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Take your chance - 2 - Luna

De
330 pages
Le credo de Luna : pourquoi vivre d'amour et d'eau fraîche quand on peut vivre d'alcool et de sexe ? Et si elle se trompait ? Si, au fond, le sexe n'était qu'une envie et l'amour un besoin ? Serait-elle seulement capable de l'accepter ?

«  Dire qu’il m’embrasse serait un doux euphémisme pour décrire ce que cet homme me fait. Il prend possession de moi, prend le contrôle de mon désir, de mon corps et je comprends tout à coup pourquoi Adam est dangereux pour moi. Contrairement aux autres, il est tout à fait capable de me faire lâcher prise et d’oublier toute retenue. Deux choses que je ne peux pas laisser se produire. Ni avec lui, ni avec qui que ce soit. Mes mains se posent alors sur ses épaules et, à bout de souffle, je le repousse :
— OK. C’était cool, mais ça ne se reproduira plus. »

Take your chance
: et si en amour, tout n'était qu'une question de prise de risque ?
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Couverture : © InnervisionArt / Shutterstock
© Hachette Livre, 2018, pour la présente édition. Hachette Livre, 58 rue Jean Bleuzen, 92170 Vanves.
ISBN : 978-2-01-626487-4
À Vinie, Ninie et Liline. À cette soirée de mars qui a vu naître Luna au gré de nos délires.
Chapitre 1
Luna
Le regard fixé sur la peinture écaillée du plafond, je prie silencieusement pour ne pas me mettre à bâiller. J’aimerais tellement dire que cette situation est inédite mais la vérité, c’est que ces derniers temps elle se produi t un peu trop souvent à mon goût.
Tout a commencé avec une soirée foot à laquelle je ne voulais pas participer et où ma meilleure amie Zoé m’a forcée à aller. Je ne com prends d’ailleurs toujours pas pourquoi il était si important pour nous de voir ce match. OK, c’était peut-être le premier de la saison pour Logan, son futur beau-frère, mais ce n’est pas comme si on l’appréciait. Ce petit con me tape sur le système e t son jeu est aussi minable que son foutu caractère.
J’ai rencontré Todd à la quarantième minute de la p remière mi-temps. Je venais de finir mon deuxième mojito et il devenait urgent de recharger mes batteries en rhum. Le bar était blindé, l’atmosphère suffocante et mes pi eds me faisaient un mal de chien. Jouant des coudes, j’avais réussi tant bien que mal à me faufiler jusqu’au comptoir quand un homme, genre Rocky Balboa, m’a bousculée. Le pied aplati par cet abruti, je l’ai repoussé avec mauvaise humeur et étais toujour s en train de l’ensevelir sous tout un tas de noms d’oiseaux lorsque j’ai senti une mai n se poser sur mon épaule. Il était barman, il était canon, il avait un cul d’enfer et une attirance évidente pour les brunes à la peau caramel et au type méditerranéen. Je ne sui s pas allée chercher plus loin. Maintenant, je le regrette amèrement.
Sa paume rugueuse malaxe mon sein comme elle pétrir ait de la pâte à pain. Sa bouche me dévore le visage, le couvre de bave et, l ’espace d’un court instant, j’ai l’impression d’être de retour au lycée.
Merde ! Le sexe, OK ! Mais là, on est quand même bi en loin de la promesse de départ. Et le pire dans tout ça, c’est que je n’arr ive même pas à savoir si sa queue est raide ou molle. Trop fatiguée pour se redresser dav antage, trop fainéante pour aller jusqu’au bout des choses, c’est comme si elle s’éta it bloquée dans un état intermédiaire. Je ne sais pas comment réagir. Surto ut quand, contrairement à moi, Monsieur a l’air de prendre son pied. Comment peut-on seule ment approcher le Nirvana avec une demi-molle ? C’est un mystère.
Les yeux fermés, le drap coincé entre mes doigts cr ispés, je simule quelques gémissements et prie pour qu’il termine rapidement son affaire. Malheureusement, l’éjaculation précoce ne fait pas partie de ses déf auts et je dois serrer les dents dix bonnes minutes de plus avant qu’il s’effondre enfin sur moi.
La respiration coupée, je le repousse doucement sur le côté et soupire. Coincée sous son bras, je commence à perdre patience. Je ne suis pas vraiment le genre de fille à prendre des pincettes et s’il continue d’af ficher cet air béat, je sens que je vais exploser.
— Bon sang… c’était…
Naze ? Je me mords la langue suffisamment fort pour reten ir mon sarcasme et le laisse poursuivre.
— Super ! Un sourire forcé étire mes lèvres. Mon silence ne s emble pas le déranger. Après m’avoir embrassée sur le front, il se tourne sur le dos et, pour mon plus grand soulagement, coince ses mains derrière sa tête. Je profite de l’occasion pour m’échapper du lit et mettre une distance acceptable entre nous. Son regard lubrique glisse sur mon corp s nu et ma bouche s’acidifie. Merde… Je déteste quand mes coups d’un soir se term inent de la sorte… Il n’y a rien de pire que de devoir expliquer à un homme qu’il n’ a pas été à la hauteur et qu’il peut oublier votre numéro.Connerie de fierté masculine… — La salle de bains ?
D’un signe du menton, il m’indique le couloir.
— Deuxième porte à droite. J’acquiesce et, consciente de son attention rivée s ur mon corps, je ramasse aussi rapidement que possible toutes mes affaires éparpil lées sur le sol de sa chambre. Une fois chose faite, je plaque le tout contre ma poitrine et, relevant les yeux vers lui, dis : — C’était sympa, Todd.
— Tu n’es pas obligée de partir si vite, on pourrait…
Ne pas rire… Ne pas crier… Ne pas…
— Non. Nous ne pouvons rien du tout. Je rentre. Je détourne le regard de ses doigts qui nouent avec efficacité l’extrémité du préservatif et file aux toilettes avant qu’il n’ait le temps de répondre. La salle d’eau croule sous les vêtements en vrac, m ais semble relativement saine. Une fois les mains propres, je m’habille en quatriè me vitesse. Mon portable vibre dans la poche arrière de mon jean. Quand l’écran m’indiq ue un message non lu de Zoé, je ne peux m’empêcher de sourire. Nous nous sommes sép arées moins d’une heure plus tôt et déjà elle vient aux nouvelles.
> Z : Alors ?
> Z : J’en étais sûre.
> Z : Oui ! Il avait une tête de vainqueur.
> Moi : Sans commentaire. Je te raconte demain.
> Moi : Ah oui ?
La sonnette de la porte d’entrée résonne dans l’app artement et je coupe court à notre échange.
> Moi : Il faut que je file. On reparle de Croque-mou
demain matin, ma chérie. J’apporte le petit-déj’.
Je jette mon téléphone au fond de mon sac et suppli e le ciel pour que le visiteur ne soit ni sa femme ni sa copine. Ce ne serait pas la première fois qu’un connard se sert de moi à mes dépens, mais pour le coup, la soirée finirait vraiment très mal pour lui.
Un timbre féminin me parvient et j’envisage réellem ent de sortir par la fenêtre de la chambre pour éviter le drame qui se profile à l’hor izon. J’avance dans le couloir et,
lorsque la conversation devient plus claire, je me fige. — Putain, Todd ! Je n’arrive pas à y croire ! Tu fa is comment ? Tu leur colles une étiquette sur le front pour savoir à quel jour elle s correspondent ? Je suis qui, moi ? Celle du mardi ? Et, si j’ai de la chance, j’ai un droit de garde un dimanche sur deux ? — Ne commence pas, Ludivine. Je n’ai jamais rien promis à personne. Mon estomac se révulse et, même si je ne condamne n ullement ce genre de pratique, je note mentalement de prendre rendez-vou s pour un dépistage dès lundi. J’entends d’ici le sermon de ma meilleure amie et j e grimace déjà.
La fameuse Ludivine ne semble pas partager son poin t de vue et lui administre une claque dont le bruit se répercute avec force entre les murs dépouillés de toute décoration. Mes lèvres se serrent et j’entre aussit ôt dans le salon. Je fixe mon œil le plus noir sur la demoiselle et pointe mon index vers elle.
— La violence ne sera jamais la solution à tes prob lèmes, ma jolie. C’est peut-être un connard, mais un connard qui reste un être vivan t.
Elle est jeune, blonde et son regard est plein de f iel. Pourtant, si elle pense m’impressionner, elle se fourre le doigt dans l’œil . Je déteste toutes ces petites garces qui, parce qu’elles sont femmes, se permettent de t els gestes. Pour moi, l’égalité des sexes passe aussi par là. Si une fille s’autorise à frapper un mec, pourquoi devrait-elle s’offusquer de l’inverse ? L’un comme l’autre est t out bonnement inacceptable. Ce n’est pas vraiment du féminisme, mais tout simpleme nt du savoir-vivre.
— Tu es qui, toi ? Je hausse les épaules et me dirige vers l’entrée. — Personne. Je ne suis personne et je m’en vais. Am usez-vous bien.
Lorsque je passe devant Todd, il agrippe mon poigne t.
— Attends… Tu n’es pas…
Je ne lui laisse pas l’occasion de finir sa phrase et me dégage assez brusquement de son étreinte. Histoire de remettre les choses au clair, je lui fais face et oublie toutes mes bonnes résolutions. — Ce n’est pas parce que je suis intervenue que j’a pprouve la situation. J’aime le sexe, mais je respecte mes partenaires. Je ne leur donne pas de faux espoirs et surtout, je ne joue jamais sur plusieurs tableaux. Il me rit presque au nez et, avant qu’il n’essaie d e se comparer à moi ou de dire une chose qu’il regretterait amèrement, je poursuis :
— Tu veux un conseil ?
Il entrouvre à peine les lèvres pour répondre et je le coupe aussitôt : — Je suis sûre que ton petit problème d’érection po urrait très vite être résolu si tu arrêtais tes conneries. Ses yeux s’agrandissent sous la surprise, ses prune lles s’assombrissent et, sous les éclats de rire de son amie, il me crache :
— Je n’ai AUCUN problème ! — Mon beau, quand ta queue n’arrive pas à durcir su ffisamment pour rester droite, il y a définitivement un souci. Heureusement, ce n’est plus le mien. Il voit rouge et, avant qu’il ne puisse se saisir u ne nouvelle fois de mon bras, je
m’échappe et sors aussi rapidement que possible de son appartement.
L’air frais de la nuit me fait frissonner et m’obli ge à resserrer sur moi les pans de ma veste. Perchée sur mes talons hauts, il me faut dix bonnes minutes pour trouver mon téléphone dans le foutoir de mon sac à main et troi s de plus pour commander une voiture via ma nouvelle application. Grâce aux merv eilles de la technologie, je peux même suivre son arrivée en direct sur l’écran de mo n smartphone. Bénis soient les informaticiens, je ne sais pas ce que je ferais san s leurs merveilleuses inventions.
Sans laisser le temps à la conductrice de sortir de la voiture pour m’ouvrir la porte, je saute sur le siège arrière et frotte mes mains glac ées l’une contre l’autre. La jeune femme me lance un regard amusé dans le rétroviseur et sourit de toutes ses dents en me disant bonsoir. Elle n’est pas bien vieille, je ne pense pas qu’elle ait plus de vingt-deux ans. La voir au volant de ce véhicule m’étonne beaucoup. D’autant qu’avec ses longs cheveux blonds et ses immenses yeux noisette, elle est sublime. Comme toujours incapable de museler ma curiosité, je dema nde : — Comment une aussi jolie fille en vient-elle à dev enir chauffeuse de taxi ? Son éclat de rire fait briller ses grandes prunelle s et j’en suis presque à regretter ne pas l’avoir rencontrée un peu plus tôt dans la soirée. Peut-être ai-je tiré un peu trop vite un trait sur mon expérience avec les femmes… — Je suis la petite dernière d’une famille de six e nfants, tous des garçons. J’ai l’impression d’avoir appris à conduire avant d’avoi r su marcher. — C’est donc par choix ?
Elle acquiesce et son regard se fait rêveur.
— Un chouia étrange, je sais… Mais ce n’est pas dem ain la veille qu’une femme deviendra championne de Formule 1, alors c’est mieu x que rien. Enfin, j’imagine.
Je reste silencieuse. Encore une fois, je ne compre nds pas cette société où, en fonction de son sexe, personne n’aborde la vie avec les mêmes chances. C’est en partie pour cela que, jour après jour, je cherche à repousser les limites, à tuer dans l’œuf des traditions archaïques qui ne servent à ri en d’autre qu’à soutenir des stéréotypes dépassés.
Le regard perdu dans le flou du paysage, je repense à ma meilleure amie qui a choisi de se marier le jour de Noël. Même si je l’a ime et la soutiens pleinement dans son entreprise, je n’adhère pas à l’idée de me retr ouver enfermée derrière les barreaux d’une cage dorée. Je veux pouvoir aimer sans pour a utant m’oublier. Malheureusement, l’amour a bien trop souvent tendan ce à rendre les gens dépendants les uns des autres et JAMAIS je ne dépendrai de qui que ce soit.
La voiture s’arrête devant la porte de mon immeuble et je remercie l’inconnue d’un sourire. Elle m’accorde un petit signe de la main e t s’éloigne rapidement vers sa prochaine course. Les yeux levés vers le troisième étage du bâtiment, je grogne en voyant la lumière toujours allumée par la fenêtre d e mon salon. Ma mère est encore debout…Génial
Elle a rompu avec Monsieur je-me-balade-tout-le-tem ps-en-slip-où-que-je-sois une semaine plus tôt et squatte ma chambre d’amis depui s. J’adore Mina, je ferais absolument tout pour elle, mais la cohabitation n’e st pas toujours évidente.
Les pieds en compote, je retire mes talons dans le hall. La morsure du carrelage froid sur ma peau échauffée me tire une grimace. Le soulagement se mêle étroitement à une désagréable sensation d’engourdissement.
Sur les portes de l’ascenseur, une feuille de papie r A4 m’annonce qu’il est hors service. Un juron tout sauf féminin m’échappe et mo n front vient cogner contre le mur. Je marmonne quelques menaces à l’encontre de Zoé, s ans qui je ne serais jamais sortie ce soir, et me résigne à monter les trois ét ages à pied. La grande sportive que je suis arrive devant sa porte à moitié essoufflée et prête à en découdre avec quiconque se dressera entre elle et sa douche.
Je n’ai pas le temps de mettre la clef dans la serr ure. Le battant s’ouvre et ma mère saute dans mes bras en larmes. Par réflexe, je refe rme les miens sur elle et soupire doucement. — Maman ? Elle renifle comme une gamine et mes yeux montent a u ciel. J’inspire profondément et, d’une voix calme, lui dis :
— Et si tu me laissais entrer et qu’ensuite tu m’ex pliquais ce qui t’a mise dans cet état cette fois ?
Ma mère acquiesce et me libère de ses tentacules. J e lui souris et referme la porte derrière moi. Les gens qui ne connaissent pas intim ement Mina ne se rendent pas vraiment compte de la personne fragile qu’elle est devenue le jour où mon père nous a quittées pour vivre son rêve américain. Sous antidé presseurs les trois quarts du temps, elle n’a jamais réussi à reprendre sa vie en main. Les seuls moments où elle semble vraiment heureuse, c’est lorsqu’elle tombe amoureus e, ce qui arrive très souvent. Pourtant, chaque fois, ses histoires virent au dram e et je me retrouve à m’occuper d’elle. Je la remets sur pieds et elle repart vers un nouveau projet, vers un nouvel homme. Je prie alors pour que ce dernier soit enfin le bon. De loin, notre relation a sans doute l’air assez ét range. Je l’aime plus que n’importe qui et pourtant nous passons notre vie à nous crêpe r le chignon. C’est sûrement ce qui arrive quand les rôles s’inversent, quand l’enfant devient parent et le parent enfant. Je n’en sais rien, mais je suis certaine que Zoé s’en donnerait à cœur joie pour psychanalyser tout ça. Nous nous asseyons sur le canapé et je l’oblige à l ever les yeux vers moi.
— Maman ? Regarde-moi et dis-moi ce qui ne va pas. Ses grandes prunelles chocolat pleines de larmes se fixent aux miennes et leur intensité me fait tressaillir. — C’est… J’ai… Ton… — Et si tu faisais une phrase complète pour que je puisse comprendre ? — Ton père m’a envoyé les papiers du divorce.
Je ne vois pas très bien pourquoi cette nouvelle la met dans tous ses états. Cela fait des mois que nous le poursuivons pour qu’elle puiss e enfin obtenir sa liberté. Je pensais qu’elle se réjouirait de les avoir finaleme nt reçus. — Euh… Tu veux bien m’expliquer ton délire, là ? Je croyais que c’était ce que tu voulais… — Je… je pense que je l’aime toujours.
Ma respiration reste coincée quelque part entre mes poumons et ma gorge. La colère monte dangereusement en moi et je dois faire des efforts considérables pour ne pas laisser des mots que je finirais par regretter franchir la barrière de mes lèvres. L’arête du nez pincée entre le pouce et l’index, j’ essaie de lui faire entendre raison.
— Comment peux-tu dire une chose pareille ? Il est parti depuis plus de dix ans. Il n’a jamais cherché à nous contacter. Il n’a même pa s voulu nous voir pour négocier les clauses du divorce, c’est son avocat qui s’y est co llé avec une procuration ! Vous couchez l’un et l’autre à droite et à gauche depuis toujours. Honnêtement, votre mariage n’est déjà plus qu’un simple bout de papier . Signer ces feuilles ne changera rien à notre vie.
De grosses larmes se mettent à couler le long de se s joues quand elle secoue vivement la tête. — Tu… tu ne comprends pas, Luna. Tu ne peux pas com prendre. — Ah non… Ça, c’est sûr.
— Je n’arrive pas à l’oublier, à le remplacer et le divorce est si définitif…
En gros, pour elle, signer ces papiers c’est comme abandonner tout espoir de retour. Je peux éventuellement admettre que ce soit dur pou r elle, mais je reste persuadée que c’est une bonne chose.
— Maman… onze ans… ce n’est pas rien. Peut-être que si tu acceptais enfin de tourner la page, tes histoires de cœur se passeraie nt différemment.
D’un revers de main, Mina essuie les sillons de lar mes sur ses joues et fixe, sans vraiment le voir, le verre de vin posé sur la table basse. Sa voix tremble légèrement quand elle reprend la parole : — Ne vieillis pas, ma fille. Profite de ta jeunesse à fond. — Tu n’es pas si vieille que ça…
Un sourire ironique barre son doux visage et la tri stesse reprend ses droits.
— Je regrette l’époque où les hommes se retournaien t sur mon passage. J’aimerais pouvoir revenir à La Libellule et m’offrir une soir ée ou deux de sexe sans complication avec des inconnus. Oublier ton père, oublier que je suis une mère célibataire de presque cinquante ans et oublier que j’ai foiré tou te ma vie.
Je devrais très certainement la contredire, mais j’ en suis incapable. Si ces onze dernières années ont été difficiles pour elle, elle s l’ont été bien davantage pour moi. Je dois chaque jour faire un effort considérable pour ne pas lui en vouloir et tenter d’oublier… Malheureusement, peu importe combien j’e ssaie de les enfouir en moi, mes souvenirs ne sont jamais bien loin et le ressentime nt non plus. — Tu devrais avancer ton rendez-vous avec le docteu r Levallois. Je vais avoir beaucoup de boulot cette semaine et tu dois parler de tout cela à quelqu’un. Maman porte son verre à ses lèvres et en sirote une gorgée avant d’acquiescer.
— Je vais le faire, Luna.
Je me retiens difficilement de lui faire remarquer antidépresseurs n’est pas recommandé et me lève.
— Bien. Je vais me doucher.
que boire de l’alcool sous
Je l’embrasse sur le sommet de la tête et me tourne déjà en direction de la salle de bains lorsqu’elle m’interpelle. — Luna ? À contrecœur, je me retourne.
— Oui, maman ?