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Sex Friends - Et plus si affinités - 2

De
76 pages
Un an après s’être fait larguer par son petit ami, Jane s’est installée sur la côte ouest, fuyant son passé et sa famille… Elle qui n’attend plus rien de ses relations avec les hommes tente de se reconstruire à la campagne, loin de ses déboires amoureux.

Mais… difficile de joindre les deux bouts avec un bébé à élever, seule et sans un sou !

Jusqu’au jour où Anthony Roy, leur voisin, homme d’affaires et propriétaire de tous les terrains alentour, lui propose un contrat un peu particulier : et s’ils devenaient… sex friends ?

Le plaisir sans les sentiments, un homme sans les inconvénients... L’idéal pour Jane ! Mais sera-t-elle capable de s’en tenir à leur marché ?



***



Il caresse ma joue du bout de ses longs doigts. Je souris faiblement, remuée jusqu’à l’âme. Il me fait un effet fou. Un frisson me parcourt et je me force à reculer, prise de vertige, trahie par mon corps.

– Alors nous avons fait la paix ? me demande-t-il de sa belle voix rauque.

– Oui. Je suis contente d’avoir mis les choses à plat avec toi. Ce sera plus simple pour le mariage de nos grands-parents.

– Voilà une réponse bien sage…

Je hoche la tête, prête à reprendre la route, quand il me prend par les épaules.

– Et que dirais-tu d’une réponse moins convenable ?

Mon cœur ne bat plus. Du tout.

De l’atropine, please !



***



Retrouvez la nouvelle série de Rose M. Becker, Sex Friends - Et plus si affinités, une comédie piquante à souhait !



Sex Friends - Et plus si affinités de Rose M. Becker, vol. 2 sur 6

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Extrait
Une sonnerie stridente s’élève à travers la porte entrouverte de la cuisine, insistante et continue. Je me précipite du fond du jardin, au risque de m’étaler sur la pelouse. Entre mes mains, le seau de grains bringuebale dangereusement. De grosses taches d’engrais s’étalent sur mon jean et barbouillent mon t-shirt bleu. Il est à peine neuf heures du matin et je ressemble déjà à un épouvantail passé à tabac par une nuée de corbeaux. Mes cheveux noirs, retenus par un peigne, en profitent pour s’écrouler dans mon dos.
I hate Mondays.
Ventre à terre, je franchis la ligne d’arrivée – le seuil de la ferme – et renverse au passage quelques graines destinées aux poules. Dans ma précipitation, je manque même de rouler sur l’une d’elle et me raccroche de justesse à une chaise. Si la vente de légumes bio ne marche pas, je pourrais toujours me recycler dans le cirque. La poitrine en feu et les muscles des jambes en compote, je poursuis sur ma lancée. Je n’avais pas couru comme ça depuis l’école primaire…
En sport, je suis croyante, pas pratiquante.
Quand enfin, j’attrape d’une main moite le combiné, mon interlocuteur m’a l’air tenace. Ce qui n’est jamais très bon signe. J’ai toujours eu un don pour deviner si les appels étaient amicaux ou agressifs. C’est mon seul talent. Ça et expulser un noyau de cerise à plus de deux mètres avec mes trous de nez.

– J’écoute !
– Mademoiselle Sullivan ? Mickaël Carter à l’appareil.
Mon visage se décompose car monsieur Carter est mon banquier. C’est-à-dire mon pire cauchemar. Je réprime un soupir qu’il ne doit pas entendre. En quittant New York pour l’ancienne ferme de ma grand-mère en Californie, j’ai également changé de banque. Malheureusement, mes comptes ne se trouvent plus dans l’établissement où officie mon père. Et ils ne sont plus aussi garnis qu’autrefois, loin de là ! Sans parler du fait que monsieur Carter, un gros bonhomme à moitié chauve et au front luisant de sueur dès que le thermomètre dépasse la barre des vingt degrés, n’est pas très conciliant. Surtout avec les jeunes mères célibataires adeptes du système D.

Grand silence. Accusateur pour lui. Coupable pour moi. Pourquoi ai-je soudain le sentiment de rétrécir et d’avoir six ans ? Je suis une femme adulte, je n’ai pas à me justifier en permanence. Je redresse les épaules, tel un bon petit soldat, jusqu’à ce que la voix persifleuse de mon conseiller s’élève. Je suis certaine qu’il prend un malin plaisir à me torturer.
– Vous connaissez sûrement déjà la raison de mon appel. La banque vous a déjà adressé deux lettres de relance à ce sujet.
– Vraiment ? fais-je, innocemment.
On me donnerait le bon Dieu sans confession. En même temps, je tortille le fil du combiné, un vieil appareil avec cadran rotatif, autour de mon index.

– Que comptez-vous faire pour votre découvert, mademoiselle Sullivan ? demande Carter, sévère.
Rien.
– Tout mon possible, je vous l’assure.
– Quand ? Nous avons besoin d’une date, d’un délai.
Laissez-moi réfléchir. Après avoir payé les courses, le lait en poudre, les couches, l’eau, l’électricité, le gaz, la nouvelle gouttière, la réparation de ma camionnette… Alors, s’il reste quelque chose, et j’en doute, je ferai peut-être un dépôt…
– Cette semaine, sans faute.

– Votre compte est débiteur de sept cents dollars.
– J’en ai conscience et j’attends plusieurs paiements pour les meubles que je restaure. La situation va vite rentrer dans l’ordre.
– Je ne demande qu’à vous croire, mademoiselle Sullivan. Mais vous m’avez déjà dit ça la dernière fois.
Je sais. Hélas, aucun arbre à billets ne pousse dans mon jardin.
– Vous n’êtes pas assez sérieuse dans votre gestion, me reproche-t-il sur un ton de petit maître.
C’est trop. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. De quel droit ce financier en costume cravate me juge-t-il ? Pendant que je me démène comme une folle pour ramener trois dollars, lui reste toute la journée rivé à sa chaise, dans son bureau climatisé avec vue sur le port de San Francisco ! Que sait-il de mes journées, de mes galères ? A-t-il déjà élevé un enfant seul et sans appui ? Ma voix explose dans la cuisine parce que je ne suis pas du genre à baisser la tête sans rien dire :
– Pas assez sérieuse ? je tonne de plus en plus fort. Je me lève tous les matins à cinq heures, monsieur Carter, pendant que vous ronflez aux côtés de votre femme. Je nourris mes poules, j’entretiens mon potager et je peux vous dire que travailler la terre n’est pas une partie de plaisir !
Le rouge me monte aux joues, enflammant mon visage. Je suis heureuse qu’Eva ne soit pas dans la maison mais à la garde de ma grand-mère pour la matinée. Sans doute se serait-elle mise à pleurer, inquiétée par mon explosion de rage.
– Je balise toute la Californie dans une camionnette pourrie parce que je n’ai pas les moyens d’en acheter une neuve. Je cherche de nouveaux clients auxquels vendre mes légumes bio. Et le reste du temps, je le passe enfermée dans mon atelier à redonner vie à de vieux meubles !
Respirer, respirer.
– Regardez mieux mes comptes ! Je n’ai contracté aucun emprunt, je me débrouille sans personne. Et je ne fais pas la moindre dépense inutile. Pas de shopping, pas de futilités, rien que le nécessaire pour ma fille et moi. Alors cessez de prétendre que je ne suis pas sérieuse !

Nom de nom !
– Je suis sûrement la fille de 23 ans la plus responsable de ce pays !
Mon banquier en reste la chique coupée. Il n’a sans doute pas l’habitude qu’on lui parle sur ce ton et avec une telle passion. Car depuis l’abandon du père de ma fille, qui ne me donne plus de nouvelles depuis maintenant treize mois, je me bats comme une lionne pour m’en sortir. Et je suis fière du chemin parcouru même s’il manque sept cents malheureux dollars sur mon compte à la fin du mois.
– Mademoiselle Sullivan, ce n’est pas ce que je voulais dire…
– Je passerai à la banque déposer l’argent en fin de semaine.

Soit tout l’argent récolté avec la restauration des meubles…
Adieu, nouvel anorak ! Je vais garder ma vieille parka à la manche effilochée encore quelques semaines.
– Au revoir, monsieur Carter.
Je raccroche sèchement. Et durant une minute, je reste immobile près du téléphone, reprenant mon souffle et mes esprits. Peut-être n’aurais-je pas dû m’emporter comme ça… Je me mords les lèvres, embarrassée. Je n’ai pas pu résister à la tentation de le remettre en place. Et c’était bon, bon, bon ! M’accoudant au long comptoir de bois qui occupe un pan de la cuisine, je soupire et jette un coup d’œil torve à la corbeille d’osier où s’empile mon courrier. Des factures, encore des factures. Et un tract publicitaire où un prêtre vaudou, formé à la grande école de Madagascar, me propose de guérir mon impuissance, de retrouver l’être aimé ou de réussir mes examens…