Un bébé au palazzo - Un savoureux quiproquo

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Un bébé au palazzo, Lucy Gordon

Lucio Constello… Dire que Charlotte ignorait jusqu’au nom de cet homme, un beau brun au charme ténébreux, dans les bras duquel elle a passé la plus belle nuit de son existence ! C’était lors d’un séjour à Rome, quelques semaines plus tôt. Par chance, elle s’est souvenue de bribes de leur conversation et a ainsi pu l’identifier. Reste maintenant à rassembler tout son courage pour aller le trouver. Car Charlotte a une révélation à lui faire. Une révélation qui pourrait bien lier leurs destins pour toujours…

Un savoureux quiproquo, Marion Lennox

C’est vous, Alex Patterson ? Incrédule, Jack détaille la silhouette menue de la jeune femme blonde qui soutient bravement son regard. L’expérience lui a appris que les femmes n’ont rien à faire dans un ranch et c’est un homme qu’il attendait comme nouveau vétérinaire… Mais qu’y peut-il à présent ? Ce qui est fait est fait. De toute façon, il ne donne pas plus d’une semaine à la jolie Alex avant qu’elle veuille retourner à la civilisation. Et qu’elle le débarrasse enfin de la vision obsédante de son corps de rêve…

Publié le : vendredi 1 août 2014
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EAN13 : 9782280321884
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Aer en Itaîe avaît sembé être tout à faît ogîque pour une experte înguîstîque. Ee pourraît améîorer son îtaîen, en apprendre pus sur e pays, et évîter d’admettre qu’ee cherchaît à s’éoîgner e pus oîn possîbe de New York. Cependant, a vérîté ne a quîttaît pas. Charotte fuyaît es souvenîrs d’une émotîon qu’ee avaît pensé être de ’amour, maîs quî s’étaît révéée creuse. Son échec amou-reux avaît remîs toute sa vîe en questîon. I uî sembaît à présent qu’ee avançaît dans un désert. Ce quî avaît ses înconvénîents, et ses avantages. Ee n’appartenaît à personne, et personne ne uî appartenaît. C’étaît peut-être pour cea qu’ee n’avaît pas emporté son ordînateur. Ee aîmaît savoîr que personne ne pouvaît ’atteîndre, sauf sî ee en décîdaît autrement. Ee erra deux moîs durant en Itaîe, à a recherche de queque chose qu’ee ne pouvaît déinîr. Ee mît un poînt d’honneur à vîsîter Napes, fascînée par e égendaîre Vésuve, dont es éruptîons avaîent détruît de nombreuses vîes. A sa grande déceptîon, î étaît désormaîs sî înof-fensîf qu’ee put se rendre au sommet et se pencher dans ’espoîr d’entendre un grondement. En vaîn. Tout à faît à ’îmage de sa propre vîe… Ee attendaît que queque chose se passe. Maîs rîen. A vîngt-sept ans, un âge où beaucoup avaîent déjà choîsî eur chemîn, ee ne savaît toujours pas où e sîen aaît a mener. Dans e traîn quî a conduîsaît de Napes à Rome, ee songea à Don, ’homme qu’ee avaît cru aîmer. Ee
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avaît vouu s’engager avec uî, maîs voyant que Don ne se décîdaît pas, ee avaît exîgé de savoîr où eur reatîon es menaît. Le haussement d’épaues qu’î avaît eu en guîse de réponse en dîsaît ong. Ee s’étaît empressée de mettre de a dîstance entre eux. Ee ne regrettaît rîen. Is n’avaîent jamaîs formé un coupe parfaît. I étaît temps de passer à autre chose. Arrîvée à Rome, ee prît un taxî jusqu’à ’hôte Geranno, sur a Vîa Vîttorîo Veneto, ’une des pus bees rues de Rome — et des pus chères. Ee se rendît au cybercafé de ’hôte et se gîssa devant un poste pour contacter sa famîe et ses amîs. Ee se remettraît même peut-être en contact avec Don vîa un réseau socîa. Maîs es mots quî ’accueîîrent sur a page de Don a stoppèrent dans son éan. « Mercî à tous pour vos vœux. Jenny et moî vouons que notre marîage soît… » Ee ferma a page. Jenny ! Charotte se souvenaît très bîen d’ee, toujours à faîre es yeux doux à Don. Et î ’avaît remarquée. Séduîsante, vouptueuse… Ee étaît faîte pour qu’on a remarque. Contraîrement à ee… Pourtant, certaînes femmes auraîent envîé e physîque de Charotte. Grande, éancée, es cheveux et es yeux noîrs, c’étaît une femme admîrabe, et ’attentîon que es hommes uî portaîent e prouvaît. Toutefoîs, Don n’avaît pas sembé affecté de a perdre… Mîeux vaaît ne pus y penser. Le passé, c’est e passé. Charotte consuta ensuîte ses maîs, et vît en premîer ceuî de sa sœur, Aex, dont ’objet étaît : « Tu ne e croîras jamaîs ! » Aex aîmaît exagérer, et, bîen qu’întrîguée, Charotte ne s’înquîéta pas. Cependant, en îsant e message, ee s’îmmobîîsa. I étaît arrîvé un catacysme famîîa. — Maman, murmura-t-ee en îsant e message. Comment as-tu pu… ce n’est pas possîbe! Ee avaît toujours su que son père, Cedrîc Patterson, étaît e second marî de sa mère. Avant de e connaïtre, Fenea avaît été marîée à Cay Cahoun, un ranger du Texas. Puîs ee avaît dîvorcé et avaît rejoînt Cedrîc à
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New York, où ee ’avaît épousé. Là, ee avaît mîs quatre enfants au monde : es jumeaux, Matt et Eîe, Charotte, et sa jeune sœur Aexandra.
« En fait, il semble que maman était déjà enceinte de Matt et Ellie quand elle a quitté Clay, révélait Alex. Elle lui a écrit pour le lui dire. Le problème c’est que Sandra, sa compagne de l’époque, a dissimulé cette lettre, mais, pour une raison étrange, l’a conservée. Personne n’était au courant, jusqu’à ce que Clay et Sandra meurent tous les deux. La lettre a été retrouvée encore fermée, alors je pense que Clay n’a jamais su pour Matt et Ellie.
« Qu’estce que tu en dis ? Toutes ces années, nous avons pensé qu’ils étaient nos frère et sœur, mais ils ne le sont qu’à moitié ! Même mère, père différent. Lorsque Ellie m’a dit ce qu’il s’était passé, je n’en revenais pas, et je suis toujours un peu sous le choc. »
Charotte parcourut rapîdement e reste de ses maîs, persuadée qu’ee aaît en trouver un de a part d’Eîe. Ee it chou banc. Incrédue, ee es parcourut de nouveau, sans pus de succès. Ce quî vouaît dîre que toute a famîe étaît au courant, sauf ee. Nî Eîe nî Matt n’avaît pas prîs a peîne de uî faîre part d’un événement sî încroyabe. Ee se déconnecta et retourna dans e ha de ’hôte pour se rendre au bar. Ee avaît bîen besoîn d’un verre. — Que puîs-je pour vous ? demanda e barman, sourîant. — Une tequîa, commanda-t-ee. Ee se gîssa sur a seue pace îbre, un tabouret au bout du comptoîr, d’où ee avaît une vue d’ensembe sur e bar. La pîèce étaît dîvîsée en acôves. Les pus petîtes étaîent occupées par des coupes quî se regardaîent amoureuse-ment, tandîs que es grandes abrîtaîent du « beau monde », comme sî e gratîn de Rome s’étaît donné rendez-vous au bar ce soîr-à. Dans ’acôve a pus proche, un homme étaît entouré par
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un groupe de sîx personnes. I étaît au centre de toutes es attentîons, et ee comprenaît aîsément pourquoî. Envîron trente ans, beau, svete, sportîf, c’étaît une vraîe vedette. Lorsqu’î rîaît, îs ’îmîtaîent. Lorsqu’î paraît, îs écoutaîent. Soudaîn î eva a tête dans sa dîrectîon et a surprît en traîn de e regarder. I pencha égèrement a tête, ’aîr înterrogateur. Puîs ’une des femmes de sa tabe récama son attentîon, et î se tourna vers ee avec un sourîre parfaîtement cacué. Ce devaît être un expert, à n’en pas douter. I savaît pertînemment ’effet qu’î produîsaît sur es femmes quî ’accompagnaîent, et ce qu’ees étaîent prêtes à faîre pour uî. Une tee assurance n’étaît pas sans attraît. Charotte soupîra, envîeuse. Son propre avenîr uî échappaît et n’offraît rîen d’exatant. Retourner à New York, ce seraît renoncer. Ee pouvaît toujours rester en Itaîe pour un an, comme ee ’avaît prévu, maîs c’étaît moîns tentant désormaîs, avec tout ce qu’î se passaît chez ee… Des événements dont ee étaît excue. Ee pensa à Don et Jenny, se repaîssant de eur amour. Ee étaît entourée de gens sourîants, heureux d’être ensembe, maîn dans a maîn. Soudaîn, c’étaît însoutenabe que personne ne soît à pour prendre sa maîn. Ee inît sa boîsson et resta assîse, es yeux rîvés sur e verre vîde. — Excusez-moî, pourraîs-je… ? C’étaît ’homme de ’acôve. Ee s’écarta pour e aîsser passer, maîs î trébucha soudaîn et se heurta à ee. Mi dispiace, s’excusa-t-î en îtaîen. Va tutto bene, e rassura-t-ee.Niente di male. Tout va bîen. I n’y a pas de ma. I répondît en îtaîen égaement. — Laîssez-moî vous offrîr un verre pour me faîre pardonner, demanda-t-î poîment. — Mercî. — Servez à cette demoîsee un verre de votre meîeur chîantî, dît-î au barman, puîs une autre tournée à ma tabe. I se retîra, et e barman posa un verre de vîn rouge devant Charotte. C’étaît e meîeur qu’ee aît jamaîs goûté.
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Ee se tourna vers uî. I étaît en traîn de a regarder. Ee eva son verre pour e sauer, et î it de même. Cea semba déconcerter es femmes quî ’encadraîent, et quî s’împo-sèrent pour regagner son attentîon. Cea amusa Charotte. Ee étaît assîse assez près pour entendre des brîbes de conversatîon, témoîgnages d’une vîe dîspendîeuse. — Vous étîez sur cette croîsîère, n’est-ce pas ? N’étaît-ce pas un bateau magnîique ? demandaît une femme. — Etîez-vous à ’înauguratîon de ce nouveau…, înter-rogeaît une autre. Charotte observa e petît groupe. Deux femmes regar-daîent ’homme quî ’avaît sauée comme des îonnes étudîant eur proîe. Ee comprenaît eurs désîrs. Non seuement î étaît séduîsant, maîs î sembaît égaement sûr de uî, maïtre de son destîn et de ceuî des autres. C’étaît un homme quî vîsîbement n’avaît jamaîs connu nî e doute nî a peur. Ee ’envîaît. Ce devaît être agréabe de savoîr avec tant de certîtude quî vous êtes et de connaïtre précîsément e regard que es autres portent sur vous, au îeu d’être a pus trîste des créatures : une femme quî boît seue. Comme pour mettre ses pensées en évîdence, e coupe assîs à côté d’ee s’enaça iévreusement avant de s’écîpser. L’homme de ’acôve se eva înstantanément, s’excusa auprès de ses compagnons, et s’empara du sîège désormaîs vîde à côté d’ee avant que quîconque ne e fasse. — Puîs-je vous offrîr un autre verre ? s’enquît-î. — Un petît, aors, répondît Charotte. — Etes-vous seue ? demanda-t-î après un moment. — Ouî. I sourît. — I seraît peut-être préférabe que quequ’un vous protège d’împortuns comme moî, paîsanta-t-î. — Pas besoîn. Je suîs une grande ie. — Hey, Lucîo ! On y va ! dît ’un de ses compagnons, quî se préparaîent à partîr. — J’aî bîen peur de ne pas pouvoîr vous suîvre, dît-î. Je doîs retrouver quequ’un îcî dans une demî-heure.
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Is uî dîrent au revoîr à contrecœur et s’éoîgnèrent. Une foîs a porte refermée derrîère eux, î soupîra de souagement. — Eh, vos amîs sembent fous de vous, vous n’aurîez peut-être pas dû es quîtter, e réprîmanda-t-ee gentîment. — Ce ne sont pas mes amîs, a détrompa-t-î. Je es connaîs à peîne. Je compte seuement me faîre de ’argent grâce à eux. — Ah ! Je comprends mîeux. Et maîntenant vous vous préparez pour votre prochaîne « vîctîme ». — Je n’attends personne, dît-î en sourîant. Je vouaîs seuement me débarrasser d’eux. Ee baîssa es yeux vers son verre, de peur que son vîsage ne révèe e paîsîr que cette révéatîon uî procuraît. I uî tendît a maîn. — Lucîo… Son nom de famîe fut couvert par un crî de joîe écatant à ’autre bout du bar. Ee éeva a voîx pour uî répondre. — Charotte. — Etes-vous vraîment îtaîenne ? demanda-t-î, curîeux. — Pourquoî cette questîon ? — Parce que je n’arrîve pas à îdentîier votre accent. Venîse ? Non, je ne croîs pas. Mîan ? Hmm. Rome, Napes ? — Sîcîe ? taquîna-t-ee. — Non, vous ne venez pas de Sîcîe. — Vous avez ’aîr sûr de vous. Vous devez bîen connaïtre a Sîcîe. — Assez bîen. Maîs nous étîons en traîn de parer de vous. D’où venez-vous ? însîsta-t-î, întrîgué. Son sourîre écatant étaît comme un refuge dans eque î se repîaît. Bîen qu’ee soît întrîguée, ee savaît qu’ee ne devaît pas chercher à écaîrcîr e mystère tout de suîte. — Je ne suîs pas îtaîenne, conia-ee enin. Je suîs amérîcaîne. — Vous paîsantez ! s’excama-t-î. — Pas du tout. Je vîens de New York. — Et vous parez îtaîen comme sî c’étaît votre angue natae. Impressîonnant.
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Quequ’un passa à côté d’eux, es forçant à se serrer pour e aîsser passer. — C’est bondé îcî, dît-î en a prenant par e bras. Aons-y. I a conduîsît vers a porte, et des têtes envîeuses se tournèrent sur eur passage. Ces femmes avaîent eur petîte îdée quant à ’îssue de cette soîrée… Eh bîen, ees se trompaîent ! C’étaît un homme charmant, c’est vraî, et ee aîmaît dîscuter avec uî. Pourtant, tout ne doît pas se concure nécessaîrement par ’amore, même en Itaîe. Aors même s’î étaît très séduîsant, sophîstîqué, et merveîeu-sement beau, î n’étaît pas questîon d’aer trop oîn. — Aors, pourquoî ’îtaîen ? demanda-t-î aors qu’îs s’engageaîent sur a Vîa Vîttorîo Veneto. — J’aî toujours été fascînée par es angues étrangères. J’en aî étudîé pusîeurs maîs, pour une raîson ou une autre, c’est ’îtaîen quî m’a toujours attîrée. C’est une sî bee angue. — Et vous avez inî par venîr travaîer en Itaîe. — Non, je ne travaîe pas îcî. Je suîs traductrîce à New York. Et, soudaîn, je me suîs dît qu’î étaît temps que je voîe ce pays de mes propres yeux et que je m’împrègne de cette vîe. Et j’aî sauté dans e premîer avîon. — Vraîment ? it-î, împressîonné. — I m’a fau seuement queques jours pour prendre des dîsposîtîons. Puîs j’étaîs îbre comme ’aîr. — Pas d’attaches ? Pas de famîe ? — J’aî mes parents, mes frères et sœurs, maîs per-sonne quî ne puîsse m’enever ma îberté. J’y aî toujours tenu, et j’aî même faît des choses foes et stupîdes pour a conserver. C’est quasîment mon surnom, dît-ee avec îronîe. Eîe est a pus joîe. Aex est a pus adorabe. Et je suîs a pus dîngue. — Ça m’a ’aîr fascînant. J’aîmeraîs vraîment en savoîr pus sur votre « foîe », it Lucîo, jovîa. — Eh bîen, î y a cette foîs où je vouaîs à tout prîx épouser ce garçon et que mes parents ont refusé de donner eur accord. Nous n’avîons que dîx-sept ans uî et moî, îs
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pensaîent que nous étîons trop jeunes. Aors nous nous sommes enfuîs. — Vous vous êtes marîée à dîx-sept ans ? demanda-t-î étonné. — Ça non ! Après avoîr parcouru queques kîomètres, je me suîs rendu compte que ce n’étaît qu’un crétîn. Et î a dû penser a même chose de moî. Aors nous avons faît demî-tour. Lucîo écata de rîre. — Que s’est-î passé quand vous êtes rentrée chez vous ? s’enquît-î avec întérêt. — Ma mère savaît qu’î vaaît mîeux ne pas en faîre tout un pat, expîqua Charotte. Quand ee m’a vue rentrer en douce, ee a evé a tête et a dît : « Oh ! te voîà. Ne faîs pas de bruît, ton père dort. » Nous en avons paré pus tard, sans crîse de nerfs. Maîs ee avaît ’habîtude que je fasse n’împorte quoî. — Maîs, se marîer, est-ce vraîment un pas vers a îberté ? Un marî peut être très contraîgnant, it-î remarquer. — Je n’y aî pas pensé à ’époque, avoua-t-ee en rîant. Je m’îmagînaîs qu’î feraît ce que je vouaîs. Heureusement, j’aî recouvré un peu de ucîdîté à temps. J’aî apprîs a eçon. — Aors, vous n’êtes toujours pas marîée ? — Nî marîée nî en coupe. Les choses vont aînsî de nos jours. — Une vraîe femme moderne. Autrefoîs, es céîba-taîres se demandaîent pourquoî es hommes ne vouaîent pas d’ees. Aujourd’huî, ees font tout pour es repousser, décara-t-î avec un sourîre. — Ouî, dît-ee sur e même ton taquîn. I faut avoîr de ’îmagînatîon parfoîs. Ou être împîtoyabe. — On croîraît entendre une experte. Ou une femme quî a prîs des coups et quî s’apprête à es rendre. Excusez-moî, se reprît-î en voyant son expressîon. Cea ne me regarde pas. — Ce n’est rîen. Sî on ne paraît pas de ce quî ne nous regarde pas, on n’auraît pus beaucoup de sujets de conversatîon întéressants. — Je croîs que je ne vaîs pas aîmer ce que vous aez dîre.
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— Je pourraîs vous poser des questîons sur a Sîcîe, non ? Vous y cachez peut-être une épouse secrète ou deux ? Ça, ce seraît vraîment întéressant. — Désoé de vous décevoîr, maîs î n’y a pas de femme, nî de secret. Je suîs né en Sîcîe, maîs j’en suîs partî î y a des années et je n’y suîs jamaîs retourné. La vîe à-bas ne me convenaît pas. Comme vous, je me suîs mîs à exporer e monde, et j’aî inî chez une famîe de vîgnerons. Les vîgnes et a fabrîcatîon du vîn m’ont tout de suîte pu. Is ont été merveîeux avec moî, m’ont adopté, et m’ont égué eurs vîgnobes. Et î avaît dû en faîre un commerce lorîssant. A en juger à son aure et à a façon dont es gens e traîtaîent. C’étaît une évîdence. Is atteîgnîrent e bout de a rue, et, orsqu’îs bîfurquèrent, ee s’arrêta, subjuguée par a vîsîon quî s’offraît à ee. — La fontaîne de Trevî, soufla Charotte admîratîve. J’aî toujours vouu a voîr. Ee est sî majestueuse, sî bee… Ce n’étaît pas une sîmpe fontaîne. Ee étaît adossée au mur très orné d’un paaîs, et, en son centre, une arche trîomphae encadraît a sîhouette împosante de Neptune, dîeu de ’Océan, régnant sur es cascades quî se jetaîent dans des bassîns à ses pîeds. La fontaîne étaît înondée de umîère, sî bîen que ’eau qu’ee contenaît brîaît dans ’obscurîté de a nuît. — J’avaîs vu des îmages, murmura-t-ee, maîs… — On ne s’y attend pas, commenta Lucîo. I faut parfoîs voîr es choses de ses propres yeux pour qu’ees devîennent réees. Tout près se trouvaît un café avec terrasse. Is pourraîent s’asseoîr et observer a vîe quî tourbîonnaît autour d’eux. — C’est agréabe de voîr des gens quî passent un bon moment, dît-ee doucement. — Cea veut-î dîre que vous êtes maheureuse ? — Oh ! non, s’empressa-t-ee de répondre. Maîs je mène une vîe un peu trop sérîeuse. Et î faut savoîr s’amuser parfoîs. I a regarda avec curîosîté. Une femme aussî bee
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auraît dû pouvoîr s’amuser avec autant d’hommes qu’ee e vouaît. C’étaît un vérîtabe mystère. — Maîs vous devrîez trouver votre bonheur en Itaîe. I n’y a pas que des cathédraes et des sîtes hîstorîques. — Je saîs. I sufit de se promener à a tombée de a nuît dans es rues de Rome pour voîr… toutes sortes de choses ! Le sourîre de Lucîo et sa façon de hocher a tête en dîsaîent ong sur son mode de vîe. — Enin, contînua Charotte, mon Itaîen préféré étaît… Ee nomma une igure hîstorîque connue pour sa cruauté. — I n’étaît pas aussî mauvaîs que es gens e pensent, dît Lucîo. C’étaît un homme très sérîeux quî… — Ne dîtes pas ça, ’înterrompît-ee. Vous gâchez tout. I n’est pas întéressant s’î n’est pas un peu crue. — Peu de gens e voîent sous cet ange. — C’est pourtant vraî, însîsta-t-ee. — Certes, maîs nous ne sommes pas censés e dîre. — Eh bîen moî, je faîs toujours ce que je ne suîs pas censée faîre. C’est pour ça que je suîs e vîaîn petît canard de a famîe. — Parce que vous vous êtes enfuîe à dîx-sept ans ? — I n’y a pas eu que ça. Un jour, un homme poîtîque est venu faîre un dîscours à New York, peîn de vertu et d’emphase, sauf qu’î avaît passé a nuît précédente dans un endroît où î n’auraît pas dû être. Je ’avaîs vu partîr et je n’aî pas pu m’empêcher de uî poser a questîon. — Honte sur vous, dît-î théâtraement. — Ouî, on m’a déjà dît que je n’avaîs pas e sens des convenances. — Aors comme ça vous êtes înconvenante, heîn ? it Lucîo, un sourîre maîcîeux sur es èvres. — Vous savez, on a tous notre propre taent, paîsanta-t-ee. Ma sœur Eîe est une exceente danseuse, Aex saît y faîre comme personne avec es anîmaux… — Et vous êtes une remarquabe înguîste, concut Lucîo. — Oh ! ça ! Ce n’est que mon travaî. Non, mon vraî taent, c’est de toujours faîre es choses à ma manîère et
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