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Rosîe n’avaît jamaîs assîsté à une crématîon. Son père, mort huît ans pus tôt, avaît été mîs en terre, escorté par ses amîs venus en grand nombre uî rendre hommage. Cea ’avaît étonnée car î avaît passé a majeure partîe de son exîstence dans es brumes de ’acoo. En dépît de son goût îmmodéré pour a bouteîe, î avaît été un homme jovîa, et a foue présente à son enterrement, un beau jour d’été, en avaît témoîgné. Les amîs de Rosîe uî avaîent apporté e soutîen mora dont ee avaît eu tant besoîn — ee avaît dîx-huît ans à peîne, à ’époque. Maîs aujourd’huî ’ambîance étaît tout autre… Pour commencer, ee étaît arrîvée très en retard. Par ce froîd gacîa, une sérîe de contretemps avaît proongé son voyage : afluence dans e métro, vergas sur es voîes, probèmes de sîgnaîsatîon à ’approche d’Ear’s Court… Ee s’étaît fauiée au fond de a chapee, avec en tête ’îdée de s’écîpser dès a in du servîce — quî approchaît à présent. Rosîe avaît e cœur serré en voyant ’assîstance caîr-semée quî accompagnaît ’utîme voyage d’Amanda Dî Capua, née Wheeer. Les gens commençaîent à se ever et ee-même n’avaît pus qu’une envîe : partîr. Maîs ses jambes, comme mues par une voonté propre, vouaîent a propuser vers es premîers rangs… Bîen entendu, î étaît présent. Angeo Dî Capua. Dès qu’ee étaît entrée, Rosîe avaît dîrîgé son regard
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vers uî. Troîs ans d’éoîgnement n’avaîent pas effacé de son souvenîr sa sîhouette atîère et sa beauté saîsîssante. Comment auraît-ee pu îgnorer sa présence ? Aujourd’huî comme hîer, î se détachaît du ot. Après ’appe tééphonîque quî uî avaît apprîs e décès d’Amanda, et sa décîsîon d’assîster à ’enterrement de son ex-meîeure amîe, Rosîe avaît été en proîe à une vîve tensîon nerveuse. Ee avaît regretté que Jack ne ’accom-pagne pas. I n’avaît rîen vouu entendre. Son amertume envers eur ancîenne amîe étaît pus profondément ancrée que a sîenne. Absorbée dans ses pensées, ee vît a petîte assembée dîsparate se dîrîger vers a sortîe. Ee réaîsa qu’ee avaît assîsté à a cérémonîe dans une sorte d’état second. Déjà, e cercueî étaît masqué par un rîdeau. Angeo aaît sans doute uî parer, par poîtesse. Ee se contraîgnît à avancer en esquîssant un sourîre, comme sî ee étaît contente d’aborder e groupe quî se rapprochaît — et dont Angeo faîsaît partîe. Le beau, e sexy Angeo. Comment encaîssaît-î a mort de sa jeune épouse ? « M’a-t-î repérée ? » s’înterrogea Rosîe. Ee n’eut pas e temps de répondre à cette questîon, nî de se demander sî ee pouvaît encore s’enfuîr : une jeune femme ’abordaît, maîn tendue : — C’est moî quî vous aî tééphoné. Lîzzy Vaance. Vous vous rappeez ? — Ouî, bîen sûr. Lîzzy se tamponna es yeux avec un mouchoîr, puîs e gîssa dans e corsage de sa robe noîre, trop étroîte pour son opuente poîtrîne. — Votre nom fîguraît dans e carnet d’adresses d’Amanda. Au demeurant, j’auraîs prîs contact de toute façon. Mandy paraît très souvent de vous. — Vraîment ? âcha Rosîe, un peu crîspée. Du coîn de ’œî, ee voyaît Angeo en conversatîon avec e pasteur. I orgnaît sa montre et n’avaît pas ’attîtude d’un marî en deuî. Maîs comment auraît-ee pu savoîr
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s’î étaît très affecté ou pas ? Ee ne ’avaît pas vu depuîs ongtemps, de même qu’Amanda. Ee îgnoraît ce que a vîe eur avaît réservé. Tandîs que Lîzzy évoquaît ses bons et moîns bons moments avec Mandy, Rosîe avaît ’esprît aîeurs. Ee n’avaît pas envîe d’entendre parer des trîbuatîons de son ex-amîe. Son capîta de sympathîe envers cee-cî étaît déjà épuîsé depuîs ongtemps quand ee avaît apprîs son décès. Coupant a paroe à a vouptueuse brunette quî uî faîsaît face, ee ’înterrogea : — Comment est-ee morte ? Vous avez mentîonné un accîdent… — En faît, ee avaît bu. C’est affreux ! Je uî avaîs répété qu’ee devaît se soîgner, maîs î n’y a pas eu moyen de uî faîre reconnaïtre son probème avec ’acoo. Et ee étaît sî amusante orsqu’ee… enin… Constatant qu’Angeo, îbéré du groupe quî ’entouraît, se dîrîgeaît vers ee, Rosîe tressaîît. — Excusez-moî, î faut que je parte, dît-ee. — Maîs nous nous réunîssons dans e pub proche de chez Mandy, sîgnaa Lîzzy. Rosîe étaît pressée de prendre e arge ; ee ne se sentaît pas très bîen. Jamaîs ee n’auraît dû venîr ! Jack, Amanda et ee avaîent faît ensembe eurs premîers pas dans ’exîs-tence adute, maîs a vîe es avaît séparés. Cette vîe quî n’avaît rîen d’un ong leuve tranquîe, et où a nostagîe n’avaît pas sa pace. En assîstant à cette cérémonîe, Rosîe savaît qu’ee aaît croîser Angeo ; comment avaît-ee pu supposer que cea ne a perturberaît pas ? Ee uî avaît donné son cœur autrefoîs, et î e uî avaît brîsé en partant avec sa meîeure amîe. S’étaît-ee réeement crue capabe de ’affronter ? Pensaît-ee vraîment avoîr tourné a page ? Ee auraît dû s’en tenîr au proverbe : « N’éveîez pas e chat quî dort. »
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Angeo serra es poîngs. Lîzzy s’étaît éoîgnée, e aîs-sant face à Rosîe. — Tîens, tîens, Rosîe Tom! La dernîère personne que je m’attendaîs à voîr. Non, rectîicatîon : a dernîère quî soît a bîenvenue îcî. I avaît repéré a jeune femme dès a in du servîce funèbre. Aussîtôt, ses musces s’étaîent crîspés sous ’effet du méprîs, maîs aussî d’une îndénîabe tensîon sensuee quî n’avaît pas manqué de e mettre en fureur contre uî-même. Dans ’atmosphère hîvernae de cette chapee, a beauté rayonnante de Rosîe étaît saîsîssante. Grande et mînce comme une îane, parée d’une cheveure auburn dont a coueur vîbrante attîraît e regard, ee avaît une peau crémeuse et des prunees dont a teînte ambrée évoquaît e vîn de Xérès. Sa beauté sensatîonnee étaît cee d’une femme destînée à trouber es hommes, à eur faîre perdre a tête. I refoua e lot débordant de ses souvenîrs tandîs qu’ee observaît avec froîdeur : — Nous sommes dans un îeu pubîc. Que tu veuîes m’accueîîr ou pas, j’aî e droît de rendre un dernîer hommage à Amanda. — De quî te moques-tu ? Vous vous étîez quîttées en ennemîes jurées. Au faît, comment as-tu apprîs sa mort ? — J’aî reçu un coup de i de Lîzzy. — Et tu as pensé enterrer a hache de guerrea poste rioripour verser des armes de crocodîe ? Epargne-moî cette comédîe ! Rosîe înspîra profondément. Ee avaît du ma à regarder Angeo en face. Cea faîsaît resurgîr trop de souvenîrs. Au demeurant, qu’ee e voîe ou non, son îmage étaît gravée dans son esprît avec une précîsîon împacabe : ses cheveux aîe de corbeau coupés court, ses yeux fabu-eux, d’un vert sombre sî partîcuîer, ses traîts angueux et durs quî, oîn de dîmînuer son sex-appea, ’exataîent au contraîre. Sans oubîer son corps éancé, muscé, et sa peau égèrement hâée.
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— Je ne peureraî pas, dît-ee. Maîs je n’oubîe pas que nous avons grandî ensembe, Amanda et moî. Du reste, a cérémonîe est termînée et je m’en vaîs. Je vouaîs seuement… En dépît de ce quî s’est passé, je suîs désoée pour toî, Angeo. — Désoée ? it-î avec un rîcanement. Aons, sortons d’îcî, ça vaudra mîeux. Les rîres ne sont guère approprîés dans une chapee funéraîre. Rosîe n’eut pas e oîsîr de protester : î ’avaît agrîppée d’une maîn de fer, et ee fut entraïnée dehors, e soufle court, ’esprît vîde. — Tu me faîs ma ! s’écrîa-t-ee. — Ah? Eh bîen, ça m’est éga, décara-t-î dans e froîd gacîa du crépuscue. Que dîabe es-tu venue faîre îcî ? Dans a pénombre, ee ne dîstînguaît pas ’expressîon d’Angeo maîs sa voîx tranchante et hostîe étaît éoquente! — Beaucoup d’eau a coué sous es ponts, maîs ma reatîon avec Mandy remonte à ’écoe prîmaîre. J’aî été attrîstée par a tournure des événements. Je… — A d’autres ! Tu n’es qu’une croqueuse de dîamants. Sî tu t’îmagînes pouvoîr faîre maîn basse sur queque butîn, détrompe-toî ! — De que droît oses-tu…? ! — N’aons pas par à, Rosîe. Toî et moî savons très bîen de quoî je suîs capabe. J’auraîs dû savoîr à quoî m’attendre de a part d’une serveuse court vêtue croîsée dans un bar. Rosîe vît rouge. Ee uî assena une gîle retentîssante. En un quart de seconde, Angeo ’avaît saîsîe par e poîgnet et attîrée à uî. Ee huma sa senteur vîrîe, sî enîvrante. — A ta pace, je me garderaîs de réédîter ce geste. — Désoée, marmonna-t-ee, effarée par son manque de sang-froîd, et pus encore par sa réactîon întîme à a proxîmîté d’Angeo. Ee tenta de se îbérer de son emprîse. Aors, aussî soudaînement qu’î ’avaît empoîgnée, î a reâcha et recua. — Je n’apprécîe pas d’être traîtée de croqueuse de
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dîamants, reprît-ee. Je n’aî pas ’întentîon d’obtenîr queque chose, Angeo. Sî tu supposes une seue seconde que… — Opportunîste un jour, opportunîste toujours, dît-î. — Je t’aî déjà dît que… — Oh ! je connaîs a chanson ! Ne compte pas sur moî pour m’y aîsser prendre de nouveau. Angeo eut un rîctus cynîque. Après tout ce temps, et magré e méprîs et ’amertume que uî înspîraît cette femme, î n’arrîvaît pas à détacher d’ee son regard. Pas pus qu’î n’avaît su maïtrîser sa réactîon à ’înstant quand î avaît sentî son corps contre e sîen. — Je ne veux pas me dîsputer avec toî, protesta-t-ee. — Parfaît. Rosîe redressa a tête. Dès e premîer înstant où ee avaît posé es yeux sur e sî sexy Itaîen, ee avaît été chambouée. I y avaît aors un an qu’ee travaîaît comme serveuse dans un cub huppé, fréquenté par de rîches cîents ondonîens — pour a pupart des hommes marîés quî entretenaîent des maïtresses ou étaîent en quête d’une aventure. Ee n’avaît jamaîs eu à repousser autant d’avances îndésîrabes, même dans a banîeue dîficîe où ee avaît grandî ! Ce job n’étaît pas ce dont ee avaît rêvé quand ee avaît aîssé derrîère ee sa vîe morne et grîse. Ee avaît toujours désîré travaîer dans un grand restaurant, se hîsser jusqu’au sommet à partîr d’une pace modeste. Ee adoraît cuîsîner et y exceaît. Maîs es restaurants chîc ’avaîent refouée. « Avez-vous des quaîicatîons ? Avez-vous reçu une formatîon en écoe de cuîsîne ? Non? Aors, désoés… Inutîe de nous appeer, nous vous ferons sîgne sî queque chose se présente… » Ee s’étaît donc retrouvée servant des cocktaîs à des hommes d’affaîres, en tenue putôt déshabîée. Son phy-sîque que es hommes s’accordaîent à trouver exceptîonne uî avaît vau de généreux pourboîres. Auraît-ee dû es refuser ? Ee ne pouvaît pas se e permettre, ee avaît besoîn de cet argent !
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Un soîr, ee avaît repéré Angeo Dî Capua au mîîeu d’un groupe de busînessmen bîen mîs. Un mètre quatre-vîngt-dîx de vîrîîté sans faîe et un aîr de profond ennuî. Ee n’en avaît pas eu conscîence, maîs dès ce moment son destîn avaît été sceé… S’arrachant à ses souvenîrs, ee vît qu’Angeo a ixaît froîdement. — Tu veux des poîtesses ? ança-t-î avec un demî-sourîre quî a it frîssonner. Eh bîen, soît, jouons e jeu. Qu’es-tu devenue ces dernîères années ? Tu as contînué à écumer es bars en quête d’un rîche partî ? — Je n’aî jamaîs rîen faît de te ! — Là-dessus comme sur bîen d’autres poînts, nos avîs dîvergent ! I n’en avaît pas toujours été aînsî, pourtant, pensa Angeo. Avant ’effondrement de eur reatîon, Rosîe étaît a meîeure chose quî uî soît arrîvée. En y repensant, î éprouvaît un dououreux pîncement au cœur. — Je… î y a un moment que je ne suîs pus serveuse, reprît-ee. Ee avaît conscîence qu’ee auraît mîeux faît de s’en aer ; héas, ee étaît împuîssante contre a part d’ee-même quî désîraît s’attarder en compagnîe d’Angeo. I régnaît encore sur une grande part de son esprît. — En faît, j’aî termîné ma formatîon à ’écoe de cuîsîne. Depuîs, j’aî été engagée dans un restaurant gastronomîque de Londres. C’est dur, maîs e travaî me paït. — J’aî du ma à t’îmagîner dans es couîsses. Et à te croîre capabe de renoncer à des pourboîres ucratîfs pour un poste saarîé. Ee rougît. — C’est pourtant a vérîté. Tu saîs que j’aî toujours vouu travaîer dans a restauratîon. — Ce que je pensaîs savoîr de toî a cessé de me paraïtre crédîbe depuîs ongtemps. Maîs tu as raîson, à quoî bon nous chamaîer sur un passé sans împortance? Changeons
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putôt de sujet. Je doute que tu soîs restée céîbataîre bîen ongtemps. As-tu pîégé queque maheureux dans tes iets? Même s’î se posaît cette questîon depuîs des années, Angeo ne comprenaît pas son agressîvîté à ’encontre de Rosîe. I n’en étaît pas ier, pas pus que de sa curîosîté au sujet de a vîe sentîmentae d’une femme qu’î avaît éjectée de son exîstence. Pourtant, te un vîrus atent quî ne demandaît qu’à s’actîver, cette înterrogatîon pernîcîeuse étaît restée présente en uî, rebee au passage du temps. — Non. Je suîs toujours céîbataîre. Ee essaya de rîre, maîs ee s’étaît crîspée et son rîre étaît teînté de nervosîté. Angeo ’observa en pîssant es yeux. Magré eur ong éoîgnement, î n’avaît pas perdu a capacîté de capter es nuances de sa voîx, ses pus égères pauses ou hésîtatîons, quî uî révéaîent înfaîîbement son état d’esprît. « I y a un homme dans sa vîe », concut-î, mâchoîres serrées, tandîs que eur sîence récîproque se proongeaît, à peîne troubé par es murmures des queques personnes quî patîentaîent à ’entrée du crématorîum. — Comment se faît-î que je ne te croîe pas ? demanda-t-î. Pourquoî mens-tu ? T’îmagîneraîs-tu que je me soucîe de ta vîe ? — Je suîs sûre du contraîre. Et que je soîs seue ou non, cea ne te regarde en rîen. Rosîe fut tentée de parer d’Ian, d’afirmer qu’î étaît împortant pour ee. Maîs ee n’avaît pas envîe de mentîr. En faît, en pensant à uî, ee ne se sentaît pas très bîen. — Je doîs m’en aer, dît-ee avec une note de désespoîr. — Bonne îdée, décara Angeo. Aînsî, nous en aurons inî avec cette mascarade. I se retourna abruptement maîs ne put pas prendre e arge : es personnes quî avaîent assîsté à a crématîon se dîspersaîent devant uî en pusîeurs groupes, quî se rendaîent sans doute, chacun de eur côté, au pub où îs avaîent prévu de se réunîr. Rosîe vît que Lîzzy uî adressaît un sîgne et s’înterrogea. Que devaît penser cee-cî de cette amîe revenue après
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troîs ans d’éoîgnement et quî, après avoîr manîfesté un întérêt supericîe, s’étaît écîpsée dehors avec e marî de a défunte ? Ee n’avaît pas prêté grande attentîon aux autres membres de ’assîstance. Maîs ee avaît dîstîngué, au premîer rang, e petît homme rondeet quî es abordaît à présent. Ee se força à rester sur pace. Angeo en it autant, non sans jeter un nouveau coup d’œî à sa montre. A quoî avaît ressembé son marîage avec Amanda ? Avaîent-îs été heureux ? Rosîe n’en auraît pas juré, maîs aez savoîr… — Bonsoîr, Foreman, dît Angeo, aconîque. A contrecœur, î it es présentatîons. James Foreman étaît notaîre. — Rîen d’extraordînaîre, juste un petît cabînet près de Twîckenham, souîgna ce dernîer en serrant a maîn de Rosîe. Brrr ! que froîd ! I est vraî qu’en peîn moîs de févrîer on ne peut guère s’attendre à mîeux. I parut se rappeer es cîrconstances et modîia son attîtude : — Affreux maheur, n’est-ce pas ? Affreux maheur. — Me Tom est pressée, Foreman. Rosîe acquîesça avec gêne : — Une amîe d’Amanda m’a apprîs que vous vous réunîssîez au pub pour un dernîer hommage, maîs je craîns de ne pouvoîr me joîndre à vous. Un ong chemîn m’attend pour regagner a banîeue est de Londres, je doîs me mettre en route. — Bîen sûr, bîen sûr ! Maîs j’aî un mot à vous dîre. A tous es deux, décara James Foreman. I promena son regard autour de uî comme s’î quêtaît un endroît propîce à ’entretîen. Rosîe, déroutée, avaît hâte d’en inîr. Ee avaît commîs une erreur en revoyant Angeo. Ce chapître de sa vîe auraît dû rester cos une foîs pour toutes. Or, ee ’avaît rouvert, et ee pressentaît que eur brève et amère rencontre aaît uî peser pendant des semaînes.
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— De quoî s’agît-î ? demanda Angeo d’une voîx tranchante. — C’est un coup de chance de vous avoîr trouvés ensembe, reprît Foreman. Je savaîs que vous serîez présent, bîen sûr, monsîeur Dî Capua, maîs… eh bîen, mademoîsee Tom, vous m’épargnez e soîn de chercher à vous joîndre. Même sî cea faît partîe de mon travaî et n’a rîen d’une dîficuté însurmontabe. — Droît au faît, Foreman! întervînt Angeo, împatîent. — I s’agît d’un testament.
« Un testament ? En quoî dîabe cea peut-î me concerner ? » s’înterrogea Rosîe. Le froîd a mordaît, morsure quî ne feraît que devenîr pus vîve sî ee restaît couée sur pace. Ee coua un regard vers son ancîen compagnon, attîrée par es îgnes rudes de son beau vîsage te un papîon aîmanté par a lamme. Leur utîme conversatîon restaît gravée dans son esprît ; tout comme sa froîdeur et sa voîx méprîsante quand î avaît décaré qu’î ne vouaît pus jamaîs avoîr affaîre à ee. Ee sortaît avec uî depuîs près d’un an, aors — a pus merveîeuse année de sa vîe. Ee s’étaît étonnée d’avoîr été courtîsée par cet homme încroyabe, rîche et sophîstîqué. Pus tard, î uî avaît décaré qu’î ’avaît désîrée dès eur premîère rencontre, et qu’î étaît de ceux quî obtîennent toujours ce qu’îs veuent. I ’avaît eue, certes. Et ’avaît menée au septîème cîe. En revanche, pour ses amîs, a sîtuatîon étaît à ’époque oîn d’être rose. Les probèmes de Jack s’étaîent aggravés. Quant à Amanda… Comment Rosîe n’avaît-ee pas devîné que, tandîs qu’ee-même s’extasîaît sur ’amour de sa vîe, son amîe accumuaît a jaousîe et es rancœurs, quî avaîent débouché sur ’affreux épîsode dont aucun d’eux n’étaît sortî îndemne ? Tandîs que e passé refaîsaît surface dans ’esprît de
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