Un mariage inattendu (Harlequin Horizon)

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Un mariage inattendu, Jodi Dawson

Lorsqu'elle apprend que, pour gagner le premier prix du concours auquel elle s'est inscrite, elle devra partager pendant quatre jours et quatre nuits consécutives un chalet perdu en pleine montagne avec un parfait inconnu, Dixie Osborn est stupéfaite. Depuis sa rupture avec son fiancé, elle se méfie en effet des hommes et elle est bien décidée à garder ses distances avec celui qu'on lui imposera. Mais lorsqu'elle fait la connaissance du séduisant Jack Powers, elle sent ses bonnes résolutions vaciller...

Publié le : jeudi 15 mars 2007
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280258890
Nombre de pages : 224
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1.
Cramponnez vos ourlets, mesdames ! Journée d’alerte rouge pour les jupes. Des rafales de cent kilomètres/heure sont prévues sur Front Range !
Ne se sentant pas d’humeur à apprécier l’humour douteux du présentateur, Dixie Osborn grinça des dents tout en observant, à travers son pare-brise fêlé, les embouteillages monstres qui bloquaient la circulation, et se demanda pour la millième fois pourquoi elle s’imposait pareille épreuve pour atteindre le centre-ville.
La voix onctueuse du présentateur lui rappela cependant bien vite la raison de ce calvaire.
— Plus qu’une demi-heure avant qu’un de nos heureux auditeurs remporte la palme de notre concours :  ! Rappelez-vous, mesdames, messieurs, vous devez impérativement assister au tirage pour gagner !La chance d’une vie
Par chance, un air de jazz remplaça la voix un peu trop enthousiaste émanant du seul haut-parleur en état de marche de la voiture.
Dixie lorgna la jauge de température, priant pour que l’aiguille ne rentre pas dans le rouge. Une fourgonnette semblait agoniser devant elle, le halètement de son moteur exténué contrastant avec le ronronnement régulier d’une puissante voiture de sport sur sa gauche. Autant pour son raccourci, connu apparemment de la moitié de la population de Denver…
Elle tapota le volant du bout de ses doigts aux ongles rongés. A combien s’élèverait l’amende si elle abandonnait son vieux clou pour couvrir au pas de charge la distance qui la séparait du lieu du tirage ? Ce serait certainement plus rapide…
L’ennuyeuse voix se fit de nouveau entendre.
— Brick Dingle, votre présentateur de l’après-midi, vous parle de votre concours, La chance d’une vie. La foule grossit sans cesse ! Je vous rappelle que nous nous trouvons devant le Miner’s Lady Grill, dans le centre commercial de la Seizième Rue.
Dixie exhala un long soupir dégoûté. Brick Dingle, quel nom à coucher dehors…
Elle fit un signe amical au chauffeur d’un camion qui, l’ayant prise en pitié, la laissait s’introduire dans sa file.
— Plus que dix minutes avant le tirage, chers auditeurs ! Et alors, une personne parmi les deux cents participants à ce concours se verra remettre l’acte de propriété de Crazy Creek Lodge, un chalet niché dans un magnifique paysage des Montagnes Rocheuses…
Applaudissements et sifflets noyèrent le reste de la phrase.
« Je n’y arriverai jamais », pensa Dixie, au désespoir.
Cependant, au moment où elle empruntait une rue à sens unique, distante seulement de quelques centaines de mètres du centre commercial, Dixie aperçut l’occasion rêvée : une place de livraison inoccupée. Se moquant pour une fois des conséquences d’un stationnement interdit, elle introduisit sa voiture dans l’espace restreint et coupa le contact.
Saisissant son sac, elle s’extirpa du véhicule par la vitre du conducteur tout en songeant qu’il devenait vraiment urgent de faire réparer sa portière.
Elle traversa la rue en courant à toutes jambes, ignorant les coups de Klaxon des automobilistes furieux. Elle consulta sa montre : il ne lui restait que quatre minutes avant le tirage. Adressant au ciel une prière silencieuse, elle se fraya un passage au milieu des piétons, à coups de coude malgré son point de côté ; puis, sans se soucier des regards mécontents, elle se faufila jusqu’au stand de la radio.
— Tu es venue pour le tirage ? lui demanda un adolescent à dreadlocks, vêtu style grunge, un grand sourire aux lèvres.
— Oui.
Elle évita son regard.
« S’il me drague, je le frappe. » A vingt-sept ans, Dixie en paraissait dix de moins. « A qui la faute ? » se plaisait à lui répéter sa mère. Avait-on idée de négliger de se maquiller et de porter ses cheveux longs simplement nattés dans son dos ? En tout cas, son absence de raffinement ne gênait pas les enfants en difficulté du Centre où elle travaillait — et certainement pas elle.
Le souffle froid de la brise d’avril lui arracha un frisson. Le calendrier avait beau affirmer que l’hiver était fini, le printemps tardait à venir, comme souvent dans le Colorado. Elle remonta la fermeture de son blouson jusque sous son menton et enfouit ses mains dans ses poches. Où étaient passés ses gants ? Probablement dans la pile de saletés qui encombrait son siège arrière, avec d’autres objets égarés.
— L’heure est venue, mes amis ! Nous allons procéder au tirage du gagnant de  !La chance d’une vie
Dixie se haussa sur la pointe des pieds pour tenter d’apercevoir l’homme qui tenait son avenir entre ses mains.
— Tu veux monter sur mes épaules ?
Elle toisa l’adolescent. Elle avait sûrement mal entendu…
— Pardon ?
Il recula d’un pas, leva les mains en signe de conciliation.
— C’était juste pour que tu voies mieux.
Dixie hocha la tête. Ce n’était pas la faute du môme si elle avait les nerfs en pelote.
— Merci, mais je me débrouille.
Joignant le geste à la parole, elle se glissa entre deux hommes d’affaires et se retrouva au premier rang de la foule.
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