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Super Connard et moi - épisode 2

De
96 pages
De désert sentimental, la vie amoureuse d’Izzy est devenue compliquée. Très compliquée.
Premièrement, elle a couché avec l’homme de ses rêves, Rick, alias Super Connard.
Deuxièmement, cela n’a pas plu à Shawn, son inoffensif voisin, qui a frappé Rick en l’apprenant. Et l’a embrassée, elle.
Troisièmement, Rick semble prêt à remettre ça !
Mais Super Connard est-il capable de s’engager dans une relation sérieuse ?
Et pourquoi Izzy n’arrive-t-elle pas à oublier la sensation des lèvres de Shawn sur les siennes ?
Quand je vous disais que c’était compliqué…
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Couverture : © SKGD-Création
© Hachette Livre, 2016, pour la présente édition. Hachette Livre, 58, rue Jean-Bleuzen, 92170 Vanves.
ISBN : 978-2-01-700810-1
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Alphonse Lamartine
1
Rick
On m’appelle Super Connard et, très franchement, j’en ai rien à foutre. Je me moque du quand dira-t-on, des ragots en tout genre que l’on peut colporter à mon sujet, même si je dois bien avouer que, huit fois sur dix, ils sont fondés. Mais c’est comme ça, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? La vie est trop courte pour vivre avec des regrets, et j’ai décidé de la vivre à ma manière, comme bon me semble, un point c’est tout.
Pendant de nombreuses années, j’ai fait tout ce que voulaient mes parents : faire de brillantes études, jouer au football… Ils me modelaient à leur image afin qu’un jour, je reprenne les rennes de l’entreprise familiale. J’ai tenu mon rôle à la perfection – faut dire que je suis assez doué pour ça – mais je rêvais d’autre chose. J’ai suivi un cursus artistique en parallèle de celui d’architecte et j’ai obtenu mes deux diplômes. Lorsque j’ai appris la nouvelle à mes parents, je me suis retrouvé à la rue. En même temps, je venais de leur apprendre que j’allais être tatoueur. Un métierridicule selon eux,tout juste digne d’un saltimbanque et bien loin de notre statut social.
Je n’ai pas eu peur une seule minute de faire le mauvais choix. Je déteste qu’on me dicte ce que je dois faire ou non, et même si ça n’a pas été facile tous les jours pour en arriver là où j’en suis aujourd’hui, si c’était à refaire, je ne changerais rien.
Mais revenons-en à mon surnom : Super Connard. Ouais, j’aime bien qu’on m’appelle comme ça mais, depuis peu, j’ai l’impression de ne plus en être vraiment un. Habituellement, je couche avec une fille, la largue dans la foulée et passe à la suivante. Je sais, je sais, je suis un monstre. Mais là… Izzy Young, alias « beauté », m’obsède. Tenez, regardez, rien que ça ! En plus de me rappeler son prénom, je me souviensausside son nom de famille… Une première !
Nous jouons depuis de nombreux mois au jeu du chat et de la souris. Elle rougit dès que je lui parle mais rentre néanmoins dans mon petit manège. Et à chaque fois qu’elle s’empourpre, elle me fait craquer. Sous ses airs de sainte-nitouche, je ne l’imaginais pas un jour oser venir dans ma garçonnière. Pourtant elle est bel et bien venue, et cette nuit passée à ses côtés a été ô combien intense. Cette nana me rend fou et, pour la première fois de ma vie, je ne sais pas où j’en suis.
Est-ce que c’estçaque l’on appelle l’amour ?
Ce sentiment m’est encore inconnu. Je n’ai jamais souhaité de relations traditionnelles avec les femmes : devoir rendre des comptes, planifier des sorties, moins voir mes potes, faire des compromis… tout ça, ça n’a jamais été mon truc. J’ai eu quelques sentiments, à une époque, lorsque je fréquentais Charity au lycée. Elle la cheerleader, moi le quaterback, quoi de plus cliché ? Elle était belle, sacrément bien foutue mais son sale caractère m’a très vite énervé, alors je l’ai quittée et ai décidé de ne plus jamais me laisser enfermer dans une relation exclusive.
C’est pourquoi ce matin je raccompagne chez elle Carly ou… Lily ou… Holly…enfin bref, peu importe son prénom, du moment qu’elle me permet de me changer les idées et de ne plus penser à Izzy. Il faut vraiment que je remette le mode Super Connard en marche. Je ne peux pas continuer comme ça, surtout que – il faut bien le préciser –, Shawn, alias mon meilleur pote depuis la maternelle, en pince pour elle depuis de nombreuses années. Lorsqu’il a appris qu’elle et moi avions couché ensemble, ce petit con m’a refait le portrait ! Jamais, je n’aurais cru qu’il en soit capable et, même si ça m’a grave foutu les nerfs, j’étais assez content qu’il se réveille enfin.
Nous marchons dans l’allée principale, et je prie intérieurement pour ne pas croiser Izzy. Je sais par Shawn – mais aussi par ses petites confidences lorsqu’elle me sert mon café le matin –, qu’elle aime faire un footing matinal pour commencer sa journée. — Rick chéri ? On est arrivés. Je m’arrête net et lance un regard interrogateur à Shelly.
— J’habite ici. Tu veux monter ?
Elle me lance un regard libidineux puis me sourit. Habituellement, après une nuit de sexe et de débauche, je me contente de ramener la fille mais j’ai vraiment besoin de faire le vide dans ma tête. Soudain, j’entends le bruit d’une porte qui claque et me retourne. Izzy part faire son jogging quotidien seulement vêtue d’un petit short qui moule son cul bombé et d’un débardeur qui fait ressortir ses seins. Putain ! J’ai la bouche sèche et me sens légèrement à l’étroit dans mon pantalon en la voyant habillée ainsi. Je réfléchis à mille à l’heure… Je ne veux pas qu’elle me surprenne en train de la mater. Je passe un bras autour d’Emily et l’attire contre moi. Elle glousse en se collant contre mon corps et m’enlace la nuque de ses bras puis m’embrasse goulument. Je regarde d’un œil Izzy s’élancer sur le trottoir et nous doubler en nous lançant quelques coups d’œil torves. Tiens, tiens… Il semblerait qu’elle aussi soit toujours attirée par moi pour agir de cette manière. Amusé, je repousse Polly afin de saluer Izzy. Ben quoi ? J’ai dit que je voulais arrêter de penser à elle, mais là, tout de suite, l’envie de jouer au chat et la souris est plus forte. Visiblement troublée, elle se prend les pieds dans les pavés quelques mètres plus loin et s’écroule lourdement au sol. Eh merde ! Je relâche vivement Kylie, qui éclate de rire en voyant Izzy à terre, et lui lance un regard noir. Izzy essaie de se redresser mais n’y arrive pas et, sans vraiment comprendre pourquoi ni comment, je me retrouve devant elle.
2
Izzy
J’ai passé la nuit à ressasser encore et encore les derniers événements et, aujourd’hui, c’est décidé, je serai une nouvelle Izzy. Je vais arrêter de penser à Rick, si tant est que ce soit possible, et éviter de croiser Shawn pendant quelques temps.
Eh ben… c’est pas gagné !
Ces deux-là ont mis mes nerfs à rude épreuve, et il est grand temps que je me ressaisisse. Avant de partir faire mon footing quotidien, je vérifie une dernière fois que j’ai bien les clés de l’appart sur moi ainsi que mon smartphone puis regarde à travers le judas.
Aucune trace de mon voisin. Je sors rapidement et verrouille derrière moi en faisant le moins de bruit possible puis pars sur la pointe des pieds. Comme si Shawn était planqué derrière sa porte pour me guetter et qu’il allait sortir en m’entendant ! Je me fustige intérieurement tout en descendant l’escalier. Une fois à l’extérieur, je mets en route ma playlist « New Izzy », mélange de chansons pop du moment qui me donne la pèche, et m’élance dans la rue plus motivée que jamais. Malheureusement, même si je suis pleine de bonnes résolutions ce matin, c’était sans compter mon foutu karma puisque, moins de cent mètres après le début de mon jogging, je tombe nez à nez avec Rick, une nana accrochée à son bras gloussant comme une pintade à la moindre de ses paroles. Mais c’est pas vrai ! Allez respire, Izzy, fais comme si de rien n’était. Tu peux le faire !
J’essaie de me composer rapidement un visage impassible en arrivant à leur hauteur, mais Super Connard profite de cet instant pour enlacer la fille et mettre sa langue dans sa bouche, comme s’il le faisait exprès afin que je remarque bien son petit manège.
Connard !pensé-je en accélérant mes foulées pour continuer mon chemin.
— Bonne journée, Izzy, crie-t-il derrière moi.
Malgré mes écouteurs vissés sur mes oreilles, j’entends sa voix. Mes jambes s’emmêlent, je tends mes bras sur les côtés pour essayer de retrouver mon équilibre, mais ces foutus pavés – qui n’ont toujours pas été remis à niveau – heurtent une nouvelle fois mes semelles, et je m’étale comme un crêpe. J’entends la pimbêche exploser de rire et essaie de me relever fièrement, mais ma cheville me fait un mal de chien. Je suis incapable de me remettre sur pieds. — Putain, putain, putain ! Je peste entre mes dents serrées, les larmes aux yeux et le cœur au bord des lèvres tant la douleur est insupportable. — Eh bien, beauté, cette fois on peut dire que tu ne t’es pas loupée, dit Rick en s’agenouillant devant moi. Besoin d’un coup de main ? Tu veux que j’appelle les pompiers ? Appeler les pompiers ? Il n’est pas sérieux. Avec la chance que j’ai, l’un de mes frères ou, pire encore, les deux pourraient être appelés pour l’intervention. Je viens de vivre l’un des plus grands moments de honte que l’histoire ait jamais connue, il manquerait plus que Peter et Derek en soient témoins, et j’en entendrai parler pendant les dix prochaines années aux repas de famille.Non merci !
— Non, ça va aller, dis-je sans le regarder, terriblement mal à l’aise.
— Tu es sûre ? Tu as vraiment fait une mauvaise chute et tu n’arrives pas à te lever.
Jure ! — J’ai juste besoin que tu m’aides à me mettre debout. Je vais rentrer chez moi et appliquer de la glace dessus. Après tout, ce n’est certainement qu’une entorse. — OK, mais je te raccompagne. Je ne vois pas comment tu vas faire pour monter les escaliers toute seule. Je suis sur le point de protester quand il passe un bras sous mes jambes, l’autre dans mon dos et, sans trop d’effort, me soulève. — Repose-moi au sol, Rick, clamé-je, gênée. — Arrête de te conduire en gamine et laisse-moi t’aider. — Je suis déjà honteuse, j’ai pas besoin qu’en plus toute la ville te voie me porter dans tes bras jusque chez moi ! Si tu fais ça, les gens vont encore parler. — Eh bien, qu’ils parlent ! J’en ai rien à foutre de ce que pensent les autres.
Non, sans blague ?! J’avais pas remarqué !
— Kelly, beauté, tu m’attends là, j’en ai pour quelques minutes, dit-il en passant devant la nana, qui lui lance un regard noir avant de lui rétorquer : — C’estMolly! Il ne prend même pas la peine de lui répondre et continue son chemin. Je peux sentir son cœur battre contre mon corps, ses bras musclés me maintenir fermement contre son torse, son odeur de mâle entêtante… Non mais franchement, ressaisis-toi, Izzy ! Je secoue la tête afin d’essayer de chasser les images obscènes qui envahissent mon esprit à son contact, mais le regard lourd de sous-entendus qu’il me lance me dit qu’il pense exactement aux mêmes choses que moi, alors qu’il y a un peu moins de cinq minutes, il embrassait goulument Molly.
Je détourne la tête et pousse un soupir de soulagement en voyant mon immeuble.
— Tu peux me relâcher maintenant !
Encore une fois, il fait comme s’il ne m’avait pas entendue. Il entre dans le hall puis monte à l’étage d’un pas décidé. Lorsque nous arrivons devant mon appartement, la porte de Shawn s’ouvre au moment où Rick me repose au sol. La colère assombrit aussitôt son visage. Avant qu’il ne pète un câble inutilement, je préfère lui expliquer la situation. — Je me suis encore lamentablement pété la figure… Shawn semble figé. Telle une statue de pierre, il tient toujours la poignée de sa porte et nous regarde, septique. — Et comme j’étais là et que Miss n’a pas voulu que j’appelle les secours, je me suis proposé de la ramener. — Et bien sûr, sans aucune arrière-pensée, lance Shawn avec sarcasme.
— Sally m’attend au coin de la rue.
— Molly, m’empressé-je de le corriger. — Pareil ! De toute façon, demain, je m’en rappellerai plus. Ce type est vraiment odieux ! Comment puis-je en être tellement accro alors qu’il se comporte en goujat les trois quarts du temps ? — T’es vraiment qu’un porc ! Je retire vivement la main qu’il avait gardée sur ma hanche pour maintenir mon équilibre et chancèle. Shawn fait une grande enjambée et me rattrape le premier.
— Je vais t’aider à rentrer chez toi.
— Je suis une grande fille, Shawn.
— Bon je te la laisse ; je vais rejoindre Beverly.
— Molly ! disons-nous à l’unissons. Rick hausse les épaules et nous salue d’un geste de la main avant de redescendre les escaliers. Shawn passe un bras autour de mon épaule pour m’aider à rester stable pendant que je sors la clé de ma poche et déverrouille la porte. — Je ne comprends pas comment tu as pu coucher avec lui, murmure-t-il en entrant, comme s’il se parlait. — Shawn… — Désolé… Je te dépose où ? — Le canapé fera l’affaire. Il traverse le salon et m’aide à m’asseoir. Ensuite, il attrape quelques coussins, avance la table basse et s’agenouille devant moi. Mon Dieu… qu’est-ce qu’il est en train de faire ? Il est complètement fou ! Et pourquoi mon cœur s’emballe, tout à coup ? — Sh… Shawn… qu. qu’est-ce que tu fais ?
— À ton avis ? Et là, il attrape ma jambe, défait mes lacets, retire ma chaussure et ma chaussette, pose mon pied sur les coussins afin qu’il soit surélevé puis il se redresse. Mais quelle idiote ! Comme s’il avait été sur le point de me faire sa demande… Du calme Izzy, on redescend sur terre. — Eh ben, Izzy, tu t’es pas loupée, dis donc, s’exclame-t-il sans se rendre compte de mon émoi. À mon avis, t’es bonne pour voir le toubib demain : ta cheville est presque noire ! Je lance un regard à ma cheville et ne peut qu’acquiescer. — Tu veux que j’appelle quelqu’un pour rester avec toi ? — C’est gentil, mais ça va aller. C’est juste une cheville foulée, Shawn, je ne suis pas à l’article de la mort. — C’est toi qui vois… sinon, t’as de la glace ? insiste-t-il quand même. — Euh… oui, mais…
Il ne me laisse pas parler et traverse la pièce en direction de la cuisine. J’entends les portes des placards claquer puis celle du réfrigérateur, le bruit caractéristique des glaçons qu’on démoule et, quelques instants plus tard, Shawn réapparait. Il s’assoit sur la table basse, met la glace dans un torchon et le pose sur mon pied. Au contact du froid, je sursaute en poussant un cri , tant le moindre frôlement du linge est douloureux. — T’es sûre qu’elle est pas cassée ? demande-t-il, inquiet. Tu veux que je reste un peu ? — Non et non, le rassuré-je en regardant la main de Shawn tenir le torchon sur ma cheville, dont la couleur est passée du noir au violet et dont le volume a considérablement triplé. — Bon… eh bien… je vais y aller alors. Il me propose de tenir à sa place mon bandage de fortune, et, en posant ma main dessus, j’effleure involontairement la sienne. À son contact, je ressens comme une décharge électrique et, visiblement, ça lui fait le même effet puisqu’il tressaille, retire vivement sa main et se redresse dans le même mouvement.
— Certaine ? demande-t-il une dernière fois.
— Oui. Merci Shawn.
— Pas de quoi. Garde ton pied surélevé un petit moment et appelle le doc, OK ? — Ouais. Il met ses mains dans ses poches et me lance un dernier regard empli d’un je ne sais quoi qui me laisse complètement chamboulée lorsqu’il referme la porte derrière lui. Cela ne fait même pas deux heures que je suis debout, et, pourtant, ma journée ne pouvait être plus pourrie. Pourquoi faut-il toujours que je sois si maladroite et ce, devant témoins ? Et pourquoi faut-il que ces deux-là soienttoujourssur mon chemin ?