Un diamant pour une infirmière - Un heureux imprévu

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Un diamant pour une infirmière, Scarlet Wilson

Depuis que le Dr Brad Donovan est arrivé aux urgences de Glasgow, Cassidy fait tout ce qu’elle peut pour l’éviter. Il n’y a pas de place dans sa vie pour une relation amoureuse, surtout pas avec un collègue, et encore moins avec un séducteur comme Brad Donovan. Seulement voilà, Brad, lui, semble rechercher sa compagnie. Au point de lui proposer… un rendez-vous en tête à tête, en dehors de l’hôpital. Cassidy sait qu’elle doit refuser mais, contre toute raison, Brad exerce sur elle une irrésistible attirance…

Un heureux imprévu, Jacqueline Diamond

Pourquoi fallait-il que cela tombe sur elle ? Erica n’a rien demandé ! Sa liaison sans attaches avec Lock lui convenait parfaitement. Et voilà qu’elle est enceinte… Un choc pour elle ; car, si elle adore son travail en pédiatrie, elle n’a aucune envie de devenir mère et envisage même de confier le bébé à l’adoption. Une perspective que la réaction de Lock, lorsqu’elle lui annonce la nouvelle de sa grossesse, lui fait remettre en question : car, à la grande surprise d’Erica, Lock est fou de joie à l’idée d’avoir un enfant…
Publié le : samedi 15 décembre 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280249348
Nombre de pages : 288
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er 1 octobre
1.
Avantdequitterlevestiairesituéausous-sol,Cassidyenfila un cardigan sur sa tunique bleu horizon — ce s nouveaux uniformes en tissu « révolutionnaire » censés être confortables et agréables au toucher se révélaient glacials et totalement inadaptés aux hivers écossais dans un vieil établissement plein de courants d’air tel que le Glasgow City Hospital. Peut-être gravir les deux étages en courant la réchaufferait… Trois minutes plus tard, elle atteignait son unité. Avec quel plaisir elle emplit ses poumons des efuves familiers qui y régnaient ! Si certaines personnes détestaient les odeurs des hôpitaux au point de redouter d’en franchir le seuil, elle, elle les appréciait énormément. Ruby, la surveillante de nuit, l’accueillit d’un sourire au poste des inIrmières. — Ravie de te revoir, Cassidy. Comment s’est passée ton affectation provisoire ? Elle lui sourit en retour tout en s’enveloppant plus étroi-tement de son cardigan. — Bien… Ce fut intéressant et gratiIant. Le nouveau dispensaire est prêt à ouvrir car toutes les difIcultés de départ ont été aplanies. Néanmoins, je suis contente d’être de retour, je l’avoue. Cet endroit m’a manqué. C’était vrai, même si cette vacation de trois mois lui avait
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donné la possibilité de régler tous les problèmes concernant sagrand-mèreetdinstallercelle-cidansuneautremaisonde retraite — la seconde en un an. Ses yeux balayèrent le tableau blanc où s’afIchaient les noms des patients, les numéros des chambres et les prénoms des inIrmières. ïlnyaaucunlitvide?sétonna-t-elle. — En fait, nous en avons un, répondit sa collègue. Mais les urgences viennent de nous avertir qu’ils nous envoyaient une vieille dame souffrant d’infection pulmonaire et donc je l’ai déjà inscrite sur le tableau. Elle devrait être là sous peu. Cassidy approuva de la tête, puis elle salua les membres de son équipe de jour qui se rassemblaient dans la pièce pour les traditionnelles « transmissions ». Après avoir écouté avec eux la description de l’état de santé des trente patients actuellement hospitalisés dans son UHCD — l’unité d’hospitalisation de courte durée autrefois appelée service porte —, elle répartit les patients entre eux et empocha les clés des armoires à drogues et à médicaments dangereux. — Je me charge de l’admission de cette patiente, annonça-t-ellecommesélevaitderrièreellelhabituelgrincementderoues annonçant l’arrivée d’un brancard. Cela me remettra dans le bain. L’instant suivant, Bill, l’un des brancardiers, poussait dans le couloir le chariot occupé par la vieille dame. Un médecin les accompagnait, notes en main. ïl adressa à Cassidy un sourire littéralement éblouissant. VoiciMmeElizabethKelly,annonça-t-il.Elleaquatre-vingt-quatre ans et des antécédents de pneumo pathie chronique obstructive. L’infection dont elle souffre depuis une semaine n’a pas répondu aux antibiotiques oraux. Sa saturationenoxygèneestàquatre-vingt-deuxetelleesttachycarde. Le médecin de garde nous l’a envoyée pour qu’elle soit traitée par voie veineuse. Son fort accent australien la prit au dépourvu. Dieu seul savait pourquoi car, depuis toujours, le Glasgow City attirait du personnel du monde entier. Sa tenue de bloc bleu pâle et la blouse blanche qu’il portait par-dessus étaient chiffonnées comme s’il avait dormi dedans — ce qu’il avait
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sans doute fait à en juger par l’état d’ébouriffement de sa chevelure blonde. Etant donné qu’elle ne le connaissait pas, il devait être l’un des nouveaux praticiens qui avaient pris leurs postes en son absence. Un praticien bien trop séduisant à son goût, dont les yeux pétillaient avec une impertinence qui l’agaçait déjà. Du reste, que faisait-il là ? D’ordinaire, c’était une inIrmière des urgences qui accompagnait les patients dans l’unité. A sa décharge, il l’aida à installer confortablement MmeKellyenpositionsemi-assisedanssonlit.Toutefois,il ne la quitta pas des yeux tandis qu’elle reliait ensuite la vieille dame au moniteur puis à l’oxygène dispensé par le dispositif mural. Une seconde, elle crut presque qu’il regardait ses seins, mais elle se rappela que le badge indiquant son nom et son grade était cousu à la poche poitrine de ses nouvelles tuniques. — Cassidy Rae, surveillante de cette UHCD, dit-elle en lui tendant la main. Mais, vu la direction de votre regard, j’imagine que vous l’aviez déjà compris. — Ravi de vous connaître, Dragon-Lady, répondit-il, les yeux malicieux tandis que sa main chaude serrait la sienne. J’espère que votre cœur n’est pas aussi froid que vos mains. — Comment m’avez-vous appelée ? Dragon-Lady,répéta-t-ilsansmanifesterlamoindregêne. Votre réputation vous précède, vous savez, et j’avais hâte de vous rencontrer, même si, d’après ce que j’ai entendu, c’est vous qui donnez les surnoms d’habitude. Cassidy réprima un sourire. — J’ignore de quoi vous parlez. Puis, se penchant, elle ouvrit le sac de sa patiente et commença à ranger dans le placard proche du lit les affaires qu’elle en tira. — J’ai appris que vous aviez baptisé Glouton, Gamin et Casanova mes trois confrères du groupe précédent, lui murmura-t-il à l’oreille. Elle sursauta. ïl était si proche qu’elle percevait son soufe chaud dans son cou. — Qui vous a dit ça ?
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Un coup d’œil à sa montre lui apprit qu’il était 7 h 10. Sa première matinée de travail était à peine entamée que, déjà, un petit malin essayait de prendre le pas sur elle. — Excusez-moi un instant, ajouta celui-ci avant de s’éclipser brusquement. ïl ne se trompait pas, elle avait bel et bien affublé de surnoms les trois derniers internes. Et pour cause ! L’un n’arrêtait pas de manger, l’autre de demander l’avis de ses aînés et le dernier de draguer le personnel féminin. Certes, toute son équipe connaissait ces appellations ironiques, mais qui avait bien pu les révéler aux nouveaux arrivants ? Une fois rangées les affaires de la frêle et pâle vieille damequiluirappelaitsagrand-mère,elleréajustaavecprécaution le masque à oxygène. Commentvoussentez-vous?luidemanda-t-elleavant de vériIer sa température à l’aide d’un thermomètre auriculaire, puis de noter ses observations dans le dossier. En guise de réponse, Mme Kelly secoua la tête. Cassidy s’assit au bord de son lit. — J’ai besoin de vous demander certains détails, madame Kelly. Mais je vais plutôt commencer par aller chercher de quoi vous restaurer, car vous avez sans doute été bloquée aux urgences pendant des heures. Que diriez-vous d’u n bon thé accompagné de quelques toasts ? Avant que la brave dame ait eu le temps de répondre, une voix annonça : « Vos désirs sont des ordres ! » puis une tasse fumante et une assiette de toasts beurrés atterrirent sur la table de chevet. — Vous voyez, madame Kelly, j’ai tenu ma promesse ! ïl n’y avait absolument rien à manger aux urgences, ajouta le médecin australien à l’adresse de Cassidy, et je lui ai promis de lui servir un thé dès que nous serions ici. Ecartant d’une main son masque à oxygène, la vieille dame porta la tasse à ses lèvres. — Merci beaucoup, jeune homme. J’ai la gorge telle-ment sèche… Cassidy n’en revenait pas. Jamais encore elle n’avait vu un médecin faire un thé à un patient.
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— Voilà qui m’incite presque à espérer pouvoir vous garder ici, lui dit-elle avec un sourire. Etquest-cequivousfaitcroirequevousnepouvezpasmegarder?répliqua-t-il,luirendantsonsourire. — Je suppose qu’une foule de patients vous attend auxurgences.Pourquoiêtes-vousmonté,dailleurs?Poursubtiliser notre provision de chocolat ? ïl secoua la tête et lui tendit la main. — J’ai oublié de me présenter. Je suis l’un des vôtres. Brad Donovan, interne de dernière année. Vraiment ? ïl paraissait trop jeune pour être en In de formation. A cause de ses cheveux ébouriffés, peut-être. Ou de son bronzage. Ou de ce petit anneau qui brillait à son oreille. En fait, il ne ressemblait à aucun des internes qu’elle avait connus. Encore que… Une fraction de seconde, il lui rappela Bobby — sauf que Bobby était brun. Mais pourquoi cette comparaison surgie de nulle part ? S’empressant de repasser en mode professionnel, elle échangea une nouvelle poignée de main avec le médecin. — Eh bien, docteur Donovan, si vous êtes l’un des nôtres,peut-êtredois-jevousenseignerlesrèglesenvigueurchez nous… VousêtesvraimentuneDragon-Lady,nest-cepas? Elle ignora le commentaire. — Je ne veux voir ni cravate ni manches longues. Vous veillerez à vous désinfecter les mains avant d’entrer dans les chambres et vous prêterez attention à ce que vous disent mon inIrmier et mes inIrmières — comme ils passent tout leur temps auprès des patients, ils les connaissent dix fois mieuxquevousnelesconnaîtrezvous-même. ïl était évident qu’elle ne l’impressionnait pas. L’air sûr de lui, il soutint son regard sans ciller. — A vos ordres. Puis il lui tendit le dossier de Mme Kelly. — J’ai prescrit des antibiotiques en ïV, des stérodes par voie orale et un bronchodilatateur. On a mesuré ses gaz du sang aux urgences et je recommencerai dans quelques
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heures. Dans l’intervalle, j’aimerais que ses constantes soient surveillées tous les quarts d’heure. ïl regarda le débit d’oxygène qui était actuellement de quatre litres par minutes. — Assurez-vous que son masque Venturi conserve la buse à 28 %. Une externe des urgences n’avait pas compris les complications des pneumopathies chroniques obstructives et l’a mise sous dix litres d’oxygène pur. Dites-moiquevousplaisantez— Pas du tout, mais ses intentions étaient bonnes. Mme Kelly avait les lèvres bleues lors de son arrivée, et cette étudiante a fait ce qui lui a paru naturel. Par chance, quelqu’un s’est très vite aperçu de son erreur. Le masque en question pendant autour de son cou, la frêle vieille dame croquait ses toasts à présent. La teinte bleue de ses lèvres avait disparu, mais le simple fait de mâcher accentuait son essoufement. A-t-elledelafamille? — Pas que je sache. Elle est veuve depuis quelques années et sa Ille a émigré dans mon pays il y a dix ans. Voulez-vous que je l’appelle ou préférez-vous le faire ? ïl servait le thé, proposait de prévenir la famille . Décidément, il était la perfection incarnée. Trop bien pour être honnête… — Je vous laisse terminer votre collation, madame Kelly. Je reviendrai dans quelques minutes, dit-elle avant de quitter la pièce pour regagner le poste des inIrmières. Quest-cequevousmijotez?ajouta-t-elleàlintentiondumédecin qui lui avait emboîté le pas. — De quoi parlez-vous ? Pourquoijouez-vouslesgentilsgarçons? — Qui a dit que je jouais ? Au bout du corridor, deux jeunes médecins en blouse blanche, en grande conversation à côté du chariot à dossiers, attirèrent l’attention de Cassidy. — Qui sont ces deux-la ? — Mes collègues : Luca est italien et Franco hongrois. ïls ont voulu prendre de l’avance sur la visite, j’imagine.
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Sansdouteont-ilsapprisquelaDragon-Ladyreprenaitsonposte aujourd’hui. Elle secoua la tête, incrédule. — Je reviens après trois mois d’absence et je découvre une sorte d’égérie de Surfers’Paradise préparant du thé et des toasts pour une patiente et deux autres internes à pied d’œuvre avant 8 heures. Suis-je réveillée ou encore en train de rêver ? Pourquoi?Suis-jelegenredetypedontvousrêvez? Non, mais quel toupet ! Elle lui rendit le dossier de Mme Kelly. Horsdemavue,play-boy!VousavezlaIlledunepatienteàappelerenAustralie.Rendez-vousutilependantque j’enquête sur le type d’aide dont elle dispose chez elle. — Vous envisagez déjà de la renvoyer chez elle ? — Comme son nom l’indique, c’est le principe de base duneUHCD.Croyez-leounon,laplupartdespatientspréfèrent rentrer chez eux au plus vite. — Dans ce cas, je vous laisse à vos recherches.
La Dragon-Lady se révélait bien plus intéressante qu e Brad ne l’avait prévu. Au lieu de la sévère matrone à cheveux gris qu’il s’attendait à voir, il avait découvert une jeune femme dotée d’un corps de déesse, de jolies boucles brunes et de grands yeux marron foncé. Une jeune femme impétueuse, de surcroît, ce qu’il appréciait particulièrement. Contre toute attente, elle avait fait renaître en lui cette sensation étrange, cette toute première lueur d’int érêt pour une femme, cette amorce de pensée que quelque chose pourrait jaillir entre eux pour peu que l’occasion se présente. ïl y avait si longtemps qu’il n’avait pas ressenti cela qu’il se retrouvait presque comme un adolescent lors de ses premiers émois. Même si leurs relations étaient cordiales, les collègues avec lesquels il travaillait depuis deux mois n’étaient pas ses « amis ». Par ailleurs, il ne tenait pas à fréquenter les
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apprenties médecins qui lui faisaient les yeux doux car, d’expérience, il savait que le jeu n’en valait pas la chandelle. Une agréable distraction.La formule résonna de nouveau dans sa tête. C’était exactement ce dont il avait besoin. Quelque chose qui détournerait son esprit de diverses réalités douloureuses — cette nouvelle fête de Noël qui se proIlait à l’horizon sous un énorme nuage noir, par exemple. ïl avait essayé de faire modiIer les emplois du temps aIn de pouvoir travailler le 25 décembre, mais en vain, Luca l’ayant devancé, et l’idée de vivre un Noël totalement vide dans un pays étranger, sans amis ni famille, lui était insupportable. ïl détestait l’idée de passer un autre Noël à se demander où était sa Ille, si elle célébrait joyeusement cette fête qui était aussi l’anniversaire de sa naissance. A se demander si elle se rappelait qu’il existait et ce qu’elle savait de lui. Dix-huitmois!ïlavaitpassélesdix-huitderniersmoisà essayer de retrouver sa Ille sans ménager ni son temps ni son argent, sans aucun résultat, et cela le tuait — surtout maintenant que son anniversaire approchait. ïl avait beau essayerdenepasêtrelerabat-joiedeservicequandlesautres s’amusaient, quelque chose était mort en lui. La seule chose qu’il aspirait à faire en ce jour dévolu aux familles, aux enfants, c’était tenir sa petite Melody sur ses genoux et lui offrir le plus beau présent du monde. Si seulement il savait où elle se trouvait… Comme chaque fois qu’il pensait à sa Ille, son estomac se noua et l’image d’Alison, la mère de la petite, s’imposa à lui. Alison, qui voulait que les choses se fassent à sa manière — ou pas du tout. Avec elle, aucune négociation n’était possible. Aucun compromis, ni même aucune communication. Elle avait bataillé sans relâche à propos des modalités de garde, lui disant qu’il empiétait sur sa vie. Puis, un jour, tout avait été Ini. En allant chercher sa petite Melody alors âgée de deux ans, comme convenu, il avait trouvé la maison vide. Aucune mention d’une nouvelle adresse. Rien… De la bouche des collègues d’Alison, à l’hôpital où elle poursuivait son internat, il avait appris qu’elle avait parlé
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d’émigrer aux Etats-Unis — apparemment, elle était tombée folle amoureuse d’un médecin américain —, mais personne ne savait à quel endroit. A partir de là, chaque seconde de sa vie avait tourné autour de la recherche de sa Ille… jusqu’à ce qu’il craque et que son meilleur ami lui fasse entendre la voix de la raison. Son changement d’environnement l’aidait à se retrouver peuàpeutelquenlui-même.DepuissoninstallationenEcosse, son habituelle décontraction lui était revenue et il avait Inalement commencé à se détendre et à se sentir de nouveau bien dans sa peau. Après tout, il n’avait rien fait de mal ; il méritait toujours de vivre sa vie. ïl devait reconnaître que, à l’inverse des autres membres du personnel féminin du Glasgow City, Cassidy Rae lui plaisait. Elle était atypique, déterminée, impertinente. Ensemble, ils pourraient faire des étincelles. Un sourire étira ses lèvres. Ne restait plus que la nouvelle concernant une certaine pièce à lui annoncer. Comment allait-elle réagir ?
Retournant au chevet de Mme Kelly, Cassidy l’aida à faire sa toilette avant d’enIler une chemise d’hôpital, puis elle lui administra ses médicaments par l’intermédiaire d’une perfusion. — Voilà, madame Kelly, votre traitement commencera bientôt à faire son effet. Le médecin a changé vos antibio-tiques, alors nous avons bon espoir qu’ils se révéleront plus efIcaces que ceux que vous preniez chez vous. — Merci, ma chère petite. ïl est gentil, ce séduisa nt jeune docteur. Et célibataire — c’est lui qui me l’a dit. ïl me rappelle un personnage de la télé, vous savez, dans un feuilleton. — Je ne regarde pas les feuilletons télévisés. De toute manière, ma préférence irait plutôt à un séduisant Ecossais, pas à quelqu’un venu des antipodes. S’approchant de la fenêtre, elle jeta un coup d’œil aux lourds nuages bas, à la cour noyée de pluie.
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— Pourquoi diable voudrait-on quitter tout ça ? ajouta-t-elle, ironique. — Pourquoi, en effet ? plaisanta la vieille dame en retour. Après l’avoir quittée, Cassidy passa un certain temps à retrouver ses marques. Le système informatique avait été modernisé, et elle avait perdu la moitié de ses données rien qu’en posant le doigt sur une touche de son clavier. Par ailleurs, le système de livraison automatique de la phar-macie semblait de nouveau en panne, et il en résultait que les médicaments de certains malheureux patients étaient bloqués quelque part. Tout à coup, venant de l’unité voisine, Lucy apparut au poste des inIrmières, un gobelet de thé à la main. — Alors, quel effet ça te fait d’être de retour ? Cassidy lui sourit tout en ouvrant le registre des congés. — C’est agréable… J’ai juste besoin de me mettre de nouveau au parfum… Ses yeux tombèrent sur les petites notes glissées à l’intérieur. — Super ! Sept membres de l’équipe veulent le même week-end de repos. CenestrienLeweek-enddernier,jaidûfaireappelà deux Illes de médecine interne pour assurer la garde de nuit parce que l’une des miennes avait invité tout le monde à son mariage. Tu as le temps de prendre une pause ? — Hélas, non. Le patron va arriver pour la visite. — A propos, que penses-tu de tes trois nouvelles re crues ? — Branché, Joufu et Narcisse ? Lucy pouffa de rire. — Tu les connais depuis moins de deux heures et tu leur as déjà trouvé des surnoms ? — Rien de plus facile. Luca est plus intéressé par son image de beau gosse que par les patients et Franco a englouti deux petits pains, une saucisse et la moitié d’une boîte de chocolatsdansladernièredemi-heure. — Aucun ne t’a tapé dans l’œil, alors ? — Pourquoi ? Tu mijotes quelque chose ? — Rien du tout. Je me demandais juste ce que tu pensais
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