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TOI, MALGRÉTOUT... SÉRIECOWORKERSTOME3 Romance
Milie JAPPE
TOI, MALGRÉTOUT... SÉRIECOWORKERSTOME3 Romance
ISBN numérique 978-2-37447-123-5
Dépôt Légal Mai 2016© Erato–Editions
Tous droits réservés
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Prologue
Cette journée fait partie du top 10 de mes journées préférées. Même si elle n’a rien eu d’extraordinaire, je l’ai passée presque entièrement enfermé dans mon bureau en rendez-vous ou en réunion. Le point commun à toutes ces heures et qui me donne le sourire : la présence de Mademoiselle Chaplan. Emeline... Je ne l’appelle jamais ou presque par son prénom. Pourtant la politique de la société le permet. À un même niveau, les employés peuvent se le permettre, la plupart des cadres supérieurs m’appellent Damien même s’ils me vouvoient, et vice versa, sauf avec Emeline. Si je l’appelais ainsi, j’aurais l’impression de briser les barrières que j’ai édifiées entre nous, cela me permet de garder mes distances. Dans le cas contraire, je serais très proche du harcèlement sexuel. Dans un premier temps, je n’aurais pas dû l’embaucher, je le sais mais c’est comme s’il m’avait été impossible de faire autrement. Malgré ses airs austères, son attitude intraitable et son ton autoritaire, elle est belle à damner un saint.
Toutefois, je ne veux pas dépasser certaines limites, je la maintiens donc à distance grâce à ça et aussi grâce à une technique à la limite de la cour d’école, c’est-à-dire que je lui fais constamment la gueule, oui très petit, je sais. Mais je ne veux pas sympathiser avec elle, je ne veux pas voir comment elle est quand elle sourit et encore moins quand elle rit car alors là je sais que je signerais ma perte. Je sais que plus rien ne m’empêcherait de la conquérir.
Je l’ai imaginée plus d’une fois dans ces situations et dans d’autres beaucoup moins avouables venant d’un patron pour son employée et rien que l’évocation de ces pensées me fait durcir.
Pourtant, je dois bien reconnaître qu’elle est la seule femme depuis bien longtemps à avoir retenu mon attention, même derrière son masque de mégère. Il serait peut-être temps de sortir du bois. De l’inviter à déjeuner ; qui sait, dans un autre contexte elle est peut être encore plus désagréable. Il faut que j’en aie le cœur net pour pouvoir la sortir de ma tête ou la mettre dans mon lit dans un premier temps. – Monsieur Delacroix ? Merde Emeline, et mon entrejambe qui essaie de crier sa présence. J’ai besoin de quelques secondes pour me remettre… en place. J’emploie donc la méthode « connard » pour ce soir encore. – Hum, je réponds sans même la regarder. – Je vous dis au revoir, je rentre.
Je regarde ma montre sans me cacher. Il est déjà 19 h 30, il est largement l’heure qu’elle parte. Je relève la tête pour la saluer et je change d’avis. – J’aurais aimé que nous voyons quelques points du contrat Enri ensemble. Nous pourrions très bien revoir ses points demain ou même ne pas les revoir du tout, le dossier est nickel mais ma queue n’est pas du tout calmée et même si sa présence n’arrange rien, j’ai encore envie de passer du temps avec elle. Elle me regarde droit dans les yeux. Son regard est dur et imperturbable. Pour un peu elle me ferait peur. Je me demande comment ce petit bout de femme peut être aussi autoritaire ? Après une longue minute, elle fait un pas vers mon bureau, toujours en soutenant mon regard, j’en frissonne, tire la chaise devant elle, pose sa sacoche et s’assoit. – Je vous écoute…
Je sors le dossier que je n’avais absolument pas prévu de consulter ce soir et pinaille pendant plus d’une heure sur des menus détails. Pendant tout ce temps, elle n’ouvre pas la bouche, elle se contente de noter chaque remarque pour pouvoir les corriger. Histoire de prolonger ce moment au maximum, je lui propose qu’on se fasse livrer à dîner pendant qu’elle reprend ses notes, mais elle refuse. Ne voyant plus de raisons valables de la retenir, je finis par mettre fin à l’entretien, à contre cœur.
Bordel, je ne sais pas du tout ce qui m’arrive.
Chapitre 1
Emeline J’éteins mon ordinateur et prends mon sac à main. Pour une fois que je vais quitter le bureau avant 19 h, j’ai presque le trac. Les filles m’ont convaincue de sortir ce soir alors si je veux ressembler à une femme désirable, j’ai du travail. Avant mon relooking extrême, il me faut aller prendre congé de Monsieur Grincheux, alias Monsieur Delacroix, mon supérieur, mon patron, mon fantasme inavoué. Non je rigole, même pas en rêve !
Ce type est beau comme un Dieu c’est certain, mais son humeur maussade à longueur de temps et son ton cassant en permanence, suffisent à eux seuls à maintenir à distance le troupeau de femmes en chaleur qui rodent inévitablement autour de lui.
Selon l’article que lui consacrait Fortune, le mois dernier, il est le célibataire de l’année :
« Damien Delacroix trente-huit ans, ancien commando reconverti en entrepreneur. Ascension fulgurante, il a transformé en quelques années l’entreprise familiale en l’une des sociétés de construction hôtelière et hauts édifices les plus réputées. »
Accompagné, bien sûr d’un portrait de lui où pour l’unique fois de ma vie, je l’ai vu sourire. Cet article a dû traîner sur pas mal de tables de chevets de secrétaires et autres working-girl.
Si elles savaient à quel point il y a tromperie sur la marchandise…
Je travaille avec ce type depuis plus d’un an. Je passe le saluer matin et soir, j’assiste à toutes sortes de rendez-vous à ses côtés. Et pourtant je ne l’ai jamais vu sourire sincèrement. C’est un drogué du travail, à part son boulot je me demande s’il a une vie. Je ne l’ai jamais vu avec une femme ou même prendre du temps pour lui. Hier encore je suis partie à presque 21 heures parce que monsieur avait remarqué des broutilles dans l’un des dossiers. Pas le genre de détails qui nous fait perdre un appel d’offre ou qui peuvent engendrer des retards, non même pas ! Il m’a fait relever des fautes d’orthographe ou de mise en page, comme si son assistante ne pouvait pas s’en occuper pendant les heures de bureau, c’est-à-dire de 9h à 17h !
– Monsieur Delacroix ? Comme d’habitude, il ne lève pas les yeux sur moi, juste son quotidien : – Humm ? – Je rentre, je vous souhaite un bon week-end. – Merci… répond-il tel l’automate poli qu’il est.
Je suis sur le point de tourner les talons lorsqu’il lève la tête de son bureau. – Emeline ? Il retire ses lunettes et se frotte les yeux. Vous avez des projets pour ce soir ? Mes yeux s’écarquillent malgré moi. Il ne peut pas me faire ce coup-là. Depuis que je travaille ici, je n’ai plus une minute pour mes amies. Je ne peux pas annuler au dernier moment. – Oui, en fait je dois rejoindre des amies pour dîner. Il se lève et contourne le bureau. Il n’a pas de veste, sa cravate est sur sa table et sa chemise dont les manches sont relevées, est légèrement ouverte. Depuis quand grincheux est aussi sexy ? Il prend une pile de dossiers avant de s’avancer vers moi.
– Il faudra que nous voyons ces dossiers ensemble… lundi, finit-il par ajouter en voyant mes yeux s’agrandir encore un peu plus. Je vais les déposer sur votre bureau. Je dois partir aussi.
Je ne peux m’empêcher de regarder ma montre. Il ne quitte jamais le bureau avant moi. A-t-il un rendez-vous galant ?
– Ne soyez pas si étonnée, moi aussi j’ai des amis, Mademoiselle Chaplan.
Je me tourne vers lui en me sentant rougir de plus en plus. – Bien sûr, je ne… Il arrête mon bafouillage d’un revers de la main et je crois même apercevoir un sourire naître sur ses lèvres. – Excusez- moi, je vous taquine. Je pense que ça nous fera beaucoup de bien de sortir de ces bureaux pour vous comme pour moi, me dit-il lorsque nous entrons dans mon espace. Ok, qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de mon patron grincheux et mal embouché ?
Il dépose les dossiers sur ma table et me prend ma veste des mains pour m’aider à l’enfiler. – Avez-vous pris votre voiture ou puis-je vous déposer ? Vous repassez chez vous avant de retrouver vos amies ? Cette situation est surréaliste, en un an c’est la première conversation non professionnelle que nous avons. Pourtant ce n’est pas comme si nous ne nous voyions pas en tête à tête. Je suis la directrice administrative, je m’occupe de tous les actes juridiques de la société. Je passe au moins une heure par jour enfermée dans son bureau avec lui. – Emeline, vous repassez par chez vous ? Je rentre aussi nous pourrions n’utiliser qu’une voiture si cela ne vous dérange pas ? – Non, bien sûr que non. J’ai laissé ma voiture au garage aujourd’hui…
Il me laisse entrer dans l’ascenseur et appuie sur le bouton du sous-sol.
– Un problème avec la voiture ?
– Non, seulement la révision.
– Déjà mais ça fait à peine un an que vous êtes chez nous.
Nous sommes vraiment en train de parler voiture là ?
– Oui, enfin, un peu plus, puis c’était celle de mon prédécesseur. – C’est vrai… – Je n’ai pas eu droit à la voiture neuve. Sûrement parce que vous pensiez que je ne ferais qu’un déjeuner de soleil dans votre boîte de mecs. Il ouvre et ferme la bouche sans trouver les mots et je ne peux m’empêcher de rire. – Je vous taquine, elle est très bien cette voiture !
Mon poste en plus d’être largement rémunéré comprend aussi fou que cela puisse paraître, une voiture ainsi qu’un logement de fonction. Logement qui n’a comme seul inconvénient d’être voisin de celui du PDG. Enfin ça, c’était avant de savoir qu’il savait parler d’autre chose que de permis de construire, de normes et de contrats.
Bizarrement, nous passons le trajet du retour à parler… voiture.
C’est très agréable de discuter avec lui. Il prend le temps d’écouter mes réponses qui, je l’avoue, dans ce domaine ne sont pas très argumentées ou sinon de manière très approximative. Mes phrases comprennent beaucoup de « bidules », « machins » ou « trucs ». Sauf en ce qui concerne les modèles, là je sais ceux que j’aime ou ceux que je n’aime pas. Si les motorisations, la mécanique relèvent du domaine de l’occulte pour moi, je m’intéresse aux voitures, du moins dans une certaine mesure en tout cas. Le minimum pour pouvoir suivre une conversation avec mes deux frères et mon père.
Une première pour nous, nous avons du mal à mettre fin à notre conversation qui se poursuit sur le pas de ma porte. Ce n’est qu’au moment où le monde extérieur se rappelle à nous par l’intermédiaire d’Alice, ma meilleure amie, qui n’a de cesse de m’envoyer des
messages que nous réussissons à nous séparer. Il y a encore quelques jours, j’avais rayé les hommes de ma vie. Je ne vais pas tout chambouler dans ma vie pour une discussion sur les voitures… non ?
Il faut que je me concentre sur la soirée à venir. J’ai promis aux filles de redevenir la Emeline d’avant : drôle, sexy et sûre d’elle. Pour essayer de lui ressembler au moins en façade, j’opte pour mon pull long noir décolleté dans le dos, mes leggings en cuir et mes escarpins assortis. Si avec ça, je n’arrive pas à me remettre en selle, je suis bonne pour le couvent.
Enfin, le couvent ne me prendrait certainement pas avec les pensées impures que j’ai depuis quelques heures à propos de M. Grincheux…
Chapitre2
Damien Emeline Chaplan. Jamais je n’aurais cru qu’elle avait le sens de l’humour. Elle est très compétente, même vraiment excellente dans ce qu’elle fait et pour ne rien gâcher elle n’est pas désagréable à regarder, avec ses grands yeux verts, sa bouche charnue et rosée ainsi que ses courbes harmonieuses. Par contre, avec son côté sévère et autoritaire ça en fait un vrai repousse bite. C’est aussi pour cela que je l’ai embauchée, avec ses airs de prof de maths, son chignon serré et ses tailleurs stricts, ni mes associés, ni mes employés n’osent la mater de trop près et en affaires nous n’avons pas besoin de ce genre de distraction. Il n’y a que moi qu’elle ne cesse de distraire, et depuis notre trajet de retour, c’est encore pire. Je n’arrive pas à me la sortir de la tête depuis qu’elle est rentrée chez elle. Pire j’ai même essayé d’imaginer comment pouvaient être ses seins et sa chute de reins, ses fesses sous l’eau brulante de la douche. Oh Delacroix, tu délires là !
Lorsque je l’ai reçue pour son premier entretien d’embauche j’ai tout de suite su que c’était elle qu’il me fallait. Elle était professionnelle, présentait bien, n’essayait pas de flirter avec moi (presque une première) et avait un CV impressionnant, bref il me la fallait. Mais cet entretien n’était que le premier sur sa liste. Alors quand elle est revenue pour le second entretien, j’ai mis la barre très haute pour être sûr qu’elle accepte. Le poste comprenait déjà la voiture de fonction à cause de tous les déplacements, j’ai gonflé le salaire et j’ai rajouté un logement de fonction, un appartement qui venait de se libérer dans l’immeuble qui m’appartient. Bien sûr elle a accepté. Pourquoi suis-je en train de penser à une employée alors que je suis avec mes potes d’unité, la première fois depuis trois ans et que… Bordel ! – Regardez-moi ça les mecs ! Comme d’habitude Tom a remarqué lui aussi, le groupe qui vient de s’installer à deux tables de nous : quatre femmes à la plastique appétissante. Il y en a surtout une, je n’ai pas encore aperçu son visage mais au vu de sa silhouette et de ses fesses, il est impossible qu’elle soit moche. Elle a une crinière tout en boucle multicolore, un troublant châtain qui s’éclaircit sur les pointes, elle est renversante et ça ce n’est que de dos. – Celle en noir est pour moi, j’annonce, sans même attendre de réponses, je me lève pour aller à sa rencontre. Elles se sont installées à une table mange debout, elles boivent et dansent en écoutant le groupe qui passe au fond du bar. Cette jolie créature ondule divinement. Je n’ai pas vraiment de plan bien établi, je vais la jouer naturel ; faire semblant de la bousculer et aviser après. C’est du basique mais ça fonctionne toujours : – Oh pard… Putain de bordel de merde ! Elle s’est retournée et je crois que je viens de faire une attaque cérébrale.
– Monsieur Delacroix ?!
– Emeline ?!
– Je ne pensais pas vous voir dans un endroit comme celui-ci.
– Avec mes amis…
Je désigne distraitement le box où mes trois potes doivent bien se foutre de ma gueule. Elle regarde rapidement par-dessus mon épaule et à son regard et son léger sourire, elle confirme mon hypothèse. Quant à moi, je n’arrive pas à croire ce que j’ai sous les yeux.
– Mais vos lunettes ?
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