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Un été à Paris

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Antoine demeure à New York depuis bientôt cinq ans. Il travaille comme artisan-boulanger au Chelsea Market. Son savoir-faire est sans cesse cité dans les plus grands magazines new-yorkais.
Au cours de l'été, Antoine se voit obligé de retourner à Paris pour administrer la boulangerie familiale. Au fil des semaines, il va transformer ce commerce en un endroit créatif et incontournable pour les gens de la capitale. 
Authenticité, fraîcheur et saveur sont au rendez-vous !
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Alexandre Leclerc-Gravel

Un été à Paris

 


 

© Alexandre Leclerc-Gravel, 2017

ISBN numérique : 979-10-262-1050-4

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Courriel : contact@librinova.com

Internet : www.librinova.com


 

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

 

 

 

« Paris le jour, Paris la nuit,
sous soleil ou sous la pluie,
Paris sera toujours… Paris »

 

Chapitre 1

 

New York ! En sortant de l’aéroport, je pris mon premier taxi jaune. Un peu gêné de mon accent français prononcé, je m’adressai au chauffeur simplement : Manhattan please ! Déjà, nous étions sur le célèbre pont de Brooklyn. Au moment où nous le traversions, je me rappelais encore certains détails que j’avais observés au cinéma. Quelle sensation de se voir dans ce décor authentique qu’Hollywood a immortalisé !

Au loin, devant moi, se dressaient d’innombrables gratte-ciel, tous plus gigantesques les uns que les autres. Plus nous avancions, plus cette ville m’apparaissait monstrueuse. J’avais l’impression, dans ce nouvel univers, d’être la proie d’une immense pieuvre, tellement tout était oppressant. Mais, comme tous les touristes du monde entier, cela ne m’empêchait pas d’avoir les yeux rivés vers le haut, scrutant le moindre détail de chaque édifice : tout était grand, démesuré, sans fin… Et, lorsque nous franchissions une rue, j’essayais d’attraper du regard tout ce qui pouvait m’éblouir ! J’étais comme un enfant devant une vitrine de magasin de jouets, ne sachant lequel choisir tant la tentation de regarder ailleurs était grande.

Le chauffeur me regardait depuis quelques secondes quand je me rendis compte que j’étais arrivé à destination. Avec mon anglais de l’époque, je m’excusai maladroitement, avec un sourire. À titre de reconnaissance, je lui laissai un pourboire généreux comme pour le remercier personnellement de la joie que je ressentais d’être là.

Debout sur le trottoir qui bordait ce vieil immeuble, je fixais la porte vitrée qui justifiait la raison de ma venue. Plein de fougue, je montai les marches rapidement. J’appuyai plusieurs fois sur l’interphone.

– Personne ? dis-je, en sourcillant.

Je m’assis sur les marches, mes valises près de moi, et j’attendis sagement en défilant devant moi plusieurs scénarios. Est-ce qu’elle m’avait oublié ? Ou encore pire, est-ce qu’elle avait loué l’appartement à quelqu’un d’autre ? Pour éviter d’être inquiet, je regardais autour de moi et je contemplais l’architecture toute nouvelle à mes yeux : les couleurs, les formes, les fenêtres… Le plus surprenant, pour moi, étaient ces serpentins d’escaliers métalliques qui arboraient souvent les mêmes couleurs que les immeubles sur lesquels ils étaient fixés. Mon regard se portait aussi sur les arbres qui commençaient à présenter doucement leurs belles robes automnales. L’odeur et la fraîcheur qui s’y dégageaient apportaient une brise réconfortante dans cette nouvelle ville. Beaucoup de bruits se faisaient entendre au loin. Parmi les grondements des moteurs d’autos et les klaxons des taxis, je pouvais aussi distinguer le bruit strident des sirènes. Tout ceci m’était pourtant familier, mais me semblait étranger en l’absence des nombreux scooters de Paris.

Je cherchais le numéro de l’agent immobilier dans mon calepin quand soudain une Lincoln noire s’arrêta devant moi. Une grande femme blonde en descendit et me regarda fixement. Un son de clefs se fit entendre. Elle se baissa pour les ramasser. Je compris que cette femme venait enfin pour moi. Le calvaire de l’attente était fini !

– Vous êtes Antoine ? me demanda-t-elle.

– Oui

– Attendez-vous depuis longtemps ? dit-elle en m’emboîtant le pas.

Je hochai négativement la tête un peu frustré de n’avoir pas immédiatement les mots dans la bouche pour répondre correctement. En riant, elle m’ouvrit la porte, et me confirma que les retards étaient une chose habituelle à New York et qu’il fallait s’y faire.

Première leçon new-yorkaise, pensais-je à l’instant !

Elle passa devant moi et monta deux étages. Numéro 222 : j’espérais que ce serait un numéro porte-bonheur. Elle ouvrit la porte et entra. Première observation : murs de briques, cuisine ouverte, un seul espace servant de chambre, de salon et de salle à manger. Elle me fit un discours qu’elle avait probablement récité à maintes reprises. Il lui fallait beaucoup d’imagination pour trouver autant de détails dans ce lieu vide, sans chaleur et sans âme. En m’approchant de la fenêtre, je regardai la rue au travers d’un escalier de secours. Je pouvais alors voir une des nombreuses intersections de la ville. Une sensation de joie et de calme profond me traversa. Je restai un instant devant cette fenêtre pour immortaliser ce souvenir de ma première journée à New York. La dame, qui avait terminé son boniment d’usage, était restée immobile, en retrait, attendant ma réponse. Je lui fis un signe de tête pour lui signifier que j’acceptais son offre. Elle s’affaira à me faire signer les documents, me remit les clefs en me donnant quelques conseils ainsi que diverses adresses qui pourraient m’être utiles.

Assuré d’un toit, il n’était pas question que je reste là, enfermé ! Je descendis dans la rue pour humer l’air ambiant. Les odeurs étaient vraiment différentes de celles de Paris. Je pris le premier chemin qui s’ouvrit à moi : Broadway. En traversant le SoHo, je fus surpris et ébahi de voir la mixité de ce lieu ; une suite titanesque d’immeubles bordait les rues. Tantôt des magasins d’habillement de luxe, tantôt de vieilles épiceries au décor des années 70. Cette diversité me laissait croire que ce quartier était certainement en pleine mutation.

Dans la rue, il était de bon ton d’être original. Les personnes sur mon passage semblaient toutes posséder un objet, un accessoire, un vêtement qui les distinguaient et les rendaient uniques. Comme si tout le monde avait trouvé le moyen de ne pas être un parmi tant d’autres. Il en était de même pour les boutiques. On voyait de tout : des galeries d’art, des magasins d’expositions artistiques, des bars chics et enfin les meilleurs cinémas de la ville.

Je longeai Laguardia Street et me retrouvai à traverser Washington square Park. Le style était un peu vieillot, sans doute inspiré de la vieille Europe. Là trônait une arche de même apparence que l’Arc de Triomphe. Au loin, j’aperçus des dizaines de lumières qui le parsemaient. Du côté sud, je me trouvai devant une imposante fontaine servant de scène aux troupes de théâtre amateur. Lieu en quelque sorte de rassemblement pour des passionnés qui aiment jouer en plein air tout en s’amusant. Déjà, je me laissais impressionner par cet espace qu’on m’avait présenté comme un lieu mythique, là où s’expriment artistes de tout acabit et intellectuel de tout genre, là aussi où des familles ou des couples amoureux viennent y pique-niquer.

À ma sortie du parc, j’empruntai la célèbre 5 th avenue. Comment ne pas être impressionné par le vrombissement permanent des voitures, des autobus de touristes et des fameux taxis jaunes qui roulaient à une vitesse folle ? Ces enseignes chics, ces grands magasins, ces boutiques de luxe n’étaient-ils pas l’emblème de la richesse américaine !

Continuant ma promenade, je croisai le Madison square Garden. Cet imposant édifice où s’y trouve une immense salle qui accueille des spectacles populaires et des matchs sportifs. Je le longeai sur le côté jusqu’à la 34e rue. Là, j’eus le privilège d’apercevoir le magnifique Empire State Building qui brillait comme un phare. Le sommet s’illuminant, je pus me rendre compte que ses couleurs pouvaient changer. Immobile, je restai à l’admirer en éveillant de nombreux fantasmes de grandeur et de liberté !

Puis, je pris sur la gauche en restant sur la 34e jusqu’à Broadway. Rien que le nom me faisait rêver. Sans trop m’en rendre compte, je suivais la meute de gens en direction de Times Square. Toutes les façades étaient éclairées ou avaient d’énormes panneaux d’affichage. Il était évident que je n’étais pas le seul touriste à venir admirer ce quartier de la ville. Il y avait un rassemblement qui s’apparentait à une gigantesque fête foraine. Je restai un moment comme un enfant admiratif sur les estrades rouges à contempler tout ce va-et-vient.

Je décidai, par la suite, de continuer mon ascension de la ville. Je m’arrêtai au niveau du Dakota Building, au coin de la 72e rue et Central Park West. Après avoir franchi quelques pas, je me retrouvai à pieds joints sur le mémorial de Strawberry Fields en l’honneur de John Lennon. Un peu plus loin sur mon chemin, je pris une pause pour admirer la nature. Un nombre incalculable de sportifs se succédait : joggeur, cycliste, etc. Je restai dans le parc un bon moment. J’étais bien et je n’avais qu’une seule envie : arrêter le temps !

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