Un désir indomptable - Troublant face-à-face

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Un désir indomptable, de Julia James

Lorsqu’elle se retrouve nez à nez avec Nikos Kazandros, Sophie sent le sol se dérober sous ses pieds. Quatre ans plus tôt, cet homme ne l’a-t-il pas rejetée sans pitié alors qu’elle était éperdument amoureuse de lui ? A l’époque, rien n’avait pu le faire changer d’avis, tant il était certain qu’elle avait voulu le séduire dans le seul but d’éviter la ruine à sa famille. Pour la jeune femme de dix-huit ans qu’elle était alors, l’humiliation avait été totale. Et pourtant, en revoyant Nikos, Sophie ne peut s’empêcher d’éprouver pour lui un désir aussi intense qu’autrefois…

Troublant face-à-face, de Nicola Marsh

Pour Keely, Lachlan Brant incarne l’idéal masculin : beau, riche et visiblement prêt à s’engager. Hélas, Keely ne peut envisager aucune relation avec lui. D’abord parce qu’il s’agit de son patron. Ensuite, parce qu’elle est incapable de lui offrir la famille dont il semble rêver. Mais comment lui résister ?

Publié le : mardi 1 novembre 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280237666
Nombre de pages : 288
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1.
Immobile devant le miroir surmontant le lavabo, Sophie contempla son reflet avec dégoût.
Sa robe en satin, au décolleté outrageusement plongeant, moulait son corps de façon indécente, et ses cheveux blonds étaient maintenus artificiellement sur un côté grâce à du gel. Sous leurs paupières surchargées d’ombres pailletées, et bordées de cils alourdis par l’excès de mascara, ses yeux étaient dénués de toute expression. Et, pour parachever cet ensemble vulgaire, une épaisse couche de fard souillait son teint, sur lequel ressortait sa bouche écarlate, tandis que de longues breloques scintillantes pendaient à ses oreilles.
Ce n’était pas elle ! Le cri muet avait jailli du plus profond de son être, d’un endroit enfoui depuis très longtemps. D’une tombe. Celle de la femme qu’elle avait été autrefois, et qui avait disparu à jamais.
Sophie sentit son ventre se révulser devant la vision qui s’offrait à ses yeux dans le miroir.
— Excusez-moi, fit alors une voix impatiente et hostile.
Aussitôt, elle s’effaça pour laisser une femme plus âgée s’approcher du lavabo, non sans avoir eu le temps de remarquer son air de mépris. Sophie savait très bien ce qui avait causé cette réaction.
La bouche sèche, elle jeta un dernier coup d’œil à son reflet, avant de prendre son sac à main et de quitter les toilettes. Puis elle s’avança dans le hall de l’hôtel, le corps raide, perchée sur des talons si hauts qu’ils faisaient onduler ses hanches, en dépit de la rigidité des muscles de ses jambes.
Installé au bar, son client l’attendait.
***
Dans l’immense loft luxueux, l’éclairage était tamisé, constata Nikos Kazandros en regardant la masse des gens qui l’entouraient, et qui parlaient trop fort à cause de la musique tonitruante. C’était exactement le genre de soirée qu’il évitait soigneusement, d’ordinaire. Là se rassemblaient en effet une faune interlope soucieuse uniquement de son plaisir, à la recherche de stimulants plus ou moins licites, et de rencontres qui se terminaient dans les chambres, dont l’accès était ouvert à tous.très
— Allez, viens, Nikos ! Cette soirée va être absolument géniale ! s’exclama Georgias à côté de lui.
Visiblement, son jeune compagnon ne partageait pas sa réticence…
Son père étant un vieil ami de celui de Nikos, il avait accepté de servir de chaperon au jeune homme de vingt-deux ans, durant la brève escale de celui-ci à Londres. Cependant, alors qu’un spectacle et un dîner auraient amplement suffi à Nikos, Georgias avait ensuite voulu aller faire la fête. Sachant que, s’il se conduisait trop sévèrement, son protégé risquait de s’enfuir Dieu sait où, il avait trouvé un compromis : ils iraient passer une heure maximum à cette soirée, , en veillant à ne pas prendre autre chose que de l’alcool.pas plus
Non que les drogues fussent l’unique tentation du lieu, en effet rempli de ces jeunes femmes qu’on trouvait à profusion dans ce genre d’endroit, fréquenté par les hommes fortunés, songea Nikos avec dédain. Lui et Georgias avaient d’ailleurs déjà été repérés, si bien que, quelques instants plus tard, une blonde aux cheveux d’une longueur invraisemblable et à la robe quasi inexistante vint leur proposer de danser. Nikos laissa Georgias la suivre, avant de refuser l’invitation d’une brune à peine plus vêtue.
Cette dernière s’éloigna en faisant la moue, laissant Nikos compter les minutes qu’il lui restait à supporter cette situation, avant de ramener Georgias à l’hôtel.
Il n’éprouvait aucune attirance pour ce genre de femmes. Elles étaient à peine différentes des prostituées, et ne dissimulaient pas que leur intérêt était proportionnel au degré de fortune des hommes qu’elles prenaient pour cible. Pour elles, le sexe ne représentait qu’une monnaie d’échange, un revenu leur permettant de mener un style de vie confortable.
Leur seule qualité était qu’elles ne cachaient pas leur jeu.
Cependant, certaines d’entre elles ne possédaient même pas cette franchise, dissimulant leur véritable intérêt jusqu’à la fin. Elles pouvaient parfois avoir l’air aussi innocent, aussi frais que la rosée du matin, alors que…
Non. Automatiquement, comme il le faisait depuis quatre ans, il interrompit le fil de ses pensées.
Certes, il avait commis une erreur, s’était conduit en parfait imbécile. Pire que cela. Mais il avait repris ses esprits à temps — juste à temps.
Reportant son attention sur les danseurs, afin de ne pas perdre Georgias de vue, Nikos laissa ensuite son regard se perdre au fond de l’immense espace. Là, une vision soudaine le fit se figer.
Le monde s’arrêta aussitôt de tourner. Toutes ses facultés cessèrent de fonctionner. Sauf une : la vue. Puis une autre lui revint : la mémoire. Brûlante, torturante, infernale.
Tel un zombie, il s’avança parmi la foule. Vers la personne qu’il avait bannie de son existence, mais qui était là, à quelques mètres de lui, et qui le contemplait avec une véritable stupeur. Le temps d’un instant, Nikos eut l’impression qu’un couteau lui lacérait le ventre. Puis il regarda l’homme au bras duquel elle s’appuyait.
Cosmo Dimistris était parfaitement à sa place dans ces soirées, songea-t-il en reconnaissant son riche compatriote, sans le moindre plaisir. Nikos reporta son attention sur la femme qui l’accompagnait : la nature de sa présence à son côté ne laissait aucun doute.
Ainsi, elle jouait toujours à ces sales petits jeux…
Un tumulte d’émotions déferla en lui, surgissant d’un recoin de son âme qu’il croyait anéanti à jamais. Elle avait donc gardé le pouvoir de l’ébranler, au plus profond de lui-même. Mais à présent il contrôlait ses réactions, les canalisait.
Gagné par une détermination impitoyable, Nikos se concentra sur la femme qui avait causé sa seule erreur de jugement : Sophie Granton.
***
Sous son maquillage épais, Sophie sentit ses traits se figer. Non, ce n’était pas possible ! Ce ne pouvait pas être lui, pas là, pas maintenant…
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