Un milliardaire trop séduisant (Harlequin Azur)

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Un milliardaire trop séduisant, Christina Hollis

Sur le petit marché de Portofino, Sienna, ébahie, voit venir vers elle un bel inconnu qui, avec un sourire irrésistible, lui explique qu'il est américain et qu'il cherche une interprète. Sienna hésite. Certes, elle parle anglais, mais est-il bien raisonnable de rendre service à cet homme si séduisant - et de passer du temps avec lui -, alors qu'elle est quasiment fiancée à un propriétaire fortuné de la région que sa famille souhaite lui voir épouser ? Pourtant, tout en sachant qu'elle joue avec le feu, Sienna finit par accepter. Pour quelques jours seulement, se promet-elle. Ensuite, Garett Lazlo quittera l'Italie et retrouvera son monde, un monde où elle n'a pas de place. Et elle devra oublier cet étranger qui la trouble tant...

Publié le : mercredi 25 mars 2009
Lecture(s) : 58
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280271905
Nombre de pages : 160
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1.

— La vieille Enrica a vu un chat noir ce matin. D’après elle, ça veut dire que des pirates ont débarqué en ville. Tu devrais mettre une robe plus sexy et essayer d’en séduire un, Sienna ! cria Imelda Basso par la fenêtre du deuxième étage. En général, ils sont très riches !

Dans la cour, Sienna di Imperia accrocha un sourire factice à ses lèvres. Mieux valait ne pas répondre. Le silence était souvent la meilleure arme contre Imelda.

Elle chargea le dernier carton dans la camionnette de la coopérative du village et s’en alla. Travailler au marché lui permettait de s’échapper de la maison où elle vivait avec sa belle-mère, mais cette liberté était un peu effrayante. Chaque fois qu’elle arrivait à Portofino, elle se sentait saisie par l’animation qui régnait sur le marché.

Cet univers bruyant et coloré offrait un tel contraste avec le calme de sa vie quotidienne qu’elle n’avait qu’une envie : se faire toute petite. Malheureusement, ce n’était pas la meilleure stratégie pour attirer les clients… Or, la coopérative de Piccia avait besoin d’argent, et la recette provenant des ventes réalisées sur le marché constituait l’essentiel de ses revenus. Par ailleurs, il était prévu d’augmenter la contribution aux œuvres de bienfaisance de la région. Tout le monde devait donc y mettre du sien.

Mais c’était plus fort qu’elle. Sienna préférait garder les yeux baissés sur son ouvrage en espérant que les clients ne lui adresseraient la parole qu’une fois prêts à acheter, et partiraient tout de suite après avoir payé.

Ce jour-là toutefois, son regard fut irrésistiblement attiré par une haute silhouette athlétique. L’élégance désinvolte et l’aisance naturelle de l’inconnu qui déambulait parmi les éventaires le distinguaient du reste de la foule.

Fascinée, Sienna ne pouvait s’empêcher de lui jeter des coups d’œil furtifs. Jamais elle n’avait vu un homme aussi séduisant. Son visage à la mâchoire volontaire et à la bouche sensuelle était encadré par d’épais cheveux noirs. Il se déplaçait avec l’assurance d’un empereur romain en tournée d’inspection. Comme la vie devait être simple lorsqu’on était aussi sûr de soi ! De toute évidence, cet homme se sentait partout chez lui.

Avec une nonchalance qui accentuait son charme, il goûtait quelques olives, croquait une noix, acceptait un morceau de fromage de chèvre accompagné d’un biscuit. Mais sans jamais s’arrêter assez longtemps à un étal pour acheter quelque chose. Jamais elle n’oserait faire preuve d’une telle désinvolture, songea Sienna, impressionnée. Elle aurait bien trop peur de provoquer la réprobation des marchands…

Bientôt, il atteindrait son éventaire, constata-t-elle tout à coup, le cœur battant. Que faire ? Comment réagir ? C’était un homme superbe… et très riche, à en juger par son apparence. Le client idéal… Si seulement elle parvenait à lui vendre quelque chose ! Ce serait si gratifiant de réussir là où tous les autres avaient échoué… Mais que lui dire ? Comment trouver le courage de lui adresser la parole ?

Déglutissant péniblement, elle détourna les yeux. Non, elle avait trop le trac. Elle ne pourrait jamais lui parler. Les joues en feu, elle baissa la tête. Mon Dieu ! Il n’était plus qu’à quelques mètres. Pourvu qu’il passe sans s’arrêter !

L’estomac noué, elle entreprit de compter la monnaie qui se trouvait dans la bourse accrochée à sa ceinture. Puis elle remit soigneusement en place sur l’éventaire des articles qui n’en avaient nul besoin, touchant successivement chacun d’eux comme si cela devait lui porter bonheur. Tout danger devait être écarté, se dit-elle au bout d’un moment. L’inconnu avait dû passer sans s’arrêter… Il lui fallut cependant encore quelques minutes avant de trouver le courage de lever les yeux et de regarder autour d’elle.

L’homme avait disparu. Soulagée, elle poussa un profond soupir. Elle l’avait échappé belle ! Si elle avait été obligée de lui parler, elle n’aurait pas réussi à masquer son trouble. Elle aurait bafouillé lamentablement. Or elle n’avait aucune envie de se donner en spectacle !

A Piccia, le petit village où elle vivait, il suffisait d’un rien pour perdre sa réputation. Or une veuve, encore plus qu’une autre femme, était censée avoir une conduite irréprochable. Un mot ou un geste jugé inconvenant pouvait avoir des conséquences désastreuses.

Quelques mois plus tôt, une femme dont le mari avait divorcé pour épouser sa maîtresse était devenue la cible de commérages malveillants. Bien que n’ayant rien à se reprocher — sinon d’avoir été trompée puis quittée ! — elle avait fini par fuir son village natal, chassée par la rumeur publique.

Sienna réprima un frisson. Elle ne supporterait pas d’être l’objet de ragots. Sa belle-mère, Imelda, ne le lui pardonnerait jamais. Mais il était vrai que, à Piccia, rester vertueuse n’était pas un exploit. Les tentations étaient inexistantes. Tous les garçons quittaient le village dès qu’ils le pouvaient. Seuls les vieillards restaient sur place.

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