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© Aurore FOSTER, 2015

ISBN numérique : 979-10-262-0138-0

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Courriel : contact@librinova.com

Internet : www.librinova.com


 

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

 

Chapitre 1. Partir depuis la source

 

– Visite surprise ! Criai-je, les bras en l’air, telle une magicienne faisant son apparition, le chapeau haut de forme et la baguette magique en moins.

– Qu’est-ce que tu fais là ? Me demanda Tom, après avoir éteint son écran télé.

– Tu n’as pas l’air ravi de me voir, remarquai-je. Je laissais mes bras retomber bruyamment le long de mon corps.

– Si, c’est juste que tu ne m’as pas prévenu.

Il se leva de son fauteuil pour venir m’embrasser.

– Excuse-moi, j’avais quelque chose d’important à te dire et cela ne pouvait pas attendre plus longtemps.

Ses yeux en forme d’amande sondèrent les miens. Je posai mes mains sur ses épaules et pris une grande inspiration avant de me jeter à l’eau.

– Nous partons en vacances lundi pour la Bretagne.

Je me reculai de quelques pas pour lui laisser le temps d’intégrer la nouvelle.

– Dans la maison de papa et maman ? Je dois préparer ma valise ? On ira voir les bateaux ? Lundi ? Demanda-t-il en buchant sur les mots.

– Oui, Tom. C’est aussi notre maison maintenant, et tu as deux jours pour préparer un gros sac avec les affaires que tu souhaites emmener. Lundi matin je viendrai te chercher et nous reviendrons fin août. Et bien sûr, nous irons voir les bateaux.

Il se mit à applaudir et articula un son caractérisant sa joie. À la naissance de mon petit frère, une trisomie 21 lui a été diagnostiquée. Ma mère avait alors délaissé sa carrière professionnelle afin de s’occuper de lui à temps plein. Le salaire de mon père suffisait amplement à faire vivre la famille. Mais le décès de nos parents fut brutal. J’avais dû mettre de côté ma peine pour gérer toutes les démarches. La tâche me revenant, j’avais décidé de les assumer seule et la plus ardue d’entre toutes, fut celle de prendre en charge Tom.

Même si nous avions grandi ensemble, le maintenir à domicile tout en conservant mon activité professionnelle fut beaucoup plus difficile que ce que je m’étais imaginée. Il y a quelques mois, avec son consentement, j’avais dû envisager son intégration au sein d’un établissement adapté. Pourtant, j’avais toujours le sentiment qu’il me reprochait cette décision. C’est pourquoi, j’avais eu l’idée d’aller passer l’été comme nous le faisions auparavant avec mes parents. La psychologue m’avait donné son feu vert et m’avait prodigué quelques conseils pour gérer son comportement parfois fluctuant.

Me tirant subitement de mes pensées, je sentis ses bras m’envelopper dans une étreinte si forte que j’en eus du mal à respirer. Mais lorsque je l’entendis me dire « Merci, Julie, merci », ma gorge se serra pour une tout autre raison.

 

C’est encore sous le coup de l’émotion que je pris le chemin de la Chartreuse. Cette appellation désignait la splendide demeure du XIXe siècle qui avait fait la fierté de mes parents. Tel un chat qui couve ses petits, ils l’avaient bichonnée en y plaçant une grande partie de leur temps et de leur argent. Cet hôtel particulier était démesurément grand pour moi seule, mais je n’avais pu me résoudre à m’en séparer. J’avais troqué mes 60 mètres carrés contre six fois plus d’espace, ce qui représentait un avantage certain pour le stockage de mes affaires. En revanche, l’entretien était loin d’être une partie de rigolade. Je pouvais compter sur le soutien de mon frère pour le jardin, et de mes amies lors de nos « soirées récure-tout ». En tenue de combat, nous avions pour habitude d’accomplir chacune une tâche bien définie dans la bonne humeur. Le volume sonore de la chaîne hi-fi au maximum, mes amies et moi briquions les pièces durant deux bonnes heures. Et comme après l’effort vient le réconfort, nous nous accordions une pause aux alentours de 20 heures pour trinquer et déblatérer sur nos vies respectives. Ce trépidant programme était prévu pour le lendemain soir, aussi je me couchai de bonne heure afin d’être en forme pour exécuter notre traditionnel et mensuel remue-ménage.

 

– Qui a envie d’une bonne Margarita ? Criai-je à travers le vestibule en ayant pris soin de baisser le volume sonore de la musique.

Les filles ne se firent pas prier : en moins de cinq minutes elles étaient toutes les trois affalées sur le sofa, délaissant plumeaux, éponges et autres chiffons contre un cocktail.

– Pfiou ! Je trinque à notre mois de répit les filles ! Se plaignit Olivia.

– Quelle rabat-joie ! Ne l’écoute pas, Julie, me dit Camille. Portons plutôt un toast à tes premières véritables vacances de prof, qu’elles soient riches en aventures !

– A tes vacances, reprit Manon, peut-être que tu y rencontreras le prince charmant, qui sait ?

– À défaut, je me contenterais de renouer avec d’anciennes connaissances, répondis-je.

– Hum, ça sent l’info croustillante ! S’extasia Manon qui descendit du canapé pour s’installer en tailleur, toute ouïe.

– Je me demande simplement ce que sont devenus les membres du groupe que je retrouvais durant l’été.

– Il y a autre chose qui se cache là-dessous, dit Olivia. Qui dit vacances, dit également amour d’été, suggéra-t-elle.

Camille et Manon approuvèrent d’un hochement de tête. A leur regard, je devinai qu’elles me harcèleraient jusqu’à mort s’en suive. Autant leur parler, mais je pouvais les laisser languir encore quelques instants, le temps d’apporter quelque chose à grignoter.

– Ça remonte à plusieurs années, Yann ne fréquentait pas notre groupe au départ. Un ami commun devait se charger de nous obtenir des jets ski pour une après-midi, et ils sont arrivés ensemble. Comme il était sympa, on lui a proposé de revenir et petit à petit il s’est intégré.

– Et ensuite ? Me demanda Manon impatiente.

– Nous sommes sortis ensemble quelques semaines puis j’ai dû rentrer. J’allais commencer mes études à l’IUFM et s’en était donc fini des vacances d’été. Fin de l’histoire.

– Vous n’êtes pas resté en contact ? Pourtant les téléphones portables existaient déjà à cette époque, me dit Olivia, sournoise.

Non, lui répondis-je. C’était un accord tacite entre nous, nous savions tous les deux que notre histoire ne durerait que le temps d’un été. Lui devait intégrer une école de commerce sur Paris et moi j’avais mon professorat à débuter.

– Ce Yann te plaisait, je me trompe ? Demanda Camille.

– En effet, je l’aimais bien. Je ne suis pas certaine de le revoir, mais je suis curieuse de savoir ce qu’il fait aujourd’hui.

– Avec le décodeur ça donne : si j’en avais l’opportunité, je remettrais bien ça ! Dit Olivia en mimant un geste évocateur.