Un irrésistible médecin - Neuf mois pour s'aimer

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Un irrésistible médecin, Amalie Berlin
Si Imogen a accepté ce poste d’infirmière dans un cabinet médical perdu dans les Appalaches, c’est uniquement pour rendre service à sa meilleure amie. Et elle n’y restera que six mois. Pas plus ! Mais lorsqu’elle rencontre son nouveau patron, le Dr Wyatt Beauchamp, elle tombe sous le charme. Car, d’emblée, elle sent que, sous ses airs bourrus, Wyatt cache un cœur d’or et une sensibilité qui la bouleversent. A tel point qu’elle, la voyageuse infatigable, pourrait presque s’imaginer poser enfin ses valises au côté de cet homme qui la touche tant. A condition qu’il partage ses sentiments…

Neuf mois pour s’aimer, Jennifer Green
Après une rupture difficile, Ginger décide de retourner vivre dans sa ville natale, pour faire le point sur sa vie. Sauf qu’au cours d’une visite de routine chez le Dr Ike MacKinnon, le médecin de la ville, elle découvre avec stupeur… qu’elle est enceinte. Malgré le choc, elle se reprend vite : certes, sa situation est difficile, mais elle tient à se débrouiller seule. D’ailleurs, bien que les tentatives répétées d’Ike de lui apporter son soutien la touchent profondément, elle les refuse systématiquement. Sauf qu’Ike, lui, ne l’entend pas de cette oreille : il est convaincu qu’elle a besoin d’aide…

Publié le : dimanche 15 décembre 2013
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EAN13 : 9782280294935
Nombre de pages : 288
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La route montaît en acets abrupts à travers es sapîns. Tout en conduîsant, Imogene Donay consîdéraît e paysage d’un œî suspîcîeux. Passer sîx ongs moîs dans un trou perdu de a chaïne des Appaaches, quee perspectîve pour a cîtadîne vîve et branchée qu’ee étaît ! Seue Amanda, sa pus vîeîe amîe, pouvaît uî demander ce genre de chose. Cea faîsaît pourtant queque temps qu’ees ne s’étaîent pas vues, maîs Amanda étaît dans une sîtuatîon dîficîe. Ee s’apprêtaît à devenîr mère, et quî pus étaît, mère céîbataîre. Et après un début de grossesse sans hîstoîres, ee étaît depuîs une semaîne contraînte à un repos absou. Amanda avaît besoîn d’ee, Imogene n’avaît pas hésîté… Ayant bîfurqué, ee engagea résoument sa petîte voîture sur e chemîn ravîné censé, d’après es expîcatîons d’Amanda, grîmper jusqu’à a demeure du Dr Wyatt Beechum. Un orîgîna sans doute ! Le cousîn — et patron — d’Amanda vîvaît non seue-ment en peîne forêt dans a montagne maîs î avaît trouvé une manîère înnovante de pratîquer a médecîne : î avaît înstaé son cabînet dans un bus îtînérant. D’après e chîffre gravé sur un tronc en guîse de numéro de rue, ee étaît à a bonne adresse. Bîzarrement, Amanda, après uî avoîr faît une descrîptîon mînutîeuse de a route à suîvre et des ponts à traverser, étaît restée muette comme une carpe sur a personnaîté du nommé Wyatt. Tout ce qu’î avaît été possîbe de uî
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arracher étaît que son cousîn, après des années d’absence, étaît de retour au pays. Qu’î étaît revenu à ’occasîon des funéraîes de son père. Qu’î avaît perdu sa mère et son frère dans sa prîme jeunesse. Et que, faute de inancement, son cabînet ambuant étaît menacé de dîsparîtîon. Tout cea étaît bîen trîste maîs ne a renseîgnaît pas vraîment sur a façon d’aborder cet énergumène. Ee aaît devoîr împrovîser pour ’amener tout natureement à uî conier e rempacement d’Amanda pendant e congé maternîté de cee-cî… Maîs quequ’un quî s’amusaît à pratîquer a médecîne de vîe comme un satîmbanque ne devaît pas trouver facîement de bonne înirmîère. I seraît ravî de a voîr arrîver et ’affaîre seraît dans e sac. Fastoche ! Autour de a pente caîouteuse, a forêt s’épaîssîssaît de façon înquîétante. Et sî ce n’étaît pas e bon chemîn ? Ee attrapa son tééphone portabe maîs es communîcatîons ne passaîent pas. Impossîbe d’appeer Amanda pour vérîier. Après tout, pourquoî s’înquîéter ? L’aspect sînîstre de a forêt ne vouaît rîen dîre. Magré ’îmage communément répandue, a popuatîon des Appaaches ne pouvaît pas être unîquement constîtuée de montagnards rétrogrades avec scîe éectrîque et gourde d’acoo traiqué à a ceînture. De surcroït, ceuî qu’ee aaît rencontrer étaît médecîn. Comme sî un sîmpe médecîn pouvaît ’împressîonner ! Aors, où étaît e probème ? Autant attaquer résoument a pente. La voîture brînquebaaît sur e chemîn crevassé, buttant sur des nîds-de-poue profonds quî mamenaîent es objets fragîes soîgneusement empaquetés à ’arrîère. Pourvu qu’îs n’arrîvent pas en mîettes. Où qu’ee aîe, ee es emportaît avec ee dans de grands cartons. C’étaît absurde, ee en avaît conscîence. Maîs c’étaît sesaIde-mémoIre. Comment vîvre sans eux ? Heureusement, dans sîx moîs ee reprendraît a route en sens înverse et retrouveraît a vîe normae. Prendre racîne n’étaît pas dans sa nature, et encore moîns dans un pays de
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sauvages comme ceuî-cî. Le Dr Wyatt… comment déjà ?… Machîn… n’auraît qu’à s’estîmer heureux qu’une înirmîère de son nîveau accepte de venîr s’enterrer dans cette contrée înhospîtaîère pour uî donner un coup de maîn. A présent a forêt s’écaîrcîssaît, ’envîronnement perdaît de son aspect ugubre. Dans une sorte de caîrîère, un pîck-up noîr à a carrosserîe étînceante étaît garé à côté d’un vîeux bus scoaîre peîntururé de beu dont es vîtres étaîent bîzarrement garnîes de rîdeaux. A queque dîstance, sous es arbres, une tente de campîng. I n’y avaît pourtant pas âme quî vîve dans es parages. Un peu pus haut se trouvaît un chaet en constructîon. Les ourdes pîèces de boîs de a structure ne s’éevaîent pas encore très haut maîs une superbe chemînée de pîerre trônaît déjà au centre de ’édîice. Ayant arrêté e moteur, Imogene saîsît de nouveau son portabe maîs, même dans ce îeu dégagé, î ne faaît pas compter sur une connexîon. I ne uî restaît qu’à vérîier dans e rétrovîseur qu’ee étaît présentabe, et à partîr en reconnaîssance. Derrîère e chaet, des troncs d’arbre d’une taîe gîgantesque avaîent été tronçonnés et couchés sur e so. Aîgnés es uns à côté des autres, îs s’étageaîent jusqu’en haut de a pente. Ce fut en contournant e bus qu’eelevît. Un homme pour e moîns robuste et vîrî… A ’évîdence, ce n’étaît pas e médecîn qu’ee cherchaît. Que accoutrement ! Un vîeux jean usé. De grosses bottes. Une chemîse paquée à son torse par a sueur. D’épaîs cheveux noîrs ongs et embroussaîés. Et Dîeu qu’î étaît grand. Be homme. Maîs teement grand ! Légèrement înquîétant aussî, avec son vîsage à demî caché par des unettes de chantîer… Et avec a tronçonneuse qu’î tenaît à a maîn… D’un geste nerveux, î mît ’engîn en marche et, dans un vrombîssement assourdîssant, s’attaqua à ’un des troncs, faîsant voer un nuage épaîs de copeaux de boîs autour de uî. I étaît peut-être aveugé par ses épaîsses unettes. En tout cas î ne sembaît pas ’avoîr aperçue. Ne sachant comment
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î convenaît d’aborder un împosant montagnard manîant a tronçonneuse, ee se tourna vers es vîtres poussîéreuses du vîeux bus pour vérîier sa coîffure et découvrît avec étonnement un ît et un poste de téévîsîon à ’întérîeur. Les mèches rose fuchsîa quî parsemaîent sa cheveure bonde étaîent peut-être un peu voyantes dans ce cadre prîmîtîf. Maîs ees pouvaîent avoîr e charme de ’exotîsme pour ce bûcheron aux arges épaues. Une foîs qu’î uî auraît îndîqué où trouver Wyatt, peut-être se révéeraît-î un compagnon fréquentabe avec quî boîre un verre, passer a soîrée et, pourquoî pas, aer pus oîn sî afinîtés ? Cea ’aîderaît à supporter sîx ongs moîs oîn des ressources de a cîvîîsatîon. — Heo ? it-ee d’une voîx hésîtante à ’attentîon du vaeureux bûcheron. Pas de réponse. Sans se retourner, î passa sa chemîse par-dessus sa tête, a roua en boue et s’en servît pour frîctîonner énergîquement ses bras hâés couverts de scîure et de copeaux de boîs. Décîdément, ’îmagerîe des montagnards des Appaaches ne mentaît pas, ee en avaît un fameux spécîmen sous es yeux. Ce géant bîen découpé au dos de scupture antîque ne pouvaît être Wyatt. Les seus médecîns qu’ee avaît eu ’occasîon de voîr torse nu avaîent es épaues étrîquées et a peau pus banche qu’un cachet d’aspîrîne. Par défaut, ee s’étaît souvent fourvoyée dans des reatîons maencontreuses, attîrée par un physîque avantageux quî ne garantîssaît nî conversatîons éevées nî perspectîves d’avenîr. Une voîe sans îssue, aussî semée de nîds-de-poue que e chemîn qu’ee avaît emprunté pour grîmper jusqu’îcî, et qu’ee ne connaîssaît que trop bîen. Contînuant à gravîr a pente d’un pas résou, ee inît par attîrer ’attentîon du gaîard. Quand î tourna vers ee un regard protégé par es unettes de sûreté recouvertes d’éralures, ee uî adressa son sourîre e pus charmeur et împrîma à tout hasard un rythme pus dansant à sa démarche. — Je cherche e Dr Wyat t Bee… Bee… Eu h… Wyatt-Queque-Chose. Pouvez-vous m’aîder à e trouver ?
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Pour toute réponse, î retîra ses bouchons d’oreîes et es fourra dans sa poche. — Qu’est-ce que vous vouez ? it-î d’un ton rogue. Ce n’étaît pas un saut très rafiné, maîs, après tout, de a part d’un homme des boîs… — Je cherche Wyatt Beechum… B.E.E.C.H… Désoée, en faît, je ne saîs pas ’orthographe de son nom… I aîssa retomber a tronçonneuse, quî, ixée à sa ceînture, se baança à son côté. Beauchamp, pasBeechum…, corrîgea-t-î avec un soupîr excédé. — Je pense que vous vous trompez, dît-ee avec îndugence. Je suîs à peu près sûre que c’est queque chose commeBeechum. — C’est ce qu’îs croîent tous dans e coîn, dît-î en grommeant. Maîs, bon sang, je saîs comment je m’appee, quand même. Quoî ? Ce montagnard ma dégrossî ? Ce rustre ? C’étaît uî e cousîn d’Amanda ? Le fameux Dr Wyatt-Queque-Chose ? — Oh !… Enchantée, bafouîa-t-ee en uî tendant a maîn, résîgnée à pactîser. Je suîs une amîe d’Amanda. Je m’appee Imogene. — Inutîe de vous présenter, je vous aî reconnue. Ma cousîne a a manîe des photos. Vous êtes sur tous ses murs. I regardaît a maîn qu’ee uî tendaît maîs n’esquîssaît pas e moîndre geste pour a saîsîr. Encore heureux qu’î ne a uî tranche pas d’un coup de tronçonneuse ! Sî cet ours ma éché avaît des manîères aussî déîcates dans ’întîmîté amoureuse, ce devaît être un charmant garçon ! — Je uî aî dît ce matîn que vous ferîez bîen de m’appeer avant de gaspîer votre essence à grîmper jusqu’îcî, dît-î. — Pourquoî ? Vous avez déjà pourvu e poste ? — Non. Maîs vous ne faîtes pas ’affaîre. — Et pourquoî ? Je suîs une exceente înirmîère, vous savez. — I paraït. Amanda m’a rebattu es oreîes de vos quaîtés. Maîs î est împossîbe que vous a rempacîez. Vous ne convenez pas.
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— Sî vous savez que je suîs bonne înirmîère, répondît-ee avec un sourîre forcé, je ne voîs pas pourquoî je ne peux pas faîre ’affaîre ? I eneva enin ses unettes, révéant un regard d’un noîr profond, et es posa sur e tronc qu’î venaît de scîer. — Sans vouoîr vous froîsser, es gens d’îcî n’accorderont jamaîs eur coniance à quequ’un comme vous. Cea ne nous facîîtera pas a tâche pour es soîgner. — Dans que sîèce vîvez-vous donc ? demanda-t-ee, médusée. Vous pensez que pour soîgner es gens î faut avoîr a même aure ou e même accent qu’eux ? Maîs s’î n’y a que ça, je peux e prendre, cet accent ! — Ne vous y rîsquez pas, dît-î en a ixant d’un regard perçant comme s’î vouaît uî împrîmer ses paroes dans e crâne. Is ne se reconnaïtront pas en vous. Désoé, nous n’avons rîen à faîre ensembe. Perpexe, ee resta sîencîeuse e temps de trouver es bons arguments. — Maîs vous, dît-ee enin, vous êtes d’îcî. Is contînue-ront à vous parer comme à quequ’un dîgne de coniance et je me contenteraî de suîvre vos înstructîons. — J’aî été absent du pays un bon moment. De moî non pus, îs ne savent pas très bîen quoî penser. — Surtout sî c’est ça, votre fameux cabînet ambuant ! dît-ee d’un ton sarcastîque en désîgnant e bus peîntururé. S’î vouaît înspîrer coniance à a popuatîon, cette épave amentabe n’étaît pas vraîment adaptée ! Maîs ee ne réussît qu’à s’attîrer un nouveau regard încendîaîre tandîs qu’î se mettaît en devoîr de dépacer une pîèce de boîs. Les choses étaîent oîn de se passer comme prévu, et pourtant ee pouvaît se vanter d’avoîr e contact facîe. Maîs ee ne se voyaît aucun poînt commun avec ce montagnard ma dégrossî. Et puîs, son torse nu nuîsaît à son habîtue esprît d’à-propos. Changeant de tactîque, ee uî sourît. — Puîs-je vous aîder ? demanda-t-ee aîmabement en voyant qu’î peînaît à dépacer un tronc d’arbre. — Non.
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Non mercIété trop demander. Aux prîses avec auraît a pîèce de boîs qu’î avaît décîdé de transporter jusqu’au chaet, î avaît éructé sa réponse. Sous ’effort, es musces saîaîent sur ses épaues et dans son dos. Troubée, ee ne trouva pas a répîque. — Aez donc faîre une petîte vîsîte à votre amîe Amanda. Comme ça, vous ne serez pas venue pour rîen, it-î sans s’înterrompre dans sa tâche. — J’îraî pus tard, rétorqua-t-ee en franchîssant e taus jusqu’au chaet. Grâce au cîe, î uî avaît sufi de détourner un înstant es yeux du torse vîgoureux pour retrouver son esprît de repartîe. — Que dîrîez-vous de remettre votre chemîse ? dît-ee d’un ton suave. Ce seraît bête de vous arracher un téton d’un mouvement maencontreux avec cette bûche. Dès qu’ee se détendaît, son effronterîe naturee revenaît au trîpe gaop, ee e savaît. Le résutat fut en ’occurrence înespéré. L’ours ma éché, sans doute surprîs, trébucha et faîît tomber. Avec une adresse admîrabe, î rétabît son équîîbre et retînt de justesse a bûche coossae quî menaçaît de uî échapper. Ee contînt un petît sourîre de satîsfactîon. Le premîer round étaît pour ee…
O.K., cette ie étaît futée. Maîs Wyatt ne se aîsseraît pas avoîr par une donzee aux cheveux rose fuchsîa, même sî ee commençaît à ’întéresser. Pourvoîr e poste étaît une décîsîon trop împortante. C’est son cabînet quî étaît en jeu. Tout gosse, quand Josh étaît tombé maade, î avaît eu sa dose de professîonnes venus de a vîe, pétrîs de bonnes întentîons et de sufisance. Putôt abandonner a médecîne que de faîre équîpe avec quequ’un de ce genre ! Fût-î aussî charmant que cette ie effrontée. — Je n’aî pas besoîn de conseîs des gens de passage, dît-î en rugîssant. Pas pus qu’î n’avaît besoîn de a vîsîon troubante de
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deux jambes ines et bronzées émergeant d’un short exîgu — tenue încongrue dans ces rudes contrées. — Je voîs que je dérange, vous êtes împatîent de contînuer votre travaî, dît-ee d’un ton trop aîmabe pour être tout à faît honnête. I y a pourtant un moyen très sîmpe de vous débarrasser de moî. Acceptez ma coaboratîon pour es prochaîns moîs et je vous aîsseraî jouer comme un grand garçon avec vos bûches et votre jeu de constructîon. Avec ou sans chemîse. Que cuot ! D’habîtude es înirmîères s’adressaîent à uî avec craînte et déférence. C’étaît un peu raîde. I ne uî jeta même pas un regard. — Puîsque vous mourez d’envîe de rester dans e coîn, trouvez donc un job à Pîketon, dît-î en tractant e tronc vers e chaet à ’aîde d’une corde jetée sur son épaue. I avaît mîeux à faîre que de se soucîer de cette enquî-quîneuse. Maîs ee ne sembaît pas se aîsser démonter. — Is n’ont pas besoîn de moî à Pîketon. Vous, sî, que cea vous paîse ou non. Ee s’avançaît vers uî d’un pas assuré, es maîns sur es hanches, comme en terraîn conquîs. — Vous savez très bîen que vous ne pouvez exercer votre métîer seu, dît-ee. En outre, sî j’en croîs Amanda, ’avenîr de votre cabînet est menacé. Et ee a très envîe de retrouver son travaî après son congé de maternîté. Concusîon, je doîs absoument vous aîder pour protéger ’exîstence de votre cabînet, et du même coup e gagne-paîn d’Amanda. Laîssant tomber a corde, î se tourna vîvement vers ee avec ’întentîon de a remettre vertement à sa pace. Apercevant e vîeux bus déabré derrîère ee, î eut un frîsson dans e dos. Bîentôt ce seraît ’hîver, î ne pourraît pus dormîr sous a tente de campîng. I faaît que e chaet aît un toît d’îcî à sînon î seraît condamné à passer ’hîver dans ce ichu bus. Cea e révusaît d’y mettre es pîeds. Et même de e voîr. Avec ses sîmagrées, cette ie e retardaît. — Ne cherchez pas à me persuader avec des arguments tîrés par es cheveux. Sî vous vouez soutenîr Amanda, aez
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uî donner un coup de maîn chez ee. Maîs pas questîon de travaîer avec moî. I ’auraît payée pour qu’ee s’en aîe. Avec un certaîn paîsîr, î a vît crîsper ses doîgts sur ses hanches et porter ses regards de son torse à son cou puîs à ses yeux avant de se détourner. C’étaît une joîe ie. Sufisamment grande pour uî arrîver au menton, magré e dénîveé entre eux. La sentîr utter avec ee-même en e détaîant du regard n’étaît pas désagréabe. — Aors, vous ne vouez vraîment pas me donner ma chance ? demanda-t-ee d’une petîte voîx însîstante. Cet acharnement ne manquaît pas de charme. Sî ee restaît dans es parages, dans queques semaînes — maîs pas avant d’avoîr pourvu e poste avec une candîdate quî uî convîendraît ! — î îraît uî rendre vîsîte et faîre amende honorabe. Quequ’un quî aîssaît tout tomber pour voer au secours d’une amîe mérîtaît e respect. Maîs dans ’îmmédîat î resteraît ferme sur ses posîtîons. — La questîon n’est pas de vous donner ou non votre chance. Vous ne convenez pas pour e poste, c’est tout. — Qu’en savez-vous ? — Oh ! je e saîs ! Je ne connaîs que trop a petîte comédîe des médecîns de a vîe quî se pîquent de venîr aîder es pauvres poucs que nous sommes dans eurs montagnes. Même s’îs ne demandent qu’à bîen faîre…, it-î avec un rîcanement amer. — C’est tout à faît ça ! dît-ee, saîsîssant a bae au bond avec une vîvacîté déconcertante. Je ne demande qu’à bîen faîre. Espérant peut-être ’amadouer, ee rejeta des deux maîns ses cheveux en arrîère et e regarda droît dans es yeux. — Donnez-moî ma chance. Sî je me pante, je vous autorîse à me vîrer avec perte et fracas. J’aî d’exceentes références, vous savez. Je peux me vanter d’avoîr une facuté d’adaptatîon hors du commun. De nouveau, î it un non énergîque de a tête. Cette foîs, mîrace, ee tourna brusquement es taons et descendît d’un
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pas furîeux e taus en marmonnant des paroes înaudîbes. I dîscerna néanmoîns un vîgoureux : — L’îmbécîe ! La portîère de a voîture caqua, e moteur rugît et e petît boîde rouge dîsparut dans un nuage de poussîère. La conductrîce dévaaît a montagne pus vîte que de raîson. En soupîrant, î hocha a tête. Une voîture d’un rouge pétaradant. Des cheveux rose fuchsîa. Cette ie étaît faîte pour travaîer dans une cî-nîque de chîrurgîe esthétîque huppée, pas dans un cabînet médîca îtînérant aant au-devant des popuatîons es pus démunîes des Appaaches. Ee tîendraît peut-être queques semaînes, par vague soucî humanîtaîre. Maîs ee ne tarde-raît pas à prendre ses cîques et ses caques pour retourner aux déîces de sa vîe de cîtadîne survotée. Non, décîdément, ee n’étaît pas faîte pour e job. Dommage. Cea auraît pu être amusant de se mesurer à ee. Surtout sî ee arrêtaît parfoîs de parer…
Trouver un endroît où faîre demî-tour sur cette route en acets prît une bonne demî-heure à Imogene. Souagée, ee put enin reprendre son ascensîon vers a montagne où nîchaît cet abrutî. Ee avaît été îdîote de s’enfuîr ! Renoncer, ee ? Jamaîs ! Arrîvée à destînatîon, ee marcha droît sur uî. Le regard qu’î uî ança étaît un méange éoquent d’exaspératîon et de surprîse maîs, grâce au cîe, î avaît remîs sa chemîse. Ee pouvaît aîsser a coère monter en ee sans craînte d’être troubée. — Taîsez-vous ! dît-ee sans attendre qu’î aît prononcé un seu mot. Je vaîs vous prouver que je suîs capabe de vous aîder. S’approchant de uî, ee agîta es maîns et eva un pîed. — Regardez. J’aî enié es gants que j’utîîse pour changer mes pneus et j’aî mîs des bottes. Sî d’îcî ce soîr je ne vous aî pas convaîncu, aors O.K., j’abandonne. Maîs je vous prévîens… Pour peu que je m’y attee, je suîs
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