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— Pardon ? Tu peux répéter ? Tu as décidé quoi ? Toute a semaine, Ea McLeod avait rêvé de ce vendredi soir où ee aait enîn pouvoir suréever ses jambes enlées par a grossesse, se détendre, et surtout ne penser à rien. A ’évidence, es choses étaient ma parties. Avec ’énergie du désespoir, ee se mit à prier pour que es mots qui aaient sortir de a bouche de sa sœur annuent ceux qu’ee venait juste de prononcer, permettent au monde de se remettre à tourner comme avant et dissipent a frayeur qu’ee venait d’éprouver. Comme prise d’un accès de mauvaise conscience, Keira détourna e regard du ventre rond d’Ea. — Avec Dimitri, on a décidé de partir passer un an en Afrique, répéta-t-ee. Ea paça un coussin derrière son dos dans ’espoir de souager a doueur ancinante qui ’avait prise au beau miieu de ’après-midi, en peine paidoirie au paais de justice. Son regard était rivé au visage de sa sœur qui jouait nerveusement avec un styo, à ’autre bout du canapé. — Ça, j’ai compris. J’ai bien entendu aussi que Dimitri et toi, vous souhaitiez vous engager dans une mission humani-taire en Afrique. Sa jeune sœur reeva vers ee des yeux où perçait e soua-gement. — Oh, Ea, je savais que tu comprendrais ! Aors à, ee se trompait. Et ourdement. Keira pensait visibement que ’affaire était entendue.
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A ’évidence, ee n’était passée a voir que pour ’informer de sa décision, non pour prendre de ses nouvees ni parce que ’impatience se faisait trop vive, à queques jours de a naissance du bébé. Quee erreur ! Ea ravaa sa coère et ajouta, sans reever ce que sa sœur venait de dire : — C’est a suite qui n’est pas très caire. Que faites-vous du bébé dans tout ça ? Le bébé… Ce bébé qui grandissait dans son ventre et que Keira avait si désespérément désiré. Une petite îe. Dimitri et Keira avaient été présents ors de ’échographie du cinquième mois, cee qui avait révéé e sexe du bébé. Dès e endemain, is s’étaient mis en chasse de meubes et d’objets roses, destinés à a chambre du bébé. Et voià que tout à coup, à queques jours de a naissance, sa sœur s’en détournait. — Eh bien, commença Keira, qui s’humecta es èvres avant de poursuivre. Le bébé ne peut pas venir, c’est bien évident. Ea ne voyait pourtant rien d’évident à cea. — Et pourquoi donc, s’i te paït ? Ee n’était pas du tout disposée à aisser Keira fuir ses responsabiités, comme ee ’avait si souvent fait par e passé. Là, i s’agissait d’autre chose que de coûteux cours de fran-çais — dont Keira s’était assée au bout d’une semaine — ou d’une boutique de leurs qu’Ea avait achetée aîn d’aider sa sœur à se ancer dans une voie pus satisfaisante que cee qu’ee avait épousée jusqu’aors. Non, à, c’était d’un bébé dont i s’agissait ! Lorsque Keira se mordit a èvre tandis que ses yeux s’em-buaient de armes, Ea se sentit toutefois coupabe. Aors pour éviter de rendre es armes — une fois de pus — et de céder à sa sœur, ee ajouta : — I n’y a aucune raison de ne pas emmener e bébé avec vous, Keira. Les Africaines aussi ont des enfants… Des armes se mirent à rouer e ong des joues de Keira.
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— Et si jamais e bébé tombait maade ? Et si ses jours étaient en danger ? On ne part pas dans un compexe de uxe au bord d’une piscine, Ea. On va travaier dans ’un des pays es pus pauvres du continent africain ! Insensibe à cette peinture opportunément dramatique de a situation, Ea se pencha pour saisir a boïte de mouchoirs posée sur a tabe basse du saon. — Je suis sûre que vous trouverez des dispensaires, répiqua-t-ee en a tendant à sa sœur. I faudrait te renseigner pour savoir s’i est possibe d’emmener un bébé avec vous. Ee sentait bien que e combat qu’ee ivrait était perdu d’avance, mais ee refusa de se aisser démonter par e sience de Keira. — Si c’est si dangereux, pourquoi y aer ? Est-ce que vous avez réléchi aux conditions de santé et de sécurité que vous aez rencontrer, tous es deux ? Est-ce que vous avez bien pesé es risques que vous preniez en vous rendant dans une zone de guerre ? — Ce n’est pas une zone de guerre ! répiqua vivement Keira. Ses yeux s’étaient subitement vidés de toutes armes. — Je t’en prie, Ea, poursuivit-ee, je ne suis pas irres-ponsabe à ce point ! C’est au Maawi que nous aons, pas en Répubique démocratique du Congo ou au Rwanda ! Le pays est stabe, es gens accueiants. Les probèmes que a popuation rencontre viennent d’une pauvreté endémique et d’un manque d’éducation, pas de conlits armés. — Et qu’est-ce que e bébé va devenir, dans tout ça ? Un sience se ît. Les yeux de Keira étaient devenus imporants, à ’image de ceux de Patches, e chien de eur enfance. — Parce que je te e dis tout de suite, s’empressa d’ajouter Ea, ne compte pas sur moi pour m’occuper de ce bébé ! Ee avait paré avec a fermeté qu’ee empoyait habitue-ement orsqu’ee était au paais de justice face à ’avocat de a partie adverse. Keira ouvrit a bouche.
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Ce fut justement e moment que e bébé choisit pour déco-cher à Ea un coup bien appuyé. Ee ferma es yeux et réprima un gémissement. Mais magré a doueur, ee rouvrit es yeux. — Tu as paré à Jo de ce revirement soudain ? demanda-t-ee. Queque chose ui disait que Jo Wes, ’assistante sociae qui avait aidé Keira et Dimitri à monter e dossier d’adoption serait aussi abasourdie par ce changement de dernière minute qu’ee ’était ee-même. Eudant sa question, Keira décara : — Dimitri a raison. Nous ne sommes pas prêts pour accueiir un bébé. Nous nous sommes mariés i y a à peine un an ! — C’est un peu tard pour en arriver à une tee concusion, tu ne crois pas ? répiqua sa sœur. Ea posa a main sur son ventre de neuf mois et regarda îxe-ment sa sœur, dont es joues s’étaient tout à coup empourprées. — Ce bébé sera à d’ici une semaine. Toute ta vie, tu m’as dit que ton désir e pus cher était de te marier et de fonder une famie. C’est même pour cea que tu as suivi un cours de puéricuture à a sortie du ycée. Et, accessoirement, c’était pour cea qu’Ea se retrouvait aujourd’hui aongée sur son canapé, avec un ventre proéminent et des chevies enlées. — Et maintenant, tu voudrais tout arrêter ? Ee avait une idée de ce qui avait incité sa sœur à changer brusquement d’avis. Pus exactement, ee avait des soupçons sur ’identité de ceui qui était derrière ce revirement aussi bruta qu’inattendu. Tout cea portait de manière lagrante a marque du frère aïné de Dimitri, ’insupportabe Yevgeny Vokovoy. Ce dernier avait été fou de rage en apprenant que Dimitri s’était marié sans e prévenir. I avait fait fondre Keira en armes, et cee-ci n’avait réussi à échapper à ses foudres qu’en signant un contrat de mariage qui ne ui aissait que e strict minimum en cas de divorce. Ea avait cru faire une crise cardiaque orsqu’ee avait pris connaissance des termes impitoyabes de ce contrat. Mais i était héas trop tard pour es
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récuser, car Keira y avait déjà apposé sa signature, sans faire appe à ee, aors même qu’ee était experte en a matière. Evidemment, Yevgeny avait été totaement opposé au projet de Keira d’avoir un enfant avec ’aide de sa sœur. Ea ’avait su à ’instant où, devant ee, i était subitement passé de ’angais au russe pour parer à son frère. Dimitri était devenu tout rouge — de rage sans doute —, suite à a remarque probabement désobigeante de son frère. Tout aissait donc à penser que e fameux grand frère avait, au bout du î, réussi à convaincre Dimitri qu’i n’était pas prêt à devenir père. Après s’être caée sur e canapé pour dissiper a doueur qui irradiait son dos et ne sembait pus vouoir a quitter, ee tenta d’identiîer a kyriee d’émotions qui ’assaiaient. L’incréduité était e sentiment e pus prégnant mais ee distinguait en deçà une sourde coère monter en ee. Aucune de ces émotions n’était particuièrement bonne pour e bébé, pourtant. Même si ee n’avait jamais eu ’intention d’avoir un enfant, Ea était très soucieuse du bien-être de a petite qu’ee portait pour sa sœur. Ee avait pris grand soin de manger sainement au cours de a grossesse, avait drastiquement réduit e nombre de cafés qu’ee buvait par jour, s’était astreinte à se coucher tôt et avait même abrégé ses journées de travai. C’était dire ! Et juste au moment où e bébé aait naïtre, sa sœur chan-geait d’avis ! Comment pouvait-ee ui faire une chose pareie ? Refuser e bébé une semaine avant e terme ? — I est hors de question que vous partiez avant a nais-sance du bébé, décara-t-ee vivement. I y aura tout un tas de décisions à prendre à ce moment-à. Ee vit a panique envahir e regard de Keira. — Non, je ne peux pas ! — Comment ça, tu ne peux pas ? — Je ne peux pas différer mon départ : nous avons déjà réservé nos biets d’avion. Ce sera à toi de trouver a meieure soution pour a petite. J’ai toute conîance en toi. — En moi ? demanda Ea en prenant une profonde inspi-
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ration avant d’ajouter, gaciae : Keira, nous parons de ’avenir d’un enfant. Tu ne peux pas te déîer comme ça. Le regard de Keira se îxa sur e ventre rond de sa sœur. — C’est toi a mère, égaement. L’adoption ne peut prendre effet que douze jours après a naissance du bébé. Tu e sais bien, c’est toi qui me ’as expiqué. Bien sûr qu’ee e savait. En tant qu’avocate aux affaires famiiaes, ee était parfaitement au courant de toutes es causes juridiques. Mais ce qu’ee comprenait tout juste et avec sidération, c’était que Keira avait ’intention de a aisser se débrouier toute seue après ’avoir pantée à, comme une mapropre ! — Ce n’est pas possibe ! C’est un cauchemar ! s’excama-t-ee, offusquée. La seue raison pour aquee j’ai accepté d’être enceinte, c’est pour que tu aies ce bébé dont tu rêvais depuis toujours. Mais c’esttonrêve, Keira. Ton bébé ! Pas e mien. — C’était ton ovue, répiqua sa sœur. — Mais pour a simpe et bonne raison que tu ne peux pas… Ea se ravisa à a dernière minute et ravaa a phrase qu’ee était sur e point de prononcer. Trop tard. Le ma était fait. Keira était devenue ivide. Prise de remords, Ea se redressa et prit sa sœur dans ses bras. Cette dernière s’était raidie et restait siencieuse. — Je suis désoée, Keira. Je n’aurais pas dû dire cea. — C’est a vérité pourtant, ’interrompit Keira d’une voix banche. Je n’ai ni ovaires ni utérus, et je ne peux pas conce-voir d’enfants. — Pourquoi aors… ? Ea se mordit a angue. Ee était en train d’aggraver son cas. Ravaant ses paroes, ee se contenta de tenir sa sœur dans ses bras. — Ne te censure pas, Ea. Vas-y, tu peux a poser cette question. Mais je vais e faire à ta pace, pour te mettre pus à ’aise : « Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi pars-tu en Afrique
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sans e bébé ? » C’est bien a question que tu veux me poser, pas vrai ? Ea acquiesça d’un mouvement de tête. — Je ne suis pas sûre de pouvoir expiquer ce qui se passe en moi, répondit Keira en se dégageant de son étreinte. Ee retomba dans es coussins, effondrée. Tandis que Keira réléchissait à une réponse, Ea prit conscience du sience pesant qui s’était étabi dans a pièce et qui es reéguait chacune à un bout du canapé, tandis que s’érigeait entre ees un mur d’incompréhensions, de ressenti-ments et d’amertume. Ees sembaient tout à coup aussi oin ’une de ’autre que si Keira était déjà en Afrique, séparée de sa sœur par des kiomètres et des kiomètres d’océan. — I faut qu’on se prouve cea, Dimitri et moi, înit par dire Keira. I faut que je sache qui je suis, Ea, ce que je vaux. Toute mon enfance, je me suis imaginée enseignant à des petits puis, fatiguée mais heureuse, retournant dans une bee maison rempie d’enfants. La voix de Keira s’atéra, et ee s’écaircit a gorge. — Mais es choses ne se sont pas dérouées comme prévu, reprit-ee. — Keira… — J’ai adoré travaier en crèche… — Keira…, ’interrompit de nouveau Ea. La doueur qui sourdait dans a voix de sa sœur ui était insupportabe. Mais Keira sembait insensibe à ses suppiques. — C’était impossibe pour moi de continuer à travaier avec des bébés, après mon accident de voiture, orsqu’on m’a appris que je ne pourrais jamais avoir d’enfants. — S’i te paït, Keira, ne reviens pas à-dessus, tu te fais du ma. Mais sa sœur se dégagea de nouveau de son étreinte. Ea se sentit rejetée puis, très vite, vide. Aussitôt, ee se reprocha cette réaction égoste. Ce qu’ee traversait n’avait rien de comparabe avec ce que vivait Keira. Toutefois, magré toute a compassion qu’ee éprouvait
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pour sa sœur et es épreuves qu’ee endurait, ee ne pouvait s’empêcher de se demander ce qu’i aait advenir du bébé. Ce bébé qu’ee avait participé à mettre au monde pour que e rêve de sa sœur prenne forme. — Mais Keira, tu vas justement avoir un enfant sous peu. Et tu as un mari qui t’aime… Ça ne ui sufîsait donc pas ? — Oui, j’ai eu vraiment beaucoup de chance de rencontrer Dimitri, admit Keira dont e regard s’était radouci. A ’époque, Ea n’avait guère partagé ’enthousiasme de sa sœur. Lorsque cee-ci ui avait présenté Dimitri, ee avait pensé que eur histoire d’amour ne ferait pas ong feu. I faut dire que ’arrivée à Auckand d’Yevgeny Vokovoy avait été très médiatisée. Non content d’hériter de ’empire hôteier construit pas son père, e jeune miionnaire russe avait déveoppé ’en-treprise famiiae dans e secteur des croisières de uxe. Au départ cantonnés à a navigation luviae, ses circuits avaient pris de ’ampeur et i était maintenant à a tête d’une lotte impressionnante de paquebots sionnant tous es leuves, mers et océans du gobe. Avec ’essor du port d’Auckand désormais doté d’infrastructures permettant ’amarrage des pus gros paquebots, i n’était pas étonnant que Yevgeny se soit intéressé à Auckand. Ce qui était pus surprenant, c’était qu’i ait eu e coup de cœur pour a vie et pour a Nouvee-Zéande en généra, coup de cœur qui ’avait amené à reocaiser toute son entreprise à Auckand. Et c’était son frère, Dimitri, qu’i avait dépêché sur pace pour chercher bureaux et empoyés pour Vokovoy Cruising’s. Au départ, ee n’avait été guère impres-sionnée — c’était e moins qu’on puisse dire — par Dimitri Vokovoy. Sa propension à jeter ’argent par es fenêtres ui avait aussitôt vau, dans son esprit, e abe peu latteur de « îs de famie gâté et irresponsabe ». I ne faisait toutefois pas ’ombre d’un doute qu’i aimait sincèrement et profondément Keira et, heureusement, i avait gradueement perdu cette désinvoture qui ui avait causé tant d’inquiétude au départ. I n’empêche, cette décision de tout quitter pour partir en
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Afrique ne ui disait rien qui vaie. Surtout au moment où un bébé, eur bébé, s’annonçait. Le bébé. Ee posa a main sur son ventre. Soucieuse de ne pas s’aiéner déînitivement sa sœur, vite rétive orsqu’ee ’accabait de reproches, ee ravaa sa coère. — Tu sais, Keira, tu ne peux pas abandonner e bébé pour queques mois, voire une année, et t’attendre à ce que tout rentre dans ’ordre quand tu reviendras. — Je sais, Ea, répiqua Keira dont es sourcis s’étaient reevés. N’essaie pas de me cupabiiser davantage. Je ne suis juste pas prête à avoir un enfant. Ni moi ni Dimitri, en vérité. S’efforçant de rester came, Ea se concentra sur e sens de a réponse que venait de ui faire sa sœur. Est-ce qu’ee avait ’intention de ne jamais adopter ’enfant ? Souhaitait-ee ’abandonner purement et simpement ? Ee se raidit à cette idée. Est-ce que sa sœur avait vraiment bien pesé sa décision ? Ee n’avait aucune envie de a voir de nouveau souffrir orsqu’ee prendrait conscience de ’occasion unique qu’ee était visibement sur e point de aisser passer. — Excuse-moi d’être un peu insistante, Keira, mais i faut que tu mesures bien a portée de a décision que tu t’apprêtes à prendre. Trouver de nouveau une mère porteuse à ton retour d’Afrique ne sera pas facie. Car i ne faait pas compter sur ee pour retomber dans e panneau ! Jamais ee n’aurait dû accepter de porter ce bébé pour sa sœur. Quee idiote ee avait été ! Voià ce qui arrivait orsqu’on prenait des décisions avec son cœur putôt qu’avec sa raison. Keira repoussa ses cheveux bonds. — On suivra e consei que nous avait donné Yevgeny a première fois qu’on ui avait paré de ce projet d’avoir un enfant : on s’inscrira sur a iste des parents demandant à adopter un enfant. Ee en avait donc be et bien a preuve : Yevgeny était derrière tout cea !
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Dans e dos, a doueur qui ne ’avait pas âchée de ’après-midi redouba d’intensité. Inutie de perdre son temps à expiquer à Keira que s’inscrire sur une iste ne garantissait nuement qu’ee soit un jour choisie pour adopter un enfant. Ceux-ci étaient peu nombreux et, en Nouvee-Zéande, a mère égae avait toujours e dernier mot. Ee seue décidait de que coupe accueierait son enfant. Peu importait donc qu’on soit inscrit sur a iste depuis des années. I n’y avait aucune rège, aucune manière d’inluer sur a décision. Mais, pour ’heure, es chances de Keira d’adopter un autre enfant ui importaient peu. — Et qu’est-ce qui va arriver à ce bébé ? demanda-t-ee d’une voix qui ne dissimuait pus sa coère. Car oui, ee était en coère. Foe furieuse même. Le fait que Keira ait mentionné Yevgeny n’était pas étranger à ce soudain accès de rage. Même absent, cet homme a mettait hors d’ee. — Tu ne peux tout de même pas ’abandonner avec moins d’égards qu’on ne e ferait pour un chien ou un chat. — Je ne ’abandonne pas ! Tu es sa mère égae et je sais que tu feras ce qu’i y a de mieux pour cet enfant. L’expression imporante qu’ee ut dans es yeux de sa sœur ’horriîa. Keira s’attendait en fait qu’ee e garde, e temps d’assouvir ces veéités humanitaires. C’en était trop. — Je ne peux pas garder ce bébé ! Les yeux de Keira s’embuèrent de nouveau. — Je sais bien que c’est trop te demander que de garder a petite mais, comme tu vouais une adoption ouverte, j’espérais tout de même au fond de moi que… — Non ! Une vague de panique avait submergé Ea. — Nous étions d’accord, toi et moi, au moment de a conception du bébé, reprit-ee. Keira secoua a tête. — C’est vrai, mais tu m’as très bien expiqué à ’époque que nous ne pouvions pas adopter e bébé avant que tu ne signes a