Un mari virtuel

De
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Qui, de la jeune Agnès ou du vieux séducteur libanais Antoine, tombera dans les filets de l’autre ? Elle, cherche le mariage, « un homme qui vous aime et soit aimé de vous » (Molière, Les Femmes savantes), lui, la séduction.

De Paris à New-York en passant par Genève, voici une histoire entre un homme mûr et une jeune femme romantique.

Cette histoire est celle de beaucoup de femmes ; car malheureusement dans les relations amoureuses, le rapport de force est encore souvent en faveur des hommes.

Une quête d'affranchissement à suivre au travers des aventures de la jeune Agnès.


Publié le : vendredi 18 mars 2016
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EAN13 : 9782334116220
Nombre de pages : 188
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-11620-6

 

© Edilivre, 2016

Dédicace

 

 

Aux Femmes en cours d’émancipation1

Qui crent (encore) aux Princes Charmants


1. Emancipation : action de s’affranchir d’un lien, d’un état de dépendance, d’une domination, d’un préjugé (dictionnaire Larousse)

Chapitre 1

« Un mari ? C’est un mari ; vous ne deviez pas finir par ce mot là, il me raccommode avec tout le reste. »

Marivaux ; le jeu de l’amour et du hasard.

– « Un mari ? Mais DIX maris, au lieu de travailler, quelle idée de travailler, Ach ! »

Etonnée, je tournais la tête vers celle qui venait de dire une incongruité selon moi. Et aussi, amusée de cette réflexion si peu encourageante à l’aube de mon entrée dans la vie professionnelle.

Eva, Eva SCHILVER, une allemande, style Walkyrie, d’un certain âge, proche de quarante ans, élégante dans son embonpoint distingué, très 16ème, venait de prononcer ces paroles historiques que j’aurais du approfondir.

Mais, jeune diplômée, très enthousiaste à l’idée de « faire carrière » dans une si belle profession que le Droit et en robe d’Avocate, je riais de ces paroles, que la vie – ma vie – me donna par la suite à méditer.

Eva fut ma voisine de siège pendant les années de stage à l’école du Barreau de Paris et je l’aimais beaucoup. Elle aussi, très protectrice, un peu MERKEL, son fort accent dont elle ne se défit pas même après vingt ans en France, m’aimait bien et m’invita plusieurs fois à diner chez elle, avec ma sœur Armande qui elle aussi l’appréciait.

Son appartement dans le 8ème était meublé de beaux meubles – allemands – et j’avais l’impression d’être à Berlin plutôt qu’à Paris. Ses repas étaient tout aussi typiques.

Très copieux et avec du bon vin.

La première fois que j’étais allée la voir, avec Armande, celle-ci avait sonné. La porte s’ouvrit et un homme – une armoire – apparut et suivi d’un autre qui, s’écrièrent et nous prirent, chacune, dans leurs bras en nous soulevant, aimablement.

C’était des amis d’Eva, aussi juristes qui étaient très bien élevés – au demeurant – et nous reposèrent avec délicatesse sur le sol. Armande et moi riions – rires un peu forcés – légèrement choquées par cet accueil germanique inattendu.

Mais, la société d’Eva était en fait très éduquée et ces élans spontanés s’expliquaient aussi par la différence de style que ma sœur et moi avions – silhouettes fines, plus jeunes et très poupées.

Si la vie d’après nous sépara, chaque fois que j’eus la joie de la rencontrer était partagée et nous conversions comme si nous ne nous étions vues la veille.

Eva avait-elle raison ? Un mari plutôt qu’un travail ? : « Mon royaume pour un cheval »

Qui était le royaume, qui était le cheval ?

Mais, alors, avais-je tout faux ?

Faire ma vie d’abord signifiait pour moi, avoir d’abord un « boulot » pour reprendre le terme de Jim, riche New Yorkais, très gros, rentier n’ayant jamais travaillé de sa vie

– Trouver un mari et faire des enfants plus tard, après l’ancrage sécurisé du travail, était mon crédo, le crédo inculqué par ma mère – femme au foyer – artiste ayant renoncé à une carrière prometteuse de comédienne à la sortie du Conservatoire de la Ville de Paris, abonnée aux revues féminines et féministes – Elle, Marie-Claire et Arts de la table.

Et pourtant, l’histoire d’Eva n’était pas gaie. Elle avait épousé un diplomate français qui avait du la tromper et avait épousé une autre. Française ? L’histoire ne le dit pas. Toujours est-il qu’Eva s’était retrouvée seule à Paris, avec sa fille, une fillette de dix ans, élevée par elle et qu’elle avait dû travailler.

Pas facile pour une Allemande, parlant vraiment mal le Français. Mais, Eva se sortit très bien de cette épreuve, et tint un cabinet juridique franco-allemand, travaillant avec la Chambre de Commerce et sans avoir à plaider trop souvent. Heureusement.

Au lieu de dire : « gauche, » elle disait « GAUCHHE »

Et son ex ?

Eva n’en parlait pas trop ; sauf le jour de son enterrement auquel elle avait été, en catimini, se cachant derrière un pilier de l’église.

Elle devait me dire qu’elle avait vu la (plus) jeune veuve et qu’au fond, elle avait bien fait de divorcer. L’autre, elle « n’avait eu que les restes. »

La fille d’Eva lui fit un grand coup. Très brillante, elle s’éprit d’un « Juif » de famille particulièrement radicale. La perspective d’épouser une Allemande était pour la famille de son futur mari un tremblement de terre et Eva, Bavaroise, était quand même ennuyée.

« Il fallait que Anneliese trouve cet Ariel, ce n’est pas possible. Ach, elle est comme son père, et les enfants ??? Tu te rends compte Ach, c’est terrible. »

Je la rassurais.

« De toute façon, tu n’y peux rien. Elle l’aime. Et puis, tu verras, ça s’arrangera. »

Cela s’est arrangé. Ils travaillent tous les deux à Bruxelles et pour les enfants, il n’y a pas de problème.

Et voilà.

Donc le mariage, c’est bon ?

Après tout, pourquoi pas ?

Oui, mais ce n’est pas si simple. Il faut trouver, et c’est cela le plus dur.

Les hommes se méfient maintenant.

Car, au fond, la libération des femmes, qui l’a voulue ? Les femmes ? Que nenni, au début, ce sont les HOMMES qui ont initié le divorce, pour se libérer. Souviens-toi de Napoléon. Et qui les a mis au travail les femmes ? LES HOMMES !

Tu travailles ? Pas de pension alimentaire. C’était le terme à l’époque. Une pension alimentaire pour nourrir la mère et les enfants, et permettre au mari infidèle de se refaire une jeunesse en épousant – souvent – la secrétaire.

« Divorcerai d’une femme de 40 ans pour deux de vingt ». Qu’elle était drôle cette blague qui circulait dans les années 70/80.

Evidemment, les femmes ont pris le cheval et sont parties avec alors que les hommes ne voulaient que leur donner juste de quoi subsister, le temps d’élever leur progéniture.

Tant pis pour eux.

Oui, mais tant pis pour elles.

Tu as voulu ta liberté ? Et bien, débrouille-toi. Et, plus personne pour tenir la porte, ouvrir la portière de la voiture ni payer la note du restaurant – sauf si Madame allait passer au lit avec le Monsieur.

La règle, non écrite, de « Qui paie la note du restaurant ? » permettant tout de suite de connaître les intentions des participants. Si la femme réglait sa part, elle montrait son indépendance et en principe – sauf exceptions – rentrait chez elle. Si l’homme réglait, ce qui aurait du être la règle même sans arrières pensées, c’était qu’il y avait une note de « glamour » dans la relation et peut-être plus.

Je m’amusais – quand j’étais seule attablée – à deviner les relations des couples qui venaient diner dans les grands restaurants de Montparnasse, situés près de chez moi. C’était assez facile. L’empressement de l’homme, sa lumière dans les yeux montrait sans hésitation que l’affaire était faite. La femme, elle aussi brillait. Il y avait du Pep’s dans leur relation.

Par contre, la lecture du menu sans enthousiasme, l’absence de conversation, de regards échangés, dénotaient hélas, le peu de piment de la relation d’un couple usé.

L’usure du temps. Banal.

Je m’étais donc convaincue de ne pas chercher le mariage. Regardant avec un certain mépris un couple d’étudiants qui promenaient leur future union depuis la première année de droit et qui poursuivaient en couple le cursus universitaire, la main dans la main.

Une union sans heurts, harmonieuse, convenue, acceptée avec cette sérénité d’un bonheur futur certain, probablement avec des enfants, une fois le mariage célébré.

Je les appelai « Les mariés de l’An Deux » en référence au film.

Ils avaient prévu de faire carrière à la SECURITE SOCIALE. Tous les deux. Ils s’étaient présentés, suivant les conseils du Professeur de la fac qui encourageait ses étudiants à aller voir. C’était une bonne voie, mal connue.

L’idée de devenir une « dame de la Sécu » ne me disait rien. Les accidents du travail, les indemnisations journalières, les incapacités, ne me disaient RIEN. C’était de l’administratif, pas du Droit.

En plus, je ne voulais pas développer une mentalité de méfiante, cherchant la petite bête pour rejeter les demandes d’indemnisation. Cela aurait gâté ma foi en la Vie, la Joie.

Mon ambition ? En avais-je ? Une idée vague d’Avocate mais sans plus, mais sans être un saute-ruisseau à vaquer à des dossiers peu ambitieux.

Le recouvrement de créances, je n’y pensais même pas. J’étais au-dessus de tout cela.

Mon idée était d’obtenir mon diplôme, de bonnes notes et un job durable. Le projet d’un mari n’était pas à l’ordre du jour. Et je ne cherchais pas à séduire.

Mon aspiration était de trouver un travail. Point.

Ma mère nous avait inculqué, ma sœur et moi, l’ambition d’être cultivées, indépendantes et ne nous parlait jamais du mariage.

Mon père, italien d’origine avec une naissance américaine à l’est en Pennsylvanie, n’aimait que son « panier de chats » comme il le disait parfois, avec une grande tendresse, aimant nous chouchouter ma mère, beaucoup plus jeune que lui et SES FILLES. Il n’aurait pas aimé voir un garçon les approcher.

En l’absence de toute politique matrimoniale, j’étais avec ma sœur, relativement asexuée, désintéressée par toute cette agitation autour de moi sur les histoires sentimentales de mes camarades filles.

En bibliothèque, il suffisait de regarder une pile de Dalloz pour se douter que j’étais derrière.

J’aurais bien aimé y passer ma vie d’ailleurs. Etre un « rat de bibliothèque » m’aurait convenu, par la sérénité et une certaine assurance sur les valeurs de la vie que l’étude-protectrice des agressions quotidiennes subies par les personnes ordinaires – procure.

Un peu comme les moines copistes, mes recherches pour les devoirs, étaient une activité de plénitude.

A la fin de la journée, j’étais fatiguée mais heureuse d’avoir compilé et d’avoir de bonnes notes.

Alors, le mariage…

Ma sœur Armande était comme moi ; elle avait dû m’influencer, ce qui était d’autant plus vrai qu’étant née « moribonde » un bébé miniature qui hurlait tant qu’il pouvait, elle devait me protéger – ce qu’elle n’a jamais cessé de faire.

En vacances, à Biarritz, je l’accompagnais pour jouer avec des enfants de son âge, plus grands que moi, et la consigne d’Armande qui était souvent « la chef » était : « Agnès – moi – elle compte pour du beurre. »

Ce qui signifiait : « il ne faut pas lui faire du mal »

La cause étant entendue, nous courions, faisions la course dans le sable et c’était bien.

Armande n’avait pas non plus envie de se marier.

Entrée très tôt à l’école catholique-, elle avait trouvé son rythme chez les sœurs de la Sagesse et aurait pu –, elle aussi, poursuivre une vie sereine dans la bonne odeur de cire et le silence respectueux de l’établissement… jusqu’à la classe de philosophie qui lui donna un esprit aiguisé et indépendant.

La philo l’a changea vraiment – physiquement aussi. Elle était plus mature, sans être rebelle ni révolutionnaire, Armande s’affirma.

Nous habitions à Orléans.

Elle partit un samedi à Paris avec son amie, Edith, fille

Le mariage carades de classe, le futur appartement où elle allait vivre : « Mais, c’est toi qui seras dans la cuisine ? »

Cela lui semblait extravagant, impensable, de limiter d’ores et déjà à une cuisine l’horizon d’une vie entière d’une jeune femme. En somme, elle allait gâcher sa vie, elle avait bien le temps.

Comment songer à se marier dans cette ambiance ?

Ma mère, Lucienne était féministe sans le savoir, comme Monsieur JOURDAIN.

Elle avait été effrayée à l’idée que ses filles deviennent de grosses femmes italiennes comme les sœurs de mon père qui étaient vraiment « papaloches » comme lui-même le disait gentiment. Ce ne fut pas le cas. Nos fibres françaises eurent le dessus et tant Armande que moi-même étaient très minces.

La contraception fut un soulagement pour ma mère. Elle nous parlait souvent de la femme, maîtresse de son choix d’enfanter, de la fin de la peur de la « fille mère » et elle n’était pas contre l’avortement plutôt qu’un bébé non désiré.

Dans cette ambiance féminine-féministe, l’idée de trouver un mari était incongrue.

Et pourtant, deis-je réviser mes classiques ?

Chapitre 2
La rencontre

Une de mes amies, Laurence, ne fait que s’enflammer des hommes qu’elle séduit délibérément. Quand elle décide de ramener un homme qui lui plait, elle regarde dans la salle où elle se trouve et une fois le tour de mirador effectué, elle s’approche, sourire charmeur, questionne et repart avec celui qu’elle avait choisi.

Enfin, ça c’est le principe.

Du temps où je l’ai fréquentée assez régulièrement, comme elle me trouvait jolie et donc devant avoir un « amoureux » – selon ses termes – elle me convia plusieurs fois à des évènements mondains.

Inscrite à plusieurs centres d’intérêts, elle recevait des invitations – gratuites ou payantes – à des soirées prestigieuses – essentiellement culturelles.

Vernissages d’expositions de peintres dans les galeries du Faubourg Saint Honoré, diners (payants) de soirées humanitaires, … etc.

Nous nous retrouvions devant l’établissement et nous partagions l’espace pour les vernissages notamment.

Elle en partant de la gauche, moi de la droite. Elle prenant le rez-de-chaussée, moi le premier étage et inversement. Je commençais à regarder son savoir faire.

Elle louvoyait, repérait un bonhomme, entre deux âges, 45/55 ans – mais quelquefois plus, et très rarement moins – et s’approchait tout sourires, ses petits yeux bleus myopes, couverts par ses lentilles.

Qu’est-ce qu’elle pouvait lui dire ?

Il écoutait, souriait, répondait et elle repartait de plus belle, engageant une conversation.

Bon, à moi.

Quid, quoid, quod ???

Voyons, voyons.

Sélectionnons les solitaires, ça diminue considérablement le choix ; évidemment les mieux sont déjà pris…

Tiens, le vieux qui regarde le tableau japonais, il est… parti avec une bonne femme, bon, d’accord.

Et là ?

C’est le peintre japonais.

Qu’est-ce que je peux dire ?

A part sayonara – ce qui veut dire « au revoir », je ne sais rien, et puis pas de japonais, il doit avoir ses geishas à Tokyo.

Ce qui l’intéresse, c’est de vendre, donc je ne saurais lui être agréable qu’en lui disant « how much ? » « Last price ? ».

Voyons Agnès, que tu es vulgaire, on ne marchande pas dans l’Art.

Tiens, une vedette de la télé.

Non, pas pour moi, pas sérieux, je ne suis pas une groopie, encore qu’il me sourit, je lui rends son sourire. Comme Agnès de l’Ecole des Femmes.

Merci Molière.

Oh, il s’éloigne.

Good by Molière.

– « Tu t’amuses ? … C’est bien, hein ? »

– « Oui, Oui, c’est très intéressant.

– « Tu es montée voir l’expo ? »

– « Non »

– « Vas-y, il y a des toiles et des sculptures et puis il y a un buffet, avec du champagne »

– « Ah oui, j’y vais, à tout de suite »

– « Prends ton temps, j’ai encore à voir avec l’organisateur de la soirée et l’agent de presse. »

Je monte, il y a des hommes qui parlent, un verre à la main et un buffet avec un extra.

Je n’ai pas faim et n’aime pas l’alcool, même le champagne – une tare-

– « Vous prenez quelque chose ? » « Du champagne ? »

Je regarde, intriguée, c’est l’agent de presse, rien que du métier, tout sourire, il pense peut-être que je suis une cliente intéressée.

– « Plutôt un verre de jus d’orange ».

Petit regard consterné – J’aurais du accepter une coupe de champ.

– « Voilà ».

– « Merci. » « C’est une belle exposition, très originale… »

– « Oui, cette fois, nous avons visé juste ; le thème s’harmonisait avec la… »

– Intro de Laurence : « Tu es là, c’est fascinant, n’est-ce pas ? Et se tournant vers l’agent, elle nous présenta toutes les deux tirant la couverture sur elle – j’étais devenue transparente.

Il y a des gens qui ont ce pouvoir-vous rendre transparent. Vous êtes là, ils viennent à vos côtés et « pluff » vous vous évanouissez.

Cela vaut surtout pour les filles, ces êtres parfaits, à qui un « rien » n’habille, un jean et un tee-shirt par exemple, elles vous noient dans le décor, les hommes n’ont d’yeux que pour elles. Le style mannequin, l’anglaise, la russe, la suédoise.

Laurence n’est pas de cette trempe. Elle n’est plus si jeune ni si parfaite, mais elle est sure d’elle.

Moi mon style, c’est la petite fille fragile. Ce qui n’accroche en général qu’avec des hommes déjà âgés-comme s’ils aimaient passer pour le père.

En fait, non ; ils assurent la différence d’âge, gage de réussite sociale. La jeune femme, est l’emblème de leur pouvoir-financier, professionnel, quel que soit le domaine.

Un artiste même fauché pourra sortir avec des jeunes femmes qui lui apportent pour lui un projecteur et pour elles, une notoriété.

Ce soir-là, il n’y eut pas rencontre intéressante : L’agent était homo, et moi, fatiguée d’être debout au milieu de personnes qui se connaissaient pour appartenir à un petit milieu artistique fermé.

Laurence et moi rentrâmes nous coucher.

Laurence finit par renoncer à me convier à ses virées, qui étaient fructueuses pour elles.

Deux mois plus tard, je la voyais vêtue d’une jupe serrée et d’une ceinture très décorée dont je lui faisais compliment. C’était un cadeau de son « amoureux » qui le lui avait acheté à Los Angeles et qu’elle avait demandé pour le faire casquer :

– « Tu comprends, il a tout, il faut que je l’épate en lui demandant n’importe quoi. »

« Je lui ai demandé une voiture décapotable rouge pour circuler là-bas. »

« Je n’ai fait que des caprices, il fallait l’occuper ».

– « Quel bonheur, c’est merveilleux, une rencontre comme celle-là, tu dois être comblée »

– « Penses-tu, Et puis, c’est un arabe, alors, tu comprends, mais il ne le fait pas, on dirait un Italien. »

Laurence était Juive, relativement pratiquante et elle frayait dans un milieu familial bien intégré dans la société juive tant en France qu’en Israël.

Cette histoire ne dura pas.

Quelques mois plus tard, son amoureux était un ami d’enfance, divorcé comme elle mais très intéressé par son patrimoine.

Ce n’était donc pas avec elle que je réussirai à trouver-mais, est-ce que je cherchais vraiment ? – mon « amoureux ».

Une autre de mes amies à l’époque avait aussi essayé de m’entrainer dans sa recherche sentimentale.

Péruvienne à Paris, Inès m’avait conviée à des soirées de son pays, très chaleureuses, musicales et gaies.

Les femmes y étaient belles, de longs cheveux noir jais, des anneaux aux oreilles qui brillaient et bougeaient avec leurs têtes. C’était des ambiances très ambassades avec les officiels.

Mais, ils étaient tous accompagnés et je détonais, la petite parisienne, blonde aux yeux verts dans cette compagnie multicolore et bruyante.

Je fus aussi invitée à des soirées musicales au Théâtre des Champs-Elysées où la colonie péruvienne venait y écouter ses artistes lyriques qui prolongeaient leur performance par des chants de leur pays.

Ces soirées étaient magnifiques et croulaient sous les applaudissements du public conquis.

A la sortie, les nocturnes terminaient la soirée en se rendant au Bar des Théâtres pour une collation joyeuse et animée. J’y étais bien accueillie formant avec mon amie un cliché : la brune et la blonde.

Inès était très jolie, et étincelait le soir. Il semblait qu’elle avait une lampe éclairée de l’intérieur : Elle était du soir et aimait boire du champagne.

Elle riait de toutes ses dents avec élégance.

Ce ne fut que plusieurs mois après notre rencontre dans un club sportif et quelques soirées en sa compagnie, que je reçus ses confidences.

Encore célibataire à 29 ans, elle n’avait pas rencontré un homme sérieux. Et pourtant, elle avait été en mission diplomatique aux Etats-Unis où elle avait des frères qui y étaient établis, au Japon et en Europe.

Elle aimait la France et Paris.

Une partie de sa famille vivait en France et y avait fait des études brillantes.

Du côté amour, elle avait connu un homme pendant quelques années, mais cela n’avait pas duré. Elle l’avait rencontré au cours d’un dîner organisé par une professionnelle des soirées de rencontres.

Un jour, elle me demanda de l’accompagner.

J’acceptais. C’était 50 € que je réglais. Le lieu de la soirée était dans un club parisien dont elle me donna l’adresse.

J’eus toutes les peines du monde pour y aller.

Ma sœur ainée, Armande me l’interdit. Il n’était pas question d’aller dans un club de rencontres, un milieu de prostitution, et ne présentant aucune sécurité.

J’avais beau me référer à Inès, sa caution était au contraire un facteur de risques et de danger.

Elle n’avait rien à craindre, elle avait de l’expérience.

Moi, innocente et pure, j’allais me faire violer, ou pire et disparaître sans possibilité de me retrouver en vie ou en entier.

– « Comment ferais-je pour te trouver ? »

– « Mais, c’est à Paris, c’est une société commerciale, Inès l’a déjà pratiqué. »

– « Inès, elle a roulé sa bosse, elle est diplomate, elle est protégée, tandis que toi, tu te rends compte, une Avocate dans des partouzes ? »

– « Tu exagères, ce sont des soirées de rencontres mais pas plus, »

– « Oui, on connaît… Tu te rappelles des filles enlevées à Orléans »

Orléans, notre ville d’enfance qui avait connu une rumeur de disparition de jeunes filles dans des boutiques tenues par des Israelites – rumeur qui fut totalement démentie par la suite.

– « Mais, ce n’était pas vrai… »

– « Ecoute, Agnès, je suis ta grande sœur, nos parents m’ont dit de te protéger, je ne peux pas te laisser aller dans des endroits dangereux, te laisser prendre des risques, tu comprends, c’est peut-être la mafia ; d’ailleurs, Inès elle est péruvienne, la pampa, la drogue tu sais, elle, elle ne craint rien mais toi, tu es fragile, on dirait une petite fille, Inès elle a de l’expérience, pas toi. »

– « Mais, c’est ça mon problème, comment puis-je avoir de l’expérience si je ne commence jamais. »

– « Mais, aller dans un bouge avec des hommes que tu ne connais pas, qui cherchent fortune, qui sont peut-être mariés ou des cloches même pas capables de trouver par eux-mêmes une fille, ça n’est pas pour toi, je ne veux pas que tu y ailles, je me ferais trop de soucis. En plus avec maman, c’est trop pour moi. »

Maman a la maladie d’Alzheimer ce qui est une responsabilité pour nous deux-papa est mort.

– … soupir « j’en ai marre, à chaque fois, je dois renoncer à aller quelque part où je pourrai rencontrer quelqu’un, regarde Laurence, elle, elle irait »

– « Mais Laurence elle ne craint rien, ce sont les hommes qui craignent, c’est une mante religieuse et elle a été mariée »

– « Que vais-je dire à Inès ? »

– « Que je ne veux pas...

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