Toi que je n'ai pas connu

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Bernard et Louis se connaissent depuis si longtemps que même les séparations que la vie leur a fait subir n'ont pas altéré la confiance et l'aide qu'ils se sont toujours apportées. Cependant, à la suite d'une rencontre, leur relation se trouve perturbée, cette histoire va-t-elle aller jusqu'à faire basculer cet équilibre ?


Publié le : vendredi 7 novembre 2008
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EAN13 : 9782812101236
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ISBN numérique : 978-2-334-16276-0

 

© Edilivre, 2016

1

Depuis 3 heures du matin, Bernard ne pouvait plus dormir, quelque chose lui perturbait l’esprit. Il palpait ce quelque chose mais sa conscience ne pouvait le concrétiser.

A chaque fois, c’était la même chose, il se réveillait en sursaut, en pensant à quelque chose de très fort, mais il ne savait pas quoi.

Il était déjà 6 heures, il se leva. Il se dirigea vers la douche pour s’éclaircir les idées. L’eau fraîche lui faisait du bien, mais il sentait quelque chose en lui qui le gênait. Il sortit de la douche, s’habilla en hâte et se prépara un café fort.

Il le but en mangeant des cookies et sentit que son esprit se libérait. Enfin, il avait les idées claires, il ne pensait plus à ce qui l’obsédait depuis son réveil. Il prit sa montre et réfléchit au dossier qu’il avait laissé sur son bureau la veille et qu’il devait clore aujourd’hui.

Plus tard, il monta dans sa voiture, une vieille Mercedes que son ami Louis lui avait remise en état, sortit du garage et se dirigea vers le centre-ville.

Depuis qu’il habitait à Besançon, il savourait sa liberté à chaque fois qu’il sortait de sa maison. Il sentait le monde vivre autour de lui, mais sans le déranger. C’était l’avantage de cette ville de province où il trouvait toujours de quoi s’occuper et où la nature était proche.

A quelques minutes de chez lui il pouvait se retrouver en pleine nature. C’était ce qui l’avait décidé à s’installer dans cette maison, il était à cinq minutes de son travail et à quelques minutes des bois.

Ses voisins étaient des personnes débordantes de gentillesse et qui savaient le laisser en paix. Il pouvait à la fois compter sur eux pour de menus services et pouvait leur dire qu’il préférait rester seul.

Toutes ces pensées le réconfortaient pendant qu’il entrait dans la cour de l’usine où il était adjoint au directeur et il se demandait encore pourquoi il s’était réveillé dans cet état en pleine nuit. Quel idiot !

En montant l’escalier pour se rendre à son bureau, il pesta, pour la forme, contre la femme de ménage qui avait encore oublié son balai dans le hall. Quelle marque d’élégance pour l’entreprise !

Heureusement qu’il venait tôt et qu’il pouvait le cacher derrière l’énorme Ficus qui trônait. Il demanderait à sa secrétaire d’aller le ranger dès son arrivée.

Justement, comme lui, elle aimait travailler tôt et il venait de voir sa voiture entrer dans la cour. C’était aussi un motif de sa satisfaction à travailler chez CHÉVOU, une entreprise de transport. Il avait rarement travaillé avec une secrétaire aussi compétente et aussi discrète. De plus, elle était jolie et savait s’adapter à son humeur. Mais il est vrai qu’il n’était pas désagréable non plus. Il ne s’énervait que très rarement et restait toujours correct.

Elle avait laissé le dossier « Martinet » sur son bureau comme il lui avait demandé et il trouva toutes les copies dont il avait besoin. Il ne lui restait que quelques chiffres à trouver et il pourrait envoyer le devis dans la matinée. Encore une bonne affaire. Ceux-ci demanderaient des transports tous les quinze jours, encore des recettes assurées qui contenteraient le directeur. Il allait pouvoir se détendre et arrêter de pester à chaque facture qui était présentée à sa signature pour paiement.

Contrairement à lui, le directeur, Paul, extériorisait tout ce qui le contrariait, il ne pouvait s’empêcher de s’agiter et montrer sa mauvaise humeur à tout le personnel chaque fois qu’il avait un souci.

Les employés préféraient s’adresser à lui, mais en aucun cas il n’aurait voulu se retrouver au poste de direction. Sa place de directeur adjoint lui suffisait. C’était juste ce qu’il fallait pour le responsabiliser sans se sentir indispensable ; toujours son besoin de liberté qui le faisait chercher des places confortables mais non pesantes !

Il rédigea quelques courriers qu’il transmit à sa secrétaire par la messagerie interne afin qu’elle finalise tout cela. Le directeur signerait, il ne le faisait qu’en son absence et si ça ne pouvait vraiment pas attendre….

Sa secrétaire lui passa une communication, un client qui souhaitait revoir les clauses de son contrat. Il parla avec lui pendant 10 minutes et s’aperçut en raccrochant qu’il avait parlé mécaniquement et que pendant ces minutes ses pensées étaient accrochées à tout autre chose, un vague souvenir qui l’avait emmené à La Rochelle, où il avait travaillé pendant deux ans pour une même entreprise.

Il avait aimé vivre à La Rochelle, mais il avait su qu’il ne resterait pas longtemps dans cette ville. Seul le port lui plaisait vraiment, les autres quartiers ne l’attiraient pas, au contraire ils étaient tristes, il y avait trop de contraste entre l’animation sur les quais avec toutes ses couleurs, le soleil, ses commerces ambulants, ses terrasses de café et l’entrée de la ville, qui dégageait une froideur qu’il ressentait à chaque fois qu’il y passait.

De plus, il avait rencontré là-bas une fille avec qui il avait tout d’abord cru découvrir une grande amitié. Puis il s’était senti de plus en plus attiré par elle et tout ce qui avait suivi lui avait laissé un souvenir très amer….

Il s’efforça de revenir à son travail en notant tout ce qu’il avait convenu avec ce client. Il aimait faire des fiches à chaque fois qu’une tâche se présentait. Il écrivait ce qui avait été demandé, quelques idées à présenter au directeur, un délai pour arriver au but, et quelques dates de réunion à faire valider par la secrétaire qui se chargeait de contacter tous les intéressés.

La fiche terminée, il se sentit affamé. A chaque fois qu’il dormait mal, il mangeait énormément dans la journée. Il décida de joindre son ami Louis pour déjeuner avec lui au restaurant. En général il aimait rentrer chez lui le midi. Mais il n’avait pas fait les courses, et n’avait rien qui pourrait le contenter dans son envie de manger plus que nécessaire.

Et puis ça lui ferait du bien de parler de voitures et de voyages. C’étaient les deux passions de Louis et il suffisait de le lancer sur un de ces thèmes pour que son exaltation laisse couler un flot de paroles qui l’emportait à chaque fois. Il savait aussi bien décrire les sensations que chaque véhicule pouvait lui apporter pour qu’on ait l’impression d’être assis derrière un volant, que décrire un paysage, un monument, la chaleur du soleil sur la peau ou le froid qui vous pique les joues, pour que vous ayez l’impression d’être à l’autre bout du monde. C’est pour cela qu’il aimait sa compagnie. Rien de tel pour s’évader de la routine et blier qu’il était fatigué.

2

Louis allait sortir de l’atelier quand le téléphone sonna. Merde, jamais tranquille ! Dès qu’il entendit « allo ? » il reconnut la voix de Bernard. Enfin ! depuis trois semaines qu’il n’avait pas de nouvelles ! Son ami pouvait aussi bien l’appeler tous les jours que rester des semaines sans donner signe de vie. Il avait laissé plusieurs fois des messages sur son répondeur, sans réponse. Il savait qu’il ne fallait pas insister auprès de Bernard. Sinon, il serait allé chez lui voir ce qui se passait. Mais il avait l’habitude de ces parenthèses dans leur relation. Cela n’avait jamais altéré le plaisir qu’il avait d’être avec lui.

C’était peut-être ce côté mystérieux qui lui plaisait d’ailleurs chez lui. Quand ils se revoyaient il ne parlait jamais de ces silences, c’était un accord tacite entre eux. Ils avaient l’impression de ne rien se devoir. Simplement passer de bons moments entre eux était suffisant. C’était sûrement cela l’amitié. Louis avait assez de monde autour de lui pour ne pas se sentir délaissé pendant ces périodes. Il avait un caractère joyeux et n’avait pas besoin d’avoir un ami toujours collé à lui. Cependant il savait que si un jour il avait urgemment besoin de Bernard, il pouvait compter sur lui. Simplement il ne laisserait pas son message habituel sur le répondeur. En général, il disait qu’il appelait pour avoir des nouvelles, mais s’il lui disait il faut que l’on se voie, Louis savait qu’il le rappellerait immédiatement.

Cela était arrivé une fois, quand sa mère avait eu un accident de voiture. Bernard avait rappelé tout de suite et était venu dans les minutes qui suivirent sans même demander ce qui se passait. Il lui avait été d’un grand réconfort. Il n’aurait pas pu attendre des nouvelles de l’hôpital en restant seul devant le téléphone.

Sa mère habitait à Paris, il la voyait peu mais l’appelait assez souvent pour se sentir pétrifier à l’idée de ne pas savoir si elle allait survivre à ses blessures. Heureusement, elle avait été opérée très rapidement par un excellent chirurgien. Sinon, l’artère déjà endommagée sur sa jambe aurait éclaté et….. il ne voulait pas penser à ce qui serait arrivé.

En se rappelant cet accident il eu un grand frisson dans le dos. Il se sentait toujours heureux mais il ne savait pas comment il pourrait vivre une telle séparation. Il avait du mal à imaginer que l’équilibre dans lequel il flottait pouvait un jour vaciller. Ce qui l’entourait était trop vrai pour que cela puisse changer. Il vivait dans une inconscience du lendemain qui lui faisait parfois se sentir loin de Bernard pour qui le moindre contretemps était une raison d’angoisse.

Pourtant, ils s’entendaient si bien. Que demander de plus. Ce n’était pas non plus la peine de penser qu’il pourrait un jour y avoir un fossé entre eux.

A midi 30, ils se retrouvèrent devant leur restaurant habituel, rue Moncey. Il n’y avait jamais trop de monde et ils pouvaient discuter tranquillement. Ils commandèrent le menu du jour. Il savait qu’ici, tout était bon et de toute façon, ce qu’ils voulaient c’était discuter, le repas était secondaire. Quand il déjeunait avec quelqu’un, il ne faisait pas attention à ce qu’il mangeait, en général, il parlait beaucoup et grignotait sans trop savourer ce qu’il avalait.

Quelquefois, il aurait même préféré une rencontre simplement devant un verre, mais au moins comme cela, quand il voyait que son assiette ne désemplissait pas il se rendait compte qu’il parlait trop et ne laissait sûrement pas à son interlocuteur le temps de placer...

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