Un mari sur contrat (Harlequin Azur)

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Un mari sur contrat, Lindsay Armstrong

Depuis la mort de son père, Melinda doit non seulement gérer le domaine familial, proche de la faillite, mais aussi élever ses trois jeunes frères. Bien que prête à tout pour sauver la propriété et permettre à ses frères de continuer à vivre là où ils sont nés, Melinda se prend à douter devant l'ampleur de la tâche et le nombre grandissant des problèmes auxquels elle doit faire face. Aussi, lorsque les services sociaux menacent de lui retirer la garde de ses frères, elle comprend qu'elle n'a d'autre choix que d'accepter le mariage que lui propose Etienne Hurst. Une union de convenance pour laquelle elle éprouve une profonde aversion, car Etienne n'est autre que le frère de la femme qui a ruiné leur famille...

Publié le : mercredi 1 juillet 2009
Lecture(s) : 29
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280272155
Nombre de pages : 160
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1.

Debout dans le vent froid d’un pâle matin hivernal, Etienne Hurst se sentait étrangement attiré par la femme qui se tenait non loin de lui.

Une très jeune femme, à la vérité, songea-t-il en l’observant à la dérobée. Et qui ne semblait guère s’intéresser à lui, alors même qu’il s’était écoulé plus d’un an depuis leur dernière rencontre. Le caractère de la jeune femme avait-il autant changé que son apparence ? Elle devait avoir… dix-neuf ans, à présent. Qui aurait cru que Melinda Ethridge allait devenir cette créature sublime ? Silhouette mince et élancée, très digne dans la douleur, elle était venue faire ses derniers adieux à son père et sa belle-mère, tragiquement décédés dans un accident d’avion.

Parfaitement immobile, toute vêtue de noir, elle semblait perdue dans un monde à part. Sa chevelure châtain, opulente et soyeuse, accrochait la faible lumière de ce matin gris. Elle ne pleurait pas mais un profond chagrin se lisait sur son visage lisse et pâle. La courbe gracieuse de son cou paraissait fragile, vulnérable. Mais elle se tenait très droite et gardait la tête haute tandis que le vent jouait avec sa longue jupe noire.

D’autres femmes l’avaient attiré par le passé… bien évidemment. Mais aujourd’hui, les circonstances ne se prêtaient guère à ce genre de tumulte. Pour l’amour du ciel, c’était sa propre sœur, Margot, qu’on enterrait ce jour-là — Margot qui avait été la belle-mère de Melinda. Et puis, d’un point de vue purement objectif, il n’avait aucune raison d’éprouver un tel émoi. Melinda, que tout le monde appelait Mel, ne s’était jamais entendue avec sa belle-mère… et son animosité s’était « logiquement » étendue à lui, Etienne.

Sans compter que Melinda était beaucoup trop jeune pour lui… Du haut de ses trente ans, Etienne croyait pourtant s’être lassé des jolies créatures exaltées qui tombaient passionnément amoureuses au moindre regard. Il interrompit sa rêverie pour songer à sa sœur, Margot. Quatre ans plus tôt, celle-ci avait épousé le père de Mel et apporté avec elle un vent de glamour et de luxe outrancier à Raspberry Hill, la propriété familiale des Ethridge. Mais à quel prix ? se demanda-t-il.

Si, comme il le craignait, sa sœur avait épuisé toutes les économies de la famille, quel avenir s’offrait à Mel Ethridge et à ses trois frères cadets ? Et quelle part de responsabilité devrait-il assumer dans cette histoire ?

Ces interrogations devraient largement suffire à calmer ses ardeurs, conclut-il avec un brin d’autodérision.

A cet instant, Melinda posa les yeux sur lui et il eut aussitôt l’impression de se noyer dans un océan bleu nuit, incroyablement velouté. Et puis les yeux de la jeune femme s’écarquillèrent légèrement — à l’évidence, elle l’avait reconnu — et elle continua à le fixer, comme hypnotisée, avant de rompre le charme en le gratifiant d’un hochement de tête empreint de gravité.

Etienne sut alors qu’il serait incapable de garder ses distances… Mais pour l’heure, immobile et muet, il regarda la jeune femme se tourner vers ses frères et les entraîner vers leur voiture.

2.

Trois semaines plus tard, par une belle matinée ensoleillée, Mel Ethridge manœuvrait son tracteur en direction de l’entrepôt ; la remorque qu’elle tirait était pleine d’ananas. Le printemps avait enfin décidé de pointer le bout de son nez et elle était heureuse de pouvoir s’activer en plein air. En effet, les trois semaines qui venaient de s’écouler avaient été éprouvantes à plus d’un titre. Sous le choc de la disparition brutale de son cher père, Mel avait eu la mauvaise surprise de découvrir que Raspberry Hill, l’exploitation familiale, spécialisée dans la culture de l’ananas et l’élevage de bétail, se trouvait dans une situation financière plus que précaire.

Soudain, elle remarqua une voiture qui ne lui était pas inconnue — une voiture gris argent, rutilante et racée, garée le long du hangar. La voiture d’Etienne Hurst.

Elle exhala un soupir. Il était trop tard pour rebrousser chemin : Etienne était nonchalamment appuyé contre le capot et elle ne pouvait pas feindre de ne pas l’avoir vu. Oh, ce n’était pas la première fois qu’elle le revoyait depuis l’enterrement. Il se trouvait à l’étranger lorsque s’était produit le tragique accident et il était rentré juste à temps pour les obsèques.

Depuis ce jour-là, en tant qu’unique parent de Margot, il avait assisté à toutes les entrevues avec le notaire ainsi qu’à la lecture des testaments. En conséquence, il connaissait aussi bien qu’elle les difficultés financières que rencontrait l’exploitation. Et si Mel n’avait pas éprouvé à son égard un profond ressentiment, elle aurait été forcée d’admettre qu’il s’était montré plein de sollicitude envers elle et ses frères.

Hélas, l’animosité qu’il lui inspirait la privait de toute objectivité.

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