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Sur le Pont

De
31 pages

Elle l'a aimé, il l'a trahie.


Elle se retrouve seule, abandonnée... Sur le pont...


Prête à tout quitter...

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SUR LE PONT D'AMOUROUD'AMITIÉ Romance
Chiaraa VALENTIN
SUR LE PONT D'AMOUROUD'AMITIÉ Romance
ISBN numérique 978-2-37447-008-5
Avril 2016
© Erato–Editions
Tous droits réservés
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Il est si près de moi,
pourtant je ne sais pas,
comment l’aimer…
Céline Dion – D’amour ou d’amitié
Prologue – Moi si j’étais vous, je ne le ferais pas. – Oui mais vous n’êtes pas moi, donc je n’ai pas besoin de vos conseils. – Soyez sympa… vous n’avez pas vraiment envie de faire ça ! Vous ne voulez pas que j’attrape froid ? Que je finisse avec d’affreuses chaussettes et une fièvre carabinée ? – Je vous ai demandé quelque chose ? Non ! – Comment une jolie fille comme vous, peut en arriver là ?
– Parce que ma vie est toute merdique, qu’il m’a quittée, qu’il a trouvé mieux qu’il va sortir de ma vie et que je ne suis pas jolie.
– Votre petit ami ?
– Non, mon meilleur ami. – Vous auriez aimé qu’il soit votre petit ami ? Allez vous pouvez me le dire, dans cinq minutes de toute façon, vous aurez sauté. – Vous avez raison, j’aurais aimé, mais lui, non… – Vous pensez que ça va lui faire de la peine que vous disparaissiez ? – Je ne pense même pas qu’il se doute que je fais ça par désespoir… à cause de lui. Je pense qu’il sera triste, un peu, enfin, j’espère… – Comment s’appelle-t-elle ? – Qui ça ? – La fille, celle qui vous a remplacée dans son cœur ! – Comment vous sav… Patricia… Pat pour les intimes ! Elle a toujours tout bien toujours tout bon. Elle est belle, intelligente, parfaite quoi, et moi… non ! – Donnez-moi votre portable, je l’appellerais quand vous aurez sauté. Comme ça, il se sentira coupable. – Chiche ? – Je peux aussi l’appeler et lui faire croire que vous avez sauté. Il se sentira coupable quand même, et moi je resterais au sec. – Vous avez réponse à tout ? – Toujours.
Ella
Chapitre 1
La veille Je sors de la douche et me regarde dans le miroir. Je n’y vois rien qui me pla ît vraiment, ni même qui me déplaît d’ailleurs, je suis banale. Ce n’est pas encore aujourd’hui que je vais trouver ce que je cherche. Je décide de m’éloigner de cet objet de toutes les réflexions et retourne dans ma chambre pour m’habiller. Alors que je suis en train de me préparer pour faire mes courses, mon téléphone se met à sonner. Je décroche spontanément sans regarder qui m’appelle. – Oui ? – Ella, c’est Franck. Tu vas bien ? me répond une voix familière – Oui, dis-je un peu inquiète, je vais bien et toi ? Que se passe-t-il tu m’appelles rarement de si bonne heure ? – Écoute, continue-t-il un peu nerveusement, faut que je te parle, on peut se retrouver quelque part ? – Tu m’as l’air bien sérieux, t’as un souci ? – Non… J’ai un truc à te dire, c’est important, mais je ne veux pas te l’annoncer par téléphone. – OK, dans une heure, au café du coin ? réponds-je fébrilement. – D’accord on fait comme ça, à tout à l’heure alors. Et il raccroche sans me laisser le temps de conclure. Franck ? C’est mon meilleur ami, mon ami de toujours. Nous nous connaissons depuis que nous avons six ans. C’était sur les bancs de l’école, je débarquais dans cette nouvelle classe, je ne connaissais personne. Lorsque l’institutrice a demandé qui voulait bien me faire une petite place, il a levé le doigt, on ne s’est plus quitté. Il connaît mes joies, je connais ses peines. J’ai connu ses coups de cœur, il est le mien. Il est divinement beau. Il est grand, musclé, toujours bronzé, des cheveux bruns et des yeux verts. Des traits virils, une allure de mauvais garçon et un cœur pur complètent le tableau Moi ? Je suis insignifiante, une taille moyenne, rondelette, enfin… en forme, brune et yeux bicolores marron quand il fait froid, vert foncé quand il fait chaud. Je suis la bonne copine, celle avec qui on discute, celle à qui on se confie mais malheureusement pour moi, pas celle avec qui on sort. Je l’aime en silence depuis des années. Comme il est plutôt volage et pas du genre à s’attacher, je n’ai jamais eu la douleur de le voir avec une autre fille longtemps. J’appréhende le jour où LA fille passera. Et ce jour-là, cette fille, ça ne sera pas moi. Aujourd’hui, il veut me parler. Pour me convoquer comme ça, sur ce ton et à cette heure, ça doit être vraiment sérieux. Je stresse, ça ne me dit rien qu’y vaille. J’ai un mauvais pressentiment. J’enfile un jean noir, une tunique turquoise, des bottes. Je finis mon brushing, maquille discrètement mes yeux et ma bouche. J’attrape ma veste, mon portable et mes clefs. Je verrouille ma porte et je me dirige vers le café où nous avons rendez-vous. Je traîne les pieds, je flâne, j’avance un peu à reculons. Je regarde les voitures passer, les promeneurs se hâter, le soleil me semble triste et le ciel moins bleu. Je pense que ce qu’il va m’annoncer va changer le fil de mon histoire, le cours de ma vie. J’arrive enfin à l’entrée du café, il est assis dans un coin sur une banquette de cuir bordeaux
riveté de gros clous dorés. Je m’octroie quelques secondes pour l’admirer avant de lui signaler ma présence… quelques instants de répit.
Ella
Chapitre2
Il ne m’a pas encore vu, j’approche à petits pas. Ce n’est pas dans les habitudes de Franck de me donner rendez-vous. Il est du genre à tout balancer au téléphone, il a toujours été comme ça, pas de fioritures, pas de gants, ça tombe comme ça tombe. Pour être aussi précautionneux, ce qu’il a à me dire doit être délicat. Il y a de la musique dans le bar, j’entends la fin de « November Rain » des Guns n’ Roses remplacée par « Someone Like You » d’Adèle. J’y vois un signe, un message, un mauvais présage. Je décide de ne plus attendre et d’arracher le pansement rapidement pour ne pas laisser traîner. Je me dirige résolument vers lui. Il lève la tête, me voit et me sourit tristement… Merde… Qu’est-ce qui lui arrive ? – Salut bogoss, dis-je en l’embrassant sur les deux joues. Tu es tombé du lit ? Ça ne te ressemble pas de te lever si tôt. Je profite de ma tirade pour m’abreuver de son odeur citronnée. Il a toujours senti divinement bon, c’est un parfum dont je ne peux me rassasier, un baume pour mon cœur solitaire. – Salut Ella, me répond-il. Waouh, ça démarre mal, il a toujours eu un petit mot, un petit geste, mais là, rien. – Qu’est-ce qu’il t’arrive Franck ? Tu m’inquiètes ! – J’ai un truc à t’annoncer, mais je ne sais pas par où commencer, reprend-il. – Si tu commençais par le début, je suggère en plaisantant. – Ella, ça fait combien de temps qu’on se conna ît ? me questionne-t-il. – Je ne sais pas moi, 20-25 ans peut-être. Ça fait longtemps en tout cas, j’ai l’impression de t’avoir toujours connu. Nous avons toujours tout partagé, on s’est toujours tout dit, alors ne réfléchis pas plus et balance, je prendrais ce que j’ai à prendre.
Il me regarde avec des yeux ronds, surpris par ma réponse, il prend une grande inspiration :
– OK, voilà, j’ai rencontré une fille, tu l’as déjà aperçue, j’avais discuté un moment avec elle à la soirée qu’organisait ma boite. Elle s’appelle Patricia, elle est belle comme le jour. Je l’aime, je lui ai demandé de m’épouser, elle m’a dit oui, et en plus elle attend un enfant de moi, me débite-t-il d’un trait sans prendre le temps de souffler.
Du coup, moi aussi j’ai arrêté de respirer.
Je balbutie :
– Quoooiii ? Quand ??? Pourquoi ?
Mes yeux me br ûlent, j’ai la gorge nouée, mon sang s’est retiré de mon corps, mes membres sont glacés. Je voudrais me lever et partir, ou mieux, me réveiller, sortir de ce cauchemar. Mais non ! Je suis figée face à lui. Il me fixe tristement, je lis presque de la pitié dans ses yeux. Il tend la main vers moi. – Non, non ! La serveuse approche pour prendre ma commande, je lui demande juste un verre d’eau. J’arrive à me lever et à me diriger vers les toilettes.
Je prends mon temps, je ne pleure pas, je suis trop anesthésiée pour ça. Je me regarde dans la glace et la fille livide qui s’y reflète semble se moquer de moi. Je me rafraîchis et décide de retourner dans la salle pour tenter d’y comprendre au moins un truc. Mais putain… un bébé, comment je peux faire le poids face à un nouveau-né ? Je m’approche de lui, un peu comme si on me conduisait à l’échafaud. Il est au tél éphone. « Oui je le lui ai dit Pas forcément bien, putain, tu voulais quoi, q u’elle saute de joie ? Non, Pat, pas encore, mais je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée que j’arrête de la voir, nous sommes amis depuis toujours. » – T’emmerde pas pour moi,je l’interromps alors qu’il est encore en ligne,ne vais pas je briser ton couple. Je sors de ta vie, pas de souci. Je n’aurais jamais pensé que toi, le grand Franck, le garçon si gentil avec qui j’ai passé toutes les étapes de la vie, même les pires, puisse me laisser tomber. Tu largues vingt ans d’amitié pour une espèce de petite pouffiasse qui trémousse du cul plus fort que les autres, tu me dégoûtes Franck, c’est dégueulasse et tu es pathétique à jouer au petit chienchien à sa mémère.
La serveuse arrive avec mon verre d’eau que je balance directement sur le visage de mon ami. Je récupère mon sac, j’entends l’autre « Pat » vociférer tout ce qu’elle sait mais surtout je vois Franck, les yeux écarquillés...