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Si tout pouvait recommencer

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Un coup de foudre d'adolescent et c'est parti pour toute une vie à deux. Mais parfois tout ne se passe pas comme prévu, et l’on aimerait pouvoir revenir en arrière, refaire ce que l’on a pu su faire, pouvoir tout recommencer. Si cela devenait possible, l'occasion d'offrir une seconde chance, de recommencer sa vie, sans être certain d’en faire partie. Jusqu'où seriez-vous prêt à aller par amour ? 
Elle est avocate, il est architecte, et ils s'aiment depuis l'adolescence. Elle est heureuse et cela lui suffit pour l'être aussi. Un monde parfait en apparence. Une rencontre fortuite, la possibilité de changer les choses, lui rendre la vie dont il a tant rêvé ; mais pour cela, elle devra faire plus que le quitter, elle devra . . . l'oublier. 
Une histoire d'amour comme il n'en arrive pas tous les jours.
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Mélanie Goullieux Si tout pouvait recommencer
© Mélanie Goullieux, 2017
ISBN numérique : 979-10-262-1076-4
Courriel : contact@librinova.com
Internet :www.librinova.com
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
A Fabrice
Quand on ouvre son esprit à l’impossible,
on peut parfois découvrir la vérité.
1
22 août 1976 La chaleur oppressante, la douleur fulgurante, les larmes qui se mélangent à la moiteur de sa peau et perlent le long de ses joues, de son cou, de sa poitrine. Elle manque d’air ; il est encore tôt dans cette matinée du mois d’août, mais déjà c’est irrespirable et la pièce est bien trop étroite pour contenir autant de personnes.
Elle serre les poings, tente de se relever, en vain. Elle contracte le moindre de ses muscles ; elle halète, elle suffoque, elle se retie nt de hurler. Pourquoi tous ces yeux penchés sur elle, à la regarder frémir à chaque res piration ? Elle a mal, mal comme jamais, jamais la souffrance ne lui a paru aussi in supportable. Le sang bouillonne, bat dans ses tempes, comme figé dans un étau.
La lumière est faible ; la ventilation ne fait aucu n effet, elle ne sait plus depuis combien d’heures elle attend, pliée sur cette table, à moitié nue. La peur est palpable, la pièce embaume de cette odeur aigre, mélange d’anxiété, de sueur et d’éther. Elle voudrait que cela s’arrête, que la torture cesse, que l’on enlève les mains de ses cuisses humides, mais elle ne dit rien. Dans son regard, aucune colè re, aucune amertume, aucune violence, seulement une interrogation : quand cela va t-il prendre fin ?
Soudain, un cri strident transperce la pièce, et po ur rien au monde elle n’échangerait cet instant, ces heures de douleur cr amponnée au dossier du lit, elle donnerait tout pour ce cri. Ce premier cri. Le cri du bébé qu’elle vient de mettre au monde. Son fils, sa chair, son sang, son Mathias. Les larm es de souffrance se transforment en joie, et elle se dit que c’est le plus beau jour de sa vie ; rien ne sera jamais aussi magique.
Il est trois heures quarante-sept en ce matin du vi ngt-deux août mille neuf cent soixante-seize à l’hôpital St Vincent. Le petit Mathias, fils de Gilles et Viviane Marchand, trois kilos cent et quarante-deux centimètres vient de pousser son premier cri. Elle regarde son mari, elle est éreintée par l’effort, il est ép uisé par la force de l’émotion. Ils sont effondrés, blottis l’un contre l’autre. Elle respire son odeur, sa peau, sa force rassurante, cette virilité imposante qui laisse place à un rega rd embué rempli d’amour et de fierté lorsqu’il la regarde, n’osant à peine toucher ce bébé, leur bébé. Elle sait qu’elle vient de lui faire le plus beau des cadeaux ; il sait qu’il va d evoir assumer de nouvelles responsabilités. Ils n’ont jamais été aussi heureux que ce jour où ils sont devenus plus que des amants, des parents. Ils savent que leur vi e va changer, mais maintenant peu importe leur propre histoire ; elle ne représente r ien à côté de ce petit être qui dort paisiblement.
Pour tout le monde autour d’eux, c’est un jour ordi naire, ils donnent naissance à des dizaines de bébés par semaine, mais pour ce cou ple de maraîchers, c’est un jour extraordinaire, ils viennent de donner la vie pour la première fois. Quelques instants plus tôt, à quelques kilomètres de là. Aux premières lueurs du soleil, Agathe est déjà réveillée. Elle se lève délicatement, enfile sa robe de chambre satinée et se glisse sur le balcon pour humer l’odeur de l’herbe fraîche. Elle aime se retrouver face à la nature, e nveloppée de ce silence abyssal. Elle aime les couleurs de l’aube qui lui annoncent qu’une merveilleuse journée s’offre à elle.
Elle embrasse du regard l’héritage immobilier de son mari, transmis dans la famille Villemont, de génération en génération. Ce sont des milliers de sourires et de larmes, qui
se sont succédés dans cette maison, maintenant c’est à elle d’écrire la suite de l’histoire et de fonder sa famille. Depuis leur mariage, Charles refuse qu’elle reprenn e son travail de juriste, elle s’ennuie quotidiennement dans cette immense maison, en attendant avec impatience l’arrivée de leur premier enfant, leur petite Louis e. Elle en est à son septième mois de grossesse et commence à compter les jours jusqu’à l’arrivée du bébé.
Dans les soirées officielles auxquelles elle accompagne son mari, elle se sent plus seule que jamais, entourée de ces femmes riches et sournoises, qui n’ont pour passion que de critiquer leurs voisines de table tout en les accueillant avec des embrassades des plus chaleureuses. La superficialité et la mesquinerie sont souvent bien associées. Un dernier regard dans le miroir, un soupçon de par fum, et elle est fin prête pour une journée de shopping. Elle a prévu de faire le t our des décorateurs pour finir l’aménagement de la chambre de sa petite Louise. — Ma-gni-fique, tout simplement somptueux, ce voilage capucine s’accordera à la perfection avec le framboise satiné que j’ai choisi pour les doubles rideaux. Ensuite, j’aurais voulu voir ce que vous proposez pour recouvrir le . . .
Un instant foudroyée par la douleur, elle s’interrompt et se cramponne au comptoir, pliée en deux par la souffrance fulgurante qui la saisit dans le bas ventre. Le temps d’un éclair, les yeux fermés, la respiration coupée, elle est comme transpercée par une lame immense, frappée de plein fouet par un uppercut. Prête à tomber à la renverse, elle a la sensation que son sang quitte son corps, comme une déchirure au plus profond d’elle, une rupture. Elle se croit mourir lorsque la douleu r s’enfuit aussi rapidement qu’elle l’a dévastée.
— Mon bébé, mon bébé, murmure-t-elle en larmes.
— Asseyez-vous Madame Villemont, je vais appeler une ambulance.
— Je vous remercie, je suis suivie à l’hôpital St Vincent.
Pourtant non-croyante, elle passa le quart d’heure suivant, emmitouflée dans un plaid, recroquevillée dans le fond d’un fauteuil, à prier et supplier tous les Dieux que rien n’arrive à son bébé qui allait naître bien avant l’ heure. Sa précieuse petite Louise demandait déjà à sortir du ventre de sa maman.
La sage-femme déposa délicatement la petite prématurée dans une couveuse de la nurserie et lui enfila un minuscule bonnet rose per mettant d’identifier les petites filles. Depuis trente minutes, elle ne cessait de pleurer s ans interruption, jusqu’à ce que l’on dépose dans la couveuse attenante, un second bébé. Un magnifique petit garçon affublé lui aussi d’un minuscule bonnet bleu. A l’instant précis où il fût allongé à ses côtés, elle mit fin à ses hurlements. Comme si sa présence l’apaisa it. Comme s’ils se comprenaient. Comme si un lien invisible les unissait.
Ils n’ont qu’un seul point commun : celui de partag er la même date de naissance, dans un même lieu. Rien d’autre ne pouvait les rapprocher et pourtant. Deux familles, deux milieux, deux mondes que tout oppose.
Une étoile, un destin, une histoire qui se compose. Il y avait peu de chance que, ces deux êtres se rencontrent un jour, qu’ils se parlent et, qu’ils se plaisent, et pourtant . . . Il suffit parfois de pas grand-chose pour qu’une vi e chavire, que tout bascule, quand on s’y attend le moins.
Mathias ne le sait pas encore mais, dans dix-huit ans, cette petite Louise couchée à
ses côtés, deviendra la femme de sa vie, et il sera prêt à tout lui donner, tout lui sacrifier, par amour.
Louise ne s’en doute pas une seconde mais, dans que lques années, ce bébé qui dort près d’elle sera l’homme de sa vie et elle sera prête à tout bousculer par amour pour lui.
Deux cœurs, deux vies, deux âmes-sœurs, vers un même chemin. La vie, l’amour, leur destin.
2
19 juin 1994 Assises au fond de la salle, elles ne cessent de ri caner. De temps en temps, prenant l’air sérieux, elles jettent un œil au tableau et griffonnent quelques notes sur leurs cahiers. Depuis le début du cours d’histoire, elles sont en grande conversation sur les préparatifs de leur week-end, plutôt que d’écouter Monsieur Lavergne énoncer les transformations économiques et sociales du monde depuis mille neuf cent quarante-cinq.
— Mesdemoiselles Villemont et Mongin, premier et de rnier avertissement. Vous cessez immédiatement vos activités annexes à ce cou rs. Je ne veux plus entendre un bruit de votre part, sinon c’est en retenue que vou s aurez deux heures de réflexion pour préparer vos sorties du week-end. J’espère que je me suis bien fait comprendre ! — Oui, monsieur, répondirent-elles en chœur, rouges écarlates, les yeux baissés sur leurs copies. Après s’être fait remarquer devant leurs camarades, elles réussirent à garder le silence et à porter une attention minime aux propos de leur professeur jusqu’à la fin du cours. Durant le changement de salle, elles en prof itèrent pour reprendre leur conversation :