Un merveilleux cadeau - Dans les bras d'un milliardaire

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Un merveilleux cadeau, Shirley Jump

Eleanor est catastrophée : elle vient de découvrir que si elle veut adopter Jiao, cette adorable petite fille, il faut qu’elle soit mariée. C’est la loi. Mais vers quel homme se tourner ? Soudain, il lui vient une idée géniale: pourquoi ne pas proposer un marché à Finn McKenna, ce séduisant architecte qui la harcèle depuis des mois pour qu’ils fusionnent leurs deux cabinets ? S’il l’épouse, elle signera la fusion. Pourvu que Finn accepte ! D’autant qu’Eleanor doit bien reconnaître qu’elle n’est pas insensible à son charme…

Dans les bras d’un milliardaire, Margaret Way

Lorsque Sonya rencontre Holt Wainwright, le neveu du vieil homme dont elle s’occupe, elle est immédiatement subjuguée … et sent bien qu’elle ne lui est pas non plus indifférente. Pourtant, Holt se montre très froid à son égard ; bouleversée, elle comprend bientôt qu’il la soupçonne de n’en vouloir qu’à l’immense fortune de son oncle. Comment prouver à Holt qu’elle n’est pas celle qu’il croit ? Sonya le sait, elle n’a pas le choix : si elle veut gagner la confiance de l’homme qu’elle aime, elle va devoir lui avouer son secret…
Publié le : vendredi 15 février 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280295123
Nombre de pages : 288
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Il l’observait à la dérobée depuis un bon moment. Grande, blonde, élancée, elle était de ces femmes qu’à peu près n’importe quel homme normalement constitué aurait rêvé d’inviter à dîner. Elle se tenait à cinq mètres de lui, sans se douter le moins du monde de la question qu’il allait lui poser… Pourvu que son plan marche… En bon Irlandais, son grand-père aurait probablement soufé sur son trèe à quatre feuilles, tapé par trois fois sur une rampe d’escalier et murmuré une prière à la Sainte Vierge. Mais Finn McKenna n’était pas superstitieux. Il croyait davantage aux heureux hasards provoqués par un travail acharné, et Dieu savait qu’il avait rééchi à cette démarche : il l’avait longuement soupesée, examinée sous toutes les coutures, avait par deux fois vériïé ses recherches. Bref, il avait pris toutes les garanties pour obtenir une réponse favorable de la jolie femme qu’il allait aborder. — Tiens : cadeau du barman. Il se retourna et sourit en voyant les deux pintes de bière brune que son frère lui tendait. — Merci. Il savoura une longue gorgée. Frais à souhait, le breuvage sombre était un vrai velours, il déployait une remarquable richesse d’arômes. Ce Riley… Il n’y avait que lui pour se procurer de la Guinness dans une soirée VIP. Dans ce raout de professionnels de l’architecture, le bar proposait plutôt des Martini et des vins millésimés à plusieurs centaines de dollars la bouteille. Une bière y détonnait autant qu’un
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pissenlit dans un parterre de roses au cordeau. A vrai dire, Finn s’en ïchait royalement. Il n’avait jamais été du genre à se soucier de ce que les autres racontaient sur lui, ni à s’embarrasser de conventions. Ce trait de caractère avait d’ailleurs été l’une des clés de sa réussite, avant de provoquer certains de ses récents déboires. Mais ce soir, il allait renouer avec le succès. Il allait remettre son entreprise à ot, avec l’aide de cette femme : Ellie Winston. Seulement, elle ne le savait pas encore. Une nouvelle fois, il récapitula tout ce qu’il savait d’elle. Eleanor Winston, « Ellie » pour les intimes, avait 29 ans, elle était diplômée d’une école d’architecture de renom, avait travaillé pendant trois ans dans un cabinet à Atlanta, puis était revenue à Boston peu avant que son père ne tombe malade. Elle était, depuis deux semaines, PDG par intérim de l’entreprise familiale, WW Architectural Designs. D’après la rumeur, son père avait été victime d’une crise cardiaque et ne pourrait reprendre son activité dans l’immédiat, sinon jamais. Le bruit courait également qu’elle n’était pas ravie de ses nouvelles responsabilités. Jusqu’alors, elle s’était spécialisée dans la construction de pavillons cossus, et la perspective de dessiner des hôpitaux ou des immeubles de bureaux ne la faisait semblait-il pas sauter de joie. Raison de plus pour qu’elle prête l’oreille à la proposition qu’il allait lui soumettre. Pendant plusieurs semaines, il avait étudié ses concur-rents avant de se décider pour WW. Ellie Winston était dans une situation délicate, elle ne dirait sans doute pas non à… à un coup de main. Oui, il allait lui présenter les choses ainsi : un coup de main à une consœur jeune et inexpérimentée, submergée par les responsabilités. Ils seraient gagnants tous les deux. — Alors, c’est ça, ta grande idée? lui lança Riley. Parler à Ellie Winston ? Ici ? Maintenant ? Dans cette tenue ? Finn se regarda à la dérobée dans un miroir. Où était le problème ? Ce costume gris foncé lui allait parfaitement, surtout avec une chemise blanche et une cravate bleu marine.
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— Et alors ? Elle est très bien, ma tenue. — Oui, pour un enterrement. Riley désigna sa propre chemise, qu’il portait comme à son habitude le col déboutonné, et sans cravate. — Laisse-toi aller, pour une fois. Fais rêver ces dames. Finn leva les yeux au ciel. De toute façon, il n’avait jamais accordé aucun crédit aux conseils de son frère. Il l’adorait, mais ils avaient des caractères diamétralement opposés. — C’est l’occasion ou jamais, au contraire, dit-il. Elle aura bu quelques verres qui l’auront mise de bonne humeur. Et surtout, je vais la prendre au dépourvu. — Là-dessus, je suis d’accord avec toi. Finn reporta son attention sur Ellie Winston. Le type à côté d’elle venait manifestement de raconter quelque chose de très drôle : elle riait à gorge déployée, la tête renversée en arrière. Chaque fois qu’il l’avait rencontrée, elle avait été ainsi : exubérante, extravertie. Un sentiment diffus le troubla. L’espace d’une seconde, il envia l’homme qui l’avait fait rire et s’imagina que c’était lui qui l’égayait de la sorte. Vraiment, elle était belle. Belle et mystérieuse. Mais dans la mauvaise passe qu’il traversait actuelle-ment, il ne pouvait pas se laisser distraire de ses objectifs. Surtout par une femme. N’apprendrait-il donc jamais ? — Avec ce genre de femme…, ït Riley en secouant la tête. Inutile de jouer aux durs, Faucon. — Arrête. Tu sais très bien que je déteste ce surnom. — Pourtant, il te va comme un gant, dit-il en lui tapotant l’épaule. Tu n’as pas ton pareil pour bondir sur ta proie, la dépecer et rembourrer ton nid avec ses plumes… en y mettant les formes, bien entendu. — Bien entendu, répéta Finn avec un haussement d’épaules agacé. Il avait gagné ce surnom de Faucon quelques années plus tôt, après avoir progressivement éliminé plusieurs de ses concurrents par une série de rachats surprise. Cela avait permis à son cabinet d’architecture de devenir l’un des plus
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importants de Nouvelle-Angleterre. Du moins, pendant un temps. Plus précisément, jusqu’à ce que sa ïancée et associée lui assène un coup de poignard dans le dos. La garce… Elle avait bien failli lui faire mordre la poussière, et il était loin d’avoir redressé la barre. A présent, le seul surnom qu’il méritait était celui de «loser». Mais plus pour longtemps… Une serveuse s’approcha pour leur présenter un plateau de tapas. Finn la remercia d’un geste, mais Riley arbora son sourire le plus enjôleur. — J’hésite… Ils ont tous l’air appétissants, mais pas autant que vous. Elle rougit légèrement et sourit. — Goûtez-en un, pour voir. Il opta pour un canapé au saumon qu’il engloutit en une bouchée. — Celui-ci n’est pas mal… Mais j’ai du mal à choisir. — Qui vous parle de choisir ? ït-elle avec un sourire aguicheur avant de s’éloigner d’un pas chaloupé. Finn réprima un soupir. — Pourrais-tu penser à autre chose qu’aux femmes, pour une fois ? — Et toi, pourrais-tu penser à autre chose qu’au travail, pour une fois ? — Tu racontes n’importe quoi ! Je suis responsable d’une entreprise, je dois rester concentré sur mes objectifs. Une fois, une seule, il s’était permis de dévier de cette règle en se consacrant à une relation — mal lui en avait pris. Chat échaudé… — On a tous le choix, Finn. Personnellement, je choisis de ïnir la soirée dans les bras d’une femme comme celle-ci. Finn haussa les épaules. A quoi bon discuter ? Riley ne semblait vivre que pour honorer sa réputation d’incor-rigible play-boy. Enfant déjà, il avait l’habitude de n’en faire qu’à sa tête. C’était étrange comme les trois frères McKenna avaient des rôles bien déïnis. Lui, Finn, en tant qu’aîné,
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avait toujours eu le sens des responsabilités. Brody, le cadet et le plus paisible des trois, avait entamé la carrière respectable de médecin généraliste. Enïn, Riley, le petit dernier, affreusement gâté, avait toujours fait les quatre cents coups et s’était débrouillé pour échapper à toute responsabilité ou quasiment. D’ailleurs, il préférait vivre sur l’héritage de leur grand-père plutôt que de se donner la peine de chercher un métier. — Laisse-toi vivre un peu, dit-il avec un soupir. Tu devrais sortir de ton bureau, de temps en temps. — Mon travail est très prenant. Non loin, la femme sur laquelle se polarisaient son attention comme ses espoirs continuait de bavarder avec d’autres confrères. Finn balaya la salle de réception du regard. Dans cette foule en chaussures vernies et en costumes sombres, deux personnes se singularisaient : Riley, avec sa chemise blanche et son blazer, et Eleanor Winston, vêtue d’une petite robe carmin dont la coupe très cintrée accentuait sa taille de guêpe. Elle était la seule femme à avoir choisi une tenue colorée. La seule habillée pour un cocktail plutôt que pour un enterrement, comme aurait dit Riley. Ses talons hauts allongeaient ses jambes et galbaient ses mollets bien dessinés, laissant deviner des cuisses fuselées et… Il devait se concentrer ! — Tu pousses l’exigence à l’extrême, dit Riley, insistant. Quand même, tu as installé un clic-clac dans ton bureau ! C’est vraiment typique du célibataire sans vie amoureuse. A moins que ton assistante ne te tienne chaud la nuit. Finn manqua s’étrangler avec sa bière. — Mlle Marstein ? Et puis quoi, encore ? Elle pourrait être grand-mère ! — Et toi, tu pourrais rentrer dans les ordres. Laisse-toi aller, bon sang, vis un peu. Finn soupira. Riley ne comprenait rien. Il ne se rendait pas compte que McKenna Designs restait dans une situation fragile et que le moindre faux pas risquait de lui faire perdre
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le terrain regagné au prix d’énormes efforts. Si encore il ne s’était agi que de lui, mais il avait des employés qui devaient faire vivre leur famille, rembourser des crédits… Il ne pouvait pas les laisser tomber. — Je ne peux pas, pas en ce moment. Ma société a souffert de la conjoncture et… Il s’interrompit en secouant la tête. — Je n’aurais jamais dû lui faire conïance. Riley posa une main sur l’épaule de son frère. — Arrête de te ageller. Tout le monde fait des erreurs. — Quand même, je n’aurais jamais dû lui faire conïance. Combien de fois avait-il ressassé cette phrase ? Cent ? Mille ? De toute façon, l’eût-il répétée comme un mantra, quelle différence ? Le mal était fait. — Tu étais amoureux, Finn. Tous les hommes se comportent comme des imbéciles dans ces cas-là : parole d’expert. — Ah bon ? Tu as été amoureux, toi ? Vraiment amoureux ? Riley eut un haussement d’épaules désinvolte. — Sur le moment, je croyais l’être. — Eh bien, je ne retomberai pas dans les mêmes erreurs. — Je baisse les bras. Tu ne vas tout de même pas vivre en ermite à cause d’une histoire malheureuse ? Une histoire malheureuse? C’était le moins qu’on puisse dire ! Son ex avait débauché ses principaux clients, sali sa réputation et brisé son cœur. A ce niveau-là, il aurait mieux valu parler deTitanicsentimental. — Ce n’est pas le moment pour en parler, de toute façon. Ellie Winston s’était à présent jointe à un autre groupe, gratiïant chacun d’un sourire ou de quelques mots, et recevant un accueil pareillement chaleureux. Elle était vraiment d’une sociabilité hors pair. Fraîchement débarquée de Caroline du Nord, elle avait su gagner la sympathie de l’ensemble de la profession et n’avait pas tardé à se faire des amis. Pas de doute, elle serait un formidable atout pour sa société.
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— Je dois rester concentré sur mon travail. — Moi, j’ai plutôt l’impression que tu te concentres sur elle. — Elle est un moyen pour une ïn, rien de plus. — Quelle ïn? Tel que tu es parti, je te vois ïnir vieux, noyé sous les papiers et dormant tout seul dans ton clic-clac. — Mais non, répondit Finn, impatienté. Pourtant, son frère avait touché juste. Pendant un temps, il avait pensé pouvoir concilier amour et travail. Il avait même acheté une bague et versé un acompte sur une jolie maison en banlieue. Quelle naveté… Apparemment, l’amour, le vrai, était un conte de fées qui n’arrivait qu’aux autres. Il préférait désormais s’en tenir à des relations tranquilles et sans histoire, et réserver les surprises de la vie à la sphère professionnelle. Or quelque chose lui disait qu’Eleanor Winston n’était justement pas du genre sans histoire. Sa robe écarlate, son sourire gouailleur et son évidente spontanéité étaient autant de signes qu’une relation avec elle risquait de laisser un homme sur les genoux. C’était justement ce qu’il tenait à éviter. Avec elle, il lui faudrait garder les idées claires. Mais voilà qu’elle prenait congé de ses amis et se diri-geait vers la sortie… Elle avançait lentement tant la salle était noire de monde, mais elle aurait quand même vite fait de disparaître. — Elle s’en va, dit Finn. Je te retrouve tout à l’heure. — O.K. Un conseil, frérot : contente-toi de lui offrir un verre. Et surtout, ne lui parle pas travail. Ou du moins, pas avant… tu m’as compris. Oh ! et si jamais tu bloques, tu n’as qu’à penser « Que dirait Riley à ma place ? » : succès garanti. Finn lui répondit par un signe impatient, mais son frère ne s’intéressait déjà plus à lui : la serveuse revenait, toujours aussi avenante. Finn posa sa pinte de bière sur le plateau d’un serveur, ajusta sa cravate et s’efforça d’afïcher un sourire que Riley aurait probablement qualiïé de grimace. Peu importait. Il n’avait pas l’intention de poser pour un
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magazine ou de faire ami-ami avec Eleanor Winston. Il jeta un coup d’œil à son frère, qui irtait à présent avec une jolie brune. Un bref instant, il envia sa facilité avec les femmes. Comment faisait-il pour être aussi naturel, à son aise ? Il prit une longue inspiration pour se détendre, puis allongea le pas et rattrapa Eleanor Winston comme elle s’apprêtait à pousser les grandes portes vitrées du hall. — Mademoiselle Winston. Elle s’arrêta, la main sur la barre métallique, et se tourna vers lui avec un mouvement gracieux. Ses longs cheveux blonds tressaillirent comme un rideau de soie. La gorge de Finn se serra. La robe écarlate galbait ses courbes har-monieuses et un modeste décolleté en V laissait deviner une poitrine voluptueuse. Elle le ïxa d’un air absent, puis son regard s’éclaira. — Monsieur McKenna! Je vous ai vu dansArchitecture actuelle. — Je vous en prie, appelez-moi Finn. Elle avait lu ce papier consacré au prix de l’innovation qui lui avait été décerné l’année précédente ? — Votre mémoire est impressionnante. Cet article remonte à un an. — En bonne architecte, j’ai un souci presque maladif du détail. Elle accompagna cette remarque d’un sourire lumineux : le genre de sourire qu’il était impossible de confondre avec une grimace. Ses yeux verts brillèrent d’un éclat enivrant, capable de remuer un homme jusqu’aux tripes. Il devait se ressaisir, bon sang! Il était question d’affaires, rien d’autre. — Si vous aviez cinq minutes, j’aurais besoin de vous parler. — En fait, j’étais sur le point de partir, répondit-elle avec un geste vers les portes. Dehors, malgré l’heure tardive, le ballet des phares
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striait la nuit agitée. Boston, comme la plupart des villes, ne dormait jamais. Pas plus que Finn McKenna, d’ailleurs. — Pourquoi n’appelleriez-vous pas mon assistante demain pour convenir avec elle d’un rendez-vous ? — Si vous pouviez ce soir, je vous en serais reconnaissant. Le conseil de Riley lui revint à l’esprit et il résolut de l’amadouer, de lui montrer qu’il ne méritait pas l’étiquette d’ours mal léché que tout le monde lui collait. Quand il le voulait, il savait être plaisant, débonnaire même. Il changea donc son angle d’attaque et grimaça un nouveau sourire : — Que diriez-vous d’aller, je ne sais pas… prendre un verre quelque part ? — Merci, mais je ne bois pas. A mon humble avis, l’alcool n’aide pas à prendre les bonnes décisions, dit-elle avec un autre sourire. En revanche, si vous appelez demain matin… — Votre agenda est aussi rempli que le mien. Autant nous dispenser d’un énième rendez-vous, vous ne croyez pas ? — En d’autres termes, vous me suggérez d’en ïnir tout de suite de manière à me débarrasser de vous. — Voilà, c’est tout à fait ça, dit-il en riant. — C’est qu’il est vraiment tard… De toute évidence, elle hésitait. Dans une seconde, elle refuserait, et il se verrait contraint de repousser son plan d’encore un jour, ce qui était impossible. Le temps était un luxe qu’il ne pouvait plus se permettre. C’était maintenant qu’il lui fallait ce rendez-vous, et en tête à tête. Heureusement, en affaires, il savait quand serrer la bride et quand la lâcher. Le moment était justement venu de la resserrer… un peu. — Allez… Je vous assure que je ne mords pas. — Vous n’êtes pas du genre à vous repaître des restes de vos concurrents ? — C’est une rumeur, rien de plus. Je me suis comporté ainsi une fois, dit-il, marquant une pause comme pour rééchir. Bon, d’accord, peut-être deux. Elle rejeta la tête en arrière avec un grand éclat de rire.
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— Seigneur, monsieur McKenna. Je ne vous imaginais pas comme cela. A quoi s’était-elle attendue, au juste ? A un prédateur sans pitié, comme il était décrit dans l’article? A un homme incapable d’humour ? — Je prends cette remarque comme un compliment. — A voir, répondit-elle en souriant. Elle avança la main et lui toucha brièvement le bras. Aussi rapide qu’il ait été, ce contact sufït à l’embraser tout entier. Qu’y avait-il dans cette bière ? Il se laissait pourtant peu aller à des réactions physiques ou émotion-nelles… Toute sa vie, ou presque, avait été à l’image des bâtiments fonctionnels qu’il concevait : sans ïoritures ni fantaisie. Il recula d’un pas, en proie à une fébrilité tout à fait inhabituelle. — Je suis désolé, vous avez raison. Il se fait tard et vous devez avoir envie de rentrer. J’appellerai votre assistante demain matin. — Mais non, c’est moi qui suis désolée, M. McKenna. J’ai eu une très, très longue journée et je… Elle se tourna de nouveau vers la double porte, le regard perdu dans le vague, puis consulta sa montre. — Il est minuit. Objectivement, la journée est terminée, n’est-ce pas ? — Cela ne tient qu’à vous, Cendrillon. Vous pouvez encore un peu vous attarder au bal. La plaisanterie avait franchi ses lèvres sans hésitation. Riley n’aurait pas dit mieux ! Elle éclata de rire, un rire plaisant, léger et aérien, presque musical. — Cendrillon… C’est entendu, vous m’avez convaincue. Ce sera même agréable de terminer la journée par une conversation suivie au lieu de ces bavardages sans queue ni tête. Mais je prendrai un thé, pas une tequila, dit-elle en pointant vers lui un index moqueur. — Parfait, dit-il, tout sourire. Son plan se déroulait beaucoup mieux que prévu ! Un
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