Un émouvant imprévu - Des retrouvailles tant espérées - Tendres ennemis

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Un émouvant imprévu, Heidi Rice
Enceinte ! Il a suffi d’une étreinte, un moment d’égarement, pour que la vie de Theresa bascule totalement. Cette nuit-là, désemparée après la rupture brutale de ses fiançailles, elle s’est abandonnée dans les bras de Nathaniel Graystone, un séducteur impénitent. Aujourd’hui, bien que l’idée de devenir mère la transporte de joie et que sentir ce petit être grandir en elle l’émeut profondément, Theresa sait qu’une épreuve l’attend : elle doit annoncer la nouvelle à Nate…

Des retrouvailles tant espérées, Nikki Logan
Depuis la tragédie qui a fait d’elle une orpheline, il y a dix ans, Shirley n’a qu’une idée en tête : retrouver Hayden Tennant, l’étudiant rebelle que sa mère, professeur de philosophie, avait pris sous son aile. Hayden, sans qui elle n’aurait jamais pu surmonter son chagrin à l’époque. Comment oublier le réconfort de ses bras et l’indéfinissable bien-être qu’elle a ressenti ? Mais aujourd’hui, alors qu’elle touche au but, le doute l’envahit soudain : et si ces retrouvailles n’étaient pas telles qu’elle les avait imaginées ?

+ 1 roman gratuit :Tendres ennemis, Patricia Thayer

Publié le : samedi 1 mars 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280321648
Nombre de pages : 416
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1.

En d’autres circonstances, Theresa aurait apprécié la vue que les bureaux de Graystone Enterprises, situés au trente-huitième étage d’un immeuble de verre et d’acier, offraient sur la baie de San Francisco. Mais, aujourd’hui, trop nerveuse pour admirer le panorama, elle arpentait le hall d’accueil en s’efforçant vainement de contrôler sa respiration.

Dès son arrivée au siège de la société, une grosse boule s’était coincée au fond de sa gorge et elle avait eu beau toussoter discrètement, elle n’avait pas réussi à la déloger. La dernière fois qu’elle s’était sentie aussi fébrile et oppressée, c’était la veille de son quinzième anniversaire, douze ans et demi plus tôt.

Quand elle était rentrée à la maison ce jour-là, le buste serré dans un blouson à tête de mort, les cheveux teints en rouge et la narine droite percée d’un anneau, son père avait poussé un cri qui avait failli faire voler en éclats toutes les vitres du rez-de-chaussée.

— Où as-tu déniché cet accoutrement, Tess ? lui avait-il demandé, blême de colère.

— Chez une copine, avait-elle répondu d’un ton insolent. Mon nouveau look ne te plaît pas ?

— Non. Tu sais à qui tu ressembles avec ton vieux cuir lacéré et ta crête de coq ? Aux jeunes droguées qui traînent dans les rues de Londres du matin au soir et qui effraient les touristes.

— Dommage que maman ne soit plus là ! Si elle me voyait, je suis sûre qu’elle me trouverait très jolie et qu’elle me féliciterait d’avoir changé de style.

— Elle qui était l’élégance personnifiée, te féliciter de ton mauvais goût ? Tu délires ! Elle t’en voudrait tellement d’avoir oublié tes bonnes manières qu’elle te priverait de sorties jusqu’à Noël.

— Et toi, papa, qu’est-ce que tu vas faire ?

— T’infliger une punition dont tu te souviendras toute ta vie.

Trop rigoureux pour être efficace, le châtiment mémorable que Theresa avait reçu en guise de cadeau d’anniversaire n’avait réussi qu’à la braquer contre son père et à l’éloigner de lui.

Aujourd’hui, personne ne pourrait s’imaginer qu’elle avait eu une adolescence chaotique et qu’elle avait fréquenté une bande de punks pendant des mois, se dit-elle en croisant son reflet dans l’un des miroirs du hall.

Les mèches hirsutes qui flamboyaient jadis au sommet de son crâne avaient laissé place à de longs cheveux dorés noués bas sur la nuque en un épais chignon. Quant à ses boucles d’oreilles et à la chaînette en argent massif enroulée autour de son poignet, elles n’avaient rien de comparable avec les piercings clinquants et les bracelets en cuir clouté qu’elle affectionnait autrefois.

A la fin de ses études, lorsqu’elle avait décidé de devenir organisatrice de réceptions, elle était allée courir les magasins de Chelsea et s’était métamorphosée en femme d’affaires sans la moindre difficulté. Mais sous ses dehors élégants, elle avait toujours gardé son tempérament de feu et sa soif inextinguible de liberté.

Après avoir collectionné les succès à Londres, elle avait refusé de s’endormir sur ses lauriers et s’était lancé un nouveau défi : partir exercer ses talents de l’autre côté de l’Atlantique. Comme deux de ses anciennes camarades d’université, elle avait préféré s’établir en Californie qu’à New York et s’était vite adaptée aux rythmes de sa nouvelle vie.

— Asseyez-vous, mademoiselle Tremaine, je vous en prie.

Tirée de ses pensées par la voix haut perchée de Jenny McBride, l’assistante personnelle de Nathaniel Graystone, Theresa se carra dans l’un des fauteuils alignés au fond du hall. Puis, pour tromper son impatience, elle se mit à fredonner silencieusement un vieux tube de Madonna en battant la mesure du bout de ses pieds gainés de soie.

Quand elle avait fait la connaissance de Nathaniel un mois et demi plus tôt, elle portait déjà des bas résille et des escarpins aux brides torsadées. Chargée de l’organisation d’un cocktail au Skyline, un restaurant panoramique de San Francisco, elle s’était tellement démenée ce jour-là qu’elle n’aurait pas eu la force d’assister à la fête si elle n’avait pas reçu un coup de fil inopiné.

— Allô ! avait-elle jeté d’un ton las dans le micro de son téléphone dès que celui-ci s’était mis à vibrer. Qui est à l’appareil ?

— Dan, avait répondu son fiancé.

— Que veux-tu ?

— Te dire que tout est fini entre nous.

— Je… je te demande pardon ?

— Tu m’as très bien entendu. En me baladant dans le parc du Golden Gate ce matin, je me suis aperçu que le célibat me plaisait et que je n’étais pas pressé de fonder un foyer.

— Tu es tombé sur un sosie de Miss Monde au détour d’une allée et elle t’a tapé dans l’œil ?

— Même pas ! Je n’ai croisé que des grands-mères percluses de rhumatismes et des gamins turbulents pendant ma promenade.

— Ce sont eux qui t’ont dégoûté du mariage ?

— Non. Je n’ai eu besoin de personne pour prendre ma décision.

— Que me reproches-tu ?

— Ta frigidité.

— Ma quoi ?

— Ta frigidité. Quand nous faisons l’amour, tu as l’air de trouver ça mortellement ennuyeux.

— Et alors ? Il n’y a pas que le sexe dans la vie. Il y a aussi la tendresse et la complicité.

— Ah ! parlons-en, de notre complicité. Tes goûts sont tellement différents des miens que nous n’arrêtons pas de nous chamailler. A moins d’être candidats au divorce, il vaut donc mieux que nous rompions avant d’avoir convolé.

— Beaucoup mieux, tu as raison. Je préférerais me trancher la langue que de dire oui à un mufle comme toi.

Après avoir raccroché sèchement, assommée, elle s’était remise au travail avec des gestes d’automate et avait décidé de passer une partie de la nuit au Skyline.

Le coktail avait à peine débuté quand elle avait vu Nathaniel Graystone franchir le seuil du restaurant. Elle l’avait regardé saluer les autres invités et s’était juré de le tenir à distance tout au long de la soirée.

Elle aurait préféré mourir plutôt que de succomber à son charme dévastateur, s’était-elle juré entre deux gorgées de champagne.

Mais, lorsqu’il s’était approché d’elle d’une démarche féline et qu’il l’avait comblée d’éloges, elle avait trouvé tellement agréable de se faire encenser qu’elle n’avait pas eu le cœur de l’interrompre.

— Vous venez ? lui avait-il glissé à l’oreille pendant que la fête battait son plein. J’aimerais vous montrer mes… talents cachés.

Et, au lieu de le gifler ou de lui tourner le dos avec une dignité de reine offensée, elle l’avait suivi docilement jusque dans les toilettes.

— Que j’ai envie de vous, ma belle ! s’était-il exclamé avant de dégrafer son pantalon, de lui arracher son string et de la plaquer contre la porte.

L’esprit à la dérive et le corps enfiévré, elle s’était laissé entraîner loin, très loin de la réalité. Puis, dès qu’elle avait senti refluer en elle la vague brutale de plaisir qui l’avait privée de son habituelle lucidité, elle s’était enfuie du Skyline à toutes jambes.

Pourquoi avait-elle cédé à ce don Juan ? s’était-elle demandé après avoir regagné son domicile. Parce qu’elle avait un peu trop bu et que l’alcool lui avait brouillé les idées ? Non ! Elle avait certes abusé du champagne, mais pas au point de perdre la tête et de se jeter au cou d’un séducteur impénitent. Parce que sa conversation téléphonique avec Dan l’avait déstabilisée et qu’elle avait eu besoin de se rassurer dans les bras d’un autre homme ? Sans doute…

Si le destin ne s’était pas amusé ensuite à déjouer ses plans, elle se serait abrutie de travail pendant des semaines et aurait fini par oublier cette folle étreinte. Seulement voilà ! Les erreurs qu’on commettait dans un moment de faiblesse étaient souvent lourdes de conséquences et…

Arrachée à sa méditation par la sonnerie stridente de l’Interphone qui trônait sur le bureau de Jenny McBride, Theresa la regarda enfoncer les touches de l’appareil et enroula ses doigts autour des accotoirs de son fauteuil. Si Nathaniel refusait de la recevoir, que devrait-elle faire ? S’en aller avant d’avoir pu lui révéler le secret qu’elle était venue lui confier ? Ou forcer sa porte et l’obliger à ouvrir ses oreilles ?

— La visioconférence à laquelle participait M. Graystone est terminée, mademoiselle Tremaine, annonça Jenny. Que voulez-vous que je lui dise ?

— Que l’organisatrice de la petite fête donnée par Edward et Brenda Galloway au Skyline le 20 juillet aimerait avoir un entretien avec lui.

— Il vous connaît ?

— Oui. Nous avons… sympathisé au cours de la réception.

— Vous ne devez pas être la seule personne à qui il ait serré la main ce soir-là. Il est tellement sollicité à longueur d’année qu’il vous a peut-être oubliée.

— Oh ! ça m’étonnerait.

— Est-ce pour des raisons personnelles ou professionnelles que vous souhaitez le rencontrer ?

— Personnelles. S’il vous demande de me faire patienter, avertissez-le que je ne bougerai pas d’ici avant d’avoir pu lui parler.

— Très bien ! Je vais lui transmettre votre message.

— Merci.

Dès que Jenny se fut retirée, Theresa bondit de son siège et essaya une fois encore de maîtriser sa nervosité. Peine perdue… La grosse boule qui lui obstruait la gorge avait doublé de volume et l’empêchait de respirer.

Elle devait absolument se calmer, se dit-elle, au bord de l’asphyxie. Ce n’était pas au grand méchant loup qu’elle était venue rendre visite, mais à un séducteur de pacotille qui n’aurait probablement pas le courage d’assumer ses responsabilités.

— M. Graystone vous attend, mademoiselle Tremaine, déclara Jenny en réapparaissant dans le hall cinq minutes plus tard. Entrez, je vous en prie.

Le cœur battant, Theresa ajusta sur son épaule la bandoulière de son sac et se dirigea d’un pas raide vers la longue table en demi-lune à laquelle était assis Nathaniel.

— Ravi de vous revoir, lança-t-il avant de se lever et de lui désigner un fauteuil.

Avoir un tel charme devrait être considéré comme un délit, pensa-t-elle, subjuguée par le puissant magnétisme qui émanait de lui.

Avec son regard bleu saphir où dansait une flamme rieuse, sa bouche aux lèvres pleines et ses épais cheveux bruns dont elle connaissait la douceur pour y avoir enfoui ses doigts le soir de leur première rencontre, il incarnait la séduction à l’état pur. Elégamment vêtu d’une chemise gris perle qui mettait en valeur ses larges épaules et d’un pantalon anthracite que resserrait à la taille une fine ceinture en cuir noir, il n’aurait eu aucun mal à éclipser les mannequins aux muscles d’athlète que se disputaient les meilleurs stylistes de San Francisco.

— Qu’est-ce qui me vaut l’honneur de votre visite, ma jolie ? demanda-t-il en se perchant sur un coin de son bureau.

— Je me prénomme Theresa, jeta-t-elle d’une petite voix pointue.

— Bien que je n’aie pas la chance d’être l’un de vos amis, m’autorisez-vous à vous appeler Tess ?

— Oui.

— Tant mieux ! Si vous m’aviez obligé à faire des chichis après ce qui s’est passé entre nous, je vous aurais trouvée terriblement snob.

Gênée par le regard éloquent dont l’enveloppait Nathaniel, Theresa sentit ses pommettes s’enflammer.

— Quel splendide vermillon ! s’exclama-t-il. Je ne savais pas que les jeunes femmes rougissaient encore à notre époque.

— Ce n’est pas à cause de votre manque de tact que je rougis, c’est à cause de la chaleur, maugréa-t-elle. Le thermomètre qui est accroché à l’une des cloisons du hall d’accueil indiquait trente degrés à mon arrivée et je ne supporte pas les températures trop élevées.

— Ah bon ? Je croyais que vous adoriez les atmosphères brûlantes.

L’allusion était tellement directe — et le ton, tellement sarcastique — que Theresa s’empourpra de plus belle.

Mais qu’est-ce qui lui avait pris de suivre ce goujat dans les toilettes du Skyline ? se reprocha-t-elle, mortifiée.

Habitué à voir les jolies filles se pâmer d’admiration devant lui, il devait s’imaginer qu’elle était venue le relancer et qu’elle rêvait de passer une nuit entière dans ses bras.

— Vous n’avez toujours pas répondu à ma question, lui rappela-t-il d’un air narquois.

— Quelle question ? demanda-t-elle, la tête pleine de brouillard.

— Celle que je vous ai posée il y a un instant : qu’est-ce qui me vaut l’honneur de votre visite ?

— J’allais justement vous le…

— Non, laissez-moi deviner ! interrompit-il après avoir caressé des yeux les longues jambes fuselées de Theresa. Je parie que vous vous en voulez d’avoir oublié votre string au Skyline et que vous avez hâte de le récupérer.

— Vous l’avez gardé ?

— Bien sûr ! Pas par fétichisme, mais par simple courtoisie. Je me suis douté qu’il vous manquerait et que vous viendriez tôt ou tard le chercher.

— Il faut croire, alors, que vos dons d’extralucide laissent à désirer.

— Vous n’êtes pas impatiente que je vous rende ce qui vous appartient ?

— Pas du tout ! J’ai d’autres problèmes en ce moment.

— Des problèmes de quel ordre ?

— Physiologique.

— Vous êtes malade ?

— Non, rassurez-vous, je suis en pleine forme… A un détail près.

Une étincelle d’humour éclaira les yeux de Nathaniel.

— Ah ! je sais de quoi vous souffrez, ma chère Tess, s’écria-t-il avec une emphase moqueuse. Depuis que vous avez pu apprécier certaines de mes aptitudes, vous êtes en manque et vous aimeriez que je vous emmène explorer le septième ciel une fois encore. Si c’est ce que vous voulez, vous n’avez qu’à me le dire franchement au lieu de tourner autour du pot. Je me ferai une joie de vous offrir mes services.

— Merci de votre générosité, riposta Theresa, ulcérée par une telle outrecuidance, mais je préfère les longues nuits d’amour aux étreintes furtives.

— Dans ce cas, sortons vite d’ici et allons chez moi.

— Où habitez-vous ?

— Au bout de la rue. L’appartement que j’occupe se trouve tout en haut d’un immeuble de soixante-quinze étages. Quand vous y entrerez, vous vous croirez à mi-chemin du paradis. Et il me suffira ensuite de vous serrer dans mes bras pour vous propulser vers une autre galaxie.

— Grâce à vos « talents cachés » d’astronaute, j’imagine ?

— Oui. Je suis un spécialiste des voyages intersidéraux.

— Et le roi des prétentieux.

— Si vous pensez que je vous raconte des histoires, venez dans ma chambre et vous verrez que je ne vous ai pas menti. Comparée aux toilettes exiguës du Skyline, elle vous semblera merveilleuse.

— Oh ! je n’en doute pas.

— Quant à mon lit, il est tellement confortable que vous ne voudrez plus le quitter.

Fatiguée de cette conversation qui n’avait ni rime ni raison, Theresa s’agrippa aux accotoirs de son fauteuil et lança d’une seule traite :

— Ce n’est pas pour coucher avec vous que j’ai décidé de vous rendre visite aujourd’hui, espèce de vantard ! C’est pour vous dire que j’avais acheté trois tests de grossesse ce matin et qu’ils s’étaient tous révélés positifs.

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