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Tu me fends le coeur

De
42 pages

C'était le tournoi de la dernière chance, elle devait tout gagner, pour ne pas tout perdre.
Mais quand votre partenaire n'est pas à la hauteur et que le passé nous nargue... est ce que les "jeux sont faits" ? Saura t elle sortir un dernier atout de sa manche ? Son cinquième As ?

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ISBN version papier 978-2-37447-219-5
ISBN version Numérique 978-2-37447-218-8
Février 2017 © Erato–Editions
Imprimé en France - Tous droits réservés
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L’important dans la vie, ce n’est pas d’avoir le plus beau jeu, mais de bien jouer avec celui qu’on a.
Tous les jeux, y compris ceux qui paraissent les plus simples, recèlent d’antiques sagesses. Bernard Werber - La révolution des fourmis
A mon grand-père,
Prologue
«Qui va faire pépé avec dodo ?» Quand je pense à Lui, ce sont les premiers flashs qui me reviennent. Lui ? Mon grand-père, mon papi, mon pépé. L’homme qui m’a aidée à grandir, qui m’a appris à vivre. Si je devais vous en faire une description ? Avec ma mémoire de petite fille, je vous dirais un homme grand, les cheveux tout blancs, lustrés au « Pento », une force de la nature. Sur son visage se reflétait la bonté, la gentillesse, mais aussi les épreuves endurées et le regard de l’homme qui en a trop vu. Lorsque ma mémoire se réfugie à cette époque, je me souviens de ces heures passées à l’admirer. Jamais un mot de trop, jamais une parole inutile. Il parlait juste, me chantait des chansons, me souriait, car je buvais chacune de ses paroles, acceptait toutes mes bêtises, même faire la sieste avec lui dans son lit XXL, couchée dans un bateau pneumatique. Et il y avait ces moments... Il me regardait et me disait : Lolo ! Va mettre ta veste, on y va...
Chapitre 1
La grande salle commence à devenir silencieuse, not re table est la dernière et c’est notre place en demi-finale que nous jouons. Mon partenaire n’est pas fiable. Depuis le début, i l joue bizarrement, enchaînant les annonces farfelues et les mains hasardeuses. Je n’ai pas eu de chance de tomber sur lui lors du tirage au sort en début de tournoi, mais inversement, nous avons eu beaucoup de veine jusque-là. Nous voilà en quart de finale, dernière main, dernière chance La lumière est tamisée, une faible lampe éclaire no tre partie. Notre table est prise d’assaut par le public. La main est distribuée. Je soulève mes cartes une p ar une… mais qu’est ce que c’est que ce jeu ? Un jeu d’attente, d’aide, mais rien qui ne puisse me permettre de gagner. En plus, c’est mon coéquipier qui lance la première annonce. – 80 trèfles, lance-t-il platement. Bordel ! Il me fait quoi ? J’ai deux as, le 9 et les petites, il a quoi dans les mains ? Mon voisin de gauche passe, j’annonce mes deux as. Mon partenaire sourit et mon voisin de droite relance à cœur. Putain ! Je n’ai rien à cœur. Mon partenaire élargit son rictus et annonce : – Capot carreau. Non, mais QUOI ! Il est fou ? Il a lancé à trèfle ! Putain, mais il me fait quoi ! Je passe ma main sur mon visage. Je respire un grand coup et j’attends le mot qui ne tarde pas à arriver : – Contrée – Sur contrée Oh putain de bordel de merde ! Il n’a rien dans les mains, il est parti à 80 et là il surcontre ! Mais il me fait quoi ? La foule a compris l’enjeu e t s’est amassée autour de nous. C’est une partie quitte ou double. J’avale un grand verre d’eau, plie mon jeu, le rouvre, me concentre sur mes cartes. Il va falloir que j’assure pour deux. Putain, je n’ai qu’un jeu de suiveur. Bon, faut que je calcule, il a annoncé à quoi ? Trèfle et carreau, donc il est bicolore. Ou il a un as à trèfle, vu que j’a i les deux autres. Le second a annoncé à cœur, à 110, donc il a une grosse main. Je scrute rapidement les gens qui nous entourent. P ersonne n’ose respirer, tout le monde est suspendu à nos jeux. Parmi eux, deux yeux noirs m’observent attentivement, chacun de mes gestes, chaque expression de mon visage. Il regarde tout… il ne la isse rien au hasard, il me met mal à l’aise. Je n’ose plus lever les yeux, je me plonge dans mon jeu, comment vais-je réussir à m’en sortir ? Je suis tellement concentrée que je n e vois plus mes cartes, et là… une musique totalement anachronique s’élève des haut-pa rleurs. Le genre de musique que jamais vous n’entendriez ailleurs que dans l’intimi té de votre quotidien. Et la voix du chanteur s’élève, incongrue dans cet endroit. Bizarrement, j’ai l’impression que je suis la seule à l’entendre, à la comprendre, à la ressentir. Elle m’enveloppe et me protège, je ne comprends pas ce qu’il se passe. « Les sabots d’Hélène Etaient tout crottés Les trois capitaines
L’auraient appelée vilaine Et la pauvre Hélène Etait comme une âme en peine Ne cherche plus longtemps de fontaine Toi qui as besoin d’eau Ne cherche plus, aux larmes d’Hélène Va-t-en remplir ton seau […] » Non mais qui passe du Brassens dans une salle de tournoi ? Et surtout cette chanson. Je baisse mes paupières un bref instant pour me laisser envahir par les paroles. Et je me revois, un soir de Noël, assise à ses pieds, mon re gard levé vers son visage, à l’écouter béatement. Lui qui me chante doucement ces paroles, tout doucement, presque un murmure, un secret entre nous. Je rouvre les yeux, je sens toujours que l’on m’obs erve, mais peu importe, je sais, je sais comment jouer. Mon expression se fait impassib le, j’attends. Mon partenaire peut faire ce qu’il veut, j’ai LE secret, il va guider mes cartes. Il joue le premier, je tressaille. Ma raison et ma logique refont surface un bref instant, mais je regarde mes adversaires descendre leurs jeu x, sans surprise. Je commence la rafle en montant sur leur première main, et tant que nous n’avons pas fait notre capot, je ne réfléchis plus, enchainant les appels et les passes. Et effectivement, notre capot est là. Nous terminons la manche après un jeu. Nous nous saluons, mon partenaire me saute au cou : – Toi et moi formons une sacrée équipe. – T’es surtout un sacré con qui a une veine de cocu , maintenant lâche moi, j’ai besoin d’aller boire un coup, lui lancé-je sèchement. – Hey petite, on va en demi-finale ! – Oui, mais pas grâce à toi. Je me dirige vers le bar et j’aperçois le propriéta ire des deux yeux noirs qui m’observaient avec tellement d’attention. Je profit e de me diriger vers le bar pour l’observer attentivement. Pas mal, pas mal du tout. Je détaille sa silhouette, il est grand, ses cheveux châtain foncé ondulés sont certainement plus longs que les miens, ses yeux en amande lui confèrent un air mystérieux. Son visage arbore plusieurs grains de beauté et sa barbe naissante, découvrant une bouche pulpeuse, complète un tableau déjà très flatteur, il est vraiment splendide. Vêtu d’une veste de costume noire, d’un jean brut et d’un t-shirt blanc, il est chaussé de converse, il déton ne complètement avec les autres personnes présentes et son faux look négligé lui va vraiment très bien. Je continue ma progression vers le bar et alors que je me commande un soda, il se retourne d’un seul coup vers moi. Un sourire en coin, très sexy, se dessine sur ses l èvres, il approche, s’installe sur le siège près de moi et me lance nonchalamment – Bonsoir Eloïse. Je regarde cet homme qui semble me connaître, mais dont je ne me souviens pas. Il continue : – Ça fait longtemps, ton jeu s’est amélioré, mais tu as toujours les mêmes tics. Pff ! Mais qui est-il ? Un ancien adversaire ? Non, j’ai beau être complète ment concentrée, lors d’une partie, un mec comme ça, je l’aurais remarqué. – Je ne pense pas avoir l’honneur de vous connaitre. – Bien sûr que si ma Lolo, je suis… Tiago Je reste bouche bée, le verre que j’allais porter à ma bouche s’écoule sur ma jupe. Oh
mon Dieu, Tiago… Après toutes ces années…
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