Un inconnu à aimer

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Devant le regard du bel et ténébreux inconnu qu’elle vient de rencontrer sur une plage de Cornouailles, Maddy sent le désir la submerger. Un désir si fort qu’elle finit, très vite, par y succomber, avec le sentiment que cette rencontre va la marquer à tout jamais. Alors, même si elle sait que Ryan ne peut lui offrir autre chose qu’une brève histoire, elle décide de profiter pleinement de ces moments de bonheur. Jusqu’au moment où elle découvre que son amant lui a menti et qu’il est en réalité un homme richissime, propriétaire de l’établissement où elle travaille comme serveuse. Se sentant trahie, bouleversée par ce mensonge qui lui rappelle les pires heures de son passé, Maddy s’enfuit…
Publié le : samedi 1 septembre 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280239059
Nombre de pages : 160
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1.
— Ce type doit être le plus mauvais surfeur du monde, murmura Maddy Westmore, en frissonnant sous sa veste de secouriste. A travers la pluie d’octobre mêlée de grésil qui brouillait le paysage, elle s’efforçait de suivre l’homme de haute taille en combinaison noire évoluant à une soixantaine de mètres de là, dans les vagues déferlantes. Avec une fascination mêlée de culpabilité, elle le vit remonter sur sa planche, maintenir son équilibre et se redresser. De nouveau, il oscilla dangereusement, et Maddy retint son soufe. Le pauvre s’obstinait à surfer depuis une bonne heure, sous ce temps exécrable typique de la Cornouailles qui avait valu son nom à la baie de Wildwater. Mais il n’avait pas encore réussi à chevaucher une vague plus de quelques secondes. Si elle admirait sa ténacité, elle commençait à douter de sa santé mentale. Il devait être gelé et proche de l’épuisement, en dépit de sa splendide musculature que laissait deviner sa combinaison, car le contre-courant n’était pas négligeable dans cette zone. — Oui, c’est bizarre, dit Luke, son collègue secouriste, avec un fort accent australien. Il a l’air en bonne forme, pourtant. Il se hisse correctement sur sa planche. Maddy soupira en voyant le surfeur tomber de nouveau. C’était la dixième fois au moins. — Manque d’équilibre, commenta Luke en rajustant son col. On plie ? On doit fermer dans un quart d’heure,
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de toute façon, et la tempête va se déclencher d’un instant à l’autre. Maddy scruta la mer sous le ciel qui s’assombrissait. En plus du surfeur malchanceux, il n’y avait à l’intérieur de la zone surveillée qu’un couple de courageux baigneurs s’exerçant au Bodyboard. Ce qui n’était guère surprenant, le nord de la Cornouailles n’ayant pas bénéîcié d’un été digne de ce nom cette année, et le temps s’étant encore dégradé avec l’arrivée de l’automne. Les surfeurs expéri-mentés avaient préféré rentrer voilà plusieurs heures déjà. Ne restait que ce casse-cou… — D’accord, cria Maddy par-dessus le vent qui forcis-sait. Sortons-les du bouillon ! Elle se dirigea vers le camion de secours garé sur le sable, en pensant déjà au chocolat brûlant qu’elle comptait soutirer à son patron, lorsqu’elle prendrait son service de l’après-midi au Wildwater Bay Café. Elle s’empara du mégaphone dans la cabine et lança l’appel. Le son tonitruant de sa voix fut porté par le vent et les nageurs réagirent immédiatement. Sortant des vagues, ils se hâtèrent de traverser la plage et îrent un signe de la main en passant devant le poste de secours. — Mince ! Il est toujours dans les vagues. Lorsqu’elle entendit la remarque incrédule de Luke, Maddy regarda le surfeur et sa planche noire zébrée de jaune affronter la houle. — Il est complètement cinglé ! Ou suicidaire… Les nuages sombres s’amoncelaient et un vent furieux fouettait les vagues. Dans une houle aussi forte, un débutant n’avait aucune chance. Maddy rapprocha le mégaphone de ses lèvres. — Le poste de secours de cette plage va fermer. Nous vous demandons de sortir de l’eau sans tarder. Elle répéta l’ordre deux fois, mais l’homme continuait de ramer dans la mauvaise direction. — Peut-être qu’il ne nous entend pas.
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Vu le nombre de fois qu’il avait bu la tasse, ses oreilles devaient être complètement bouchées, pensa-t-elle. — Il est assez grand pour savoir ce qu’il a à faire, dit Luke en se frictionnant les mains. S’il veut se tuer, on n’y peut rien. Rentrons les drapeaux. J’ai un rendez-vous hyperchaud avec Jack dans une heure, ajouta-t-il, évoquant son nouveau petit ami. Le surfeur se hissait de nouveau sur sa planche, mais ses gestes étaient plus lents, constata Maddy avec inquié-tude. A contrecœur, elle détourna le regard pour répondre à son collègue. — C’est ce que j’aime chez toi, Luke, dit-elle d’un ton taquin. Tu es si romantique… Il se mit à rire en roulant le premier drapeau. — Qui a dit que le sexe n’était pas romantique ? Il faut seulement le pratiquer dans les règles de l’art. — Ah ? tu crois ? répondit-elle d’un ton désenchanté. Entre son service au Wildwater Bay Café, sa permanence au poste de secours et ses soirées qu’elle consacrait à la peinture sur soie, elle ne trouvait guère de temps pour une relation sentimentale. Et elle était sûre de n’avoir jamais vécu d’expériences torrides. Tièdes, tout au plus… Elle aida Luke à ranger le matériel dans le camion. Sous l’effet du vent glacial qui s’inîltrait sous son ciré, les pointes de ses seins se dressèrent par réexe. Cela lui ît penser qu’aucun homme ne l’avait touchée depuis longtemps — en fait, depuis que Steve était parti, l’an dernier, en lui reprochant de s’intéresser davantage à ses peintures qu’à lui-même. Maddy n’avait pas la mauvaise foi de le nier. Il faut dire que les créations qu’elle élaborait dans son petit atelier de fortune n’exigeaient pas autant d’efforts que la relation qu’elle entretenait alors avec Steve. Certes, ce hobby ne la conduisait pas à l’extase, mais Steve n’avait pas été une valeur sûre dans ce domaine-là non plus. Le plus triste dans tout ça, c’était que leur rupture l’avait rendue terriblement malheureuse pendant des mois.
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Depuis, sa libido était en berne et elle regrettait de ne plus pouvoir se blottir contre son corps tiède la nuit. En contrepartie, elle y avait gagné le respect d’elle-même. Elle ne devait plus jeter son dévolu sur des « losers », comme son frère les appelait, en se persuadant qu’elle les rendrait meilleurs. Même si Callum était mal placé pour donner ce genre de conseils, lui qui ne gardait jamais une femme plus d’une journée dans sa vie, il avait au moins raison là-dessus. Si le mariage désastreux de leurs parents avait fait de lui un coureur de jupons invétéré, à l’inverse, Maddy était devenue une âme trop charitable. L’hiver dernier, elle s’était dit qu’à vingt-quatre ans il était grand temps de tourner la page et que, à partir de cette année, elle cesserait d’être « Maddy la Bonne Poire ». Elle allait inverser les rôles et décider elle-même de ce qu’elle voulait vraiment. Hélas ! on était déjà en octobre et, depuis dix mois elle n’avait pas trouvé un seul partenaire. — Ça alors, c’est bizarre… Où est-il passé ? Cessant ses réexions sur le désastre de sa vie amou-reuse, Maddy se tourna vers Luke qui scrutait l’horizon, sourcils froncés. — Il est déjà remonté ? s’enquit-il. — Je suis sûre que non. Sans plus attendre, elle se débarrassa de son ciré et, saisissant la planche de sauvetage posée contre le camion, elle se mit à courir vers la mer. L’eau glaciale saisit ses chevilles exposées par la combinaison. Elle regarda de tous côtés, désespérément. — Je vais prévenir, annonça Luke en arrivant auprès d’elle, le talkie-walkie collé à l’oreille. Il va falloir sortir l’hélico. — Non, attends. J’aperçois sa planche. Là-bas ! Elle montra du doigt le surf noir marqué d’une raie jaune au milieu des vagues agitées. La forme sombre qui y était accrochée ne bougeait pas ! — J’y vais ! Elle n’entendit pas la réponse de Luke car, déjà, elle
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s’élançait vers les vagues. La planche de sauvetage la propulsa. En l’espace de quelques secondes cependant, la force de la houle la vida de son énergie et elle rama comme un automate contre le courant. Heureusement, le surfeur n’était pas très loin et les vagues le portaient vers le rivage. Comme elle s’efforçait de respirer avec calme pour préserver ses forces, Maddy le vit bouger la tête. Une large tache rouge barrait sa joue. Elle redoubla d’efforts. Ses épaules lui faisaient mal et ses membres s’engourdissaient. Enîn, elle atteignit l’homme inconscient et glissa la planche de sauvetage sous son torse. — Je m’occupe de vous ! Ne vous inquiétez pas !, lui cria-t-elle. Restait à défaire leleashqui le reliait à son surf. Et vite, car une lame gigantesque se précipitait vers eux. Concentre-toi. Défais-le ! Cela effectué, elle passa son bras autour du blessé. Un instant plus tard, la vague les engloutit dans un fracas assourdissant. Ils furent aspirés vers le fond. Maddy prit peur, mais ses réexes de secouriste revinrent très vite. Cramponnée à la planche de sauvetage, sa joue appuyée contre le torse de l’homme, elle battit vigoureusement des pieds, et ils reîrent surface au milieu de la mer déchaïnée. Il lui fallut un moment pour s’orienter, puis elle se remit à ramer avec acharnement. Le rivage lui semblait être à des kilomètres, ses forces faiblissaient et chaque respiration lui déchirait la poitrine. Néanmoins, chassant sa panique, elle continua d’avancer. Après ce qui lui parut une éternité, elle sentit une main l’agripper. Les yeux brûlés par le sel, elle distingua les cheveux blonds de Luke. — C’est bon, je le tiens !, cria-t-il. Relève-toi, tu as pied, ici. Maddy se mit à patauger péniblement. Ses jambes
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tremblaient de façon si incontrôlable qu’elle dut bloquer ses genoux. Luke tira la planche de secours sur le sable et s’age-nouilla près du surfeur. L’esprit embrumé, elle s’approcha, tandis qu’il exami-nait leur rescapé, avant de l’installer sur une civière et de le sangler. — Il respire. Pas besoin de le ranimer, annonça-t-il. Il va revenir à lui d’une seconde à l’autre. Il a dû se faire cette coupure à la tête avec sa planche. Le médecin l’examinera de plus près. Pour l’instant, laisse-le attaché juste au cas où. Il se releva. — Je vais chercher des couvertures de survie. Maddy balaya les mèches trempées qui lui tombaient devant les yeux et regarda l’homme qu’elle venait de sauver. Une onde de chaleur l’envahit et elle se pencha, subjuguée. Il n’avait pas les beaux traits classiques de Luke, mais un physique rude, une mâchoire volontaire, des joues légèrement creusées, ombrées de barbe, et cette entaille impressionnante à la lisière de ses cheveux clairs. Il avait tout d’un dieu grec et Maddy en eut le soufe coupé. Elle promena son regard le long de son corps. De larges épaules, un ventre plat et ferme et une belle musculature révélée par sa combinaison noire moulante… Elle frissonna, même si elle n’avait plus vraiment froid à présent. Elle nota la légère teinte bleutée au bord de ses lèvres sensuelles. Au même moment, il laissa échapper un gémissement et s’agita, cherchant à repousser les sangles qui l’entravaient. Maddy sortit aussitôt de sa rêverie. Elle s’agenouilla et posa une main sur sa joue. Sa barbe picota sa paume, déclenchant en elle une nouvelle vague de chaleur. Comment pouvait-elle fantasmer ainsi sur le premier venu, un homme inconscient par-dessus le marché ? — Vous êtes sain et sauf. Ne bougez pas, murmura-t-elle en dégageant les mèches claires collées sur sa blessure.
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Elle ît un point de compression sur la plaie avec son pouce. Presque aussitôt, il ouvrit les yeux. Maddy sentit son pouls s’accélérer en rencontrant un regard incroyablement bleu. Ses iris étaient d’un turquoise très pur, éblouissant, qui lui rappelait les mers du Sud. L’inconnu fronça les sourcils et essaya de se redresser. — Qu’est-ce que…? Qui m’a attaché ? marmonna-t-il. Maddy posa une main sur son bras. Mais la sensation de son biceps puissant sous ses doigts la troubla profondément. — C’est moi. C’est pour votre bien, dit-elle. Je fais partie de l’équipe de secouristes de la baie. Nous avons dû vous sortir de l’eau. Vous vous êtes cogné la tête. Il laissa retomber sa nuque et poussa un soupir amer. — Oh! Merci. Maintenant, défaites ces maudites sangles. Elle ne s’offusqua pas de ce ton cassant. Après ce qu’il venait de traverser, il ne fallait pas s’attendre à des politesses. — Je ne vais pas vous détacher, dit-elle d’une voix qu’elle voulait ferme mais agréable. Vous devez rester allongé jusqu’à l’arrivée du médecin. Elle vit sa mâchoire se contracter. — Pas de médecin… Laissez-moi me lever. — Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. — Très bien, je le ferai moi-même. Elle l’observa, médusée, tandis qu’il abaissait une épaule, se contorsionnait et arrachait le Velcro d’une main. Il réussit à s’asseoir, puis se toucha le front et se mit à jurer. — Vous voyez bien ! Vous devez vous rallonger et attendre que le médecin vienne vous examiner. Il lui adressa un regard glacial, puis tenta de se lever. — Ne bougez pas, lui conseilla-t-elle en le retenant par le bras. Il îxa sa main avec une telle hostilité qu’elle la retira d’instinct. — C’est moi qui décide de ce que j’ai à faire, d’accord? Maddy ne savait quelle attitude adopter. Pourquoi se montrait-il si récalcitrant ?
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— Vous avez peut-être des blessures dont vous n’avez pas conscience, insista-t-elle. — J’en prends le risque. Le regard déconcertant de l’inconnu se posa sur son buste. Instantanément, elle sentit les pointes de ses seins se dresser de façon alarmante sous sa combinaison. L’expression de l’homme s’était radoucie et Maddy eut l’impression qu’il se retenait de sourire. Une vague de chaleur l’envahit. Pas possible ! Ce type bourru la draguait ? Mais, à cet instant, il détourna les yeux et elle eut la certitude qu’elle avait rêvé. — Hé ! mon vieux, vous allez où comme ça ? Luke revenait, les bras chargés des couvertures de survie. — Je m’en vais, répondit le surfeur en peinant à se mettre sur ses pieds. Il chancela et Luke l’aida à garder l’équilibre. — Vous trouvez que c’est raisonnable ? Vous avez fait une sacrée chute ! L’homme lui lança un regard froid. — Prenez au moins une couverture, dit Luke sans se démonter. Vous devez être frigoriîé. L’inconnu hésita un moment avant d’accepter. — Merci, dit-il en enroulant la couverture autour de ses épaules. — Où logez-vous ? demanda Luke. On peut vous déposer ? Il secoua la tête et un îlet de sang ruissela le long de sa tempe. — Je vis à Trewan Manor, dit-il en indiquant d’un hochement de tête le manoir qui se dressait au sommet de la falaise. Je peux rentrer par le sentier côtier. Maddy porta son regard vers la falaise. Depuis le début de la saison, elle était fascinée par cette imposante bâtisse plutôt sinistre, dotée de tourelles en pierre grise, qui lui faisait penser au château de Hurlevent du roman d’Emily Brontë. Elle l’avait crue inhabitée. Elle reporta son attention sur le surfeur. Avec son
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physique rude et beau, il avait tout du héros tourmenté des romans qu’elle affectionnait. Dommage qu’il fût aussi arrogant et méprisant. Comme il allait partir, elle ît un pas vers lui. — Attendez… Luke la retint. — Laisse tomber, Mad. Il ne veut pas de ton aide. — Mais c’est ridicule, il est peut-être blessé… — Tu ne peux pas sauver tout le monde, dit-il avec un sourire amical. Luke l’enveloppa dans la couverture de survie et lui frotta vigoureusement les épaules pour la réchauffer. — Allez, viens. Le premier chocolat est pour moi. Maddy acquiesça, sans quitter des yeux l’inconnu qui s’éloignait sur le sable, sa couverture argentée ottant au vent. Elle fronça les sourcils en remarquant qu’il boitait. — Il s’est blessé à la jambe, murmura-t-elle. Elle le vit s’arrêter et frotter sa cuisse, puis se remettre en route d’une démarche hésitante, les épaules très raides, dans une attitude étrangement butée. — Ça m’a tout l’air d’être une vieille blessure, diagnos-tiqua Luke. C’est sans doute ce qui l’a empêché de tenir sur sa planche. L’inquiétude de Maddy se mua aussitôt en irritation. Ce type n’était qu’un imbécile. Non seulement il s’était obstiné à surfer alors que c’était au-dessus de ses forces, mais il avait bien failli y rester ! — Joli postérieur pourtant, commenta Luke avec son insolence habituelle. Malgré elle, Maddy baissa les yeux vers les fesses fermes et musclées de l’inconnu, que la combinaison moulante soulignait de façon presque indécente. Son pouls s’accéléra et elle fut forcée d’admettre que Luke marquait un point. — Malheureusement, je ne crois pas qu’il soit ton genre, murmura-t-elle. Son collègue se mit à rire.
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— A la façon dont il reluquait ta poitrine, je suis bien obligé de me ranger à ton avis ! Maddy détourna les yeux des attributs du surfeur et grimpa dans la cabine du camion, tandis que Luke s’ins-tallait au volant. Comme ils roulaient long de la plage en direction du Wildwater Bay Café, elle prit conscience que ses seins étaient très sensibles. Oh ! Génial, pensa-t-elle, mortiîée. Elle sortait de son hibernation à cause d’un individu qui aurait pu avoir une enseigne lumineuse au-dessus de la tête avertissant : « Femmes, vous approchez à vos risques et périls ! »
Ryan King poussa un juron et souleva sa jambe à deux mains. La tête dans les épaules, il attendit que la douleur s’atténuât un peu avant de se remettre en route. Sa cuisse l’élançait ainsi que sa plaie au front, et il avait tellement froid qu’il craignait que certaines parties vitales ne gèlent. — Pauvre crétin ! Te voilà bien avancé, sifa-t-il entre ses dents. Qu’est-ce que tu cherchais à te prouver ? Ses mots résonnèrent contre la paroi de la falaise. « Super, tu parles tout seul, maintenant ! » pensa-t-il en forçant sa jambe à faire un nouveau pas. La douleur transperça son genou et irradia jusque dans son bas-ventre. Il aspira une grande bouffée d’air. La sueur perla à son front, avivant sa blessure. Il jura de plus belle. Il avait vraiment agi comme un imbécile. Passer deux heures dans l’eau pour se rendre compte que lui, l’ex-champion de surf, était incapable de tenir sur une planche et avoir frôlé l’hypothermie par-dessus le marché n’était pas ce qu’il avait fait de plus intelligent dans sa vie. S’assommer avec sa propre planche, puis devoir son salut à une secouriste avaient encore ajouté à son humiliation. Mais supporter en prime le regard émeraude de cette femme et sa silhouette sensuelle avait sans doute été le plus cruel.
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