Troublant quiproquo (Harlequin Azur)

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Troublant quiproquo, Lucy Gordon

Enfin ! L'intérimaire qu'on lui avait promis venait d'arriver. Olympia fronça un instant les sourcils. Un homme ? Pour être son assistant ? Mais pourquoi pas, après tout ? Qu'il soit compétent et efficace était la seule chose qui importait à ses yeux. Ne devait-elle pas se préparer à l'arrivée imminente de Primo Rinucci, le repreneur de la société dans laquelle elle travaillait et espérait bien faire carrière ,
Compétent, efficace, son nouvel assistant l'était assurément. Et un peu trop séduisant aussi : grand, la peau mate, un regard noir et intense, il inspirait à Olympia des sentiments inattendus. De l'étonnement aussi : que signifiait chez un simple assistant cette étrange attitude faite de distance et d'ironie ?

Publié le : jeudi 1 février 2007
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280255332
Nombre de pages : 160
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Prologue
Depuis la terrasse de la villa familiale, Carlo et Ruggiero Rinucci contemplaient la baie de Naples qui s’étalait à leurs pieds dans toute sa splendeur.
En cette fin d’après-midi d’hiver, la nuit tombait déjà. Au loin, la silhouette du Vésuve s’élevait, majestueuse, dominant la ville dont les lumières commençaient à scintiller au bord de l’eau comme des myriades de lucioles.
— Ce mois de février est d’un mortel ! soupira Carlo. Noël est déjà loin, et rien ne laisse encore présager le printemps. Ce qu’on s’ennuie…
— En hiver, il y a moins de jolies touristes à Naples, c’est ça qui te chagrine, avoue-le, répliqua Ruggiero en riant. Décidément, les femmes sont une obsession chez toi !
— Chez toi aussi, fit valoir Carlo en décochant à son frère un clin d’œil complice.
— Je ne le nie pas, admit celui-ci.
Dans le dos des jumeaux, Hope Rinucci sourit.
Elle avait mis ces deux magnifiques garçons au monde à quelques minutes d’intervalle, il y avait trente ans tout juste. Et même s’ils ne se ressemblaient pas physiquement, ils n’étaient pas jumeaux pour rien.
— Vous adoreriez l’Angleterre, observa-t-elle. Au mois de février, dans mon pays, on ne s’ennuie pas. Au contraire, on fête la Saint-Valentin, le patron des amoureux, et les gens qui s’aiment échangent des cartes, des fleurs, des cadeaux… Ah, vous seriez à votre affaire, vous deux !
— Dire que c’est Primo qui part là-bas, fit sombrement observer Carlo. Lui qui ne pense qu’à travailler !
— Tu devrais l’imiter ! s’exclama-t-elle, feignant un ton de reproche.
Mais elle plaisantait, car les deux jumeaux travaillaient dur et réussissaient aussi bien que leur aîné.
— Pourquoi donc rachète-t-il autant d’affaires ? interrogea Ruggiero. Il lui en faut toujours plus !
— Tu lui poseras la question ce soir, si tu veux le savoir, rétorqua sa mère. Maintenant, vous devriez rentrer, tous les deux. Je crois que tout le monde est là, et nous ne tarderons pas à passer à table. N’oubliez pas que ce dîner est en l’honneur du départ de Primo.
— Il est tout le temps par monts et par vaux, et tu lui organises un dîner d’adieu chaque fois qu’il s’en va, fit observer Carlo avec une pointe de jalousie.
— Bien sûr, ce sont de bonnes occasions de vous réunir tous, répliqua Hope sans se démonter.
— Tu crois que Luke viendra ce soir ? demanda encore Carlo.
— Pourquoi ne le ferait-il pas ? Luke et Primo se disputent de temps en temps, mais…
Les rires des jumeaux l’empêchèrent d’aller plus loin.
— « De temps en temps » ! répétèrent-ils en chœur.
— D’accord, ils se chamaillent souvent, concéda-t-elle, n’empêche qu’ils sont frères.
— Pas exactement, non, fit valoir Ruggiero. Ils n’ont même aucun lien sanguin.
— Primo est mon beau-fils, et Luke est mon fils adoptif. Ils sont donc frères, déclara Hope avec force. Ce sont mes fils, tout comme vous ! Et maintenant, assez discuté.
Un moment après, alors que la famille presque au complet était réunie, elle promena un regard insatisfait autour d’elle.
Il y avait trop d’hommes ici. Où étaient les belles-filles qu’elle attendait depuis si longtemps ? Elle devrait en avoir six, et il n’y avait aucune jeune femme dans la pièce ! Elle qui espérait tant que Justin épouserait Evie. Hélas…
Un soupir lui échappa.
Justin était son fils aîné, celui qui lui avait été ravi dès la naissance et qu’elle n’avait retrouvé que l’année précédente. Il était venu la première fois à Naples avec une jeune Anglaise, Evie, dont il était visiblement épris. Mais celle-ci avait ensuite mystérieusement disparu de sa vie, et lorsqu’il était revenu passer Noël à la villa Rinucci avec son fils Mark, il avait refusé d’en parler.
Quand vint le moment de passer à table, elle avait recouvré sa bonne humeur. Elle prit sa place de maîtresse de maison au centre de la table et contempla ses fils avec fierté.
Aucun ne vivait à la villa, chacun ayant son appartement à Naples, mais elle les réunissait chaque fois qu’elle le pouvait.
Primo, qui comme d’habitude était assis à sa droite, tenait une place particulière dans son cœur. Cétait le fils de son premier mari anglais, mais il portait le nom de la mère qu’il avait perdue étant enfant. Une Rinucci, tout comme Toni, le père de ses jumeaux, l’homme dont elle partageait la vie.
— Voilà si longtemps que je ne t’ai pas vu, lui dit-elle, posant une main tendre sur la sienne. Et dire que tu t’en vas encore demain !
— Pas pour longtemps, . J’aurai tôt fait de mettre au pas cette filiale anglaise.mamma
— Pourquoi l’avoir rachetée ?
— Parce que Curtis Electronics est une société appartenant à Leonate Europa. Et comme tu le sais, j’ai pris la majorité de Leonate.
— Et pourquoi ?
— Parce que la holding était mal gérée. Enrico ne voulait pas me céder ses parts, mais il a fini par se ranger à mes raisons.
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