Un bonheur à construire (Harlequin Horizon)

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Un bonheur à construire, Patricia Thayer

Le jour où elle découvre avec horreur que son mariage, qui doit être célébré le lendemain, n'est rien de plus qu'un arrangement financier entre son père et son futur mari, Tori Foster est désespérée. La rage au cœur, elle s'enfuit donc de San Francisco et roule droit devant elle, jusqu'à ce qu'une panne de voiture l'oblige à s'arrêter dans un petit village d'Arizona, où elle est secourue par Nathan Hunter, le séduisant chef de la police locale. Mais décidée à ne plus jamais tomber amoureuse, Tori lutte de toutes ses forces pour résister au charme de Nathan...

Publié le : dimanche 15 avril 2007
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280258920
Nombre de pages : 224
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Prologue
— Une fusion d’entreprises contre un mariage ? Vous avez eu là une fameuse idée, J.C.
Pleine d’assurance, comme à l’habitude, la voix de Jed Foster était même teintée d’une certaine morgue.
Le souffle coupé, Tori laissa retomber la main qu’elle allait poser sur la poignée de la porte.
— Je vous avais bien dit de ne pas vous inquiéter, assura J.C. à son futur gendre. Le mariage aura lieu dans moins de vingt-quatre heures et d’ici la fin du mois votre entreprise fera partie de Sherco. Une fois mariée, Tori pourra disposer des actions que lui a léguées son grand-père. A nous deux, vous et moi, nous aurons la majorité des voix. A condition, bien sûr, que vous obteniez de Tori qu’elle vote dans le bon sens…
— Ce ne devrait pas être trop difficile. Il y a des mois que je travaille dans ce sens.
En entendant la satisfaction dont débordait la voix de son fiancé, Tori se sentit au bord du malaise. Ce qui se jouait derrière cette porte était à mettre en liaison avec le testament de son grand-père, et la lecture en était claire : elle devait atteindre l’âge de trente-cinq ans ou avoir convolé en justes noces pour obtenir le contrôle de ses parts.
La jeune femme recula d’un pas, puis, tournant les talons, s’éloigna dans le corridor pour se retrouver, sans savoir comment, dans les toilettes de l’hôtel. Là, appuyée contre un lavabo, elle s’efforça de retrouver sa respiration.
Ainsi son mariage avec Jed n’était que le fruit d’un marché entre son père et le jeune homme ! Tout ce que Jed voulait, c’était le contrôle de ses parts et la protection de la toute-puissante Sherco. Quant à J.C., il ne voyait dans l’opération que l’avantage d’accroître son empire industriel.
Ouvrant le robinet, Tori s’aspergea le visage d’eau froide. Quelle humiliation ! Son père l’avait littéralement vendue. S’imaginait-il qu’elle était incapable de se trouver un mari ? Mais quoi d’étonnant à cela, finalement ? J.C. Sheridan avait toujours aimé avoir la mainmise sur tout, depuis son conseil d’administration jusqu’à la façon de vivre de son unique enfant.
Avec les larmes, Tori sentit monter en elle le flot de la colère. Le grand, le terrible J.C. apprendrait bientôt qu’il y avait des limites à sa toute-puissance !
Pas question pour Victoria Sheridan de se laisser manipuler, ni par son père ni par qui que ce soit ! Saisissant son sac, qu’elle avait posé sur une tablette, elle sortit des toilettes et traversa le hall d’un pas décidé en direction de la porte à tambour, laissant derrière elle les invités conviés au dîner de la veille du mariage et son futur mari.
Après avoir récupéré les clés de son véhicule des mains du voiturier, la jeune femme démarra en trombe et sortit du parking. Elle ne savait pas où elle allait, elle savait seulement qu’il fallait qu’elle parte. Plus jamais elle ne serait la sage, l’obéissante Tori, si complaisante devant l’expression de l’autorité paternelle.
Munie du léger bagage qu’elle avait préparé pour une courte lune de miel, Tori s’arrêta à la banque et retira au guichet automatique le montant maximum autorisé avec la seule carte de crédit qu’elle avait sur elle : la carte de la compagnie. Quand son téléphone cellulaire commença à sonner, elle l’éteignit et se dirigea vers la bretelle d’autoroute la plus proche. Nord ? Sud ? Quelle importance ?
Finalement, la jeune femme opta pour le sud et, quittant les faubourgs de San Francisco, mit le cap sur l’inconnu.
Et sur une nouvelle vie.
1.
Tôt par cette belle matinée de printemps, le shérif Nathan Hunter patrouillait sur la portion d’autoroute qui dépendait de son secteur quand, soudain, il la vit.
Une splendeur !
Le cœur du jeune homme s’arrêta de battre puis s’emballa comme un cheval fou. Elle était là, au beau milieu du désert de l’Arizona, le soleil soulignant des courbes que seul un amoureux de la beauté pure avait pu concevoir.
Cette carrosserie rutilante, longue, basse, presque féline… Oui, c’était bien une Corvette rouge, modèle Classic, 1966. Et décapotable, naturellement.
Nat appuya doucement sur le frein, et, après un impeccable demi-tour en U, vint s’arrêter derrière la Corvette. Il mit pied à terre et se dirigea vers le véhicule. A part un léger voile de poussière, la légendaire voiture était en parfait état. Qui pouvait avoir abandonné une petite merveille comme celle-ci au milieu de nulle part ? Nat se pencha sur le capot. Plaques d’immatriculation de l’Etat de Californie. Il en recopia les numéros. Et, continuant son inspection, il comprit rapidement le problème. Un filet d’huile visqueuse, dont la source provenait sans conteste du moteur de la voiture, s’étirait sur la route. Le jeune homme émit un grognement en songeant au coût de la réparation.
S’approchant du siège du conducteur, il se pencha et scruta la pénombre intérieure. Il aperçut une femme dont le corps mince semblait fragile contre le siège de cuir blanc. Elle avait la tête légèrement renversée, les yeux clos et ses longs cheveux blonds s’enroulaient autour de l’appuie-tête.
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