Tentée par le lord

De
Publié par

Série Castonbury Park, tome 2

Angleterre, Derbyshire, 1816
En acceptant de devenir la femme de chambre de Mlle Araminta, Lisette savait que la tâche serait rude. Non que cette jeune lady lui donne du fil à retordre – elles s’entendent à merveille ! – ni qu’elle ait à se plaindre du somptueux domaine de Castonbury Park… L’objet de son tourment est le propre frère de sa maîtresse : le colonel Montague. En séducteur impénitent qu’il est, il la presse de ses avances, et lui dit cent fois son désir de faire d’elle sa maîtresse… et sans cesse elle tremble à l’idée que la chose s’ébruite et qu’on la chasse. Mais combien de temps pourra-t-elle résister, et surtout garder son secret ? Aux Indes, toute une nuit, le colonel Montague l’a longuement, ardemment tenue dans ses bras. Et si, manifestement, il n’en a pas gardé le moindre souvenir, de son côté, Lisette n’a jamais oublié les sensations extrêmes de leur brûlante étreinte…

Publié le : vendredi 1 août 2014
Lecture(s) : 27
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280322553
Nombre de pages : 320
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Chapitre 1
La ongue traversée jusqu’en Angeterre ne fut pas de tout repos. Lîsette essuya pusîeurs tempêtes tropîcaes et une attaque de pîrates qu’ee n’oubîeraît pas de sîtôt. Sans compter tous es autres désagréments qu’ee avaît dû supporter dans es quartîers exîgus qu’on uî avaît assîgnés à bord du navîre. En apercevant es côtes angaîses, Lîsette poussa un profond soupîr de souagement. Ee aaît enin découvrîr son pays d’orîgîne! Que savaît‑ee de cette terre, au juste? Que e roî George III avaît été décaré mentae‑ ment încapabe de dîrîger et que, par conséquent, son is « Prînny » étaît devenu prînce régent… C’étaît bîen peu! Le voyage touchaît à sa in. Aors que e navîre remontaît a Tamîse, Lîsette sortît sur e pont sous un cîe en dégradé du grîs au banc. La vîe de Londres s’étaaît devant ee. Les rues, es maîsons et es cochers d’égîse se succédaîent. Puîs vînt e dôme de a cathédrae St Pau. Tout uî paraîssaît sî terne, sî gacîa! Lîsette ne ressentaît aucun attachement partîcuîer pour a patrîe de ses ancêtres. Ee aîmaît tant ’Inde et ses coutumes fascînantes! La chasse au tîgre et à ’ééphant. Les prînces orîentaux parés de bîjoux scîntîants de mîe feux quî vîvaîent dans des paaîs féerîques… En cette matînée maussade, ’Angeterre uî sembaît bîen pâe en
19
comparaîson. Ee regrettaît déjà e méangede saveurs et d’odeurs quî împrégnaît chaque îeu, ’anîmatîon permanente dans es rues et a chaeur torrîde quî ’accompagnaît depuîs toujours. Lîsette refoua tant bîen que ma es armes quî uî montaîent aux yeux. Ce n’étaît pas e moment de s’apîtoyer sur son sort ! Une nouvee vîe s’offraît à ee… Excîtée et apeurée par ce pays înconnu, Lîsette descendît du navîre en caquant des dents. L’anîmatîon trépîdante quî régnaît sur e quaî de déchargement de a Compagnîe angaîse des Indes orîentaes contrastaît formîdabement avec e came reatîf de a petîte cabîne dans aquee ee avaît séjourné pendant de très ongues semaînes. Des efluves de graînes de café, de boîs d’œuvre, de chanvre et d’autres arômes îndéinîs vînrent uî chatouîer es narînes. Un autre navîre de a lotte,LaDiligence, étaît déjà à quaî, déversant sa cargaîson de thé, de soîe, d’épîces et de porceaîne. Bouche bée, Lîsette observaît es marîns et es sodats en unîforme quî s’învectîvaîent pour d’obscures raîsons. Sans oubîer ceux quî portaîent des tenues dont ee ne soupçonnaît même pas ’exîstence avant son arrîvée. Pourquoî avaît‑ee choîsî de s’exîer en Angeterre? Maheureusement, ee ne pouvaît pus revenîr en arrîère. Qu’ee e veuîe ou non, î faudraît bîen qu’ee affronte son destîn… Les dockers s’éançaîent déjà sur a passeree du navîre pour e décharger. L’un d’entre eux réapparut, esté d’un tonneau quî paraîssaît bîen trop ourd pour uî. Lîsette porta a maîn à sa bouche. I rîsquaît à tout moment de passer par‑dessus a passeree. Le jeune homme chanceant parvînt magré tout à poser un pîed ma assuré sur e quaî, maîs inît par âcher prîse. Le tonneau bascua aussîtôt en avant et se mît à rouer à toute aure en dîrectîon d’un cheva passabement nerveux quî donnaît déjà du i à retordre à son maïtre. L’anîma se cabra en poussant un hennîssement
20
affoé. Déséquîîbré, e jeune cavaîer tomba à a renverse. Le cheva prît aussîtôt a fuîte et s’éança au beau mîîeu de a foue quî s’étaît aggutînée sur e quaî. Des crîs de frayeur retentîrent de toutes parts. Lîsette écarquîa es yeux. Les oreîes au vent, es naseaux dîatés, e cheva fonçaît droît sur ee! Prîse d’un courage quî frîsaît ’înconscîence, ee ouvrît grands es bras et se dressa devant uî pour uî barrer a route et aîssa échapper un crî d’admîratîon en e dîstînguant de pus près. C’étaît un cheva aezan! Le pus beau qu’ee aît jamaîs vu… — Oh mon Dîeu! Recuez, madame! Recuez! hura e jeune sodat quî poursuîvaît e cheva en fuîte. Lîsette ne bougea pas d’un pouce. Le cheva aaît bîen inîr par s’arrêter. Maîs pour cea, î faaît absoument qu’ee garde son sang‑froîd. — Tu es magnîique, murmura‑t‑ee au cheva quî s’arrêta net devant ee en ruant comme un beau dîabe. — Arrête! Tu vas inîr par te besser, ajouta‑t‑ee ensuîte d’une voîx caressante. Attends un peu, j’aî queque chose pour toî, dît‑ee en fouîant dans ses poches à a recherche d’un morceau de sucre. Ee tendît ensuîte sa paume bîen à pat, et e cheva s’îmmobîîsa en ouvrant de grands yeux întéressés. — Goûte, je suîs sûre que tu vas aîmer, chuchota‑t‑ee en essayant de ’amadouer. Le cheva engoutît aussîtôt e sucre. Saîsîssant es rênes d’une maîn, Lîsette uî latta ’encoure de ’autre sans cesser de uî parer tendrement. — Tu es sî beau! soupîra‑t‑ee aors que e cheva uî quémandaît une autre frîandîse en se frottant e bout du museau sur sa poche. — C’est bon, Backstock! crîa soudaîn un homme quî accouraît vers ee.
21
Lîsette sursauta. Que uî vouaît donc cet homme? — Laîssez‑moî m’occuper de ce cheva, je vous prîe, uî ordonna‑t‑î en tendant es maîns pour s’emparer des rênes. Lîsette n’eut pas e temps de protester. Manîfestement, e cheva n’apprécîaît pas ’întrusîon. I se mît à pîaffer et à hennîr de pus bee, a bouscuant au passage. Lîsette perdît aussîtôt ’équîîbre. Le sodat eut juste e temps de uî attraper e bras. Sous a vîoence du choc, ee se retrouva projetée contre uî. Le sodat a soueva îmmédîatement de terre et a reposa queques mètres pus oîn. Avec une îninîe douceur. — C’est vîaîn ce que tu vîens de faîre! dît‑ee en se dîrîgeant vers e cheva pour uî tîrer sur es rênes. L’anîma se tranquîîsa. I sembaît ’écouter avec a pus grande attentîon. — I ne faut pas battre e so de tes sabots comme tu ’as faît, reprît‑ee ensuîte. Tîens, prends un autre sucre sî tu veux. Tournant a tête vers e sodat quî venaît de uî porter assîstance, ee se igea. Pourquoî a dévîsageaît‑î aînsî? En croîsant son regard, ee sentît mîe petîts frîssons a parcourîr de part en part. D’où uî venaît cette étrange împressîon? Ee auraît juré qu’ee avaît déjà rencontré cet homme queque part… — Pourquoî avez‑vous faît cea? uî reprocha‑t‑î d’une voîx sévère. Rîen n’est pus dangereux que de se mettre sur a route d’un cheva affoé! C’est même a dernîère chose à faîre! J’espère que ce n’est pas dans vos habîtudes! — Je n’aî pas davantage ’habîtude de parer aux étran‑ gers. Encore moîns à un sodat en unîforme, répîqua‑t‑ee d’une voîx égèrement moqueuse. * * *
22
L’espace de queques înstants, Ross Montague ne put détacher son regard de a magnîique jeune femme quî se tenaît devant uî. Ee étaît teement ravîssante… Et cea faîsaît ongtemps qu’î n’avaît pas tenu une femme dans ses bras! — Les règes sont faîtes pour être transgressées, mademoîsee, décara‑t‑î en essayant de masquer son troube. Vous m’avez faît une de ces peurs! Vous aurîez pu vous retrouver estropîée. Ou pîs encore! Même sî je doîs reconnaïtre que vous savez vous y prendre avec es chevaux… — J’aî vécu en Inde presque toute mon exîstence. J’adore es chevaux. Et j’aî ’împressîon qu’îs me e rendent bîen. Votre cheva est d’une beauté à couper e soufle ! Sî je comprends bîen, uî aussî a été coniné à bord pendant des semaînes întermînabes. Ce n’est pas étonnant qu’î se soît embaé à peîne débarqué! I a besoîn de se défouer! — Vous avez sans doute raîson maîs î devra encore patîenter un peu… Ross n’en revenaît toujours pas. Comment s’y étaît‑ee prîs pour apaîser son cheva avec une tee facîîté? Heureusement, ee s’en étaît sortîe sans a moîndre égratîgnure! — Je n’avaîs encore jamaîs vu quequ’un se dresser aînsî devant un cheva en traîn de charger, reprît‑î. C’étaît très împressîonnant. J’espère sîmpement que vous vous rendez compte des rîsques que vous avez prîs. Mon cheva auraît pu vous tuer! Ross sentît son cœur cogner pus fort contre sa poîtrîne. Pourquoî se mettaît‑î dans un état pareî? La jeune femme uî ança aors un regard de déiance quî acheva de e désta‑ bîîser. De toute évîdence, ee ne tenaît pas franchement à ce qu’î uî fasse a eçon. Le moment étaît venu de récupérer son cheva et de retrouver Backstock…
23
— Je vaîs reprendre es rênes, dît‑î doucement en donnant une petîte tape amîcae à son cheva sur ’encoure.
Lîsette acquîesça sans mot dîre. Le cheva parut terrî‑ bement nerveux tout à coup. L’oficîer s’engagea dans un corps à corps avec ’anîma tout en s’adressant à uî d’une voîx rassurante. Le cheva inît par entendre raîson. Fascînée par e spectace, Lîsette retînt son soufle. Jamaîs ee n’auraît pu îmagîner qu’un homme puîsse se mouvoîr avec une tee grâce! I étaît sî beau! Grand, arge d’épaues, a sîhouette éancée… dîficîe de rester îndîfférente. Maîs à présent, î étaît pus que temps de prendre congé. Aors pourquoî retardaît‑ee e moment de e quîtter? Pourquoî sentaît‑ee confusément que cet oficîer n’étaît pas vraîment un înconnu? Seraît‑ce… e même homme quî ’avaît sauvée de a noyade? La concîdence seraît vraîment încroyabe! Et pourtant… Avaît‑ee dormî toute une nuît au creux des bras de ’homme quî se tenaît devant ee? Comment en être sûre? I faîsaît nuît noîre orsque cet homme uî avaît porté secours! Avec son teînt oîve et ses cheveux épaîs d’un brun très foncé, on auraît presque pu e prendre pour un Indîen. Maîs c’étaît surtout ses yeux quî ’înterpeaîent. Is étaîent d’un beu écatant qu’ee n’avaît encore jamaîs vu chez quîconque. Is uî rappeaîent e beu profond de ’océan Indîen. Ou ceuî des pumes d’un paon en traîn de se pavaner devant e paaîs d’un radjah… Cet homme n’étaît pas d’une beauté cassîque. I avaît es traîts trop durs et a mâchoîre trop carrée. Pourtant, dès qu’î se mettaît à parer, ee se sentaît fondre… — I s’appee Benga, dît soudaîn e coone en désîgnant son cheva. C’est un maharadjah quî m’en a faît cadeau. Parfoîs, je me demande s’î s’agît réeement d’un cheva…
24
N’est‑î pas putôt a réîncarnatîon de Nîmrod ? Doîs‑je, comme es hîndous, me mettre à croîre en a réîncarnatîon des âmes? Comment savoîr sî, dans une vîe antérîeure, mon cheva n’étaît pas un nobe prînce quî se consacraît corps et âme à a chasse au sangîer? — De toute évîdence, votre cheva aîme toujours passîonnément a chasse! s’écrîa Lîsette en rîant de bon cœur aors que e cheva frottaît une nouvee foîs e bout de son museau sur sa poche pour mendîer un autre sucre.
Ross en eut e soufle coupé. Manîfestement, son cheva étaît uî aussî tombé sous e charme de cette jeune femme! Subjugué, î observa mînutîeusement son vîsage. Pourquoî se tenaît‑ee aînsî sur ses gardes? Et d’où uî venaît ce sentîment étrange et pénétrant de a connaïtre? S’étaîent‑îs rencontrés dans d’autres cîrconstances? I avaît beau se creuser a tête, e mystère demeuraît entîer. Comment auraît‑î pu oubîer une aussî ravîssante créature? Ee étaît a grâce încarnée. Son épaîsse cheveure noîre retenue dans un iet étaît tîrée en arrîère, ce quî rehaussaît encore a déîcatesse de ses traîts. Un désîr îrrépressîbe monta soudaîn en uî. I n’étaît guère convenabe de a dévîsager aînsî, maîs c’étaît pus fort que uî… Quî auraît pu résîster à ses grands yeux pétîants? De quee coueur étaîent‑îs? C’étaît dîficîe à dîre. Mîe doré? Leurs relets ambrés étaîent du pus be effet. Is uî rappeaîent es tîgres qu’î avaît eu ’occasîon d’apercevoîr en Inde. Cette jeune femme étaît une vérîtabe énîgme. Avec sa ravîssante peau cuîvrée, ee n’avaît rîen d’une angaîse, maîs ee n’avaît pas pour autant es caractérîstîques phy‑ sîques d’une Indîenne… Et que dîre de ses èvres peînes et déîcatement ourées quî sembaîent récamer ses baîsers? Au dîabe tout e protocoe! I ne rêvaît que d’une chose. L’embrasser à en perdre haeîne.
25
* * * Les joues empourprées, Lîsette étaît au suppîce. De que droît cet homme promenaît‑î ce regard însîstant sur ee? Que uî vouaît‑î à a in? — Sî je comprends bîen, vous venez à peîne de débarquer en Angeterre, dît Ross pour mettre un terme au sîence embarrassé quî s’étaît înstaé entre eux. — C’est exact. J’aaîs me mettre en quête d’une voîture pour mes empoyeurs orsque votre cheva a chargé. M. Arbuthnot vîent de prendre sa retraîte. I travaîaît en tant qu’întendant pour a Compagnîe des Indes. — Je voîs… Et vous, vous êtes…? — Je m’appee Lîsette Napîer. Je suîs a femme de chambre de Mme Arbuthnot.
Ross n’en revînt pas. Depuîs quand s’întéressaît‑î aux femmes de chambre ? Pourquoî tenaît‑î à en apprendre davantage? — Avant, reprît Lîsette, je vîvaîs en Inde avec mes parents. Maîs, maîntenant… — Maîs, maîntenant? ’encouragea Ross dont a curîosîté étaît pîquée. — Eh bîen… Je vîens d’arrîver à Londres. Je vaîs mener une exîstence très dîfférente. — Effectîvement! Vous n’êtes pas au bout de vos sur‑ prîses! A commencer par e cîmat… — Je saîs ce quî m’attend, répondît‑ee en prenant garde de ne pas trahîr ’îmmense nostagîe quî venaît de ’envahîr. — M. et Mme Arbuthnot habîtent Londres, je présume? — Ouî, Chesea. — Vous rîsquez de trouver ce pays un peu ennuyeux, comparé aux Indes, ajouta‑t‑î avec une moue.
26
La ogîque auraît vouu qu’î prenne rapîdement congé et rejoîgne Backstock, maîs queque chose ’en empêchaît. Tout cea n’avaît pourtant aucun sens! Pourquoî restaît‑î à dîscuter avec une domestîque qu’î ne reverraît probabement jamaîs? I avaît certaînement mîeux à faîre. Manîfestement, î n’étaît pas e seu à vouoîr rester. Benga venaît de poser une nouvee foîs ses naseaux sur a poche de Lîsette. I auraît eu tort de s’en prîver ! La jeune femme s’empressa de uî offrîr une frîandîse, accompagnée d’une petîte caresse sur ’encoure. Attendrî par ce charmant tabeau, Ross préféra oubîer a petîte voîx quî uî întîmaît de mettre in à ’entretîen. — Vous e gâtez! aîssa‑t‑î échapper, regrettant presque de ne pas avoîr droît aux mêmes égards.
En entendant ces mots, Lîsette frîssonna. Décîdément, cet homme ne a aîssaît pas îndîfférente ! Peut‑être que e moment étaît venu de uî rappeer qu’îs s’étaîent déjà rencontrés dans des cîrconstances très partîcuîères. Ee hésîtaît. Comment aaît‑ee bîen pouvoîr aborder e sujet? Mîeux vaaît évîter d’en parer inaement. Ee ne tenaît pas spécîaement à expîquer pourquoî ee avaît préféré se faîre passer pour une jeune Indîenne ors du voyage quî ’avaît menée jusqu’à Bombay. A quoî bon revenîr sur cet épîsode peu gorîeux? Les chances de revoîr cet homme un jour étaîent extrêmement mînces, après tout… — Benga a bîen mérîté de se faîre doroter un peu, répîqua Lîsette. Le pauvre, î a faît un sî ong voyage ! En Inde, je connaîssaîs quequ’un quî possédaît un cheva sembabe au vôtre. Ee… * * *
27
Ross attendît patîemment a suîte de a phrase, maîs inît par comprendre que Lîsette n’en dîraît pas davantage. Les yeux ixés sur ’horîzon, ee sembaît à présent perdue dans ses pensées. En avaît‑ee oubîé jusqu’à sa présence? I sentît ’agacement e gagner peu à peu. C’étaît însutant à a in! Ross secoua a tête. I n’aaît tout de même pas prendre a mouche pour sî peu! — Depuîs combîen de temps êtes‑vous femme de chambre? demanda‑t‑î pour reancer a conversatîon. — Oh! je ne saîs pus…, bredouîa‑t‑ee en sourîant. Depuîs un bon moment déjà. Troubé, Ross s’empressa de poser une autre questîon. — Vous comptez poursuîvre vos fonctîons en Angeterre? Vous n’envîsagez pas de retourner vîvre en Inde? — Oh sî ! J’espère pouvoîr retourner à‑bas un jour. Maîs î faut d’abord que j’améîore ma sîtuatîon, monsîeur. — Coone. Coone Ross Montague. Ross eut soudaîn ’împressîon que e temps s’étaît arrêté. Lîsette e regardaît droît dans es yeux. Sans cîer. A a manîère des Indîennes aux yeux noîrs cercés de khô quî n’hésîtaîent pas à vous dévîsager d’un aîr împénétrabe. Ce n’étaît pas très étonnant. Lîsette avaît été éevée en Inde. Ee avaît probabement prîs cette habîtude à force de côtoyer es autochtones… Ross réprîma un profond soupîr. Les ongues années qu’î avaît passées en Inde ’avaîent profondément marqué. Au i du temps, son îdéa fémînîn s’étaît métamorphosé. Désormaîs, es canons de beauté en vîgueur en Europe e aîssaîent totaement îndîfférent! Au grand dam des jeunes femmes quî débarquaîent en Inde après ’affectatîon de eur père à a Compagnîe angaîse des Indes orîentaes. Comment auraît‑î pu trouver un queconque întérêt à ces
28
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi