Un mariage pour Noël

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10 millions de dollars pour s’occuper des neveux de l’homme d’affaires Vincenzo Tomasi ? Pour Audrey, c’est inespéré : elle a tant besoin d’argent pour financer l’inscription de son jeune frère dans la prestigieuse université où il a été admis ! Et puis, contrairement aux autres candidates uniquement attirées par l’appât du gain, elle sait qu’elle saura offrir tout son amour à ces enfants qui viennent de perdre leurs parents. Mais quand Vincenzo lui apprend que ce n’est pas simplement une gouvernante qu’il cherche, mais une épouse, une femme qui tiendra véritablement le rôle de mère auprès de ses neveux, Audrey sent l’angoisse l’envahir : peut-elle vraiment lier son destin à cet homme qui éveille en elle des sentiments brûlants et… incontrôlables ?
Publié le : lundi 1 décembre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280318389
Nombre de pages : 160
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Prologue

Les yeux secs, le cœur navré, Audrey Miller était assise au chevet de son jeune frère gisant sur un lit d’hôpital. De toutes ses forces, elle priait pour qu’il se réveille…

Il était dans le coma depuis trois jours et elle était restée près de lui, refusant de le laisser une seule seconde. Car jamais elle ne l’abandonnerait, contrairement à sa famille. Ses parents, eux, n’avaient pas hésité.

Etait-il possible que des proches se comportent ainsi en étrangers ? Et même pire que des étrangers… Le clan Miller avait rejeté cet adorable garçon, si vif, si affectueux, tout simplement parce qu’il leur avait déclaré ses penchants homosexuels. A l’époque, il n’avait que douze ans… Mais il avait persisté et déclaré que c’était ainsi qu’il voulait vivre, qu’il ne s’agissait pas d’une période de confusion passagère due à son jeune âge. Alors ses parents l’avaient mis dehors.

Si jeune… Au même âge et en pareilles circonstances, Audrey n’aurait su quoi faire. Toby, lui, s’était débrouillé. Avec ses économies en poche, son ordinateur portable et un sac à dos plein, il avait parcouru la distance qui séparait Boston de New York et sans prévenir, sans même avoir appelé à l’avance, il avait débarqué chez elle. Il faisait confiance à sa sœur et savait qu’Audrey l’accueillerait alors même que ses parents le repoussaient comme s’il était un monstre. Elle lui avait ouvert les bras. Et jamais Audrey ne trahirait la confiance qu’il avait mise en elle.

Elle était persuadée qu’avec le temps ses parents reviendraient sur leur décision. Mais Caroll et Randall Miller n’avaient pas l’esprit large, hélas : ils ne s’étaient pas contentés de jeter leur fils dehors. Ses parents lui avaient envoyé un ultimatum après qu’elle eut recueilli son frère : si elle l’aidait, ils lui ôteraient tout soutien financier et ne la considéreraient plus comme leur fille. Tout lien serait donc rompu… S’ils croyaient qu’elle céderait à la pression, ses parents avaient vu leur plan faire long feu. En fait, le plus affecté avait été Toby : à peine avait-il compris ce que cet ultimatum signifiait pour sa sœur qu’il s’était jeté par la fenêtre de chez eux. Sans trop de dommage et, heureusement, les médecins espéraient une rapide sortie du coma.

Audrey pressa la main inanimée de son frère.

— Je t’aime, Toby, il faut que tu reviennes à toi. Qu’est-ce que je ferais si tu n’étais plus là ? Ouvre les yeux, Toby chéri, je t’en supplie…

A cet instant, les paupières de son frère tressaillirent… Bientôt un regard brun profond plongea dans celui d’Audrey.

— Grande sœur…

— Oui, mon chéri, je suis là.

Toby lui jeta un regard égaré.

Audrey se pencha et déposa un tendre baiser sur son front, soulagée que ses prières aient été entendues.

— Ecoute-moi bien, Toby Miller : c’est toi ma famille, la seule qui compte. N’essaie plus jamais de me quitter.

— Si je n’étais pas là, tu verrais toujours nos parents…

— Et ce ne serait pas une bonne chose. Crois-moi, Toby, tu es le seul de cette famille que j’aime profondément. Tu sais combien cela fait mal de voir que nos parents ne parviennent pas à nous aimer tels que nous sommes ?

Toby esquissa un sourire douloureux, le regard hanté.

— Oui, hélas.

— Eh bien, multiplie ça par un million de fois et tu sauras ce que je souffrirais de te perdre. C’est bien compris ?

A ces mots, Audrey vit dans les yeux de son frère une lueur qu’elle aurait tout donné pour fixer là : de l’espoir.

1.

— Vous me demandez de vous trouver une femme ? Je présume qu’il s’agit d’une plaisanterie !

C’était la première fois que Vincenzo Tomasi — Enzu pour ses proches — entendait la voix de son assistante monter ainsi dans les aigus. Gloria, de quinze ans son aînée, travaillait pour lui depuis qu’il avait repris la branche new-yorkaise de la banque d’affaires Tomasi, une dizaine d’années plus tôt. Elle s’était toujours montrée d’un calme olympien. Jamais Vincenzo ne l’aurait crue capable d’une telle véhémence.

— Je veux d’abord une mamma pour ces enfants, précisa-t-il pour l’apaiser. C’est ce dont ils ont besoin.

Bien qu’il fût de la troisième génération née hors de Sicile, sa conversation s’émaillait souvent d’expressions du pays. Et comme tout bon Sicilien, il ne pouvait imaginer l’éducation de sa nièce Franca, quatre ans, et de son neveu Angilu, huit mois, sans les soins d’une mère. Une gouvernante ne suffirait pas à de si jeunes enfants. Il voulait pour eux un environnement stable, contrairement à ce que son frère et lui avaient connu. Et donc, cela impliquait que celle qui s’occuperait des enfants devienne aussi sa femme…

Encore frémissant d’indignation, Gloria répliqua :

— Je sais bien que les frontières de ma mission sont parfois élastiques, mais là, ça dépasse le cadre de mes compétences !

— Vous vous sous-estimez, Gloria.

— Pourquoi ne pas leur trouver une nourrice ?

— J’en ai déjà renvoyé cinq depuis que j’ai la garde de ces enfants. Ça ne peut plus durer. Il faut quelqu’un qui fasse passer leur bien-être en premier. Quelqu’un qui les aime.

Vincenzo n’avait pas d’expérience personnelle en ce domaine mais il avait suffisamment passé de temps en Sicile avec sa famille pour savoir à quoi ressemblait un cadre propice à l’épanouissement des enfants.

— Mais enfin, monsieur, l’amour ne s’achète pas ! s’indigna son assistante.

Diriger une banque qu’il avait amenée au meilleur rang international, puis fonder sa propre société, Tomasi Entreprises, avait donné à Vincenzo une tout autre approche de ce qui s’achetait ou pas. Après tout, n’était-il pas l’une des plus grandes fortunes du pays ? Cela lui donnait certains moyens.

— Vous verrez, Gloria, que cela s’achète comme le reste. Celle qui deviendra la mère de mes neveux devra être éduquée, équilibrée et bien entendu sans enfants. Il serait mieux qu’elle travaille, cependant, elle devra abandonner son poste actuel pour s’occuper de Franca et Angilu à plein temps… Maximum trente ans, ajouta-t-il après une pause.

Car il faudrait qu’elle devienne aussi sa femme…

— Eh bien, soupira Gloria avec résignation, cela réduit nettement le champ des possibles…

— Figurez-vous que je ne veux pas n’importe qui. Mes neveux ont besoin de ce qu’il y a de mieux. Quant à moi… Eh bien, je préférerais qu’elle ait de l’allure mais je ne veux pas d’un top model.

Les enfants avaient déjà connu l’expérience d’une mère et belle-mère très belle mais superficielle… Johana avait été la deuxième femme de son frère Pinu ; la première, mère de Franca, s’était retirée avec empressement au vu de la somme que lui versait Enzu pour cela. L’une comme l’autre étaient des bimbos sans cervelle et le goût de son frère pour ce type de femmes resterait pour Enzu un mystère. Enfin, cette fois, c’était lui qui choisirait la future mère des enfants et sa décision serait bien plus rationnelle que n’avaient été celles de son pauvre frère, disparu avec Johana dans un accident de voiture six mois plus tôt.

— Parlons finances, à présent. La mère recevra une somme de dix millions de dollars une fois que les enfants auront atteint leur majorité. Chaque année, elle aura droit à une pension de deux cent cinquante mille dollars versés mensuellement, plus la couverture de ses dépenses pour la maison, elle-même et les enfants.

— Dix millions ? fit Gloria en secouant la tête.

— Si tout s’est bien passé. Dans le cas contraire, si l’un des deux choisissait, par exemple, de suivre le mauvais exemple de son père mais que le deuxième enfant s’en abstienne, elle recevrait quand même la moitié de cette somme.

Tout pouvait arriver, même avec une éducation identique. Son frère et lui n’en étaient-ils pas les exemples flagrants ? Ils n’avaient pas du tout des caractères semblables et leurs choix de vie avaient été radicalement différents.

— Eh bien, conclut Gloria avec fatalisme, je vais voir ce que je peux faire.

— J’ai toute confiance dans votre succès.

* * *

Lorsque sa demande s’était heurtée à un refus catégorique, Audrey avait impatiemment essuyé ses larmes en se promettant de ne plus jamais rien tenter auprès de ses parents. Elle aurait dû se douter que, pour Caroll et Randall Miller, ce n’était pas l’admission de Toby dans une prestigieuse école d’ingénieurs, le MIT, qui allait changer quoi que ce soit… Et, pourtant, elle n’avait pas même demandé une aide financière, simplement qu’on lui trouve une chambre près de l’école pour lui éviter les transports ! Ce n’était pas une question de moyens — les Miller étaient riches —, mais une question de conviction : n’ayant pas réussi à éduquer leurs enfants selon leurs principes, ils les avaient rayés de leur vie.

Depuis qu’elle s’occupait de Toby, Audrey avait dû affronter bien des difficultés : le chagrin, d’abord, de voir son fiancé, Thad, rompre sous prétexte qu’il n’était pas prêt à élever son petit frère. Les ornières financières, ensuite : incapable de terminer la prestigieuse et coûteuse université dans laquelle elle étudiait, elle s’était vue contrainte de se rabattre sur une université d’Etat, moins cotée. Obligée de contracter un emprunt, elle le remboursait en travaillant à mi-temps tout en bouclant son cursus universitaire. Elle avait enfin décroché sa licence en art et littérature, pendant que son frère grimpait les degrés d’études scientifiques qui lui promettaient un brillant avenir. N’ayant aucun projet personnel, Audrey avait décidé de se consacrer à celui de son frère. Il travaillait d’arrache-pied et son acceptation par le MIT aurait dû être un sujet de fierté pour ses parents… En effet, le prestigieux Institut de Technologie du Massachusetts ne prenait que les meilleurs.

Et Toby avait même décroché une bourse d’études ! Mais elle ne suffirait pas à payer toutes ses dépenses car les quatre années d’étude au MIT étaient un investissement dans tous les sens du terme. Même si Audrey consacrait à son frère toutes ses économies, il faudrait une autre source de financement. Car, depuis que Toby avait atteint ses dix-huit ans, la maigre pension que ses parents étaient obligés de lui verser s’était tarie. Il leur faudrait trouver un appartement moins cher, plus près du MIT. Audrey avait entamé de nombreuses démarches mais sans résultat jusqu’alors.

Qu’allait-elle pouvoir faire pour les sortir tous deux de là, elle n’en savait rien. Mais elle ne comptait pas renoncer à la première vraie tourmente. Elle était bien trop têtue pour cela.

* * *

Comment une telle chose était-elle possible ? Avait-elle bien entendu ? Audrey resta un instant abasourdie après que Gloria eut quitté les toilettes. Audrey occupait l’un des cabinets lorsqu’elle avait entendu entrer quelqu’un grommeler tout haut ; elle avait assez vite reconnu la voix de Gloria, qui semblait parler seule. Il y avait déjà de quoi étonner, car sa collègue était réputée pour son sang-froid. Mais, en découvrant l’objet de son humeur, Audrey en était restée coite et n’avait plus osé sortir… Il était question de dix millions de dollars que M. Tomasi s’apprêtait à verser à celle qui s’occuperait de ses neveux ! Audrey savait que le frère de son employeur était décédé tragiquement, et que deux enfants restaient orphelins de père et de mère. Elle savait aussi que Vincenzo Tomasi les avait recueillis. Visiblement, il avait besoin d’aide… Mais, à ce prix-là, il risquait plutôt de tomber sur une intrigante appâtée par le butin…

M. Tomasi croyait-il vraiment qu’on pouvait acheter le dévouement d’une mère ? Gloria, à en juger par la façon dont elle maugréait, désapprouvait sa démarche. Cependant, songea Audrey, pensive, alors qu’elle regagnait son poste de travail, il ne manquerait pas de candidates prêtes à jurer de leurs bonnes intentions, et ce de façon convaincante. Caroll Miller n’avait-elle pas réussi à faire croire à tout Boston qu’elle était une bonne mère ? Ce n’était pas si difficile de faire semblant.

* * *

Les poings crispés, le cœur battant la chamade, Audrey se tenait devant le bureau de son employeur. Allait-elle oser ?

Elle avait passé les trois dernières nuits à réfléchir, l’esprit en feu. M. Tomasi était prêt à donner beaucoup d’argent. Et il en fallait à Audrey pour assurer l’avenir de Toby.

Au petit matin du quatrième jour, elle avait pris sa décision. Son plan était audacieux, risqué, même, mais s’il marchait, elle offrirait à Toby son plus beau cadeau de Noël : l’assurance de poursuivre son rêve jusqu’au bout.

Dans le cas contraire… Eh bien, il était possible qu’elle se retrouve licenciée pour faute grave.

Mais les années passées en compagnie de son frère lui avaient appris qu’on n’obtenait rien sans rien. Et, jusqu’à présent, ils s’en étaient sortis, alors que leurs parents les avaient crus incapables de tenir et croyaient les voir rentrer au bercail, repentants. En tout cas, c’était ce qu’ils avaient dit à Audrey quand elle était venue les solliciter pour aider Toby à intégrer le MIT… Et comme rien ne pourrait la convaincre de retourner chez eux, elle devait croire en sa chance. Après tout, n’était-ce pas un heureux tour du destin d’avoir pu entendre Gloria grommeler à propos de la mission dont elle était chargée ? Peut-être la chance était-elle en train de tourner, songea Audrey. Il était en son pouvoir de faire, par la même occasion, le bonheur de son frère et celui de deux innocents, privés par le sort de parents. Peut-être pourrait-elle donner à ces enfants l’éducation aimante dont elle-même avait manqué, et que leur oncle semblait vouloir leur assurer ?

Cependant… c’était folie que d’essayer. Probablement, M. Tomasi se tiendrait les côtes de rire en la voyant débarquer dans son bureau pour prétendre à un tel poste de confiance. Mais elle se devait d’essayer.

Elle avait longuement réfléchi à la manière de s’y prendre. Passer par Gloria était une erreur : cette dernière serait gênée d’apprendre comment Audrey avait eu vent de cette quête. D’autre part, cela donnerait à l’assistante tout loisir de refuser avant même que M. Tomasi n’ait connu sa candidature ! Donc, il fallait trouver un moyen de rencontrer le président-directeur général sans passer par la voie hiérarchique habituelle… Le défi était de taille, mais Audrey se sentait toutes les audaces. Un élément très personnel renforçait sa détermination : Vincenzo Tomasi était l’homme de ses rêves. Depuis qu’elle l’avait croisé, à son arrivée dans les bureaux de New York dans l’intention de reprendre les rênes de la banque, il représentait une sorte d’idéal qu’elle n’avait aucun espoir de voir se matérialiser pour elle un jour. Il était superbe, altier, dévoué à son travail… Elle en avait été fascinée. Et depuis, tous ses fantasmes entre rêve et éveil tournaient autour de lui…

Elle avait déjà la main sur la poignée de sa porte lorsqu’elle se figea : tout ceci n’était-il qu’un fantasme de plus, et qui risquait de lui coûter cher ? M. Tomasi ne s’attendait pas à recevoir des candidates issues de sa propre entreprise, et encore moins une simple employée ! Même si Audrey était née dans une famille appartenant à la meilleure société, elle ne pouvait prétendre en faire partie aujourd’hui et même si M. Tomasi avait l’esprit large, il cherchait certainement quelqu’un de plus sophistiqué qu’elle. Et de moins ordinaire physiquement… Alors qu’il avait les cheveux d’un riche brun café, ceux d’Audrey n’étaient que châtains. Il avait les yeux d’un incroyable bleu turquoise alors que les siens étaient tout bonnement marron, comme ceux de Toby. Et ses prunelles ne reflétaient pas le même appétit de vivre, les difficultés ayant eu raison de son enjouement…

Et, tandis que son patron était de stature à jouer dans n’importe quel blockbuster hollywoodien, ses courbes à elle, pourtant engageantes, n’avaient jamais fait se retourner quiconque dans la rue.

Vincenzo Tomasi pouvait prétendre à mieux. Il ne devait pas manquer de femmes pour s’évanouir à son approche !

Oh ! et puis flûte ! Ce n’était pas en se dévalorisant qu’elle gagnerait quoi que ce soit. Elle était à pied d’œuvre, il fallait passer à l’action. Et qu’elle soit ou non secrètement amoureuse de son patron ne changeait en rien la donne. Elle ne postulait pas pour cette raison ! Mais pour son frère…

Alors, pour lui, il fallait oser. L’absence de Gloria dans l’antichambre du bureau directorial ne durerait pas éternellement. Prenant une profonde inspiration et sans même frapper, Audrey tourna la poignée et poussa la porte.

Vincenzo Tomasi était assis à son bureau, plongé dans la lecture d’une épaisse liasse de papiers.

— Je croyais que vous deviez sortir pour une demi-heure, fit-il sans lever la tête, n’imaginant pas une seconde que celle qui venait d’entrer puisse être une autre que son assistante.

Le simple son de sa voix paralysa Audrey et elle se trouva incapable de prononcer un mot. Alors son employeur leva la tête et ses yeux s’arrondirent de surprise. Mais il ne fut pas long à se reprendre.

— Je croyais que c’était l’habitude de frapper avant d’entrer dans le bureau de son employeur, déclara-t-il froidement.

— Eh bien…

Audrey avala sa salive et reprit :

— Je suis Audrey Miller, monsieur, et je viens postuler pour un emploi que vous avez déclaré vacant.

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