Un époux à conquérir

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Londres, 1807 En voyant le visage stupéfait de son mari, dans la loge de théâtre opposée, Ellen jubile. Dire qu’il y a à peine quelques mois il la traitait comme une petite chose insignifiante, consignée au foyer, et s’affichait publiquement avec d’autres femmes. Jamais plus elle ne se sentira ainsi délaissée ! Pour lui donner une bonne leçon, elle s’est enfuie à la campagne et y a reçu les conseils d’une courtisane professionnelle. Devenue experte dans l’art de la séduction, elle compte aujourd’hui lui montrer ce qu’il a perdu en trahissant sa confiance. Et malgré son regard embrasé, qui la dévore tout entière, malgré le trouble qu’elle ressent toujours devant lui, elle est bien décidée à rester inaccessible...
Publié le : mercredi 1 juillet 2015
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EAN13 : 9782280281409
Nombre de pages : 59
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A PROPOS DE L’AUTEUR

Selon Margaret MCPhee, une femme qui veut réussir sa vie doit faire preuve d’audace et de courage. Rien d’étonnant, donc, à ce que ses héroïnes correspondent à ce portrait et nous transportent dans des aventures passionnées qui bouleversent les codes établis.

Chapitre 1

Septembre 1807

Confortablement installés dans la loge privée du duc d’Arlesford au Théâtre Royal, le vicomte Marcus Stanley et ses amis demeuraient silencieux, captivés par une autre loge, en face d’eux.

— Je ne savais pas que vous aviez prêté votre loge, Stanley, dit soudain Arlesford d’une voix lourde de sous-entendus.

Marcus ne prit pas la peine de répondre, hypnotisé par la belle inconnue qui venait de s’y installer, seule. Qui pouvait bien être cette femme ? Savait-elle qu’il s’agissait d’une loge privée ? En tout cas, elle n’aurait pas pu choisir un meilleur moment pour attirer son attention : la pièce n’avait pas encore commencé et il n’y avait encore rien d’autre à faire dans la salle, à part regarder les gens s’asseoir… Dès son apparition, il avait été subjugué par sa beauté : ses boucles savamment coiffées étaient d’un bel éclat noisette, et ses courbes voluptueuses parfaitement mises en valeur par le halo de sa robe claire. Lentement, les lumières s’estompèrent, mais il ne put détacher ses yeux de la tache pâle qu’elle formait dans la pénombre.

Les acteurs entrèrent en scène sous un murmure d’approbation. Le public appréciait-il vraiment le spectacle, ou bien était-il lui aussi captif de cette vision enchanteresse ?

Ignorant les regards rivés sur elle, l’inconnue prit le temps de s’installer avec une indolence presque sensuelle, comme si elle était chez elle. Comme si elle attendait Marcus… Et, bien sûr, nul ne pouvait manquer de remarquer qu’elle y était seule, à l’exception de sa suivante. Il ne faudrait pas longtemps à la foule pour répandre les rumeurs les plus extravagantes.

Comme s’il avait lu ses pensées, Sebastian Hunter se pencha vers lui pour lui murmurer avec un sourire :

— Vous nous cachiez une maîtresse ? Je comprends pourquoi, c’est une perle rare ! Vieille canaille !

— C’est tout de même un peu… indécent, Stanley, renchérit Arlesford suffisamment bas pour qu’il fût le seul à l’entendre. La rumeur pourrait même atteindre Southampton, après tout, ce n’est pas si loin.

Southampton… L’endroit où son épouse, Ellen, se trouvait depuis quatre mois, « en visite chez ses parents ». C’était l’excuse qu’il avait donnée et personne n’avait osé remettre sa parole en doute. Personne n’osait jamais parler de sa femme ou de son mariage, Dieu merci.

Seulement, avec cette sublime apparition dans sa loge attitrée, ses mensonges ne tenaient plus la route : on allait penser qu’Ellen l’avait quitté par dépit, ou pire, qu’il l’avait éloignée pour pouvoir vivre tranquillement une aventure… Sans trahir le tumulte qui l’envahissait, il continua de fixer l’inconnue en face de lui. Quelle que soit son identité, elle ne pouvait ignorer qu’elle était sur le point de créer un véritable scandale, installée de manière si provocante dans cette loge. C’était certain, on allait croire qu’il cherchait à exhiber une nouvelle maîtresse ! Toute la ville savait pourtant qu’il s’était marié six mois à peine auparavant. Amanda aurait-elle envoyé cette femme pour lui créer des problèmes ?

Au bout de quelques instants, l’inconnue leva les yeux vers lui, sans gêne, et le dévisagea à son tour, un peu trop longtemps, comme si elle le mettait au défi de la rejoindre. Soudain, son cœur fit un bond dans sa poitrine. C’était elle !

— Que le diable m’emporte ! jura-t-il à voix basse.

Incrédule, il la regarda encore un moment. Comment avait-il pu ne pas la reconnaître !

— Messieurs, lança-t-il alors en se levant, si vous voulez bien m’excuser…

Sans doute avait-il parlé trop fort car, dans la pénombre, de nombreux regards se tournèrent vers lui, l’air curieux. Déterminé à ne pas laisser paraître son trouble, il adressa un bref signe de tête à la jeune femme.

— Je pense que je ferais mieux d’aller rejoindre mon épouse, reprit-il, les dents serrées.

Ces derniers mots résonnèrent dans la loge silencieuse et tous les regards se tournèrent une fois de plus vers la loge d’en face. Sans laisser le temps à ses amis de réagir, Marcus s’éclipsa.

* * *

Ellen Henshall, vicomtesse Stanley, prit une profonde inspiration dans l’espoir vain d’apaiser les battements de son cœur. Dans quelques secondes, Marcus serait devant elle, et l’image de façade qu’elle avait créée avec tant de soin devrait faire ses preuves dans l’intimité. Un doute la saisit soudain. Et si son projet ne se déroulait pas comme prévu ? Non, elle devait à tout prix atteindre son objectif. Elle n’aurait pas la force de revivre les premiers mois catastrophiques de son mariage. Sa détermination allait devoir suffire à calmer ses angoisses.

Soudain, une voix grave et familière la fit sursauter.

— Ellen… Vous ne m’aviez pas dit que vous reveniez à Londres.

C’était pour vous empêcher de fuir ma compagnie, songea-t-elle en réprimant un frisson. Jamais auparavant elle n’avait osé se confier de la sorte, trop timide pour affronter son époux. Moins farouche aujourd’hui, elle aurait eu le courage de lui dire ces mots, mais se retint — cela risquait de contrecarrer ses plans.

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