Série L'honneur des Lassiter : l'intégrale

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Découvrez l'intégrale de la série L'honneur des Lassiter incluant un bonus exclusif : le prequel de la série.

ll n’y a pas d’héritage sans secrets.

Cheyenne, Wyoming.

Chez les Lassiter, richissime famille dont l’empire s’étale depuis les grands espaces des ranchs jusqu’à l’irrésistible univers des médias, en passant par les chaînes de restaurants de luxe, c’est le choc. J.D., le patriarche, vient de décéder, laissant derrière lui une famille effondrée et… une véritable fortune en héritage. 
Mais voilà que, le jour de la lecture du testament, le scandale éclate…
Pourquoi J.D. a-t-il légué une colossale somme d’argent à Colleen, son infirmière ? Pourquoi a-t-il pratiquement déshérité sa fille Angelica, qu’il adorait tant ? Et puis, qui est Hannah, cette inconnue qui occupe une place de choix sur le testament ? 
Décidés à lever le voile sur ces mystères, les Lassiter se mobilisent. Et tandis qu’ils partent en quête de vérité, des hommes et des femmes se rencontrent, se désirent, s’affrontent, s’aiment…

Préquel : Impossibles retrouvailles, de Maureen Child

Amoureux d'une intrigante, de Maureen Child
Troublante révélation, de Kristi Gold
Ce lien entre eux..., de Yvonne Lindsay
Par une nuit d'orage, de Kathie DeNosky
Le piège d'une rencontre, de Robyn Grady
Les fiançailles d'une héritière, de Barbara Dunlop
Publié le : vendredi 15 avril 2016
Lecture(s) : 4
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280359054
Nombre de pages : 1152
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— Tu sais que je t’aime, n’est-ce pas ?

Kayla Prince fixait la jeune femme assise en face d’elle au Something Hot, un bar du centre-ville de Cheyenne, Wyoming.

— Je sais.

— Et tu sais que je ferais n’importe quoi pour toi ?

— Absolument.

— Alors, continua Kayla d’un ton implorant, s’il te plaît, je t’en conjure, ne m’oblige pas à entrer dans l’église au bras de cet homme le jour de ton mariage !

Angelica Lassiter, sa meilleure amie, éclata de rire tout en écartant ses cheveux blonds de son visage.

— Tu ne crois pas que tu en fais un peu trop ?

— Angie, je t’en prie ! Lance une nouvelle mode. Que le témoin du marié donne le bras à la fille qui jette les fleurs !

— Effectivement, ce serait faire preuve d’originalité !

— Ou sinon laisse-moi plutôt m’occuper des fleurs et trouve une autre demoiselle d’honneur.

Elle porta une main à son cœur.

— S’il te plaît…

— Tu n’obtiendras rien de moi. Tu es ma demoiselle d’honneur et tu le resteras. Enfin, Kayla, tu es ma meilleure amie !

— Nous pourrions nous être disputées, suggéra-t-elle d’un ton plein d’espoir. Imagine, une grosse dispute. Et nous nous réconcilierions après le mariage.

— Nous ne nous sommes jamais disputées, asséna Angelica d’un ton sans réplique.

Non, bien sûr que non, pensa Kayla, effondrée. Qui se disputerait avec Angelica, une fille belle, gentille, drôle et intelligente ?

Seulement voilà, Angelica était sur le point d’épouser un homme dont le meilleur ami se trouvait être un individu qui insupportait Kayla au-delà de toute expression.

— Tout ce cirque pour éviter Matt ? devina Angelica.

Baissant le nez sur sa tasse de café, Kayla s’efforça d’oublier sa lâcheté. Que lui arrivait-il ? Ce n’était pas son genre de jouer les autruches. Elevée par une mère célibataire, elle avait dû très tôt apprendre à affronter les problèmes avec courage. De toute façon, elle possédait un tempérament indépendant et savait généralement ce qu’elle voulait.

C’était lors de ses études supérieures à Los Angeles qu’elle avait fait la connaissance d’Angelica. Partager la même chambre leur avait permis de nouer une solide amitié. Ses études d’art passionnaient Kayla, mais, peu à peu, elle avait dû se rendre à l’évidence : elle ne serait jamais la grande artiste qu’elle rêvait de devenir. En revanche, elle savait reconnaître le talent quand elle le croisait, et avait travaillé dans deux galeries d’art, où elle avait beaucoup appris et acquis de l’expérience. Elle ne deviendrait certes pas artiste, mais elle exercerait néanmoins un métier dans le milieu artistique.

Pendant les vacances, à plusieurs reprises, Angelica l’avait invitée à l’accompagner dans le ranch de sa famille. Et elle était tombée amoureuse de Cheyenne et des grands espaces du Wyoming. C’était pourquoi, quand on lui avait offert de diriger l’Art Gallery de Cheyenne, un poste qu’elle ambitionnait, elle avait quitté Los Angeles sans aucune hésitation pour tenter sa chance. Elle baignait depuis dans son monde, au milieu d’œuvres d’art, sculptures, tableaux, eaux-fortes. Elle faisait partie d’un univers créatif et avait le pouvoir d’aider à émerger les artistes talentueux qui lui confiaient leur travail.

Grâce à sa relation avec Angelica, elle avait également été promue conseillère artistique de la collection Lassiter. Et, au fil des ans, Cheyenne était devenu son foyer. Elle possédait une petite maison en ville, une voiture dont les traites étaient payées et elle menait une agréable vie sociale, incluant même quelques sorties avec des hommes attrayants. Jusqu’à ce que son chemin croise celui de Matt Hollis, évidemment. Car, depuis leur rencontre, elle n’avait plus jamais réussi à s’intéresser à un autre représentant du sexe masculin.

La voix d’Angelica la fit sortir de sa rêverie.

— Matt a passé neuf mois dans les bureaux californiens de Lassiter Media, disait sa meilleure amie. Je ne sais pas ce qu’il t’a fait, mais, depuis le temps, je trouve bizarre que tu lui en veuilles encore autant.

Angelica avait sans doute raison. Et pourtant…

C’était plus que de la rancœur que Kayla éprouvait à l’encontre de Matt.

C’était de la colère.

Un mélange de gêne, de trouble et de rage l’envahit tandis que ses souvenirs affleuraient à sa mémoire. L’année précédente, quand Angelica et Evan s’étaient fiancés, ils avaient décidé que leurs meilleurs amis respectifs devaient également se lier d’amitié. Dans ce but, Angelica avait donc organisé une sortie à quatre.

Un véritable cauchemar.

Matt Hollis était un être arrogant, qui prétendait tout savoir. De plus, beau et séduisant, il avait l’habitude que les femmes lui tombent dans les bras, Kayla l’avait compris tout de suite. Et, quand elle avait résisté à l’envie de se jeter contre sa poitrine virile, Matt avait considéré son refus comme un challenge.

Au cours des deux mois qui avaient suivi, chaque fois qu’ils se retrouvaient en présence l’un de l’autre, Matt se débrouillait pour s’installer près d’elle et la toucher sous le moindre prétexte. Et quand ils se querellaient, c’est-à-dire presque tout le temps, la tension sexuelle qui régnait entre eux s’exacerbait.

Inévitablement, cette tension devait finir par exploser, et cela s’était produit un soir qu’ils étaient allés tous les quatre danser. Au moment où Angelica et Evan avaient décidé de rentrer chez eux, Matt et elle étaient prêts à s’arracher mutuellement les cheveux. Sauf que, au lieu de ça, ils s’étaient mutuellement arraché les vêtements. Cela étant, son amie n’avait pas besoin de connaître ce détail.

Tout comme elle n’avait pas besoin de savoir que cette nuit explosive avec Matt Hollis hantait toujours ses rêves…

Finalement, quelques jours après leur folle étreinte, Matt avait quitté Cheyenne pour la filiale californienne de Lassiter Media où il avait passé les neuf derniers mois. Dire qu’elle avait cru ne plus jamais le revoir ! Hélas, il était de retour pour le mariage. Et elle n’avait aucune envie de se retrouver nez à nez avec lui.

Enfin, si, mais non…

Bref, son état d’esprit prenait des tournures particulièrement complexes, c’était le moins qu’on puisse dire !

Et impossible, malheureusement, de se confier à Angelica.

— Ecoute, il m’agace, c’est tout, déclara-t-elle d’un ton sans appel.

— Ça, j’ai compris. Mais le mariage a lieu dans quinze jours. En attendant, ne peux-tu pas te montrer un minimum polie ? Une fois qu’Evan et moi serons partis en voyage de noces, Matt retournera à Los Angeles et tu pourras continuer à éviter cet être que tu détestes tant, d’accord ?

— Je ne le déteste pas, marmonna-t-elle.

Ce serait infiniment plus facile si c’était le cas. Décidément, elle ne comprenait plus rien à elle-même. Car, loin de haïr Matt, elle le désirait en dépit de tout, y compris du fait qu’après leur unique et inoubliable nuit il avait disparu sans une explication.

Elle poussa un long soupir. Probablement l’avait-il instantanément oubliée.

Bien sûr, elle savait depuis le début qu’il devait repartir pour la Californie, mais enfin il ne s’était même pas soucié de la remercier pour les bons moments passés ensemble ! Et, à présent, il était de retour. Si elle voulait préserver son amour-propre, elle allait devoir faire comme si de rien n’était.

Qu’allaient être les quinze prochains jours ? Elle n’osait même pas y penser.

Allez, ressaisis-toi.

— Assez parlé de Matt, décréta-t-elle abruptement. Comment ça se passe entre Evan et toi ?

Angelica haussa les épaules.

— Oh ! les histoires habituelles de mariage. Le compte à rebours est lancé et nous sommes très occupés.

Elle consulta la jolie montre en or qui ornait son poignet, termina rapidement son café et reposa sa tasse.

— Evan est formidable, reprit Angelica. Et nous formons un couple formidable. Ecoute, je suis désolée, mon chou, mais il faut que je me dépêche. J’ai un rendez-vous d’ici une demi-heure et, si je ne pars pas tout de suite, je serai en retard.

— Bien sûr, dit Kayla, en fronçant légèrement les sourcils. Es-tu toujours d’accord pour assister au vernissage de l’exposition, demain soir ?

— Je ne le manquerais pour rien au monde ! Je sais le temps et l’énergie que tu y as consacrés.

Angelica se laissa glisser à bas de son tabouret, s’empara de son sac de cuir fauve et sourit.

— Nous serons tous là.

Kayla se figea.

— Tous ?

Angelica lui adressa un clin d’œil.

— Evan, Matt et moi.

Kayla sentit son estomac se nouer et ne chercha pas à approfondir les raisons de sa réaction.

— Pourquoi m’infliges-tu une telle punition ?

— Parce que c’est trop drôle ! répliqua Angelica en riant. De plus, après le vernissage, Evan veut aller écouter un nouveau groupe dont il a entendu parler et que nous engagerons peut-être pour la réception.

— Je croyais que tu l’avais déjà choisi…

— Effectivement, répondit Angelica en fronçant le nez. Mais Evan veut quelque chose de différent.

— Ce n’est pas un peu bizarre de changer de musiciens à la dernière minute ?

— C’est aussi mon avis.

Angelica regarda de nouveau sa montre.

— J’y vais, dit-elle en se dirigeant vers la porte. A plus !

Kayla regarda son amie sortir en hâte du bar. Ces derniers temps, leurs déjeuners étaient de plus en plus souvent écourtés par les impératifs d’Angelica.

Celle-ci dirigeait pratiquement Lassiter Media, propriété de son père J.D., depuis un certain nombre d’années. Elle s’était dévouée corps et âme pour aider la compagnie à croître et prospérer, mais, depuis que la santé de son père déclinait sérieusement, le travail occupait une place de plus en plus importante dans sa vie. Elle partageait habituellement son temps entre Cheyenne et les bureaux de Los Angeles, mais dernièrement elle était restée davantage dans le Wyoming afin d’être plus près de son père et se dédier aux préparatifs de son mariage. En réalité, pensa Kayla, Angelica était beaucoup trop occupée.

Elle n’avait rien contre le fait qu’une femme aime son métier et fasse carrière. Elle-même adorait son travail à la galerie. Seulement, il semblait que, dernièrement, Angelica laisse le contrôle de sa vie lui échapper. Bon sang ! Il n’y avait pas si longtemps, Angelica et Evan étaient inséparables ; à présent, ils ne passaient plus que rarement des moments ensemble. Une vague de tristesse l’envahit.

Et si son amie perdait l’homme qu’elle aimait parce qu’elle s’était laissé griser par sa réussite professionnelle ?

D’accord, ce n’était pas une attitude très féministe, mais on a le droit d’avoir son opinion, n’est-ce pas ?

Elle saisit distraitement sa tasse, but une gorgée de café en regardant la ville de Cheyenne par la baie vitrée. Luttant contre des bourrasques, les passants serraient frileusement leurs vestes contre eux et le ciel semblait prêt à déverser ses flocons de neige sur une ville qui attendait avec impatience le printemps. Mais c’était un temps normal pour le Wyoming. On pouvait avoir de la neige en mai et au-delà.

— Oh ! s’il vous plaît, pas ça…, murmura-t-elle.

Devoir supporter Matt Hollis était déjà assez pénible sans qu’une tempête de neige vienne s’ajouter au tableau.

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