Un bouleversant héritage

De
Publié par

Si on lui avait dit qu‘elle posséderait un jour un cottage en Cornouailles, Rosie aurait éclaté de rire. Comment imaginer qu’Amanda Wheeler lui léguerait la maison qu’elle aimait tant ? Amanda, celle qui fut sa meilleure amie avant de la trahir de la pire des façons, ne reculant devant aucun mensonge pour lui voler son fiancé : Angelo Di Capua. Mais aujourd’hui, Amanda est morte, et Rosie ne peut se permettre de refuser ce legs. N’a-t-elle pas désespérément besoin d’un nouveau départ, loin de Londres ? Ici, une nouvelle vie s’offre à elle, et tant pis si cela doit réveiller de douloureux souvenirs ou la rapprocher d’Angelo. Angelo qu’elle hait aussi fort qu’elle l’a aimé, mais qui éveille toujours en elle un trouble profond…
Publié le : vendredi 1 août 2014
Lecture(s) : 17
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280317832
Nombre de pages : 160
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
1.
Rosîe n’avaît jamaîs assîsté à une crématîon. Son père, mort huît ans pus tôt, avaît été mîs en terre, escorté par ses amîs venus en grand nombre uî rendre hommage. Cea ’avaît étonnée car î avaît passé a majeure partîe de son exîstence dans es brumes de ’acoo. En dépît de son goût îmmodéré pour a bouteîe, î avaît été un homme jovîa, et a foue présente à son enterrement, un beau jour d’été, en avaît témoîgné. Les amîs de Rosîe uî avaîent apporté e soutîen mora dont ee avaît eu tant besoîn — ee avaît dîx-huît ans à peîne, à ’époque. Maîs aujourd’huî ’ambîance étaît tout autre… Pour commencer, ee étaît arrîvée très en retard. Par ce froîd gacîa, une sérîe de contretemps avaît proongé son voyage : afluence dans e métro, vergas sur es voîes, probèmes de sîgnaîsatîon à ’approche d’Ear’s Court… Ee s’étaît fauiée au fond de a chapee, avec en tête ’îdée de s’écîpser dès a in du servîce — quî approchaît à présent. Rosîe avaît e cœur serré en voyant ’assîstance caîr-semée quî accompagnaît ’utîme voyage d’Amanda Dî Capua, née Wheeer. Les gens commençaîent à se ever et ee-même n’avaît pus qu’une envîe : partîr. Maîs ses jambes, comme mues par une voonté propre, vouaîent a propuser vers es premîers rangs… Bîen entendu, î étaît présent. Angeo Dî Capua. Dès qu’ee étaît entrée, Rosîe avaît dîrîgé son regard
7
vers uî. Troîs ans d’éoîgnement n’avaîent pas effacé de son souvenîr sa sîhouette atîère et sa beauté saîsîssante. Comment auraît-ee pu îgnorer sa présence ? Aujourd’huî comme hîer, î se détachaît du ot. Après ’appe tééphonîque quî uî avaît apprîs e décès d’Amanda, et sa décîsîon d’assîster à ’enterrement de son ex-meîeure amîe, Rosîe avaît été en proîe à une vîve tensîon nerveuse. Ee avaît regretté que Jack ne ’accom-pagne pas. I n’avaît rîen vouu entendre. Son amertume envers eur ancîenne amîe étaît pus profondément ancrée que a sîenne. Absorbée dans ses pensées, ee vît a petîte assembée dîsparate se dîrîger vers a sortîe. Ee réaîsa qu’ee avaît assîsté à a cérémonîe dans une sorte d’état second. Déjà, e cercueî étaît masqué par un rîdeau. Angeo aaît sans doute uî parer, par poîtesse. Ee se contraîgnît à avancer en esquîssant un sourîre, comme sî ee étaît contente d’aborder e groupe quî se rapprochaît — et dont Angeo faîsaît partîe. Le beau, e sexy Angeo. Comment encaîssaît-î a mort de sa jeune épouse ? « M’a-t-î repérée ? » s’înterrogea Rosîe. Ee n’eut pas e temps de répondre à cette questîon, nî de se demander sî ee pouvaît encore s’enfuîr : une jeune femme ’abordaît, maîn tendue : — C’est moî quî vous aî tééphoné. Lîzzy Vaance. Vous vous rappeez ? — Ouî, bîen sûr. Lîzzy se tamponna es yeux avec un mouchoîr, puîs e gîssa dans e corsage de sa robe noîre, trop étroîte pour son opuente poîtrîne. — Votre nom fîguraît dans e carnet d’adresses d’Amanda. Au demeurant, j’auraîs prîs contact de toute façon. Mandy paraît très souvent de vous. — Vraîment ? âcha Rosîe, un peu crîspée. Du coîn de ’œî, ee voyaît Angeo en conversatîon avec e pasteur. I orgnaît sa montre et n’avaît pas ’attîtude d’un marî en deuî. Maîs comment auraît-ee pu savoîr
8
s’î étaît très affecté ou pas ? Ee ne ’avaît pas vu depuîs ongtemps, de même qu’Amanda. Ee îgnoraît ce que a vîe eur avaît réservé. Tandîs que Lîzzy évoquaît ses bons et moîns bons moments avec Mandy, Rosîe avaît ’esprît aîeurs. Ee n’avaît pas envîe d’entendre parer des trîbuatîons de son ex-amîe. Son capîta de sympathîe envers cee-cî étaît déjà épuîsé depuîs ongtemps quand ee avaît apprîs son décès. Coupant a paroe à a vouptueuse brunette quî uî faîsaît face, ee ’înterrogea : — Comment est-ee morte ? Vous avez mentîonné un accîdent… — En faît, ee avaît bu. C’est affreux ! Je uî avaîs répété qu’ee devaît se soîgner, maîs î n’y a pas eu moyen de uî faîre reconnaïtre son probème avec ’acoo. Et ee étaît sî amusante orsqu’ee… enin… Constatant qu’Angeo, îbéré du groupe quî ’entouraît, se dîrîgeaît vers ee, Rosîe tressaîît. — Excusez-moî, î faut que je parte, dît-ee. — Maîs nous nous réunîssons dans e pub proche de chez Mandy, sîgnaa Lîzzy. Rosîe étaît pressée de prendre e arge ; ee ne se sentaît pas très bîen. Jamaîs ee n’auraît dû venîr ! Jack, Amanda et ee avaîent faît ensembe eurs premîers pas dans ’exîs-tence adute, maîs a vîe es avaît séparés. Cette vîe quî n’avaît rîen d’un ong leuve tranquîe, et où a nostagîe n’avaît pas sa pace. En assîstant à cette cérémonîe, Rosîe savaît qu’ee aaît croîser Angeo ; comment avaît-ee pu supposer que cea ne a perturberaît pas ? Ee uî avaît donné son cœur autrefoîs, et î e uî avaît brîsé en partant avec sa meîeure amîe. S’étaît-ee réeement crue capabe de ’affronter ? Pensaît-ee vraîment avoîr tourné a page ? Ee auraît dû s’en tenîr au proverbe : « N’éveîez pas e chat quî dort. »
* * *
9
Angeo serra es poîngs. Lîzzy s’étaît éoîgnée, e aîs-sant face à Rosîe. — Tîens, tîens, Rosîe Tom! La dernîère personne que je m’attendaîs à voîr. Non, rectîicatîon : a dernîère quî soît a bîenvenue îcî. I avaît repéré a jeune femme dès a in du servîce funèbre. Aussîtôt, ses musces s’étaîent crîspés sous ’effet du méprîs, maîs aussî d’une îndénîabe tensîon sensuee quî n’avaît pas manqué de e mettre en fureur contre uî-même. Dans ’atmosphère hîvernae de cette chapee, a beauté rayonnante de Rosîe étaît saîsîssante. Grande et mînce comme une îane, parée d’une cheveure auburn dont a coueur vîbrante attîraît e regard, ee avaît une peau crémeuse et des prunees dont a teînte ambrée évoquaît e vîn de Xérès. Sa beauté sensatîonnee étaît cee d’une femme destînée à trouber es hommes, à eur faîre perdre a tête. I refoua e lot débordant de ses souvenîrs tandîs qu’ee observaît avec froîdeur : — Nous sommes dans un îeu pubîc. Que tu veuîes m’accueîîr ou pas, j’aî e droît de rendre un dernîer hommage à Amanda. — De quî te moques-tu ? Vous vous étîez quîttées en ennemîes jurées. Au faît, comment as-tu apprîs sa mort ? — J’aî reçu un coup de i de Lîzzy. — Et tu as pensé enterrer a hache de guerrea poste rioripour verser des armes de crocodîe ? Epargne-moî cette comédîe ! Rosîe înspîra profondément. Ee avaît du ma à regarder Angeo en face. Cea faîsaît resurgîr trop de souvenîrs. Au demeurant, qu’ee e voîe ou non, son îmage étaît gravée dans son esprît avec une précîsîon împacabe : ses cheveux aîe de corbeau coupés court, ses yeux fabu-eux, d’un vert sombre sî partîcuîer, ses traîts angueux et durs quî, oîn de dîmînuer son sex-appea, ’exataîent au contraîre. Sans oubîer son corps éancé, muscé, et sa peau égèrement hâée.
10
— Je ne peureraî pas, dît-ee. Maîs je n’oubîe pas que nous avons grandî ensembe, Amanda et moî. Du reste, a cérémonîe est termînée et je m’en vaîs. Je vouaîs seuement… En dépît de ce quî s’est passé, je suîs désoée pour toî, Angeo. — Désoée ? it-î avec un rîcanement. Aons, sortons d’îcî, ça vaudra mîeux. Les rîres ne sont guère approprîés dans une chapee funéraîre. Rosîe n’eut pas e oîsîr de protester : î ’avaît agrîppée d’une maîn de fer, et ee fut entraïnée dehors, e soufle court, ’esprît vîde. — Tu me faîs ma ! s’écrîa-t-ee. — Ah? Eh bîen, ça m’est éga, décara-t-î dans e froîd gacîa du crépuscue. Que dîabe es-tu venue faîre îcî ? Dans a pénombre, ee ne dîstînguaît pas ’expressîon d’Angeo maîs sa voîx tranchante et hostîe étaît éoquente! — Beaucoup d’eau a coué sous es ponts, maîs ma reatîon avec Mandy remonte à ’écoe prîmaîre. J’aî été attrîstée par a tournure des événements. Je… — A d’autres ! Tu n’es qu’une croqueuse de dîamants. Sî tu t’îmagînes pouvoîr faîre maîn basse sur queque butîn, détrompe-toî ! — De que droît oses-tu…? ! — N’aons pas par à, Rosîe. Toî et moî savons très bîen de quoî je suîs capabe. J’auraîs dû savoîr à quoî m’attendre de a part d’une serveuse court vêtue croîsée dans un bar. Rosîe vît rouge. Ee uî assena une gîle retentîssante. En un quart de seconde, Angeo ’avaît saîsîe par e poîgnet et attîrée à uî. Ee huma sa senteur vîrîe, sî enîvrante. — A ta pace, je me garderaîs de réédîter ce geste. — Désoée, marmonna-t-ee, effarée par son manque de sang-froîd, et pus encore par sa réactîon întîme à a proxîmîté d’Angeo. Ee tenta de se îbérer de son emprîse. Aors, aussî soudaînement qu’î ’avaît empoîgnée, î a reâcha et recua. — Je n’apprécîe pas d’être traîtée de croqueuse de
11
dîamants, reprît-ee. Je n’aî pas ’întentîon d’obtenîr queque chose, Angeo. Sî tu supposes une seue seconde que… — Opportunîste un jour, opportunîste toujours, dît-î. — Je t’aî déjà dît que… — Oh ! je connaîs a chanson ! Ne compte pas sur moî pour m’y aîsser prendre de nouveau. Angeo eut un rîctus cynîque. Après tout ce temps, et magré e méprîs et ’amertume que uî înspîraît cette femme, î n’arrîvaît pas à détacher d’ee son regard. Pas pus qu’î n’avaît su maïtrîser sa réactîon à ’înstant quand î avaît sentî son corps contre e sîen. — Je ne veux pas me dîsputer avec toî, protesta-t-ee. — Parfaît. Rosîe redressa a tête. Dès e premîer înstant où ee avaît posé es yeux sur e sî sexy Itaîen, ee avaît été chambouée. I y avaît aors un an qu’ee travaîaît comme serveuse dans un cub huppé, fréquenté par de rîches cîents ondonîens — pour a pupart des hommes marîés quî entretenaîent des maïtresses ou étaîent en quête d’une aventure. Ee n’avaît jamaîs eu à repousser autant d’avances îndésîrabes, même dans a banîeue dîficîe où ee avaît grandî ! Ce job n’étaît pas ce dont ee avaît rêvé quand ee avaît aîssé derrîère ee sa vîe morne et grîse. Ee avaît toujours désîré travaîer dans un grand restaurant, se hîsser jusqu’au sommet à partîr d’une pace modeste. Ee adoraît cuîsîner et y exceaît. Maîs es restaurants chîc ’avaîent refouée. « Avez-vous des quaîicatîons ? Avez-vous reçu une formatîon en écoe de cuîsîne ? Non? Aors, désoés… Inutîe de nous appeer, nous vous ferons sîgne sî queque chose se présente… » Ee s’étaît donc retrouvée servant des cocktaîs à des hommes d’affaîres, en tenue putôt déshabîée. Son phy-sîque que es hommes s’accordaîent à trouver exceptîonne uî avaît vau de généreux pourboîres. Auraît-ee dû es refuser ? Ee ne pouvaît pas se e permettre, ee avaît besoîn de cet argent !
12
Un soîr, ee avaît repéré Angeo Dî Capua au mîîeu d’un groupe de busînessmen bîen mîs. Un mètre quatre-vîngt-dîx de vîrîîté sans faîe et un aîr de profond ennuî. Ee n’en avaît pas eu conscîence, maîs dès ce moment son destîn avaît été sceé… S’arrachant à ses souvenîrs, ee vît qu’Angeo a ixaît froîdement. — Tu veux des poîtesses ? ança-t-î avec un demî-sourîre quî a it frîssonner. Eh bîen, soît, jouons e jeu. Qu’es-tu devenue ces dernîères années ? Tu as contînué à écumer es bars en quête d’un rîche partî ? — Je n’aî jamaîs rîen faît de te ! — Là-dessus comme sur bîen d’autres poînts, nos avîs dîvergent ! I n’en avaît pas toujours été aînsî, pourtant, pensa Angeo. Avant ’effondrement de eur reatîon, Rosîe étaît a meîeure chose quî uî soît arrîvée. En y repensant, î éprouvaît un dououreux pîncement au cœur. — Je… î y a un moment que je ne suîs pus serveuse, reprît-ee. Ee avaît conscîence qu’ee auraît mîeux faît de s’en aer ; héas, ee étaît împuîssante contre a part d’ee-même quî désîraît s’attarder en compagnîe d’Angeo. I régnaît encore sur une grande part de son esprît. — En faît, j’aî termîné ma formatîon à ’écoe de cuîsîne. Depuîs, j’aî été engagée dans un restaurant gastronomîque de Londres. C’est dur, maîs e travaî me paït. — J’aî du ma à t’îmagîner dans es couîsses. Et à te croîre capabe de renoncer à des pourboîres ucratîfs pour un poste saarîé. Ee rougît. — C’est pourtant a vérîté. Tu saîs que j’aî toujours vouu travaîer dans a restauratîon. — Ce que je pensaîs savoîr de toî a cessé de me paraïtre crédîbe depuîs ongtemps. Maîs tu as raîson, à quoî bon nous chamaîer sur un passé sans împortance? Changeons
13
putôt de sujet. Je doute que tu soîs restée céîbataîre bîen ongtemps. As-tu pîégé queque maheureux dans tes iets? Même s’î se posaît cette questîon depuîs des années, Angeo ne comprenaît pas son agressîvîté à ’encontre de Rosîe. I n’en étaît pas ier, pas pus que de sa curîosîté au sujet de a vîe sentîmentae d’une femme qu’î avaît éjectée de son exîstence. Pourtant, te un vîrus atent quî ne demandaît qu’à s’actîver, cette înterrogatîon pernîcîeuse étaît restée présente en uî, rebee au passage du temps. — Non. Je suîs toujours céîbataîre. Ee essaya de rîre, maîs ee s’étaît crîspée et son rîre étaît teînté de nervosîté. Angeo ’observa en pîssant es yeux. Magré eur ong éoîgnement, î n’avaît pas perdu a capacîté de capter es nuances de sa voîx, ses pus égères pauses ou hésîtatîons, quî uî révéaîent înfaîîbement son état d’esprît. « I y a un homme dans sa vîe », concut-î, mâchoîres serrées, tandîs que eur sîence récîproque se proongeaît, à peîne troubé par es murmures des queques personnes quî patîentaîent à ’entrée du crématorîum. — Comment se faît-î que je ne te croîe pas ? demanda-t-î. Pourquoî mens-tu ? T’îmagîneraîs-tu que je me soucîe de ta vîe ? — Je suîs sûre du contraîre. Et que je soîs seue ou non, cea ne te regarde en rîen. Rosîe fut tentée de parer d’Ian, d’afirmer qu’î étaît împortant pour ee. Maîs ee n’avaît pas envîe de mentîr. En faît, en pensant à uî, ee ne se sentaît pas très bîen. — Je doîs m’en aer, dît-ee avec une note de désespoîr. — Bonne îdée, décara Angeo. Aînsî, nous en aurons inî avec cette mascarade. I se retourna abruptement maîs ne put pas prendre e arge : es personnes quî avaîent assîsté à a crématîon se dîspersaîent devant uî en pusîeurs groupes, quî se rendaîent sans doute, chacun de eur côté, au pub où îs avaîent prévu de se réunîr. Rosîe vît que Lîzzy uî adressaît un sîgne et s’înterrogea. Que devaît penser cee-cî de cette amîe revenue après
14
troîs ans d’éoîgnement et quî, après avoîr manîfesté un întérêt supericîe, s’étaît écîpsée dehors avec e marî de a défunte ? Ee n’avaît pas prêté grande attentîon aux autres membres de ’assîstance. Maîs ee avaît dîstîngué, au premîer rang, e petît homme rondeet quî es abordaît à présent. Ee se força à rester sur pace. Angeo en it autant, non sans jeter un nouveau coup d’œî à sa montre. A quoî avaît ressembé son marîage avec Amanda ? Avaîent-îs été heureux ? Rosîe n’en auraît pas juré, maîs aez savoîr… — Bonsoîr, Foreman, dît Angeo, aconîque. A contrecœur, î it es présentatîons. James Foreman étaît notaîre. — Rîen d’extraordînaîre, juste un petît cabînet près de Twîckenham, souîgna ce dernîer en serrant a maîn de Rosîe. Brrr ! que froîd ! I est vraî qu’en peîn moîs de févrîer on ne peut guère s’attendre à mîeux. I parut se rappeer es cîrconstances et modîia son attîtude : — Affreux maheur, n’est-ce pas ? Affreux maheur. — Me Tom est pressée, Foreman. Rosîe acquîesça avec gêne : — Une amîe d’Amanda m’a apprîs que vous vous réunîssîez au pub pour un dernîer hommage, maîs je craîns de ne pouvoîr me joîndre à vous. Un ong chemîn m’attend pour regagner a banîeue est de Londres, je doîs me mettre en route. — Bîen sûr, bîen sûr ! Maîs j’aî un mot à vous dîre. A tous es deux, décara James Foreman. I promena son regard autour de uî comme s’î quêtaît un endroît propîce à ’entretîen. Rosîe, déroutée, avaît hâte d’en inîr. Ee avaît commîs une erreur en revoyant Angeo. Ce chapître de sa vîe auraît dû rester cos une foîs pour toutes. Or, ee ’avaît rouvert, et ee pressentaît que eur brève et amère rencontre aaît uî peser pendant des semaînes.
15
— De quoî s’agît-î ? demanda Angeo d’une voîx tranchante. — C’est un coup de chance de vous avoîr trouvés ensembe, reprît Foreman. Je savaîs que vous serîez présent, bîen sûr, monsîeur Dî Capua, maîs… eh bîen, mademoîsee Tom, vous m’épargnez e soîn de chercher à vous joîndre. Même sî cea faît partîe de mon travaî et n’a rîen d’une dîficuté însurmontabe. — Droît au faît, Foreman! întervînt Angeo, împatîent. — I s’agît d’un testament.
« Un testament ? En quoî dîabe cea peut-î me concerner ? » s’înterrogea Rosîe. Le froîd a mordaît, morsure quî ne feraît que devenîr pus vîve sî ee restaît couée sur pace. Ee coua un regard vers son ancîen compagnon, attîrée par es îgnes rudes de son beau vîsage te un papîon aîmanté par a lamme. Leur utîme conversatîon restaît gravée dans son esprît ; tout comme sa froîdeur et sa voîx méprîsante quand î avaît décaré qu’î ne vouaît pus jamaîs avoîr affaîre à ee. Ee sortaît avec uî depuîs près d’un an, aors — a pus merveîeuse année de sa vîe. Ee s’étaît étonnée d’avoîr été courtîsée par cet homme încroyabe, rîche et sophîstîqué. Pus tard, î uî avaît décaré qu’î ’avaît désîrée dès eur premîère rencontre, et qu’î étaît de ceux quî obtîennent toujours ce qu’îs veuent. I ’avaît eue, certes. Et ’avaît menée au septîème cîe. En revanche, pour ses amîs, a sîtuatîon étaît à ’époque oîn d’être rose. Les probèmes de Jack s’étaîent aggravés. Quant à Amanda… Comment Rosîe n’avaît-ee pas devîné que, tandîs qu’ee-même s’extasîaît sur ’amour de sa vîe, son amîe accumuaît a jaousîe et es rancœurs, quî avaîent débouché sur ’affreux épîsode dont aucun d’eux n’étaît sortî îndemne ? Tandîs que e passé refaîsaît surface dans ’esprît de
16
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi