Théâtre complet (Tome 2)

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L'œuvre dramatique de Patrice Joseph Lhoni, ouvre aux questionnements de notre époque. La place du pouvoir dans la Cité, le respect des peuples et de leurs cultures, la probité et le respect des valeurs universelles, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. La pièce Liberté, qui donne la parole à des personnalités historiques et culturelles majeures du XXe siècle est une mise en abyme de l'histoire qui restituait déjà à chaque Congolais sa part d'humanité, obstruée par des siècles d'infamie.
Publié le : dimanche 1 septembre 2013
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EAN13 : 9782336321950
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Patrice Joseph Lhoni THÉÂTRECOMPLET Tome II Préface de Caya Makhélé
ACORIA ÉDITIONS
THÉÂTRECOMPLET
Patrice Joseph Lhoni Théâtre Complet
Préface de Caya Makhélé
Vol. 1 Tome II
Couverture : Muankalu ©Photo & réalisation Benoist Lhoni 2011 © Acoria éditions, 2011 Caya Makhélé, éditeur Mail : editions.acoria@free.fr Site : www.acoria.net ISBN 978-2-35572-054-3
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Avant-Propos
L’essentiel de l’œuvre de Patrice Joseph Lhoni était encore il y a peu inédite. Benoist Lhoni a rassemblé les manuscrits del’auteur et les a répertoriés en plusieurs volumes, tant son œuvre est dense. Dans ce premier volume, il est question de théâtre. La présentation essaie de suivre une certaine chronologie en l’absence de datation des manuscrits. Patrice Joseph Lhoni, ancien professeur de français et fondateur du lycée Chaminade de Brazzaville sous la direction des frères Marianistes, a été Secrétaire d’Administration, Directeur de laRégie Municipale des Transports Brazzavillois, Responsable du service culturel de la ville de Brazzaville. Entre 1950 et 1960, il participa aux mouvements littéraires congolais notamment en qualité de journaliste àFrance Équateurde M. Senez (presse coloniale), la Semaine de l’AEF(actuelleLa Semaine Africaine), dans Liaison(revue des cercles culturels de l’AEF) qu’il dirigea dans sa dernière année. Il a en outre été directeur de l’Institut d’Études Congolaisesfondé avec Luis Lopez Alvarez. Sa vie intellectuelle est marquée par une série d’in-fluences qui expliqueront la diversité de sa production littéraire puisqu’il aborde tour à tour : les Contes (Guirlandes Fanées-Contes du Congo-Brazzaville, Éditions Acoria, 2005), l’Histoire (Histoire de Brazzaville inédite et à paraître prochainement aux Éditions Acoria, les Récits (LeTroisième joursuivi de L’Exode, Éditions Acoria, 2005), l’Anthropologie (Le Masque des mots, tra-duction de 500 proverbes Kongo en français, Éditions Acoria, 2005).
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Mais c’est à travers le théâtrele présent volumequ’il trouve son allant et s’exprime sur les relations en-tre le colonisé et le colonisateur :Matricule 22,Les 3 Francs,Liberté... pièces à travers lesquelles on perçoit les prémices de l’émancipation du colonisé et qui sous-ten-dent les premiers caractèresrévolutionnairescongolais fait à la fois d’anti-colonialisme et de nationallisme militants.
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PRÉFACE
Quel dramaturge congolais peut affirmer ne pas être un « frère en littérature » de Patrice Joseph Lhoni ? De Guy Menga à Maxime Ndébéka, en passant par Sylvain Bemba, ou Sony Labou Tansi et Dieudonné Niangouna, le théâtre de Patrice Joseph Lhoni fut un exemple de construction dramaturgique. Nous avons, tous, grandi dans les bras des textes commeMatricule 22etLes Trois Francs. Ces textes nous ont accompagnés à travers diverses mises en scène professionnelles ou d’amateurs. Le Théâtre National, les compagnies privées, les écoles et les lycées ont puisé dans une œuvre qui anticipait notre avenir en nous plaçant au centre de notre histoire. Le Congo, dès les années précédant les indépendances, se construit, avec des auteurs comme Tchicaya U’Tamsi, Jean Malonga, Letembet-Ambilly, Guy Menga et Patrice Joseph Lhoni, un regard tourné vers la question congo-laise. C’est comme si l’espace du cri d’affirmation que lance le poète Tchicaya U’ Tamsi avec ces vers, « Sale tête de Nègre, Voici ma tête Congolaise » … affichait par anticipation l’exergue d’une quête littéraire à la congolaise, ainsi que le constateront Arlette et Roger Chemain. La voie d’un réalisme merveilleux était ouverte. En effet dès les années 60, comme le précise en 1982 Guy Menga dans le numéro 3 de la revueCulture française, « le Congo se dote donc d’un nombre assez important de troupes qui, faute de répertoire national, montent, adap-tent et jouent des comédies ou des farces signées Molière, 7
Marivaux ou Courteline. Car les auteurs ne prendront en marche le train théâtral ainsi lancé qu’à partir de 1962. Maurice Battambica, Guy Menga, Patrice Joseph Lhoni et Ferdinand Mouangassa seront les premiers à prendre place dans le compartiment réservé aux auteurs alors que dans celui des comédiens voyagent en nombre important les célébrités qui donneront ses premières lettres de noblesse à ce théâtre naissant. Ils s’appellent Élisabeth M’Passi, Pascal Mayenga, Marius Yelolo, Pascal Nzonzi, Victor NT’tua Kanda, pour ne citer que les plus connus sans pour autant oublier les seconds rôles et les figurants tout aussi importants, tant il est vrai que la création théâtrale demeure avant tout une œuvre collective. Les premiers succès remportés par ces comédiens et auteurs qui font figure de pionniers, vont susciter un phénomène de création extraordinaire, chez les dramaturges surtout… Je suis, à l’instar d’autres dramaturges congolais, indéniable-ment redevable de ces « pionniers » d’un théâtre proposant un nouvel espace commun à bâtir, à travers une relecture dramaturgique de notre histoire. Enfant, j’étais en quête de héros congolais, d’une mythologie qui me ferait comprendre le monde dans lequel je vivais. Je ne pouvais imaginer que « mon peuple » fut sans histoire, sans réalisations majeures, sans âme et sans projets d’avenir. Dans l’espace de diverses parcelles de résistance menée par des hommes comme André Matsoua, ou des héroïnes comme Tchimpa-Vita, le Congo m’est enfin apparu. Ni les flonflons des fêtes de l’indépendance, ni l’école ne me donnaient cette certitude d’avoir une histoire à moi, une histoire qui me liait à un peuple, une culture et un projet de société.
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J’ai trouvé dans l’œuvre dramatique de Patrice Joseph Lhoni, tous les questionnements de notre époque. La place du pouvoir dans la Cité, le respect des peuples et de leurs cultures, la probité et le respect des valeurs universelles, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La pièceLiberté, qui donne la parole à des personnalités historiques et culturelles majeures du XXe siècle est une mise en abyme de l’histoire qui restituait déjà à chaque Congolais sa part d’humanité, obstruée par des siècles d’infamie. De manière prémonitoire, à travers une analyse et une observation intelligentes, qui n’enlèvent rien à la qualité littéraire, Patrice Joseph Lhoni nous installe dans notre modernité. Cela n’est pas étonnant lorsqu’on sait quel rôle l’auteur a joué dans la mise en place d’une politique culturelle brazzavilloise et par conséquent congolaise. Si l’œuvre de Patrice Joseph Lhoni annonce la fin d’un monde que l’irruption du colonialisme bouscule et transforme par la force, elle scelle de façon durable une interrogation sur l’avenir et la place des valeurs qui transforme dans un rapport de force entre l’endogène et l’exogène. Une interrogation qui demeure d’actualité au-jourd’hui, portée par une mondialisation galopante.
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Caya Makhélé Écrivain
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