Un envoûtant rival

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Si Nicholas Thornton est l’homme le plus séduisant sur lequel Jessie ait jamais posé les yeux, c’est aussi son rival en affaires. Celui qui ne reculera devant rien pour détruire la petite agence de publicité qu’elle a créée et qui, à force de travail et de persévérance, fait aujourd’hui de l’ombre au célèbre cabinet Thornton & Co. Mais de réunion de travail en confrontation, Jessie se sent malgré elle de plus en plus attirée par cet envoûtant ennemi. Et bientôt, un doute terrible l’envahit : si elle est de taille à lutter contre l’impitoyable homme d’affaires, en sera-t-il de même face aux émotions brûlantes qu’il éveille en elle ?
Publié le : lundi 1 février 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280353762
Nombre de pages : 160
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Prologue

Jessie profita de la fin du morceau pour s’éloigner de la piste de danse, à bout de souffle. Un peu plus loin, Becky virevoltait toujours dans les bras de son mari, rayonnante dans sa somptueuse robe blanche. Son amie, tel un papillon sortant de sa chrysalide, semblait métamorphosée… Elle avait enfin trouvé son prince charmant, et elle rayonnait d’amour et de bonheur.

Profondément réjouie, Jessie laissa pourtant échapper un soupir mélancolique. Car de son côté elle continuait à espérer… quelque chose. Pas le grand amour, non, mais une rencontre un peu plus intéressante que les aventures sans lendemain dont elle s’accommodait habituellement.

Elle porta sa flûte de champagne à ses lèvres et avala une longue gorgée. C’était délicieux. Elle termina son verre d’une traite.

Un éclat de rire masculin retentit à côté d’elle.

— Je vois que vous appréciez le champagne, c’est bon signe !

Jessie sursauta. Un adonis blond aux yeux bleus, tout droit sorti des pages d’un magazine de mode, était en train de l’observer. Elle esquissa un sourire. C’était peut-être l’occasion de se distraire…

— Enfin un peu de compagnie, répliqua-t-elle. Je commençais à m’ennuyer sérieusement.

— Vous m’accordez cette danse ?

L’orchestre jouait un tango langoureux. Jessie posa son verre.

— Avec plaisir !

Elle accepta le bras que lui tendait le bel inconnu et le suivit sur la piste. Elle fut surprise par la manière dont il lui enserra la taille, plaquant son corps contre le sien d’un geste impérieux. Dès les premiers pas, il la guida parfaitement. Il était excellent danseur, et elle s’abandonna au rythme de la musique et aux mouvements de son partenaire.

— Au fait, je m’appelle Nick, dit-il en la regardant à travers ses paupières mi-closes.

Perdue dans le balancement de leurs corps, elle mit quelques secondes avant de réagir.

— Et moi, Jessie, répondit-elle avec un petit rire. Excusez-moi, c’est tellement rare de rencontrer de bons danseurs !

— Mon père sera ravi d’apprendre que mes leçons particulières auront servi à quelque chose.

— Vous avez suivi des cours ?

— De danse de salon, oui. Cela m’évite de mourir d’ennui dans les bals et les galas auxquels je suis obligé d’assister.

— Vous avez plutôt de la chance. Moi, on ne m’invite pas aux réceptions mondaines. Vous appartenez à la jet-set ?

Il fit la grimace.

— Au clan des businessmen new-yorkais, en tout cas. Tradition familiale oblige.

— Waouh ! Impressionnant.

Il l’entraîna dans un tourbillon vertigineux, la rattrapa par la taille et la renversa en arrière. Puis il pencha son visage tout près du sien, à quelques centimètres.

— Et vous n’avez encore rien vu… Je connais toutes sortes de variantes qui vous épateraient.

Jessie cherchait encore une réponse quand les premiers accords de « La Danse des canards » retentirent. Devant l’expression confuse et médusée de son partenaire, elle éclata de rire.

— On ne joue pas cela, à vos soirées ?

— Non, jamais.

— Eh bien, aidez-moi à me redresser. Je vais vous montrer.

* * *

Nick s’amusait beaucoup. La superbe créature rousse qui avait l’air si distinguée tout à l’heure se mit à agiter les bras en se dandinant et en poussant des cris qui voulaient imiter ceux du canard.

— Allez ! lança-t-elle. Ne faites pas le timide.

Il s’apprêtait à refuser, mais autour de lui tout le monde entrait dans la danse avec enthousiasme. Il fut bien obligé de s’exécuter. Quelques secondes plus tard, débarrassé de ses inhibitions, il gesticulait comme les autres.

Habilement, il dirigea la jeune femme vers la salle de réception et ils finirent par s’asseoir, riant aux éclats et incapables de s’arrêter.

Quand ils se calmèrent enfin, elle avait les yeux brillants et les pommettes rouges. Quelques mèches folles s’étaient échappées de son chignon élégant. Sur une impulsion, Nick tendit la main et enleva les épingles à cheveux qui le maintenaient en place.

— Eh ! protesta-t-elle. Qui vous permet cette liberté ?

— Excusez-moi, répliqua-t-il avec un sourire charmeur. Je n’ai pas pu m’en empêcher. Je voulais voir comment vous êtes au naturel. J’imagine que vous vous coiffez autrement dans la vie de tous les jours.

— Oh ! vous seriez surpris ! lança-t-elle en passant les doigts dans la masse de sa chevelure. Je ressemble à une parfaite femme d’affaires, quand il faut.

— Je vous vois plutôt dans un métier créatif.

— Vous n’êtes pas loin. Je dirige une agence de publicité numérique, ce qui requiert malgré tout un minimum de sérieux.

Nick eut peine à contenir son enthousiasme. En plus d’être incroyablement sexy et terriblement drôle, cette jolie rousse flamboyante travaillait dans un domaine qui l’intéressait particulièrement.

— Hum. Je risque de faire appel à vos compétences. Vous me laissez votre carte ?

— Je n’ai pas très envie de discuter boulot ce soir, mais je serais ravie de vous revoir.

Elle lui adressa un long regard, empreint de sensualité.

— Et si je vous donnais plutôt la clé de ma chambre ? ajouta-t-elle d’une voix langoureuse.

Absolument ! Quelle bonne idée ! songea Nick. Mais il n’eut pas le temps de prononcer ces mots à voix haute, car la mariée les interrompit à ce moment-là.

— J’ai besoin de ma demoiselle d’honneur !

— Je ne me suis pas encore acquittée de tous mes devoirs ? l’interrogea Jessie avec un sourire taquin.

Becky la tira par le bras pour l’obliger à se lever.

— Pas tout à fait ! Je vais lancer mon bouquet. Tu dois être au premier rang pour l’attraper.

— Non, merci ! Je suis très occupée.

— Je vois.

Becky lança à Nick un regard complice.

— Je veux bien te prêter Jessie à condition que tu me donnes son numéro, plaisanta-t-il.

— Marché conclu. Je ne te ferai même pas promettre de l’épouser !

— Tant mieux. Je suis contre le mariage.

— Moi aussi, d’ailleurs, intervint Jessie.

Becky les considéra d’un air entendu.

— Vous changerez peut-être d’avis tous les deux, comme tout le monde.

Nick regarda les deux jeunes femmes s’éloigner vers un petit groupe. Le bouquet s’envola dans les airs en direction de Jessie, qui essaya de s’esquiver mais tendit la main au dernier moment.

Elle était l’heureuse élue.

La voix de Mark, l’heureux époux, couvrit le bruit des applaudissements.

— Messieurs, le moment est venu de tenter votre chance pour attraper la jarretière de la mariée !

Refusant de prendre part aux réjouissances, Nick profita du brouhaha pour s’éclipser. Il se retourna sur le seuil pour regarder une dernière fois Jessie sous les lumières multicolores. Elle avait vraiment un sourire extraordinaire.

Dommage. Il aurait bien prolongé la soirée avec elle.

Il reprendrait contact à New York.

Il savait comment se procurer son numéro.

1.

Accroupie sous son bureau, Jessie grogna en entendant la sonnerie du téléphone. De l’endroit où elle était, elle ne pouvait pas répondre. Il fallait vraiment revoir l’installation électrique. Si elle utilisait une prise multiple, cela provoquait des courts-circuits. Au moins trois fois par jour, elle était donc obligée de se contorsionner pour changer les branchements de ses différents appareils.

Oui, un jour, elle appellerait un électricien pour demander un devis. Bientôt, peut-être, si elles continuaient à avoir de nouveaux clients.

— Gloria ? Tu peux décrocher ? cria-t-elle.

— Tout de suite !

Sa sœur se précipita en glissant sur le parquet ciré.

— Bonjour, vous êtes en communication avec Jessie Owens… Oui, elle est là. C’est de la part de qui ?

Gloria se pencha vers Jessie.

— Un certain Nick demande à te parler. Apparemment, il t’a rencontrée au mariage de Becky.

Nick ? Quelle surprise ! Vu la façon dont il avait pris la fuite lorsqu’elle s’était jetée à sa tête, elle pensait ne jamais le revoir…

Tout cela à cause du champagne. Elle n’aurait pas dû boire autant. L’alcool lui jouait toujours de mauvais tours.

Jessie tenta de s’extirper de sa position et se cogna la tête dans son bureau.

— Aide-moi, veux-tu ? souffla-t-elle avec un ton exaspéré.

Gloria la tira si fort qu’elles perdirent toutes deux l’équilibre et faillirent tomber à la renverse.

Elles partirent en même temps d’un grand éclat de rire.

— Fais un peu attention, espèce de brute !

Jessie riait encore quand elle prit la communication.

— Allô, Jessie à l’appareil.

— Vous êtes toujours aussi joyeuse, Jessie.

— Je suis surprise de votre appel. Vous vous êtes sauvé tellement vite, après notre petite conversation…

— Ce n’est pas vous que je fuyais, mais la jarretière, expliqua-t-il. Je n’avais pas du tout envie de participer à ce jeu stupide.

Jessie hocha la tête avec conviction. Un jeu stupide, en effet… Comme elle avait attrapé le bouquet, elle avait été obligée de danser avec le vieux garçon ventripotent qui avait gagné ! Elle en avait encore des frissons dans le dos.

— Je ne vous blâme pas. C’était plutôt étrange.

— Les gens se croient obligés de respecter ces vieilles coutumes ridicules. Si nous avions terminé la soirée ensemble, Mark et Becky nous auraient déjà mariés.

— Non, ils savent que je suis réfractaire au mariage. Pour moi, c’est une institution périmée.

— Vous n’avez pas dit cela à Becky, j’espère ?

— Bien sûr que non. Je l’ai félicitée le plus chaleureusement du monde.

Elle contempla un instant la photo des jeunes mariés sur son bureau.

— Cela me paraît déjà bien loin ! Cela fait au moins trois mois, non ?

— Oui, désolé de ne pas avoir appelé plus tôt… J’ai dû organiser un déménagement transatlantique, commencer un nouveau job et trouver un moyen de sauver l’entreprise familiale du désastre.

— Que d’activités !

— Oui…

Un silence gêné tomba.

— Zut ! lança Jessie en jetant un coup d’œil à sa montre. Je suis en retard.

— Vous avez un rendez-vous ?

— Oui, assez délicat, d’ailleurs, avec une nouvelle cliente et son agent.

— Moi, je me rends à une réunion assez problématique également. Une habituée de notre agence qui tient à me présenter un de mes concurrents, aux méthodes soi-disant révolutionnaires.

Jessie attrapa sa veste et rassembla d’une main ses affaires dans son sac à main.

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