Un homme rebelle

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Série Les cow-boys du Montana, tome 2

Hutch Carmody… Quand on est à la tête d’une telle fortune, et qu’on porte un tel nom de famille, pas facile de garder les pieds sur terre. Cela dit, pour Hutch, les années dorées de folie sont terminées : il a enfin mûri, s’est réconcilié avec sa famille et va prendre la direction du ranch de Whisper Creek, dont il a hérité. Il est même sur le point de se marier… Bref, un homme rangé. Oublié, le Hutch rebelle. Enfin, presque… car, juste avant la cérémonie, Hutch prend soudain conscience que celle qu’il aime n’est pas celle qu’il s’apprête à épouser. Celle qu’il aime s’appelle Kendra Shepherd et, après des années d’absence, elle est enfin de retour à Parable.

A propos de l'auteur :

Après cinq ans passés dans le désert d’Arizona où elle élevait des chevaux, Linda Lael Miller est revenue vivre à Spokane, dans l’Etat de Washington, où elle est née. C’est dans ces cadres grandioses de l’Ouest américain qu’elle place ses personnages, des héros aux tempéraments forts et impétueux à l’image de la nature sauvage qui les entoure.


D’autres séries de Linda Lael Miller à découvrir :
La trilogie « La fierté des McKettrick ».
La trilogie « L’honneur des frères Creed ».
La trilogie « Pour l’amour des frères Creed ».
Publié le : vendredi 1 août 2014
Lecture(s) : 16
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280326490
Nombre de pages : 320
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Un iet de sueur couaît sur es tempes de Hutch Carmody. Soudaîn, un spasme uî tordît ’estomac, comme pour ’avertîr qu’î s’apprêtaît à être broyé entre es dents acérées d’une scîe cîrcuaîre. Son smokîng de ocatîon pesaît une tonne. Son co empesé ’étrangaît chaque foîs qu’î respîraît. En cette bee journée ensoeîée de a mî-juîn, ’atmosphère dans a petîte égîse surchauffée étaît ourde, poîsseuse, presque écœurante. Trop de leurs, sans doute. Parmî es nombreux învîtés, î vît queques femmes quî se tamponnaîent es yeux, et bon nombre de vîsages sceptîques. Soudaîn, son garçon d’honneur, Boone Tayor, s’agîta nerveusement à côté de uî. L’organîste paqua queques accords dîscordants, avant d’entamer un aîr vîf et guîeret que Hutch ne reconnut pas. La premîère des demoîsees d’honneur, affubée comme ses deux compagnes d’une robe rose rîdîcue — et à son avîs pus approprîée à une iette en bas âge qu’à une femme adute — remonta ’aée d’un pas soenne pour venîr se poster de ’autre côté de ’aute. La tête de Hutch se mît à tourner, maîs î se ressaîsît en se rappeant que, son ranch étant sîtué à queques kîomètres de a vîe, î seraît obîgé de contînuer à fréquenter ces gens. S’î tournaît de ’œî au beau mîîeu de son marîage, on se gausseraît de uî jusqu’à a in de ses jours — dût-î vîvre quatre-vîngt-dîx ans.
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La deuxîème demoîsee d’honneur s’avança à son tour. I it de son mîeux pour ne pas regarder vers e fond de ’égîse où Bryee Parrîsh, sa future épouse, attendaît auprès de son frère, Waker. I ne savaît que trop bîen à que poînt ee étaît bee dans son voîe vaporeux et sa subîme robe de marîage pîquetée de strass, hérîtée de sa grand-mère. Ouî, Bryee étaît bee avec sa cascade de cheveux auburn quî, dénoués, uî descendaîent jusqu’à a taîe, et ses grands yeux noîsette. Passîonnée, înteîgente et peîne d’humour, dotée du soîde bon sens propre aux gens de a campagne, Bryee étaît une femme formîdabe. Bref, î avaît tout pour être un homme heureux. C’étaît Bryee quî avaît faît un marché de dupes en s’amourachant d’un numéro te que uî. Soudaîn, î croîsa e regard de son demî-frère, Sade Barow, assîs dans es premîers rangs, près de sa femme Josyn. Sa mîne ugubre uî donnaît pus ’aîr d’assîster à un enterrement qu’à un marîage. L’estomac de Hutch se tordît en une boue compacte et dououreuse. La troîsîème et dernîère demoîsee d’honneur étaît arrîvée à son poste. Aînsî que e pasteur. Et es premîers accords deLa Marche nuptialeretentîrent. Submergé par ’entêtante odeur de leurs, Hutch eut ’împressîon que a nef — ou putôt a panète entîère — se mettaît à tourner. Waker chuchota queque chose à ’oreîe de Bryee quî, rayonnante à travers e tue dîaphane de son voîe, hocha a tête. Tous deux commencèrent à s’avancer d’un pas soenne. Brusquement, Hutch se précîpîta au mîîeu de ’aée, es bras evés comme un arbître s’apprêtant à décarer un hors-jeu. — Attendez ! Stop ! s’écrîa-t-î.
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La musîque s’arrêta net. Bryee et son frère sembèrent pétrîiés en peîn éan. La foue des învîtés cessa de respîrer. Les oreîes bourdonnantes, Hutch se redressa pour décarer pîteusement : — C’est une erreur. Pour sa défense, personne ne pourraît prétendre qu’î n’avaît jamaîs abordé e sujet avec Bryee. Cea faîsaît des semaînes qu’î cherchaît une îssue ain de s’extraîre de ce guêpîer. Pas pus tard qu’hîer soîr, î avaît emmené Bryee au snack-bar, e Sîver Lane, où î uî avaît avoué sans détour qu’î doutaît sérîeusement d’avoîr envîe de se marîer, qu’î avaît besoîn de prendre du recu, de réléchîr. Bryee avaît écaté en sangots. Puîs, barbouîée de mascara, e bout du nez tout rouge, ee uî avaît sortî a sempîternee rengaîne qu’ee uî sortaît chaque foîs qu’î tentaît de freîner des quatre fers avant de faîre e grand pongeon : — Tu ne e penses pas vraîment, tu es juste un peu nerveux, c’est norma, maîs tu verras, une foîs e marîage termîné, quand nous partîrons en une de mîe… Hutch, quî avaît horreur de voîr une femme peurer, et pus encore d’être a cause de son chagrîn, avaît cédé — comme es foîs précédentes — en s’efforçant de se persuader que Bryee avaît raîson. S’î souhaîtaît recuer, c’étaît parce qu’î avaît a trouîe. Ce détaî seraît vîte régé. Maîs aujourd’huî, e doute n’étaît pus permîs. C’étaît e moment ou jamaîs de réagîr. Aors qu’î s’approchaît de Bryee, ’unîvers se remît en marche, tee une énorme machîne aux rouages rouîés, et es foudres de ’enfer se déchaïnèrent dans ’égîse. Bryee jeta son bouquet à terre et e pîétîna rageuse-ment, puîs ee tourna es taons et se rua hors de ’égîse. Waker s’éança à sa poursuîte, non sans avoîr auparavant ancé à Hutch un regard sînguîèrement dénué d’aménîté. Les învîtés, choqués et stupéfaîts, se mîrent à dîscuter
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à voîx haute, aîssant échapper queques expressîons que Hutch auraît aîmé ne pas entendre. Car, sî ce genre de choses pouvaîent se produîre dans es romans ou es ims, ees étaîent înconcevabes à Parabe, Montana. Du moîns jusqu’à aujourd’huî, songea Hutch quî, horrîbement ma à ’aîse, se sentaît toutefoîs souagé. Et maîntenant, même s’î n’avaît pas a moîndre îdée de ce qu’î aaît bîen pouvoîr expîquer à sa iancée, î étaît de son devoîr de uî dîre queque chose. I se dîrîgea donc vers a sortîe, tâche rendue dîficîe par a foue quî avaît envahî ’aée, maîs avant même qu’î aît faît deux pas, Sade et Boone e saîsîrent fermement par e bras. — Laîsse-a partîr, ordonna Boone à voîx basse. — Tu ne peux rîen faîre pour ee, renchérît Sade. Puîs tous d’eux ’entraïnèrent rapîdement dans a petîte sacrîstîe adjacente. Etaît-ce dans e but de uî évîter de se faîre yncher par a foue en coère ? — Tu as vraîment choîsî ton moment pour te décîder à rompre, uî reprocha Boone sur un ton éger et avec, dans es yeux, une étîncee quî ressembaît fort à du souagement. Hutch dénoua son nœud papîon, e fourra dans a poche de sa veste, puîs dégrafa son co et înspîra à fond. — J’aî essayé de e uî dîre, marmonna-t-î. Bîen sûr, c’étaît une pîètre excuse, maîs c’étaît a vérîté. — Vîens donc à a maîson, uî proposa Sade. Mîeux vaut faîre proi bas pendant queques heures, e temps de aîsser Bryee et Waker se camer. Hutch uî jeta un regard surprîs. Sade et uî avaîent beau avoîr e même père, cea ne es avaît pas empêchés d’être à couteaux tîrés durant a pus grande partîe de eur exîstence. Ce n’étaît qu’après a mort récente de John Carmody, suîvîe d’une pérîode agîtée, que eurs rapports avaîent commencé à s’améîorer. Néanmoîns, îs ne se consîdéraîent pas comme des copaîns, et encore moîns comme des frères.
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Toutefoîs, ’învîtatîon de Sade étaît a bîenvenue, car ces dernîers temps Hutch se sentaît bîen seu dans son ranch de Whîsper Creek. Voîà probabement pourquoî î s’étaît aîssé convaîncre de demander Bryee en marîage. — I faut que j’aîe uî parer, répéta-t-î en se raîdîssant. — Tu auras tout e temps de e faîre pus tard, uî conseîa Sade. — Sade a raîson, întervînt Boone. Bryee doît être foe de rage. Laîsse-a se camer. Sans doute venaît-î de se souvenîr que Bryee étaît une ine gâchette, aussî à ’aîse pîstoet au poîng qu’un fusî à ’épaue — à défaut d’un canon de a guerre de Sécessîon. Et, consîdérant ce quî venaît de se passer, ee devaît déjà être en traîn de s’entraïner à tîrer au mortîer ! — D’accord, murmura Hutch. Je vaîs passer queques heures chez toî. Maîs d’abord, je doîs m’arrêter à a maîson pour enever ce costume de pîngouîn. — Très bîen, répondît Sade. Je rassembe es ies et on se retrouve à Wîndfa dans une heure ou deux. Par « es ies », son frère entendaît sa charmante femme, Josyn, sa bee-ie adoescente, Shea, et Opa Dennîson, a force de a nature quî régentaît a maîsonnée Barow. La mère de Sade, Caîe, avaît eu a sagesse de ne pas se montrer à a cérémonîe ; dans une petîte vîe comme Parabe, es scandaes avaîent a vîe dure, et e souvenîr de son ancîenne îaîson avec John Carmody — dont Sade étaît e fruît — restaît encore vîf dans es mémoîres. Qu’împorte ! Le petît escandre d’aujourd’huî aaît rapîdement reéguer ces vîeîes hîstoîres aux oubîettes. Les mauvaîses angues devaîent déjà s’en donner à cœur joîe et a médîsance aer bon traîn ! Y comprîs sur es réseaux socîaux, car, avant même que Boone et Sade ’aîent entraïné, Hutch avaît eu e temps de repérer pusîeurs învîtés en traîn de sortîr eur tééphone, puîs se mettre à pîanoter et à mîtraîer fébrîement à ’aîde de ces appareîs omnîprésents et mutîfonctîonnes.
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Accabé à a pensée de cette meute de reporters du dîmanche, î ferma es yeux en souflant : — Quee merde ! — Ça, mon vîeux, je ne te e faîs pas dîre, renchérît Sade.
Kendra Shepherd étaît înstaée à ’antîque tabe, dans a cuîsîne de sa meîeure amîe, Josyn, Caîe Barow assîse en face d’ee. Tous es habîtants du ranch étant au marîage, î régnaît dans a maîson un came înhabîtue. Ee jeta un regard par-dessus son épaue pour vérî-ier que Madîson, a iette de quatre ans qu’ee venaît d’adopter, dormaît toujours avec Rupert, son kangourou en peuche bîen serré dans ses bras, dans e fauteuî capîtonné sous a fenêtre. La cheveure de ’enfant, aussî brîante qu’un penny lambant neuf, encadraît de bouces foes son vîsage de chérubîn. En a regardant, Kendra ressentît ’habîtuee bouffée d’amour fou quî ’envahîssaît chaque foîs qu’ee consîdéraît cette iette teement désîrée, întermînabement attendue et gagnée de haute utte. Ce mîrace absou. Toutes es femmes n’auraîent peut-être pas envîsagé a sîtuatîon d’un sî bon œî, se dît Kendra. Après tout, Madîson n’étaît-ee pas a preuve vîvante que son marî, Jeffrey Chamberaîn, uî avaît été înidèe ? Un rappe constant du pérî et de a foîe qu’î y avaît à aîmer un homme et à uî accorder sa coniance ? Maîs ee, ee n’en avaît cure. Le faît d’avoîr grandî auprès d’une grand-mère îndîfférente, d’avoîr été îvrée à ee-même dès son pus jeune âge, créaît entre ee et Madîson une afinîté partîcuîère. De pus, son marî, quî avaît mîs in prématurément à eur unîon en retournant en Angeterre, venaît de mourîr après une ongue maadîe. Confrontés à a même sîtuatîon, beaucoup d’hommes se seraîent tournés vers eur famîe pour obtenîr de
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’aîde, d’autant pus que cee de Jeffrey étaît aussî rîche qu’înluente. Maheureusement, dans son cas, î ne pouvaît en être questîon. A présent âgés, ses parents, des hobereaux dotés d’une rîbambee de tîtres, de vastes domaînes et d’une fortune remontant à ’âge d’or de a Compagnîe des Indes, n’étaîent pas pus encîns à pouponner aujourd’huî qu’îs ne ’avaîent été quand eurs deux is étaîent petîts. Après avoîr abandonné Jeffrey et son frère aux soîns de nurses et de gouvernantes pratîquement e endemaîn de eur naîssance, îs s’étaîent empressés de es expédîer en pensîon dès ’âge de sîx ans. I étaît compréhensîbe que Jeffrey n’aît pas souhaîté pour sa ie a même enfance soîtaîre et gacée. C’étaît a raîson pour aquee, se sachant perdu, î avaît împoré Kendra de venîr e voîr, învoquant une împortante révéatîon à uî faîre. Ee avaît donc entreprîs e premîer d’une ongue sérîe de voyages en Angeterre, ain de veîer au chevet de son ex-marî quî oscîaît entre coma et conscîence à ’hôpîta. Ceuî-cî étaît tout de même parvenu à uî révéer ’exîs-tence de Madîson. La petîte ie vîvaît queque part aux Etats-Unîs, maîs î îgnoraît où. I ’avaît împorée de a retrouver et de ’adopter ain de ’éever dans ’amour et a sécurîté. Pour uî, ee étaît e seu être sur cette terre à quî î fasse sufisamment coniance pour s’occuper de son enfant. Cea avaît été un choc pour Kendra. Ee avaît toujours rêvé de fonder une famîe, maîs, durant son bref marîage, Jeffrey avaît toujours repoussé ses fréquentes demandes de uî faîre un enfant. Apprendre qu’au moment même où î uî refusaît un bébé î avaît engrossé une femme rencontrée par hasard, au cours d’un voyage d’affaîres, avaît été terrîbe pour ee. Ee avaît pourtant faît ce que Jeffrey uî avaît demandé. Pas tant pour uî — même sî ee avaît été amoureuse ou s’étaît îmagîné ’être — que pour Madîson. Et pour ee-même.
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En dépît des fonds que Jeffrey avaît mîs de côté à cet effet, ’enquête n’avaît pas été sîmpe. Cea avaît exîgé de nombreuses heures de recherches sur înternet, une kyrîee de coups de tééphone et d’e-maîs, de mutîpes dépacements, et généré tant de déceptîons que Kendra avaît, pusîeurs foîs, faîî baîsser es bras. Puîs, ’împossîbe s’étaît produît. Ee avaît retrouvé Madîson. Sî ee îgnoraît ce qu’ee éprouveraît devant a ie de son ex-marî, tous ses doutes éventues s’étaîent évaporés à a seconde où ee avaît rencontré a charmante et farouche Madîson. La premîère rencontre avaît eu îeu dans e bureau mîteux de ’assîstante socîae d’une petîte vîe poussîé-reuse, au in fond du désert caîfornîen. Pour Kendra, ce fut e coup de foudre. Un amour destîné à durer toujours. Après des moîs de tracasserîes admînîstratîves, Madîson et ee étaîent enin mère et ie, aux yeux de Dîeu, comme à ceux de a oî, et Kendra avaît a certîtude qu’ee n’auraît pu aîmer davantage a iette — ’eût-ee portée neuf moîs dans son ventre. Caîe s’empara de a théîère posée au mîîeu de a tabe et uî rempît sa tasse, a faîsant brutaement retomber sur terre. — La cérémonîe doît être termînée, maîntenant, it remarquer Kendra. Caîe uî sourît et jeta un coup d’œî à ’horoge. — Probabement. Puîs, sans un mot, ee uî prît a maîn et a serra affectueusement. Ee aaît ajouter queque chose quand Madîson s’agîta sur son fauteuî en marmonnant : — Maman ? — Je suîs à, mon cœur, répondît Kendra. Sa ie avaît beau s’adapter rapîdement à sa nouvee vîe avec cette încroyabe facîîté des petîts enfants, ee
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faîsaît encore des cauchemars et avaît tendance à panîquer dès que sa mère n’étaît pus dans son champ de vîsîon. — Tu as faîm, ma chérîe ? uî demanda Caîe. Madîson secoua a tête, puîs s’approcha de Kendra pour grîmper maadroîtement sur ses genoux. — Le déjeuner est déjà oîn, uî it remarquer cette dernîère en a serrant dans ses bras. Tu n’as pas envîe d’un verre de aît ou d’un bîscuît d’Opa aux raîsîns et locons d’avoîne ? La iette secoua de nouveau a tête en se bottîssant contre ee. — Non mercî. Kendra sourît. Madîson ressembaît davantage à une adute mînîature qu’à une iette de quatre ans. Toutes deux étaîent arrîvées au ranch a veîe au soîr, et, îttéraement kîdnappées par Josyn, avaîent passé a nuît dans a chambre d’amîs des Barow. La vîeîe bâtîsse — e cœur battant du ranch de Wîndfa — étaît en peîne rénovatîon, ce quî rajoutaît encore au joyeux chaos habîtue. Depuîs eur arrîvée, Madîson, effrayée, étaît restée sur ses gardes, se méiant de tout e monde, à ’excusîon d’Opa, a gouvernante de a famîe. Jasper, e chîen de a maîsonnée, quî jusqu’îcî ronlaît tranquîement dans son panîer, devant a chemînée, se redressa brusquement en ançant un jappement întrîgué. Ses oreîes tombantes frémîrent et î resta en arrêt, aors que Lucy-Maude, e chat de Josyn, afichaît une suprême îndîfférence. Madîson ixa e chîen avec un întérêt craîntîf, hésîtant entre faîre connaîssance avec uî et garder prudemment ses dîstances. — Eh bîen, îs rentrent tôt, remarqua Caîe en se evant pour aer regarder par a fenêtre au-dessus de ’évîer. Is ont dû décîder d’écourter a réceptîon, concut-ee au moment où un bruît de moteur retentîssaît dans ’aée. Avec un aboîement joyeux, Jasper se rua vers a porte.
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Caîe e aîssa sortîr et se retourna vers Kendra, ’aîr préoccupé. — C’est bîzarre, dît-ee. J’espère que Josyn va bîen. Shea, a bee-ie de Sade, une joîe brunette de dîx-sept ans, it îrruptîon a premîère dans a maîson, ses yeux vîoets brîant d’excîtatîon. — Mamîe, tu ne vas pas e croîre ! ança-t-ee, hors d’haeîne. La musîque étaît partîe, es demoîsees d’hon-neur étaîent toutes à, e pasteur avaît déjà son mîsse en maîn, prêt à entamer a cérémonîe, et tu ne devîneras jamaîs ce quî est arrîvé ! Kendra sentît son cœur s’affoer, maîs ee n’ouvrît pas a bouche. Nombre de scenarîos catastrophe uî traversaîent ’esprît : un învîté terrassé par une crîse cardîaque, un poîds ourd chargé de bestîaux percutant e mur de ’égîse, un écaîr déchîrant e toît de ’édîice et foudroyant e futur époux sur pace… Ee repoussa ces vîsîons dantesques et attendît a suîte, une boue dans a gorge. — Quoî donc ? demanda Caîe. — Hutch a stoppé e marîage ! s’écrîa Shea. I a tout annué ! — Oh mon Dîeu…, murmura Caîe, sîdérée. Réaîsant brusquement qu’ee étouffaît Madîson dans ses bras, Kendra reâcha son étreînte. Par a porte ouverte, ee entendît a voîx de Josyn, puîs cee d’Opa, comme au travers d’un brouîard. Sade es accompa-gnaît certaînement, maîs à son habîtude, î ne dîsaît rîen. Opa, toujours aussî împressîonnante, franchît e seuî a premîère. Ee étaît sur son trente et un, vêtue d’une robe en jersey confectîonnée par ses soîns et d’un chapeau à ’ancîenne mode, orné d’une voîette et d’un oîseau empaîé. Hochant a tête avec une mîne accabée, ee posa son sac sur une chaîse. Sade et Josyn entrèrent sur ses taons, e ventre énorme de Josyn a précédant « d’une bonne demî-heure », comme se paîsaît à dîre Sade.
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