Troublante dissimulation - Retour à Three Rivers - Passion pour un privé

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Troublante dissimulation, Julie Miller

Pour Josie, c’est le choc : une seule nuit passée entre les bras de Rafe Delgado —, le policier qui a promis à son père sur son lit de mort de toujours veiller sur elle —, aura suffi pour que la vie grandisse en elle. Une vie qu’elle veut garder secrète car elle sait que, pour Rafe, leur nuit d’amour a été une erreur. Mais, alors qu’elle s’efforce de tout faire pour l’éloigner d’elle et lui laisser croire qu’elle ne veut plus le voir, elle assiste à un meurtre qui complique ses plans : placée, en tant que témoin, sous la surveillance de Rafe, combien de temps pourra-t-elle se taire, et lui dissimuler qu’il est le père de son bébé ?

Retour à Three Rivers, Aimee Thurlo

Dix ans qu’elle n’a pas mis les pieds à Three Rivers… Laura est bouleversée. Ici, chaque coin de rue, chaque maison lui rappelle l’enfance misérable qu’elle a fuie, et elle se serait bien passée de ce pénible retour en arrière. Mais Nancy, sa meilleure amie de lycée, vient d’être assassinée, et Laura en est persuadée : il s’agit de l’œuvre macabre d’un tueur en série. Puisque les autorités refusent d’envisager cette hypothèse, elle a décidé de mener sa propre enquête. Quitte à s’accommoder de la pénible présence de Travis Blacksheep, dont on lui impose l’autorité. Pénible, car Travis n’est pas un inconnu pour Laura : il lui a autrefois brisé le cœur, précipitant ainsi son départ de Three Rivers…

Passion pour un privé, Cara Summers

Déterminée à retrouver son fiancé, disparu la veille de leur mariage sans explication, Sarah engage Nick Romano, un détective privé. Un homme à la fois mystérieux et troublant pour qui elle éprouve d’emblée une attirance coupable…
Publié le : dimanche 1 juillet 2012
Lecture(s) : 30
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280235105
Nombre de pages : 528
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Novembre — Dix ans plus tard
Rafael Delgado portait à merveille le jean et le cuir noir. En découvrant l’imposante silhouette de l’homme qui l’atten-dait sur le parking désert du Shamrock Bar, comme il le faisait presque tous les soirs depuis quatre ans qu’elle occupait le poste de barmaid dans le café de son oncle, Josie Nichols sentit son pouls s’accélérer légèrement. Tandis qu’il décroisait ses longues jambes et s’écartait de l’imposant pick-up noir, contre l’aile duquel il s’appuyait noncha-lamment, elle entraperçut l’arme qu’il portait à la ceinture, juste sous son insigne du SWAT, et se sentit immédiatement rassurée. Ce soir, les ténèbres seraient moins effrayantes. La solitude qui était son lot quotidien se ferait moins durement ressentir. La chevalerie n’était pas morte, en tout cas en ce qui concernait Rafe. Cela faisait en réalité dix ans que Rafe veillait sur elle, à cause d’une promesse faite au père de Josie — son premier coéquipier au département de police de Kansas City — la nuit où Aaron Nichols avait trouvé la mort au cours d’une intervention. Josie ferma la porte du Shamrock Bar et s’efforça d’ignorer la tristesse qui lui serrait le cœur au souvenir de cette injuste et stupide disparition, tandis que des pas lourds et assurés marte-laient l’asphalte derrière elle. Jetant les clés au fond de son sac, elle afîcha un sourire moqueur avant de se tourner vers son ange gardien. — Tu sais, oncle Robbie a installé une caméra de sécurité, et la mairie s’est enîn décidée à faire édiîer un réverbère supplé-
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mentaire. Tu n’es pas obligé de m’attendre tous les soirs après la fermeture pour m’accompagner à ma voiture. Constatant la morosité et la fatigue qui assombrissaient les traits rudes et anguleux de Rafe, elle ajouta, compatissante : — Surtout après une longue journée comme celle-ci. — Ce n’est pas un problème. La réponse était devenue un automatisme, inspiré par son sens du devoir. Consciente de cela, Josie ne protesta pas quand il la saisit par le coude, et se laissa guider vers sa vieille Ford cabossée et rouillée, garée à côté du monstrueux et rutilant char d’assaut qui tenait lieu de voiture à Rafe. — Tu as assez chaud avec ce blouson ? demanda-t-il. — Ça va. — Je peux t’acheter un manteau, si tu en as besoin. — Je n’ai besoin de rien. — Bon sang, Josie, tu cherches à me contrarier, ou quoi ? Surprise par son agressivité, elle s’arrêta et lui lança un regard circonspect. — Que t’arrive-t-il ? Je ne te reconnais pas. Un petit nuage de vapeur blanche se forma dans l’air glacé de novembre tandis qu’il expirait profondément. — Excuse-moi. J’ai tellement de préoccupations en tête que j’en oublie la courtoisie la plus élémentaire. — Explique-moi. — Continuons à marcher. Peut-être avait-elle imaginé le tremblement de ses longs doigts enroulés autour de la manche de son blouson, mais l’ex-trême lassitude de Rafe l’inquiétait. Il y avait dans son regard l’hébétude de quelqu’un qui avait vu et expérimenté plus qu’il n’en pouvait supporter. Même si son visage demeurait impassible, Josie avait remarqué certains signes. Elle avait une capacité peu commune à discerner les détails les plus subtils et à lire en autrui comme dans un livre ouvert. Cette aptitude lui était très utile pour tenir le bar le soir, et elle espérait aussi la mettre à proît dans son futur métier, à condition qu’elle obtienne son diplôme d’inîrmière cet été.
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Son intuition était encore plus afînée quand elle se souciait d’une personne, et elle éprouvait pour Rafe un fort attachement, qui n’avait plus grand-chose à voir avec son coup de cœur d’adolescente pour lui. D’une certaine façon, elle était plus proche de Rafe Delgado que de n’importe qui d’autre sur cette terre, mais il lui avait très vite fait comprendre qu’il n’éprouverait jamais pour elle autre chose que de l’amitié. Elle avait donc fait taire ses sentiments et, à vingt-cinq ans, la relation qu’elle entretenait avec lui était dénuée de toute ambiguïté. Mais parfois, quand il était tard, quand la nuit les séparait du reste du monde, quand le solitaire qu’il s’enorgueillissait d’être avait du vague à l’âme, une sensation insidieuse envahissait Josie. Face à la détresse qui assombrissait le regard d’ambre de Rafe, elle aurait voulu le prendre dans ses bras, caresser doucement son visage, lui murmurer des mots de réconfort, mais elle savait qu’il repousserait toute marque excessive d’intimité. Pourtant, elle comprenait et partageait ce qu’il ressentait. Elle avait vu le tragique événement passer en boucle sur les chanes d’information. Elle avait écouté les atroces détails que ses collègues du SWAT avaient échangés entre eux lorsqu’ils étaient venus boire un verre après cette fusillade meurtrière entre deux des gangs les plus violents de Kansas City. Puis, sans qu’ils aient réellement eu le temps de décompresser, ils avaient été appelés pour une alerte à la bombe. Rafe avait toutes les raisons de broyer du noir. Un enfant innocent était mort aujourd’hui. Et, même si Rafe et son équipe avaient sauvé des dizaines de vies, c’était cette vie perdue qui le hantait. Elle connaissait cela par cœur. Dix ans plus tôt, alors qu’il n’était qu’un patrouilleur débutant, Rafe s’était présenté au domicile familial pour lui apprendre, ainsi qu’à son demi-frère Patrick, que leur père avait été abattu en pleine rue par des braqueurs de banque en fuite. Il avait passé sous silence le fait que son père et lui avaient arrêté les voleurs, protégé les passants, et permis de récupérer plusieurs centaines de milliers de dollars. Sa seule préoccupa-
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tion était de les réconforter, sans qu’une larme ne tombe de ses yeux rougis, bien qu’elle sût qu’il avait lui aussi l’impression d’avoir perdu un père. Rafe avait trente-quatre ans, à présent, mais rien n’avait véritablement changé. S’il considérait que sauver des vies faisait partie de son travail, en perdre une était perçu par lui comme un échec personnel et une inadmissible tragédie. Mais sa îerté et son respect d’un certain code de l’honneur l’empêchaient d’évacuer la rage, la frustration et la culpabilité qui le rongeaient, et ce travail qui était toute sa vie commençait à le détruire à petit feu. — Rafe, arrête-toi ! Ils marquèrent une halte près du pick-up et, voyant un muscle jouer nerveusement dans sa mâchoire, elle ne put s’empêcher de lever la main vers son visage pour lui caresser la joue. — Cet enfant n’est pas mort à cause de toi. — Non. Il est mort malgré moi. D’un geste brusque, il lui prit le poignet et repoussa sa main. — Il s’appelait Calvin Chambers, et il n’avait que dix ans. Il n’aurait pas dû mourir. — Je suis sûre que tu as fait tout ce que tu pouvais pour le sauver. Il secoua la tête. — Il est mort dans la rue, alors qu’il rentrait de l’école. Aucun enfant ne mérite ça. Au îl du temps, Josie avait appris à connatre Rafe, et il s’était laissé aller à quelques conîdences sur les épreuves qu’il avait connues durant sa propre enfance. Quelque chose dans cet événement devait résonner profondément en lui, réveiller des sentiments qu’il barricadait normalement derrière une épaisse armure. — Non, c’est vrai, dit-elle d’un ton apaisant. Mais dis-toi qu’il avait quelqu’un de fort et de compatissant avec lui. Il n’était pas seul. Tu l’as accompagné jusqu’au bout. Il eut une mimique désabusée. — Quand ton père m’a appris le métier, il ne m’a pas appris à affronter la mort d’un enfant. Je me sens tellement impuissant ! Emue, elle ne put s’empêcher de prendre son visage à deux mains.
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— Tu es fort, Rafe, mais personne n’est assez fort pour ça. Papa aurait été îer de ce que tu es devenu, en tant qu’homme et en tant que policier. — Ton père l’aurait sauvé. — Arrête, Rafe. Tu n’as pas à culpabiliser comme tu le fais. Obéissant à son instinct, elle ît soudain la chose la plus natu-relle et la plus juste à laquelle elle aurait pu penser, et l’embrassa. Combien de fois depuis ses quinze ans avait-elle rêvé de presser ses lèvres contre celles de Rafe ? Combien de nuits solitaires avait-elle passées à imaginer que leur amitié se transforme en amour ? Mais elle avait toujours fait preuve de retenue, se contentant d’un baiser rapide sur la joue, chérissant une accolade un peu plus prolongée que les autres. Elle ne s’attendait pas à la réponse passionnée de Rafe, à ces mains qui s’accrochaient à ses hanches et la plaquaient contre un corps dur et puissant, à cette langue audacieuse qui partait à l’assaut de la sienne… Avait-elle sans le savoir levé un interdit ? Lui avait-elle de façon subliminale donné la permission de l’embrasser en retour ? Le cœur battant à se rompre, elle attendit, désira, rêva… Soudain, tout s’enchana. Rafe glissa une cuisse entre les siennes et la plaqua contre la carrosserie du pick-up. Laissant échapper un grommellement impatient, il ît glisser la fermeture du blouson de Josie et arrondit la paume de sa main autour de son sein, qu’il pressa non sans une certaine rudesse. Chavirée, Josie s’agrippa à ses épaules et se laissa sombrer dans un ot de sensations éblouissantes. La respiration haletante de Rafe faisait écho à la sienne. Elle eut vaguement conscience d’une main qui se tendait pour ouvrir la portière dans son dos, tandis que l’autre glissait sous son pull pour mieux tourmenter à travers la dentelle du soutien-gorge ses seins douloureusement tendus. La solitude de sa vie — pas de mère, plus de père, un frère qui ne méritait pas vraiment ce nom — s’évapora sous l’assaut impétueux des mains et de la bouche de Rafe.
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Il avait besoin d’elle. La connexion entre eux était irréfutable et intense. Mais soudain, il s’écarta. — Non, n’arrête pas. Ce n’était pas l’intention de Rafe. Il cherchait tout simplement un peu plus d’intimité. Il jeta son sac à dos à l’intérieur, souleva Josie pour la hisser sur le siège. Puis il sortit son arme de son holster, la rangea dans la bote à gants, et s’engouffra dans la voiture du côté passager. Il n’y avait pas beaucoup de place pour se mouvoir, mais, à force de contorsions, il parvint à installer Josie à califourchon sur ses cuisses. S’insinuant sous son blouson et sous son pull, les mains de Rafe partirent de nouveau à la rencontre de sa peau, tandis que sa bouche réclamait la sienne. L’urgence de chaque caresse, de chaque baiser, portait en elle la profondeur et la force des émotions dont Rafe ne pouvait pas parler. Ouvrant un peu plus son cœur déjà bien malmené, Josie répondit à sa demande avec une générosité sans limites. Il n’était pas question ici de lente séduction, de subtilité… C’était quelque chose qui allait au-delà du besoin et de l’envie, pour ainsi dire une question de vie ou de mort. — Je ne veux plus jamais voir une telle détresse dans les yeux d’un enfant, gémit-il contre ses lèvres. — Chut. Tout va bien. Laisse-toi aller. — Il ne faut pas, protesta-t-il. Il avait le visage enfoui dans son coun et tremblait tant il faisait d’efforts pour garder le contrôle de lui-même. Mais elle pouvait aussi sentir l’humidité de ses larmes sur sa peau. Elle se rejeta en arrière, juste assez pour prendre son visage à deux mains, et scruter son regard d’ambre. La détresse qu’elle y lut eut raison de ses dernières hésitations. — Tu sais que j’en ai toujours eu envie, dit-elle, en tâtonnant pour trouver la fermeture à glissière de son pantalon. Une expression choquée se dessina sur le visage de Rafe tandis qu’elle commençait à le caresser. — Tout va bien, Rafe.
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Elle se pencha et déposa un baiser sur ses lèvres. — Je sais ce que je fais, ajouta-t-elle. Il n’y a aucun problème. Comme sous l’effet d’un ouragan brisant les digues, submer-geant tout sur son passage, Rafe abandonna soudain toute retenue. Ce fut alors un enchanement de gestes enîévrés. Les vête-ments furent écartés en un instant pour permettre enîn l’union tant attendue des corps enammés. — J’ai besoin de toi, Josie, murmura-t-il. J’ai tellement besoin de toi. Il la saisit à deux mains aux hanches, et l’empala sur lui d’un mouvement profond et vigoureux qui lui coupa le soufe. Agrippée à ses épaules, elle se laissa entraner dans une danse sauvage et pressée, acceptant de n’avoir aucun contrôle sur la situation, heureuse simplement de s’offrir à lui et de lui apporter l’apaisement physique qu’il recherchait. Recevant le cri guttural de son plaisir comme un cadeau, à l’écoute des derniers soubresauts de son corps, elle le tint serré contre elle, le berçant presque dans ses bras, tout en écoutant les battements de son cœur reprendre un rythme normal. Et, parce qu’elle savait qu’il ne partageait pas ses sentiments, elle garda pour elle le « je t’aime » qui lui brûlait les lèvres.
Il aurait dû se sentir beaucoup mieux que ça. Du bout des doigts, Rafe essuya la condensation qui s’était formée sur la vitre latérale, et frotta la frache humidité contre sa joue îévreuse. Oh ! son corps allait parfaitement bien — si bien qu’il était trop épuisé et comblé pour désirer quoi que ce soit d’autre. Et les émotions brutales qui ravageaient son cœur et son âme s’étaient dissipées sous la patiente insistance et la générosité sans limites de Josie. Elle était recroquevillée de son côté de la voiture, ses vêtements froissés avaient été réajustés, et sa respiration avait retrouvé un rythme calme et régulier. Lorsque, du coin de l’œil, il la vit s’étirer, il se pencha et déposa un baiser à la lisière de ses cheveux.
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Ce fut quand elle tourna la tête vers lui avec un sourire heureux qu’il sut ce qu’il ressentait. De la culpabilité. Il avait reçu dans sa vie des gies au visage et des coups de ceinture dans le dos qui ne faisaient pas aussi mal que ça. Ce soir, il avait trahi un être cher. Deux, en réalité, s’il comptait Aaron. La nuit où son coéquipier était mort, il lui avait promis de veiller sur ses enfants. Son îls avait sombré dans la délinquance et se retrouvait en prison, et il avait fait l’amour avec sa îlle, qu’il s’était pourtant engagé à ne jamais toucher. Quelle loyauté de sa part ! Le sourire de Josie se transforma en une expression perplexe. — A quoi penses-tu ? — A ton père. J’ai été en dessous de tout. J’ai proîté de toi. J’avais besoin… Il soupira. — Je ne sais pas de quoi j’avais besoin. — Peut-être tout simplement d’établir un lien avec quelqu’un qui se soucie de toi. Tu avais besoin de parler et d’être écouté. Elle remonta la fermeture de son blouson et croisa les bras autour de sa taille. Avait-elle froid ? Rafe démarra le moteur et mit le chauffage. — Oui, eh bien, j’aurais dû m’en tenir à la conversation. — Parler n’a jamais été ton fort, plaisanta-t-elle. Tu as toujours été quelqu’un de physique. — J’ai promis à Aaron de te protéger. Mais ce soir, je me suis servi de toi. — C’est insultant. — Josie… — Je ne suis plus une gamine naïve. Tu n’es pas mon premier amant, Rafe, et je savais très bien ce que je faisais. Tu ne m’as pas forcée. — Ça y ressemblait quand même un peu. — Ne dis pas n’importe quoi ! Je sais très bien que tu te serais arrêté si je te l’avais demandé. Mais je n’avais pas envie que tu arrêtes. Beaucoup de couples fonctionnent de cette manière, tu sais. Un des partenaires demande plus que l’autre, qui l’accepte. — Nous n’avons pas une relation de ce genre-là.
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— Ce serait si mal ? Evidemment ! Il n’était pas du bois dont on faisait les maris. Il n’était même pas certain que leur amitié survivrait à cette nuit. — Je ne contrôlais plus mes émotions. C’était une erreur. Elle se redressa sur son siège, son tempérament irlandais colorant ses joues. — Faire l’amour était une erreur ? Ou éprouver des senti-ments était une erreur ? Faire l’amour ? Elle pensait que cette étreinte presque bâclée était conforme à ce qui devait se passer entre un homme et une femme ? Mais quel genre de sagouins avait-elle fréquentés, qui n’avaient pas su lui montrer combien cela pouvait être bon si un homme prenait son temps… Ah, bon sang ! Il ferait mieux de se calmer et de ne pas laisser ses pensées dériver vers ce terrain. Il crispa les doigts autour du volant. — Je suis désolé, Josie. Je n’ai pas respecté ma promesse. — Arrête de t’excuser. J’ai toujours su que ce serait intense avec toi. A dire vrai, je trouve tout ça assez excitant. Et tu sais… je tiens à toi. Lui aussi tenait à elle. Mais il ne pouvait sereinement assurer sa sécurité s’il avait l’esprit troublé. — Ecoute, j’ai déjà échoué sur toute la ligne avec Patrick. Je n’ai pas pu l’empêcher de se droguer et d’aller en prison. Je ne veux pas gâcher ce qu’il y a entre nous. — Et ce que je veux, moi, tu y as pensé ? Il ouvrit sa portière et sortit dans la nuit. Il avait besoin de prendre l’air. — Tu as cours demain matin, et tu dois rentrer chez toi. De mon côté, il faut que je retourne au commissariat nettoyer la camionnette du SWAT et la préparer pour notre prochaine intervention. Elle prit son sac à dos et descendit à son tour de voiture. — Et tu dois obligatoirement faire ça ce soir ? Oh oui, il avait absolument besoin de s’occuper pour ne plus penser à elle. — Je me suis comporté comme un salaud, d’accord.
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— Arrête, s’il te plat. Ça me fait de la peine de t’entendre parler comme ça. — Je n’ai jamais voulu te faire de mal. Je n’ai aucune envie que les choses changent entre nous. Je veux que tu continues à me faire conîance. Ça ne se reproduira plus jamais, je te le promets. Tandis qu’il la regardait prendre place au volant de sa voiture, il regretta une fois de plus qu’elle s’obstine à refuser l’offre qu’il lui faisait régulièrement de lui acheter un modèle plus récent et plus îable. Au moins elle le laissait se charger de l’entretien et de la révision, et le moteur ne tournait pas trop mal pour une vieille guimbarde. Il attendit qu’elle mette le contact et démarre mais, au lieu d’enclencher sa vitesse, elle baissa la vitre et lui cria : — Pour ton information, ce n’est pas quand tu m’as fait l’amour que tu t’es comporté comme un salaud. C’est maintenant ! Il n’en doutait pas un seul instant. Une fois au volant de son pick-up, il la suivit hors du parking, mais tourna dans la direction opposée, éprouvant le besoin de mettre le plus de distance possible entre eux. Bon sang, mais comment avait-il pu faire une chose pareille ? Que lui était-il passé par la tête ? La peau de Josie était frache et pâle sous le clair de lune. Ses caresses étaient si douces et si assurées à la fois… Et son corps… Son corps souple et délié, et ses longues jambes enrou-lées autour de lui… Il jura entre ses dents, le front soudain couvert de sueur sous l’effet d’une vague de chaleur qui n’avait rien à voir avec le chauffage qui fonctionnait dans la voiture. Joséphine Nichols était son amie, sa protégée ofîcieuse… et sa pénitence pour avoir laissé mourir son mentor dix ans plus tôt. Elle était belle, gentille, sexy, drôle… et représentait l’interdit. Et pourtant, pendant quelques minutes de folie et d’abandon, elle avait symbolisé tout ce dont il avait besoin. Il s’était vraiment comporté comme un butor, ne prenant même pas le soin de lui demander si elle prenait la pilule. Ce devait être le cas puisqu’elle lui avait dit qu’elle avait eu d’autres aventures avant lui.
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