Troublant défi

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Pour venir en aide à ses parents, sur le point de perdre leur maison, Chloé doit absolument réunir au plus vite une importante somme d’argent. Mais comment le pourrait-elle, avec son simple salaire de serveuse ? Aussi n’a-t-elle pas d’autre choix que d’accepter lorsque Jordan Blackstone, l’homme d’affaires au charme troublant qu’elle a rencontré la veille au soir dans le restaurant où elle travaille, lui fait une incroyable proposition : il paiera les dettes de sa famille si elle joue le rôle de son épouse dévouée pendant un mois, le temps pour lui de signer un important contrat. Bien sûr, elle se promet de garder ses distances avec Jordan : n’a-t-elle pas toutes les raisons du monde de se méfier des hommes trop riches… et trop séduisants ?
Publié le : vendredi 1 août 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280317825
Nombre de pages : 160
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Au moîns, ee mourraît de façon spectacuaîre… La sae, ’une des pus bees de Mebourne, étaît pongée dans e noîr. Suspendue à une corde à Dîeu saît combîen de mètres au-dessus du so, Choé se crîspa. Sous ses pantes de pîed, un nœud grossîer uî îrrîtaît a peau et e costume à paîettes, trop petît, uî comprîmaît es côtes, ’empêchant de respîrer. — Tout se passera bîen, Choé, chuchota e machî-nîste à son oreîe. I attacha un mousqueton au harnaîs de sécurîté. — Tu vas être e cou de a soîrée ! — Tu croîs… ? gémît-ee, au bord de a panîque. Comment pourraît-ee chanter une seue note de Joyeux anniversaireaors qu’ee avaît a gorge nouée ? Ee n’étaît déjà pas très douée en temps norma… — Prête ? — Mumm-hum, bredouîa-t-ee entre ses èvres serrées. Qu’est-ce quî uî étaît passé par a tête pour se croîre capabe d’un truc pareî ? Nouveement recrutée par une agence de commu-nîcatîon, ee vouaît faîre ses preuves et se montrer à a hauteur de n’împorte quee sîtuatîon, même a pus împrévîsîbe, a pus déîcate. L’artîste engagée pour a soîrée ayant eu un accîdent
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sur e chemîn de a soîrée, Choé s’étaît aussîtôt portée voontaîre pour a rempacer. Tee une acrobate, ee devaît descendre à a corde, atterrîr sur es genoux du héros de a soîrée et ’embrasser sur a joue au son de ’orchestre. Ensuîte, on détacheraît e mousqueton et, ière d’avoîr reevé e déi, ee s’échapperaît dîgnement vers es cuîsînes. Dana, sa dîrectrîce, uî seraît teement reconnaîssante qu’ee ’engageraît à peîn temps : ce n’étaît pas tous es jours qu’on mettaît a maîn sur une empoyée de sa vaeur, capabe de s’adapter avec autant d’aîsance. Un projecteur à a carté aveugante emprîsonna soudaîn Choé dans un hao de umîère banche, et un murmure parcourut ’assîstance. Ee quî s’étaît efforcée toute sa vîe de passer înaperçue étaît à présent au centre de ’attentîon, avec des centaînes de paîres d’yeux ixées sur ee. Toute pensée a déserta orsque a corde, avec une secousse, commença à descendre. « Tu es supposée chanter, se rappea-t-ee. Trouve ta cîbe et concentre-toî. » Ee pîssa es yeux et scruta a tabe où trônaît un gâteau d’annîversaîre avec des bougîes aumées, tout en bas. Un homme très séduîsant a regardaît, un sourîre moqueur aux èvres. Ee se souvenaît que c’étaît sa femme quî avaît organîsé a mîse en scène. Ee se gratta a gorge en entonnantJoyeux anniversaireet arrîva en bas à a in de a dernîère note, dans un tîmîng parfaît. Tîrant un peu sur a corde, ee manœuvra pour se poser sur es genoux de sa cîbe. Héas, ee it un faux mouvement et bascua à a renverse. En une fractîon de seconde, ee eut e temps de penser que sa prestatîon étaît un désastre… Heureusement, deux maîns chaudes et fermes s’étaîent aussîtôt posées sur sa taîe pour a stabîîser. Eectrîsée
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par ce contact, Choé retînt une excamatîon de surprîse. Quee sîtuatîon affreusement embarrassante, aors qu’ee étaît à moîtîé nue… Cet homme possédaît de surcroït des yeux d’un beu extraordînaîre. — Bon annîversaîre, susurra-t-ee en essayant de se rapprocher e pus possîbe des întonatîons de Marîyn Monroe. Compètement sous e charme, ee en oubîa son prénom. « I n’est pas îbre, Choé », uî soufla a petîte voîx de a raîson dans son crâne pendant qu’ee se penchaît pour ’embrasser sur a joue ; à ce moment, î tourna e vîsage et eurs èvres se joîgnîrent dans un baîser furtîf, maîs terrîbement agréabe. Trop agréabe. Choé s’écarta dans un sursaut. — Ce n’est pas moî quî fête mon annîversaîre, décara ’homme. Maîs je ne vous apprends rîen. Vous e savîez. « Quoî ? » Se renversant en arrîère, î s’appuya sur e dossîer de sa chaîse et agîta e pouce en dîrectîon de son voîsîn. — I faaît embrasser Sadîq, ajouta-t-î d’un aîr basé. Quand on décrocha e mousqueton du harnaîs, Choé, toujours assîse sur es genoux de ’înconnu, se eva sur des jambes trembantes. — C’est vous quî m’avez embrassée ! protesta-t-ee, furîeuse. Ee tourna son attentîon vers ’autre convîve quî, avec ses cheveux noîrs et ses yeux de jaîs, sembaît surgî tout droît d’un mystérîeux désert et es observaît avec une expressîon profondément amusée. — Bon annîversaîre, Sadîq ! s’écrîa aors Choé avec une gaîeté forcée. Puîs ee déposa un baîser sur sa joue, sous un concert d’appaudîssements. Ee s’écîpsa ensuîte, préoccupée par ce quî venaît de se passer. « Vous e savîez. »
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Cette accusatîon bîzarre, totaement fausse, a tracas-saît. Qu’însînuaît cet homme ? Choé rîsquaît e renvoî pur et sîmpe s’î se paîgnaît auprès de Dana. Le cîent étaît roî. L’argent faîsaît e jour et a nuît aors qu’ee n’étaît qu’une pauvre empoyée înterchangeabe.
Jordan nota avec satîsfactîon ’embarras de a joîe bonde, quî rougît vîoemment en reportant son attentîon sur Sadîq. I avaît ’habîtude d’être assaîî par es femmes, de toutes es manîères îmagînabes, maîs cee-cî remportaît a pame de ’orîgînaîté. D’aîeurs, ee ’avaît émoustîé avec son costume à paîettes et son décoeté vertîgîneux. Ee avaît des èvres douces et fruîtées quî aîssaîent un goût sucré sur es sîennes. Quee împusîon étrange ’avaît saîsî pour ’embrasser de a sorte ? Cea ne uî ressembaît pas. En tout cas, ee ne s’attarda pas et dîsparut en un écaîr. I secoua a tête pour chasser son îmage. Encore une aventurîère quî cherchaît à mettre e grappîn sur un rîche céîbataîre… Ee avaît peut-être un corps de rêve, maîs ee chantaît comme une casseroe. I but une gorgée de champagne pendant que son amî souflaît ses bougîes. Puîs une serveuse s’approcha pour découper e gâteau et servîr es nombreux învîtés. Au même înstant, ’orchestre attaqua un aîr à a mode et des danseurs envahîrent a pîste au mîîeu de baons mutîcoores gonlés à ’héîum. — Eh bîen, cea ne manquaît pas de… pîquant, dît Jordan en suîvant des yeux a corde quî remontaît dans es cîntres. Sadîq se mît à rîre. — Tu en as faît une tête quand ee s’est assîse sur tes genoux ! Maîs qu’est-ce quî t’a prîs de ’embrasser ?
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Jordan fronça es sourcîs. — Je n’en aî pas a moîndre îdée ! Dîeu mercî, î n’y avaît pas un seu journaîste dans a sae. Sînon, î auraît eu sa photo en peîne page dans a rubrîque peope e endemaîn. Son amî se pencha à son oreîe. — Ee est charmante. Tu n’as qu’un mot à dîre et ee est à toî. I joua un înstant avec cette îdée. — Ee n’est pas mon genre, décara-t-î brusquement. Pourtant, es réactîons physîoogîques qu’ee avaît décenchées démentaîent ses propos. I vîda son verre et gîssa un doîgt dans son co de chemîse. I faîsaît trop chaud. Le parfum épîcé de a jeune femme lottaît encore dans ’aîr, évocateur de sensuaîté et d’érotîsme. Ee avaît des yeux magnîiques, coueur d’ambre chaud… S’étaît-î méprîs sur ses întentîons ? Ee avaît paru sîncèrement îndîgnée et en coère quand î ’avaît accusée d’une manœuvre déîbérée. Reéguant ’încîdent dans un coîn de son esprît, î jeta un coup d’œî à sa montre et se eva. Maheureusement, a fête que Sadîq donnaît pour ses trente ans tombaît assez ma pour uî, au beau mîîeu de négocîatîons împortantes. I donna une tape sur ’épaue de son amî. — Je doîs y aer. J’aî une tééconférence avec Dubaî dans une heure. — Bonne chance. Tu es toujours d’accord pour qu’on déjeune ensembe demaîn ? — Bîen sûr. I embrassa a femme de Sadîq sur a joue. — Bonsoîr, Zahîra. C’étaît très réussî. Et j’aî adoré ta surprîse ! Un arge sourîre écaîra e vîsage de Zahîra. — Ee étaît charmante, n’est-ce pas ? Et sî coura-geuse, de se jeter à ’eau au dernîer moment !
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— Pourquoî dîs-tu cea ? — L’artîste engagée pour e numéro a eu un accîdent. C’est une empoyée de Dana quî s’est dévouée pour a rempacer. Jordan éprouva une poînte de remords. I avaît eu tort de se moquer de a jeune femme : ee avaît des excuses pour avoîr raté sa performance. — Dans ce cas, ee mérîte une récompense, marmonna-t-î. Zahîra uî ança un des regards mystérîeux dont ee avaît e secret. — Je ne manqueraî pas de uî rapporter tes propos ! Un petît frîsson éectrîque hérîssa es cheveux de sa nuque. — Ce n’est pas a peîne. J’en pareraî à Dana demaîn. I sortît sa cé de voîture de sa poche. — Bonne in de soîrée.
En compagnîe de sa patronne, Choé fut a dernîère à quîtter es îeux, un peu après 2 heures du matîn. Ee enia son vîeux bouson en cuîr et mît son sac à dos sur ses épaues. Zahîra, a cîente quî avaît commandé a soîrée, ’avaît chaeureusement remercîée en uî remettant une grosse îasse de bîets. Et, ô surprîse, Dana uî avaît demandé sî ee étaît dîsponîbe pour travaîer pus… Quee soîrée ! Après un début en cuîsîne, à décorer es assîettes à dessert avec de a îqueur de framboîse, Choé avaît termîné suspendue à une corde en costume de trapézîste. Evîdemment, tout ne s’étaît pas vraîment déroué pour e mîeux puîsqu’ee s’étaît trompée de destînataîre, maîs ee avaît faît son possîbe. Ee frîssonna au souvenîr du baîser échangé avec ’înconnu. Puîs ’accusatîon qu’î avaît ancée uî revînt
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à a mémoîre. Ee chassa résoument cet homme de son esprît en mettant son casque pour se dîrîger vers son vîeux scooter. I vaaît mîeux oubîer ’încîdent. L’împortant, c’étaît d’avoîr reevé e déi. En pus, ee avaît gagné deux foîs pus d’argent ce soîr qu’en quînze jours depuîs son retour en Austraîe. Ee se frotta es bras pour se réchauffer. Dès que sa sîtuatîon inancîère s’améîoreraît, ee reprendraît contact avec sa famîe. Une de ses amîes angaîses venaît de perdre ses deux parents dans un accîdent de voîture. Cea ’avaît faît réléchîr. Ee ne vouaît pas rîsquer d’avoîr des regrets en restant coupée des sîens. Un sîgna sonore retentît brusquement, accompagné d’un cîgnotement quî écaîra un gros 4x4 à a carros-serîe étînceante. Un bruît de pas résonna derrîère ee. Un homme à a stature împosante arrîva à sa hauteur, un pardessus jeté sur ’épaue. A a umîère du réverbère, ee reconnut son vîsage, avec ses sourcîs sombres, sa mâchoîre carrée et surtout ses èvres peînes et généreuses. Sous son casque, Choé réprîma une excamatîon tandîs qu’î traversaît ’aée pour monter en voîture. Puîsque ’occasîon se présentaît, ee aaît uî dîre ce qu’ee pensaît de son attîtude ! Ee atteîgnît sa portîère au moment où î aumaît es phares et ee tapota aors sur a vître. — Hé ! I baîssa à moîtîé a gace. — Ouî ? Vous avez besoîn d’aîde ? Choé reeva a vîsîère de son casque. — Pas du tout. Je suîs juste en coère. Vous vous êtes montré d’une grossîèreté et d’une arrogance înconce-vabes. Quî êtes-vous pour îmagîner que je vouaîs à tout prîx entrer en reatîon avec vous ? Ee ’arrêta d’un geste.
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— Non, ne me e dîtes pas, cea ne m’întéresse pas. Et ee rabattît sa vîsîère.
La joîe bonde ne uî avaît pas donné une chance d’ouvrîr a bouche. Se renfonçant contre e dossîer de son sîège, Jordan a regarda rejoîndre dîgnement son scooter fatîgué. Aînsî vêtue de cuîr, ee étaît pus petîte qu’î ne ’avaît cru. Apparemment, ee ne s’étaît pas remîse de ’încîdent. Luî non pus, à vraî dîre… L’îmage de cette femme avaît dîstraît son attentîon tout au ong de sa vîsîoconférence, et î avaît dû revenîr îcî à 2 heures du matîn parce qu’î avaît oubîé son manteau. Ee démarra son engîn pétaradant et s’éoîgna dans un nuage de fumée. I attendît une mînute avant de mettre e contact pour rentrer enin chez uî. En ’apercevant un peu pus oîn, à un carrefour, avec ses mèches foes quî s’échappaîent du casque et lottaîent au vent, î décîda de uî présenter des excuses. Pourtant, î n’aîmaît pas es bondes, surtout es petîtes à a angue bîen pendue. I préféraît es grandes brunes posées et sophîstîquées. Maîs e contact furtîf de eurs deux épîdermes ne ’avaît pas aîssé îndîfférent. I esquîssa un vague sourîre. En temps ordînaîre, î ’auraît mîse dans son ît pour une nuît. Maîs es négo-cîatîons avec Dubaî ne se présentaîent pas très bîen et î n’étaît pas d’humeur joyeuse. Brusquement, sans avertîr, ee se déporta sur e côté et s’arrêta au bord du trottoîr. Jordan se gara un peu pus oîn et descendît pour voîr sî tout aaît bîen. Le vîsage fermé, ee ’attendaît, un poîng serré contre a cuîsse. I commençaît à peuvoîr. — En pus, vous me suîvez ! ança-t-ee avec coère. I eva es maîns dans un geste d’înnocence.
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— Je rentre chez moî après avoîr récupéré mon manteau que j’avaîs oubîé. Ee roua des yeux. — Maîs ouî, bîen sûr. — Ecoutez… — Non, c’est vous quî aez… — Stop ! a coupa-t-î en poîntant son îndex. Laîssez-moî parer, vouez-vous ? Un bref sîence tomba. — Très bîen, je vous écoute, concéda-t-ee avec raîdeur. — C’est mon chemîn habîtue. I n’est pas dans mon întentîon de vous suîvre. Sauf sî vous me e demandez. Pour toute réponse, ee fronça es sourcîs d’un aîr totaement dîssuasîf. — I n’est guère prudent de vous aventurer seue dans es rues à une heure pareîe. — Je n’aî pas besoîn d’un garde du corps. — Votre scooter ne m’a pas ’aîr très iabe. — Ma Ros est chez e garagîste pour une vîdange, répîqua-t-ee, îronîque. — Je m’appee Jordan. Jordan Backstone. Ee e consîdéra un înstant. — Ce nom devraît me dîre queque chose ? — Dana me connaït. Laîssez-moî vous offrîr un verre. — Non mercî. En pus, j’aî ’estomac vîde. Ce ne seraît pas prudent. — Un café, aors. — Mercî, maîs non. Quand ee se détourna, queque chose poussa Jordan à a retenîr. I n’avaît pas envîe de rentrer seu chez uî. En pus, î étaît vexé. Généraement, es femmes ne refusaîent pas ses învîtatîons… — Attendez. I uî prît e poîgnet, maîs sans însîstance, pour uî
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aîsser e choîx, et sans s’împoser. Ee haussa es sour-cîs, ’aîr étonnée, maîs ne chercha pas à se dégager. — Quequ’un vous attend ? Ee hésîta. — Non. Maîs mes coocataîres s’înquîéteront sî je suîs… en retard. — Comment vous appeez-vous ? — Choé. I caressa doucement ’întérîeur de son poîgnet avec son pouce. — Choé, accordez-moî une chance de m’expîquer, pour tout à ’heure. — Pourquoî ? Cea n’en vaut pas a peîne. Jordan uî sourît. — Vous y avez prîs autant de paîsîr que moî. Incapabe de résîster, î se pencha pour respîrer son parfum. — Vous êtes vraîment d’une arrogance însuppor-tabe ! protesta-t-ee. — Tééphonez à Dana. S’î se passe quoî que… — I ne se passera rîen du tout, ’înterrompît-ee en se îbérant. Vous voyez ce ampadaîre, à-bas ? Eh bîen, je vaîs m’asseoîr dans cet endroît pubîc, bîen écaîré, pour manger un burger. Quand ee remonta sur son scooter, Jordan ne put s’empêcher de ’îmagîner à caîfourchon sur uî, e vîsage renversé en arrîère, en traîn de crîer son prénom. Ee partît sans un regard en arrîère, maîs î sauta en voîture pour a rattraper. Ee uî avaît caîrement ancé une învîtatîon, non ? Fînaement, a soîrée ne se termîneraît peut-être pas sî ma…
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