança un regard furtif en direction de Scott, et constata qu’il avait les yeux fermés. Tant mieux. S’il dormait, elle n’aurait pas à lui faire la conversation. Sans compter qu’ils avaient encore trois semaines devant eux, incluant un mariage, Noël et le jour de l’an. Et elle devinait déjà que ces trois semaines risquaient d’être fort longues.
* * *
Scott avait envie de dormir. Il en avait désespérément besoin. Mais il ne se souvenait pas d’avoir dormi plus de deux heures depuis une éternité, sans que les mêmes rêves reviennent le hanter. Oui, je peux… Huit mois. A quelques jours près, cela faisait huit mois déjà que Mike O’Shea, son collègue et ami, avait trouvé la mort. Et depuis, le nuage noir de la culpabilité, de la douleur et du regret planait au-dessus de sa vie. L’enquête l’avait certes lavé de tout soupçon de négligence dans l’accident qui avait coûté la vie à Mike, mais il se sentait responsable. Il aurait dû être là pour sauver son ami. Il aurait dû être meilleur, réagir plus vite, écouter son instinct au lieu de suivre les procédures à la lettre. Mike le méritait. Tout comme les deux fillettes et l’épouse inconsolable qu’il laissait derrière lui. Cela ne faisait que prouver une nouvelle fois qu’un homme de sa profession ne pouvait pas tout avoir. Il avait son travail, un travail qu’il adorait, mais qui était absolument incompatible avec une vie de famille. En tout cas, une vie de famille qui comprenait une épouse, des enfants, et un engagement total. Il n’avait été amoureux qu’une seule fois, il y avait quelques années de cela. Il s’était dit qu’en épousant une femme qui exerçait la même profession que lui, celle-ci comprendrait les pressions et les dangers auxquels il était confronté. Leur idylle avait duré dix-huit mois, puis elle était partie sans se retourner, loin de lui, de leur appartement et de leurs projets d’avenir. Il aurait dû le prévoir. Depuis, l’amour avait été exclu de sa vie. Le désir, c’était différent. Depuis que Belinda l’avait quitté, il était sorti avec une douzaine de femmes différentes. Il avait passé la nuit avec quelques-unes d’entre elles, mais il n’avait jamais ressenti l’envie de se lancer dans une relation sérieuse. Les engagements à long terme n’étaient pas pour lui. Pas tant qu’il exercerait son dangereux métier, en tout cas. Il prit une profonde inspiration, et un soupçon de parfum vint lui caresser les narines. Une senteur douce de vanille ? Très agréable, en tout cas, et il ne put s’empêcher de sourire. Cette femme assise près de lui était extrêmement séduisante, même s’il la sentait nerveuse et tendue. Elle avait une chevelure magnifique. Il n’avait jamais su résister aux longs cheveux noirs. Pour lui, il n’existait rien de plus sexy. Elle avait de surcroît une bouche faite pour les baisers, et d’immenses yeux verts sous des sourcils inclinés qui lui donnaient un air impertinent. C’était un type de femme qu’il aurait remarquée n’importe où. Epanouie et si douce qu’il brûlait d’envie de la caresser. Il devrait peut-être lui faire un peu de conversation et briser la glace entre eux. De toute façon, parler avec les femmes n’avait jamais été un problème pour lui. Il les aimait, et, en général, elles l’appréciaient en retour. Celle-ci, cependant, ne semblait pas avoir envie de bavarder. Il garda donc les yeux fermés et se concentra sur la musique qui les enveloppait. Dormir… oui… je peux…
* * *
Evie sentait venir une migraine. C’était sans doute parce qu’elle ne parvenait pas à décrisper la mâchoire. Obnubilée par la présence de l’homme endormi à son côté, elle serrait fermement le volant et gardait le regard fixé droit devant elle. Ils roulaient depuis une heure et demie déjà, et elle avait envie de faire une pause. Aussi finit-elle par se garer dans le parking d’un café. Elle coupa le moteur et déboucla sa ceinture sans que son passager paraisse se réveiller. Elle profita alors de l’instant pour l’examiner tout à loisir, et une étrange chaleur l’envahit, comme des braises mal éteintes que le vent aurait rallumées. Et alors ? Cela prouvait seulement que son corps n’était pas devenu aussi insensible qu’elle l’avait cru. Que devait-elle penser de cette brusque attirance ? Elle n’était même pas sûre d’avoir envie de la ressentir. Saurait-elle encore aimer ? Bien sûr, elle savait aimer son fils, ses parents, son frère
et ses sœurs, ainsi que ses neveux. Et elle était également une amie fidèle. Mais, un homme ? Un homme de chair et de sang comme celui qui dormait près d’elle ? C’était tout à fait différent. De lointains souvenirs resurgirent dans sa mémoire, comme les fantômes d’une vie passée qui aurait été celle d’une autre personne. Plus exactement une femme qui avait eu un mari, un amant, une âme sœur. Lorsque Gordon vivait, elle avait tout cela. Ils riaient, faisaient l’amour et elle connaissait la passion, la chaleur, la moiteur des nuits. Mais, aujourd’hui, elle n’était plus cette femme-là. Prenant une profonde inspiration, elle ramassa son sac et ouvrit précautionneusement sa portière. Il y avait peu de clients dans le restaurant, et elle commanda deux cafés à emporter et des sandwichs sous emballage plastique. Elle attendait au coin du comptoir que sa commande soit prête, lorsqu’elle entendit une voix derrière elle : — Comment est le café, ici ? Scott se tenait juste à côté d’elle. Son torse formait comme une solide muraille. — Je ne sais pas encore, répondit-elle en lui tendant un petit carton contenant deux gobelets. En tout cas, il est chaud. — C’est un bon début. Et si nous nous asseyions ? — Pourquoi pas ? Récupérant les sandwichs, elle le suivit jusqu’à une table en Formica au fond de la salle. A sa grande surprise, il lui avança galamment une chaise. — Combien vous dois-je ? s’enquit-il lorsqu’ils furent assis. — Je vous l’offre, répondit-elle, s’efforçant d’ignorer les battements affolés de son cœur. Il lui sourit de nouveau, et elle eut le plaisir de voir réapparaître la fameuse fossette. — Merci, dit-il en versant du sucre dans son café. Callie m’a annoncé que vous seriez l’une de ses demoiselles d’honneur. — C’est vrai, répondit-elle en poussant un sandwich vers lui. Et il paraît que c’est vous qui devez conduire la mariée à l’autel ? — C’est vrai aussi, dit-il. Alors, que faites-vous dans la vie, à part vous occuper de vos chambres d’hôtes ? Elle sirota une gorgée de café avant de répondre. — Je peins, finit-elle par articuler. — Des maisons ? — Des tableaux, corrigea-t-elle. Des portraits, des paysages… enfin, tout cela. — Vous êtes donc ravissante et talentueuse… Elle se sentit rougir et fut à deux doigts de protester. Sa sœur Grace était réellement un exemple de beauté classique. Et Mary-Jayne, leur sœur cadette, avait toujours été considérée comme la plus belle fille de la famille. Mais elle était… simplement Evie. — Et je donne aussi quelques cours de peinture dans mon atelier, ajouta-t-elle, ignorant son compliment. Et vous, que faites-vous ? Je veux dire, pour vous détendre ? Ce n’était pas exactement ce qu’elle avait voulu dire, et elle comprit aussitôt qu’il risquait d’interpréter sa question comme une ébauche de flirt. Or elle ne flirtait jamais. Sans le moindre avertissement, le séduisant Scott Jones avait ouvert la porte d’une féminité qu’elle gardait fermée à double tour depuis une décennie. — Ce que je voulais savoir, ajouta-t-elle précipitamment pour dissimuler son embarras, c’était si vous aimiez le sport. — Oui, j’aime beaucoup le sport, admit-il en souriant. Et vous ? — Je l’aime surtout en spectatrice. — Mais vous n’en pratiquez aucun ? — Je cours un peu, assura-t-elle un peu piteusement. — Ah ? Moi aussi. Avec un corps comme le sien, il devait faire davantage que courir un peu. Elle jugea prudent de changer de sujet : — Il est temps de se remettre en route, non ? Sans lui laisser le temps de répondre, elle ramassa tasse de café et sandwich et se dirigea vers la sortie. Le soleil se couchait déjà à l’horizon, et ils avaient encore presque trois heures de route devant eux. Il ferait nuit noire lorsqu’ils arriveraient à Crystal Point. Elle s’installa derrière le volant et fit démarrer le moteur. Ils roulèrent quelques minutes en silence avant qu’il ne reprenne la parole :
— Connaissez-vous la crosse ? — Est-ce le sport que vous pratiquez ? s’enquit-elle, esquissant un sourire. — Oui. Je crois que vous l’aimeriez beaucoup. — Lors de mon prochain séjour à Los Angeles, j’essaierai d’assister à un match. — Avez-vous déjà visité Los Angeles ? — Une seule fois, répondit-elle. Il y a des années de cela. Avec Gordon, nous avons fait le circuit touristique classique, juste après notre mariage. — Gordon ? Etait-ce votre mari ? — Oui, dit-elle en baissant la voix. Il est décédé. — Callie me l’a dit. Il doit vous manquer beaucoup. — Oui. — Vous étiez heureux ensemble ? Elle tourna la tête une seconde pour le dévisager. C’était une question extrêmement personnelle de la part d’un quasi-inconnu.Un quasi-inconnu qui ferait bientôt partie de la famille, du clan Preston. Sauf qu’elle-même n’était plus Evie Preston depuis longtemps. Elle était Evie Dunn, mère d’un fils — son père aimait à dire : « mère poule ». Celle des trois sœurs qui se fondait le plus dans le paysage et prenait en charge tout ce qui devait être fait. La fille raisonnable… — Nous étions très heureux ensemble, murmura-t-elle. — Votre fils ressemble-t-il à son père ? — Non, répondit-elle. Trevor tient plutôt de moi. — Il a bien de la chance. Encore un compliment, et il faisait cela très bien, décidément. Il y avait chez lui une sorte de nonchalance, d’assurance masculine qui le caractérisait sans doute depuis le berceau. Elle fut tentée de le remercier, mais se retint juste à temps. Il étira ses longues jambes, et elle ne put s’empêcher de remarquer les muscles puissants qui tendaient le tissu de son pantalon. Elle devait reprendre ses esprits de toute urgence. — Alors, dit-elle d’un ton enjoué, votre petite amie n’a pas pu vous accompagner, cette fois-ci ? — Je n’ai pas de petite amie, répliqua-t-il d’un ton bref. — Je vous demande pardon, répondit-elle machinalement. Je n’avais pas l’intention de me montrer indiscrète. Il se tourna de nouveau dans sa direction, et elle sentit le regard intense qu’il fixait sur elle. Il l’avait percée à jour. Elle désirait savoir s’il y avait une femme dans sa vie et se sentait terriblement stupide, comme une adolescente naïve éblouie par un garçon fraîchement arrivé dans sa classe. Elle l’épia du coin de l’œil, espérant qu’il ne le remarquerait pas et se demandant ce qui avait provoqué cette soudaine révolution dans ses hormones. La réponse, bien sûr, était que Scott n’était pas un simple adolescent. Il était un homme. Et même un homme très attirant. Mais il est jeune. Beaucoup trop jeune pour toi. C’était ridicule. Elle devait cesser de caresser des rêves impossibles. — J’ai rompu avec mon ex-petite amie il y a plus d’un an, ajouta-t-il. Elle lui lança un nouveau regard en coin, tout en se concentrant sur la route devant elle. — Je suis désolée. — Vraiment ? — C’est-à-dire… Le reste de sa phrase mourut sur ses lèvres. — Oubliez ce que j’ai dit, marmonna-t-elle. Je ne devrais pas fourrer mon nez dans les affaires des autres. — Ce serait dommage. Vous avez un très joli nez. Elle sentit de nouveau cette étrange chaleur l’envahir et décida de changer de sujet. — Vous pouvez choisir un autre disque, si vous en avez assez de cette musique, si vous le souhaitez, suggéra-t-elle précipitamment. Il y a des CD dans la boîte à gants. Et si vous préférez dormir, ne vous gênez pas pour moi. Vous devez être fatigué après un si long voyage. — Détendez-vous, répliqua-t-il en riant. Le silence ne me gêne pas, et vous n’êtes pas obligée de me faire la conversation.
Il s’adossa à son siège, et elle prit une profonde inspiration. Qu’est-ce qui avait bien pu amener ce changement ? Elle l’ignorait, mais, en l’espace de quelques heures, sa vie — la vie qu’elle vivait jour après jour depuis des années — lui donnait l’impression d’avoir été celle d’une somnambule. Comme si elle avait dormi, sans réfléchir ni se poser de questions. Mais, des questions, elle s’en posait maintenant beaucoup. Et elle était réveillée. Totalement réveillée.
® HARLEQUIN est une marque déposée par le Groupe Harlequin Réalisation couverture : C. ESCARBELT (Harlequin) Copyright image couverture : HARLEQUIN BOOKS S.A.
7.juillet-Séduiteparunpompier Titre original :MARRIAGE UNDER THE MISTLETOE Traduction française de :EDOUARD DIAZ © 2012, Helen Lacey. © 2013, Harlequin S.A. ISBN 978-2-2803-5313-7
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