Un merveilleux papa (Harlequin Horizon)

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Un merveilleux papa, Linda Goodnight

Homme d'affaires très occupé, Ryan Storm n'est pas en mesure d'offrir à sa fille Mariah, âgée de six ans, ce qu'elle désire le plus au monde : une nouvelle maman. Soucieux néanmoins de l'équilibre de l'enfant, il accepte d'embaucher comme nounou Kelsey, une jeune femme enceinte qui, si elle n'a rien de la candidate idéale, séduit immédiatement la fillette. Rapidement conquis, lui aussi, Ryan se surprend bientôt à quitter plus tôt son bureau, tout à la joie de les retrouver, Mariah et elle...

Publié le : mardi 15 septembre 2009
Lecture(s) : 28
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280273763
Nombre de pages : 224
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A tous mes amis et collègues de la Butner School.
Merci pour les millions de rires
et toutes ces belles années.

1.

Kelsey Slater ouvrit brusquement les yeux et regarda sa montre en soupirant. Déjà douze heures que son vol avait été annulé et qu’elle attendait dans cet aéroport inconnu sans un sou et guère plus d’espoir. Le dossier de son siège en plastique lui meurtrissait le dos et, avec le bébé qu’elle portait, la situation se révélait particulièrement inconfortable.

— Tu parles en dormant, déclara une petite voix sur sa gauche. Somniloquisme…

Kelsey tourna la tête et tomba sur deux immenses yeux marron. Le visage qui les abritait appartenait à une adorable gamine de six ans au plus.

— Tu en sais des choses pour une petite fille de ton âge…

— Je suis un génie, déclara l’enfant comme Kelsey aurait annoncé : « Je suis institutrice. »

Sauf qu’elle ne l’était plus.

Amusée par l’angelot brun qui la fixait de son incroyable regard presque noir, elle se redressa sur son siège à la recherche d’une position moins inconfortable.

— C’est la première fois que je rencontre un enfant-génie, déclara-t-elle sans rire. Comment t’appelles-tu ?

— Pollyanna.

La stupéfiante déclaration laissa Kelsey bouche bée.

— Enfin, pas vraiment, corrigea la petite, mais, comme je suis en train de lire l’histoire, j’ai eu brusquement envie d’emprunter son nom. Pour l’état civil, je m’appelle Mariah.

— Ravie de faire ta connaissance, Mariah. Moi, c’est Kelsey.

Basculant la tête en arrière, elle passa sa main sur sa nuque endolorie.

— Je me souviens très bien de ce livre et aussi de l’avoir adoré. As-tu vu le film qui en a été tiré ?

L’enfant eut l’air choqué.

— Absolument pas. Papa affirme que les livres sont toujours supérieurs aux films.

— Je partage entièrement son point de vue.

Où qu’il se trouve…

Kelsey regarda autour d’elle. Pas de papa en train de chercher de petite fille. Laisser sa gamine sans surveillance dans un aéroport ! Un père aussi inconscient mériterait de…

— Cela fait très exactement dix-sept heures et vingt-deux minutes que papa et moi nous trouvons dans cet aéroport, reprit la petite sur le même ton étrangement docte. Et toi ?

— Douze.

— C’est marrant, non ?

Marrant n’était pas exactement l’adjectif qu’aurait choisi Kelsey.

— Il y a plein de gens intéressants à qui on peut parler, poursuivit l’enfant. Le monsieur derrière toi par exemple…

Elle pointa discrètement le doigt.

— … Eh bien, il travaille pour la reine des Pays-Bas et va m’envoyer un autographe d’elle. La dame en rouge à côté de lui est très triste parce que son petit ami est parti pour Syracuse. Elle m’a donné un dollar pour que je la laisse tranquille, mais je lui ai offert un café avec. Papa dit qu’il ne faut jamais accepter d’argent d’inconnus.

— Ne t’a-t-il pas recommandé aussi de ne jamais parler aux inconnus ?

— Plein de fois…

La petite pouffa de rire derrière ses mains. Ses boucles d’ébène dansèrent sur ses épaules.

— … Mais j’ai du discernement.

— Imagine que je sois une mauvaise personne.

— C’est vrai ?

— Non, d’ailleurs, je suis professeur…

Ou plutôt, je l’étais avant d’avoir tout quitté pour suivre Mark.

— … Et j’aime les enfants. Mais j’aurais pu être méchante.

Mariah sourit d’un air futé.

— Impossible. Tu es gentille. Tu vas avoir un bébé. Les mamans sont toujours gentilles, mais le problème c’est que je n’en ai pas. Alors, j’auditionne. Aimerais-tu être auditionnée pour le poste ?

Kelsey rit, mais son rire avait un fond d’amertume.

— Pour le poste de maman ?

— Papa me cherche une gouvernante, mais moi, c’est une maman que je veux. Ma première maman est morte il y a longtemps.

Si le souvenir la peinait, elle n’en laissa rien paraître et poursuivit de sa drôle de petite voix cassée :

— Te penses-tu capable de tenir les deux rôles à la fois ? Celui de gouvernante et celui de maman ?

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