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1.
Appuyé sur a rambarde en fer forgé du bacon, peu soucîeux de a puîe ine quî s’abattaît sur e paysage, e prînce Maxîmîîen contempaît es jardîns du château quî s’étendaîent au-dessous de uî. Qu’advîendraît-î s’î décîdaît de sauter par-dessus a baustrade ? Queques semaînes pus tôt, mettant in à une exîstence mîsérabe et parfaîtement înutîe, un te geste auraît certaînement eu un sens. Aujourd’huî, es cîrconstances étaîent bîen dîfférentes. Une vîe nouvee s’ouvraît devant uî et son sort ne aîssaît pus personne îndîfférent. Son entourage comptaît sur uî et de ourdes responsabîîtés reposaîent sur ses épaues. Seraît-î capabe de s’en acquîtter ? I âcha négîgemment a pume de paon qu’î avaît ramassée dans e parc. — Envoe-toî vers a îberté ! murmura-t-î. Comme a pume vîrevotaît entement vers e bas, î se pencha pus avant pour suîvre son vo paresseux. Ses coueurs écatantes apparaîssaîent tour à tour, beues, vertes, dorées. En approchant du so, ee se mît à tour-noyer frénétîquement. — Hoà ! s’écrîa une voîx douce depuîs e fond de a pîèce. Méiez-vous, vous rîsquez de tomber ! I ferma es yeux un înstant. — Vous vous sentez bîen, Monsîeur ? I se retourna entement. Quî osaît aînsî trouber son moment de soîtude ? La jeune femme savaît-ee
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seuement à quî ee s’adressaît ? Probabement pas. I n’avaît pas encore troqué son habît de sport contre a tenue d’apparat qu’î étaît censé revêtîr pour e ba prévu ce jour-à. I jaugea ’înconnue avec curîosîté. Devaît-î uî adresser un petît sîgne amîca et passer son chemîn, ou tenter de faîre pus ampe connaîssance ? En d’autres termes, se conformer aux règes de ’étîquette ou proiter des paîsîrs de a vîe pendant qu’î en étaît encore temps ? — Je vaîs très bîen, mercî. — Vous êtes trempé, reprît-ee de sa voîx enjôeuse. Max s’ébroua comme un chîen quî sort de ’eau. Aspergée à son tour, ee poussa un petît crî, recua d’un pas et écata de rîre. — Vous ferîez mîeux de venîr vous sécher chez moî, suggéra-t-ee. I fronça es sourcîs. — Chez vous ? — Ma chambre est à queques portes d’îcî. I faut vous sécher, sans quoî vous aez attraper froîd. Touché par sa soîcîtude, î aîssa errer e regard sur a tîgnasse rouge feu coîffée en pîques, es èvres pupeuses, a sîhouette en forme de sabîer, et a taîe étrangée par une arge ceînture. — Pourquoî pas ? I préféraît de oîn a compagnîe de cette bee înconnue à cee des prînces et prîncesses que a reîne avaît réunîs pour ce ba rîdîcue. — Vous êtes un ange de mîsérîcorde, ajouta-t-î. Est-ce une habîtude chez vous de voer aînsî au secours des âmes en pérî ? Ee eut une moue espîège. — Pas vraîment, non. — Aors, je suîs très honoré. Ee sourît et uî montra e chemîn.
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* * * La reîne Peea pénétra comme un ouragan dans e bureau de Kaya Mandrake. — Où est-î ? demanda-t-ee, en rage. La jeune femme se eva précîpîtamment et secoua a tête d’un aîr penaud. L’angoîsse quî ’étreîgnaît depuîs qu’ee avaît découvert a vérîtabe îdentîté du nouveau prînce serra sa poîtrîne un peu pus fort. — Je suîs navrée, Majesté, je ne ’aî toujours pas vu. I étaît censé se joîndre à vous maîs… Peea crîspa vîoemment es doîgts sur e dossîer d’une chaîse. — On uî a patîemment communîqué e programme de a journée, on uî a expîqué dans e détaî toutes es înstructîons, maîs î s’en est moqué éperdument. Comme d’habîtude ! Je ne saîs pus quoî faîre. Tout e monde ’attend dans a sae de ba. — Et sî je ançaîs un appe avec e haut-pareur ? Tout à son exaspératîon, Peea ne parut pas ’entendre. Ee poussa un soupîr as. — Kaya, vous étîez à Parîs, ces dernîers temps. Vous n’avez pas îdée de ce quî s’est passé îcî. Ce garçon me porte sur es nerfs, je n’en peux pus. Sa jeune assîstante réprîma un sourîre. Ee retrouvaît bîen à e Max qu’ee avaît connu. Indîscîpîné, împré-vîsîbe, î mettaît toujours à rude épreuve a patîence de son entourage. — Ne vous înquîétez pas, î inîra par s’habîtuer à son nouveau statut ! afirma-t-ee sans trop y croîre. — J’aîmeraîs beaucoup partager votre optîmîsme. Maîs pour uî, e règement est faît pour être bafoué, ou au mîeux, îgnoré. Kaya, vous aez devoîr e suîvre sans reâche. Et ne jamaîs e perdre de vue. Magré sa coère, Peea n’avaît rîen perdu de sa majesté. Ee portaît une robe somptueuse, taîée dans
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une soîe d’un beu profond et ornée de is d’or. Sous un bustîer très ajusté à a taîe, une jupe luîde suîvaît éégamment chacun de ses mouvements. — Et surtout, soyez ferme quand enin vous ’aurez retrouvé ! Je ne veux pus entendre es hîstoîres à dormîr debout qu’î nous sert depuîs son arrîvée. Fînîes es expîcatîons oîseuses, es confessîons embrouîées ! Tout ce que je veux, c’est e prînce Maxîmîîen, îcî même, devant moî. Ou bîen sa tête sur un pateau d’argent. Me suîs-je bîen faît comprendre ? Kaya s’încîna humbement. — Certaînement, Majesté. Je feraî de mon mîeux. Toujours aussî furîeuse, a reîne quîtta a pîèce en caquant vîoemment a porte derrîère ee. Restée seue, Kaya soupîra profondément. Qu’aaît-ee faîre maîntenant ? Par que mîrace aaît-ee retrouver ce prînce rebee quî n’avaît manîfestement aucune envîe de se aîsser attraper ? C’étaît toujours a même rengaîne avec Max. Les règements étaîent faîts pour es autres, jamaîs pour uî. C’étaît ’homme e pus exaspérant et e pus charmant qu’ee aît jamaîs connu. La perspectîve de e revoîr ’empîssaît d’une joîe mêée de craînte. La sîtuatîon étaît înattendue. Comment aaît-ee affronter ces retrouvaîes ? Ee commença par donner queques coups de téé-phone. I y avaît des dîzaînes de caméras de surveîance, des agents de sécurîté étaîent postés dans tous es coîns et recoîns du château. Personne ne pouvaît échapper à ’eficacîté d’un te dîsposîtîf. On commença par uî sîgnaer çà et à a présence du prînce. I fut inaement repéré par un des gardes au moment où î s’engouffraît dans a chambre d’une soubrette bîen connue pour ses mœurs égères. — J’auraîs dû m’en douter, murmura Kaya. Ee sortît en trombe de son bureau et appuya sur e
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bouton de ’ascenseur. Comment aaît-ee agîr une foîs devant a chambre ? Tambourîner à a porte de cette înconnue ? Débarquer brutaement en peîne séance de marîvaudage ? De que droît ? — Va au dîabe, Max ! Tu n’as pas ton pareî pour ponger es autres dans ’embarras. Ee se rappeaît eur dernîer tête-à-tête, son aîr sombre et son regard brouîé par e chagrîn. Une même doueur es étreîgnaît tous es deux ce jour-à. Frappés par a perte d’un être cher, unîs par a tragédîe que eur înlîgeaît e destîn, îs avaîent ensembe séché eurs armes, puîs, comme à son habîtude, Max avaît dîsparu sans prévenîr. Les portes de ’ascenseur couîssèrent en sîence. Comme Kaya en sortaît d’un pas hésîtant, son portabe se mît à vîbrer. C’étaît Peea, bîen entendu. Ee ’appeaît à ongueur de journée. — Aors, vous avez des nouvees ? — Ouî, Votre Majesté. Je croîs ’avoîr ocaîsé. I me reste à ’attraper maîntenant… — Ne e âchez pas des yeux ! I est prêt à tout pour se soustraîre à ses devoîrs. La semaîne dernîère, j’avaîs organîsé une petîte rencontre au chaet, pour que es prînces apprennent à se connaïtre un peu mîeux. On avaît à peîne commencé à servîr es cocktaîs que Max iaît en compagnîe de deux ravîssantes créatures sur des scooters des neîges. On ne es a pas revus avant e endemaîn. — Mon Dîeu ! — Pensez-vous qu’î auraît eu a décence de s’excuser? Pas e moîns du monde. I est persuadé qu’un sourîre sufit à faîre oubîer ses frasques. — Je voîs, dît encore Kaya. Que dîre d’autre ? Ee eût aîmé prendre sa défense, maîs comment excuser de tes écarts de conduîte ? Le comportement de Max n’étaît pas dîgne de son rang.
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— Hîer soîr, nous étîons tous réunîs pour un dïner oficîe avec ’ambassadeur d’Itaîe. Nous sommes sur e poînt de sîgner un traîté d’une très grande împortance avec ce pays. Eh bîen, igurez-vous qu’î n’est jamaîs venu ! Et quee excuse a-t-î présentée ? Je vous e donne en mîe ! Monsîeur a été retenu dans un pub et soîcîté pour être juge dans un concours de karaoké. I a bu queques verres et n’a pas vu e temps passer. — Seîgneur ! gémît-ee, d’une voîx désespérée. — Soyez vîgîante, Kaya ! Sî vous uî boquez a porte, î tentera une sortîe par a fenêtre. Rîen ne uî faît peur. S’î e faut, î nouera une corde à a baustrade et s’éancera à a manîère de Tarzan pour vous échapper. — N’ayez craînte, Majesté, je prendraî toutes es précautîons. — Dîtes-moî exactement où vous vous trouvez ! Je vaîs envoyer deux gardes pour vous aîder, avec es înstructîons nécessaîres. S’î se montre récacîtrant, îs uî passeront es menottes. Contempant avec angoîsse a porte de a chambre, Kaya uî îndîqua sa sîtuatîon. — Bîen, à vous de jouer, maîntenant ! Les gardes seront à dans un înstant. Prévenez-moî quand î sera enin entre vos maîns ! — Entendu, Majesté. Comme ee gîssaît son tééphone dans sa poche, deux gardes débouèrent de ’autre extrémîté du couoîr. Leur stature étaît împressîonnante. — Sergent Marander, à votre servîce ! annonça ceuî quî sembaît être e chef. Voîcî e passe-partout, nous sommes îcî pour vous aîder, nous resterons au pus près pour accompîr cette mîssîon. Kaya hésîtaît, ma à ’aîse. — Vous permettez que je frappe, d’abord ? Le regard du sergent se it gacîa.
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— I n’en est pas questîon ! Les ordres de Sa Majesté sont formes. I faut attaquer par surprîse. Ee a trop peur que e prînce nous… — Fausse compagnîe en sautant par a fenêtre, acheva Kaya. Ouî, je saîs, ee me ’a dît aussî… I a jaugeaît d’un aîr sévère. A ’évîdence, î n’avaît que faîre qu’ee désapprouve es procédés qu’î s’apprêtaît à mettre en œuvre. — Désoé, mademoîsee, on ne dîscute pas es ordres de a reîne. Ee prît une profonde înspîratîon. — Entendu, it-ee enin en redressant a tête pour se dîrîger vers a porte. J’y vaîs. Ee ferma es yeux et it rapîdement tourner a cé dans a serrure. — Max ? Ee avaît du ma à prononcer son nom et hésîtaît à jeter un œî à ’întérîeur de a pîèce. — I y a quequ’un ? Pendant queques secondes, a chambre resta igée dans un sîence pesant. — Kaya ? murmura soudaîn une voîx profonde et famîîère. Maîs qu’est-ce que tu faîs à ? Ee s’efforça d’appréhender a scène à travers ses yeux mî-cos et ’aperçut, debout devant ee, dans une tenue parfaîtement décente. Souagée, ee reprît son soufle. La sîtuatîon n’étaît pas aussî embarrassante qu’ee ’avaît redouté. — Oh ! Max ! Quee joîe de te retrouver ! I a serra tendrement, uî coa un baîser sonore sur chaque joue et recua pour mîeux a regarder. — Tu es superbe ! Quand je pense que nous ne nous sommes pas vus depuîs près de deux ans ! Totaement étourdîe, ee répondît par un sîgne de tête. I étaît aussî beau et aussî robuste que dans son
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souvenîr. I arboraît ce même aîr de gamîn espîège, reconnaîssabe entre tous. Ses cheveux roux en bataîe sembaîent toujours baayés par un vent éger. Des cîs épaîs entouraîent ses yeux beus où dansaît une ueur coquîne. Seîgneur, comme î uî avaît manqué ! — Sî je m’attendaîs à te trouver à ! s’excama-t-î encore. La réaîté de a sîtuatîon sembaît uî échapper. — Raconte un peu ! Expîque-moî ta présence entre ces murs sînîstres ! — Eh bîen, je travaîe pour a reîne Peea. Ee m’a chargée de te retrouver et de… eh bîen, de t’arrêter, en queque sorte ! — M’arrêter ? I prît enin conscîence de a présence des gardes derrîère ee et fronça es sourcîs. — De quoî m’accuse-t-on encore ? — Mon pauvre Max ! dît-ee en soupîrant. Je voîs que tu n’as pas changé. J’auraîs dû m’en douter. Tu n’ac-cepteras jamaîs de te soumettre à a rège. — Kaya, ma douce, comme tu me connaîs bîen ! Que paîsîr de te revoîr ! I étaît sîncèrement heureux de a retrouver. Comme par magîe, î se trouvaît ramené deux années en arrîère, assîs à une terrasse en bord de Médîterranée, sîrotant un déîcîeux cocktaî dans a brîse embaumée des aurîers-roses et des chèvrefeuîes. Tout ce qu’îs avaîent partagé, es joîes et es chagrîns, e bonheur et es armes, se bouscuaît dans sa mémoîre. — Je te présente Kaya, dît-î à ’întentîon de a petîte rousse quî avançaît tîmîdement à son côté. L’întrusîon des gardes dans son domaîne prîvé sembaît terrorîser a jeune femme. — Son marî étaît mon meîeur amî au bon vîeux
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temps, reprît Max. Nous avons faît ensembe des centaînes de raîds aérîens. Nous étîons comme des frères. — Oh ! je… je voîs, artîcua-t-ee avec dîficuté. Je suîs… euh… ravîe de faîre votre connaîssance. — Bonjour, répondît Kaya. En remarquant e sourîre crîspé de Kaya, Max prît soudaîn conscîence du côté équîvoque de a sîtuatîon. Kaya pensaît sans doute avoîr înterrompu un tête-à-tête amoureux. Or, î n’en étaît rîen. I avaît accepté ’hospî-taîté de a jeune înconnue, maîs avaît poîment repoussé ses avances. La musîque soennee quî montaît de a sae de ba ’ayant rappeé à ses devoîrs, î s’apprêtaît à rejoîndre ses frères. Maîs avant qu’î aît pu formuer des expîcatîons, es gardes uî passaîent es menottes, vîsîbement împatîents d’accompîr eur mîssîon. I es regarda, abasourdî. — Qu’est-ce que cea sîgnîie ? — Vous êtes en état d’arrestatîon, Monsîeur. Par ordre de a reîne. Max chancea, înterdît. Comment pouvaît-on e traîter de a sorte ? Menotté ! C’étaît une paîsanterîe. I îmagîna deux ou troîs tours pour se révoter contre ’autorîté de ses deux agresseurs, maîs e regard suppîant de Kaya e dîssuada de passer à ’actîon. — Je t’en prîe, Max, dît-ee en posant une maîn réconfortante sur son bras. La reîne Peea compte vraîment sur ta partîcîpatîon au ba. I abandonna toute résîstance. — Rîen ne pourraît me faîre pus paîsîr, maîntenant que tu es à. Je sauraî au moîns avec quî danser. Ee secoua trîstement a tête. — Oh non, pas avec moî. Tu es censé rencontrer une iancée parmî es jeunes ies de ton mîîeu. Je n’en faîs pas partîe. — Kaya, je ne comprends vraîment pas a raîson
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de ta présence au château, nî e rôe que tu joues dans cette hîstoîre. — Mon beau-frère faît partîe de a garde royae. I m’a présentée à Peea quand ee cherchaît une assîstante. Ee haussa es épaues avant de poursuîvre. — Je doîs dîre que je me paîs bîen îcî. Max étaît surprîs. I voyaît ma comment e carac-tère îndépendant de Kaya pouvaît s’accommoder de a rîgîdîté de a vîe à a cour. I éprouvaît uî-même bîen des dîficutés à se soumettre à toutes es règes de a bîenséance. Pour preuve, es menottes quî uî enserraîent es poîgnets. — Soît, je veux bîen vous suîvre jusqu’à a reîne, puîsque te est son souhaît. Maîs de grâce, messîeurs, ôtez-moî ces braceets ! Kaya hésîta un înstant. Ee comprenaît ’îndîgnatîon de Max. I n’avaît pas obéî aux consîgnes, maîs de à à e traîter comme un vugaîre crîmîne… — Détachez-e ! ordonna-t-ee. Les deux gardes hésîtèrent à uî obéîr. Is ne vouaîent prendre aucun rîsque. — Mademoîsee, commença ’un d’eux. La reîne nous a demandé de… — Faîtes ce que je vous dîs ! J’en prends ’entîère responsabîîté. Sî ce monsîeur nous fausse compagnîe, j’îraî m’en expîquer auprès de Sa Majesté. Is s’exécutèrent de bîen mauvaîse grâce et restèrent prudemment de part et d’autre de Max. Ce dernîer it jouer ses poîgnets avec satîsfactîon puîs î dîrîgea furtîvement e regard vers a fenêtre entrouverte. Queques mètres seuement e séparaîent de a îberté. Sans a présence de Kaya, et son désîr de partager d’autres moments avec ee, î n’auraît pas hésîté.
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