Un pacte scandaleux - Sentiments défendus

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Un pacte scandaleux, Yvonne Lindsay

De retour en Nouvelle-Zélande, Piper reste sous le choc des nouvelles qu’elle vient de recevoir. Non seulement elle ne touchera pas l’héritage de son père, qui va revenir à Wade Collins, son amant d’autrefois, mais elle doit une forte somme d’argent à ce dernier. Quant à la maison dans laquelle elle a grandi, c’est en tant que simple invitée qu’elle y séjournera ! Et le pis est à venir... Désireux de se venger d’elle et de la façon dont elle l’a quitté huit ans plus tôt, Wade lui propose très vite un pacte scandaleux. Il effacera sa dette si elle accepte de lui donner ce qu’il désire plus que tout : un héritier…

Sentiments défendus, Cindy Kirk

Depuis quelques semaines, Amy retrouve son patron chaque nuit, mais dans ses rêves, des rêves brûlants qui la troublent plus que tout. Seulement voilà, elle sait qu’entamer une relation avec Dan Major serait la pire des erreurs pour elle. En effet, il l’a engagée pour s’occuper de sa petite Emma, qu’Amy considère comme sa propre fille. Jamais, elle ne prendra le risque de voir menacée sa place dans cette maison, dans cette famille, pour une histoire forcément vouée à l’échec – car Dan n’est-il pas un séducteur ? Pourtant, elle sent ses résolutions vaciller le jour où Dan lui propose de devenir sa maîtresse…
Publié le : samedi 1 décembre 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280234290
Nombre de pages : 432
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— Il estmort? Wade examina attentivement la jeune femme. Quelle bonne actrice elle faisait ! En la regardant, n’importe qui aurait pensé qu’elle était émue, voire bouleversée, d’apprendre la mort de son père, mais il n’était pas dupe. Piper Mitchell n’était pas la îlle affectueuse qu’elle voulait paraïtre, loin de là. Sinon, pourquoi aurait-elle passé les huit dernières années à faire la fête aux quatre coins du monde au lieu de rester près de lui ? La disparition de Rex Mitchell, son mentor et son meilleur ami, causait à Wade une peine immense qu’il aurait dû partager avec la îlle de ce dernier… Hélas ! la personnalité déroutante de Piper ne lui permettait guère d’exprimer avec elle ses sentiments oua fortiorises émotions… Ce ne serait qu’une perte de temps, et il avait mieux à faire désormais ! — Oui, répondit-il sèchement. Ton père est mort il y a quatre jours. D’un geste de la main, il désigna le grand nombre de personnes qui se pressaient dans les salons de la vaste demeure. — Tous ceux que tu vois là sont venus à mon invitation lui rendre un dernier hommage.
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Piper demeurait îgée sur place. — C’est impossible… Tu mens. — Si tu crois que je gaspillerais ma salive à te raconter des histoires ! Elle sentit les mots cruels s’enfoncer lentement jusqu’à son cœur. Le teint hâlé qui dorait son visage quelques instants plus tôt disparut brusquement pour laisser place à une pâleur cireuse, et son regard clair, aussi brillant tout à l’heure que des aigues-marines, se voila. Ses pupilles se dilatèrent démesurément et de larges cernes mauves apparurent sous ses yeux. Elle chancela et recula d’un pas. Wade eut tout juste le temps de tendre le bras pour l’empêcher de tomber dans l’escalier derrière elle. Elle baissa les yeux vers le bras de Wade qui la maintenait, puis se recroquevilla sur elle-même. — Je… je ne me sens pas très bien. Sa voix faiblit jusqu’à devenir à peine audible tandis que ses genoux ployaient sous elle et que ses paupières se fermaient. Tout en la maudissant d’avoir si mal programmé son retour et de lui iniger ce malaise inattendu, Wade la souleva dans ses bras pour lui faire franchir la porte d’entrée. Dès qu’il les aperçut, Dexter, le maïtre d’hôtel, quitta le grand salon où les amis du défunt s’étaient réunis pour un ultime cocktail donné en sa mémoire. — Monsieur Collins, voulez-vous de l’aide ? — Miss Mitchell s’est évanouie en apprenant le décès de son père. Wade avait serré les mâchoires pour retenir les mots beaucoup moins aimables qui lui étaient
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spontanément montés aux lèvres pour expliquer le malaise de la jeune femme. — Voulez-vous que j’appelle un médecin ? proposa Dexter. — Non, je pense que c’est inutile. Nous allons voir comment elle se sent quand elle aura repris connaissance. Est-ce que sa chambre est faite ? — M. Mitchell tenait absolument à ce que la chambre de Miss Piper soit toujours prête à l’accueillir. — Parfait. Je vais l’y installer. Puis, jetant un coup d’œil sur le sac à dos que Piper avait déposé dans la véranda, Wade ajouta : — Pourriez-vous vous charger de ses affaires, je vous prie ? — Bien entendu, monsieur Collins. La îlle de son ancien patron dans les bras, Wade gravit le grand escalier qui conduisait aux chambres. En haut, il n’était même pas essoufé tant Piper était légère. Il la déposa sur le lit et remarqua alors combien elle était menue sous le vaste sweat-shirt qui dissimulait ses formes. — Il vaudrait peut-être mieux que j’appelle Mme Dexter pour s’occuper d’elle, proposa le maïtre d’hôtel après avoir déposé le sac à dos décoloré et informe sur le parquet soigneusement ciré de la pièce. — Oui, c’est une bonne idée, approuva Wade, cherchant anxieusement un signe de vie sur le corps toujours inerte de la jeune femme. Allez la chercher, je vous attends ici. Il se sentait soulagé. Pas question pour lui en effet de prendre soin de Piper plus longtemps que nécessaire. Plus maintenant.
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Pourquoi diable était-elle revenue ? Et précisément en un moment pareil ? Debout près du lit, il regarda la poitrine de la jeune femme se soulever et s’abaisser sous le sweat-shirt usagé. Perplexe, il secoua la tête. Ces huit dernières années, il avait consulté les comptes rendus de la banque et savait qu’elle avait dépensé tout l’argent qui y avait été déposé. Pour quoi faire, grands dieux ? A voir comment elle était fagotée, ce n’était certai-nement pas pour acheter des vêtements. Un petit coup frappé à la porte l’avertit de la présence discrète de la gouvernante en charge de la grande maison qu’il avait achetée à Rex Mitchell deux ans plus tôt. — Mon Dieu ! ma petite Piper, qu’est-ce qui t’est arrivé ? demanda Mme Dexter en posant sa main sur le front de la jeune femme. Et tes beaux cheveux, qu’est-ce que tu en as fait ? Qu’est-ce que c’est que cette horrible coiffure ? — Je crois que c’est ce qu’on appelle des dreadlocks, expliqua Wade avec une moue de mépris. C’était bien dans le style de Piper de débarquer chez lui dans un accoutrement pareil ! Exactement le genre de stratagème qu’elle affectionnait pour attirer l’attention sur elle. Ça ne lui avait donc pas sufî d’en avoir usé et abusé pendant son adolescence ? D’un geste de la main, Wade rejeta ses cheveux bruns en arrière. Allons… pourquoi s’étonner ? Pourquoi avoir imaginé, ne serait-ce qu’un instant, que Piper était capable de changer ? Il était bien trop naf ! Fidèle à son image, elle lui prouvait une fois de plus que la seule personne dont elle était capable de
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se soucier était elle-même, Miss Piper Mitchell, îlle unique et bien-aimée du puissant homme d’affaires Rex Michell. Point înal. Jamais rien ni personne ne pourrait s’interposer entre son désir et son plaisir. Personne, pas même son père mourant. Pas même le bébé qu’elle aurait dû avoir…, pensa Wade amèrement. Dexter ît un pas vers lui. — Monsieur Collins, vos invités… — Oui, merci, Dexter. Je redescends tout de suite. Wade abandonna les deux femmes pour rejoindre tous ceux qu’il avait convié aîn de rendre un dernier hommage à Rex Mitchell, conseiller et soutien indéfectible qui lui avait permis de parvenir à l’ex-cellence malgré les difîcultés liées à son origine humble. D’un caractère parfois difîcile, cet homme généreux, foncièrement honnête, avait énormément soutenu Wade à ses débuts. Il adorait sa îlle, mais celle-ci l’avait remercié de son amour en le quittant sans un regard en arrière juste après avoir fêté ses vingt ans. Sans doute voulait-elle ainsi se venger de celui qui avait toujours tenté d’im-poser des limites à ses extravagances. Fantasque et capricieuse, elle ne supportait pas qu’on contrarie ses envies. Plutôt que changer, elle avait préféré partir. Et voilà où son obstination l’avait menée… Amaigrie, affublée de dreadlocks dignes du premier routard venu, elle gisait, évanouie, dans la chambre douillette qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Wade rejoignit les convives rassemblés dans le grand salon de la demeure qui était maintenant la sienne. Tout autant que ceux qui y avaient vécu,
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cette maison faisait partie de l’histoire d’Auckland, ce dont Wade était parfaitement conscient. Il avait appris à chérir cette belle propriété autant que s’il y était né, et s’était promis de l’entretenir comme elle le méritait puisque ses moyens lui permettaient de sauvegarder ce patrimoine exceptionnel. Soulagé par la présence de Mme Dexter auprès de Piper, il recommença à s’entretenir avec les uns et les autres, acceptant les condoléances, écoutant les souvenirs drôles ou émouvants qui évoquaient Rex Mitchell et que certains racontaient avec un sourire amusé ou triste. A la în de la soirée, il se retrouva seul avec les Dexter qui commençaient à ranger. Piper était restée à l’étage. Quand viendrait-elle se montrer ? A vrai dire, il n’était pas pressé que ce moment arrive, car leurs retrouvailles ne seraient certainement pas des plus agréables. Comme souvent après le dïner, il traversa le hall pour gagner la bibliothèque où il se dirigea directe-ment vers le bar pour se verser un verre de cognac. Le liquide ambré glouglouta dans la bouteille, exac-tement comme tous les soirs où il avait partagé ce rituel avec Rex avant que la maladie ne le cloue au lit. Puis, exactement comme autrefois, il prit place dans un des fauteuils placés près de la cheminée et porta un toast silencieux au fauteuil demeuré vide en face de lui. — Je vois que tu n’as guère attendu pour boire le cognac de mon père ! Wade se raidit dans son siège, surpris par le ton amer de Piper, puis se ressaisit aussitôt. Non, il n’al-
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lait pas lui laisser percevoir à quel point elle l’avait blessé. Mieux que n’importe qui pourtant, elle savait qu’il buvait peu et seulement en compagnie choisie. — Tu veux prendre un verre avec moi ? demanda-t-il sans même prendre la peine de se tourner vers la jeune femme. — Pourquoi pas ? Il l’entendit se servir, puis s’avancer vers le fauteuil qui avait été celui de son père. Un parfum de chèvrefeuille, délicieusement fami-lier autrefois, parvint à ses narines, le forçant à se tourner malgré lui. Piper avait pris une douche et enîlé un jean propre et un pull în à travers lequel il devinait les os de ses épaules. Son visage était amaigri lui aussi. Plus dur, plus mûr qu’autrefois. Rien à voir avec celui de la jeune îlle gâtée qui lui avait volé son cœur pour le piétiner sans pitié quand elle était partie huit ans plus tôt. — Je n’arrive pas à croire qu’il est vraiment mort…, murmura-t-elle. Cela, Wade le comprenait parfaitement. Il avait éprouvé la même chose. Pourtant, il avait eu le temps de se préparer à la disparition de Rex. Quand la maladie avait commencé à l’empêcher de tenir tous ses engagements, Rex lui avait vendu sa demeure aîn d’éviter qu’elle tombe après sa mort aux mains de promoteurs sans scrupule qui auraient bâti à la place des immeubles sans âme. Puis, un peu plus tard, devant l’inefîcacité des soins qu’il s’imposait néanmoins de suivre, il lui avait cédé les rênes de l’entreprise. Wade îxa son interlocutrice d’un air sérieux.
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— C’est pourtant vrai. — Je sais que c’est stupide, mais je le croyais éternel… Il a eu une crise cardiaque ? — Non. Qu’est-ce qui te fait croire ça ? — Je ne sais pas. Il travaillait beaucoup. — Ton père a eu un cancer du pancréas. Wade regarda ses yeux clairs s’emplir de larmes. Il n’avait pas approuvé la décision de Rex de cacher la gravité de sa maladie à Piper lorsqu’elle téléphonait pour prendre des nouvelles. En fait, au cours des derniers mois, l’obstination du vieil homme sur ce sujet avait été le seul motif de discorde entre eux deux. Rex pensait que Piper n’était pas assez forte pour supporter le stress de le savoir malade. Wade au contraire estimait que Piper, sa îlle unique, aurait dû être auprès de lui pour l’assister dans ses derniers jours. Et il se moquait pas mal de savoir si oui ou non elle était capable de supporter la situation. — Si j’avais su, je serais rentrée plus tôt, déclara Piper. — Je pense que c’est en partie pour cette raison qu’il ne voulait rien te dire. — Pourquoi ? Je ne comprends pas. — Tu connaissais ton père… Il ne s’est pas passé de jour sans qu’il regrette ton absence, mais, plus que tout, il voulait que tu ne reviennes que lorsque tu l’aurais toi-même décidé, pas parce que le devoir îlial te le commandait. — C’est-à-dire que je l’ai déçu, encore une fois ? Le visage de la jeune femme s’était fermé. — Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit, Piper.
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Rex voulait te protéger de la méchanceté du monde. Ces derniers temps, sa maladie en faisait partie. — Tu peux dire ce que tu veux, je sais que j’aurai déçu mon père jusqu’au bout, ajouta Piper tristement. Alors que toi, tu as toujours été legolden boy de son cœur… Wade laissa échapper un long soupir. — De toute façon, cela n’a plus grande importance maintenant, n’est-ce pas ? Piper aurait aimé répondre quelque chose de méchant, quelque chose qui oblige Wade à se mettre en colère et à se disputer avec elle. Après tout, ils s’étaient sufîsamment entraïnés à ce genre d’exer-cice du temps où ils vivaient ensemble ! La passion brûlante qui les animait autrefois avait été riche en émotions ardentes et profondes mais aussi en sursauts brusques et violents. Oui, elle se sentait de taille à affronter une dispute avec Wade. Elle l’appelait même de ses vœux, histoire sans doute de se sentir encore vivante… En revanche, ce qu’elle ne se sentait pas capable de supporter, c’était l’idée qu’elle ne verrait plus son père, qu’elle n’entendrait plus vibrer sa voix grave dans la grande maison qui était dans leur famille depuis des générations, que plus jamais elle ne sentirait ses bras la serrer contre lui. A cette pensée, le vide qui s’était installé dans son cœur s’agrandit encore. Jamais elle ne pourrait le consoler des soucis qu’elle lui avait causés au cours de son adolescence capricieuse. Il avait été très affecté de la voir partir à l’étranger peu après son vingtième anniversaire, mais, en même temps, elle était sufîsamment îne
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pour avoir compris son soulagement de ne plus avoir à affronter au quotidien les toquades et le compor-tement souvent extravagant qui était alors le sien. Elle regrettait amèrement que son père ait tenu à garder secrète la gravité de sa maladie. La dernière fois qu’elle l’avait appelé, elle lui avait trouvé une voix fatiguée, mais il ne lui avait rien dit qui soit susceptible de l’inquiéter. Voyons, quand était-ce donc ? Trois mois plus tôt ? Au moins… Une onde de jalousie la traversa. Wade, lui, avait été tenu informé. Depuis très longtemps, son père avait tout partagé avec lui. Dès que Rex avait pris Wade comme stagiaire dans son entreprise d’import-export, leur entente avait été exceptionnelle. Wade était rapidement devenu le îls que Rex n’avait pas eu. Le îls mythique qu’elle avait dû affronter, elle, la îlle unique et bien réelle de Rex. Oh ! comme elle avait envié leur complicité affec-tueuse ! A tel point que, par pure jalousie, elle avait fait son possible pour la briser. Ses tentatives s’étaient soldées par des échecs. Tout ce qu’elle avait réussi à faire, c’était blesser cruellement les deux hommes qui comptaient le plus dans sa vie. Car elle avait aimé Wade passionnément. Le simple fait de se trouver assise en face de lui avait sufî à ranimer le désir qu’elle avait éprouvé autre-fois pour lui, et l’expression fâchée qu’elle lisait sur son visage n’empêchait pas son cœur de battre plus vite. Depuis leur dernière rencontre, il avait mûri. Ses traits avaient pris une expression sérieuse, et il avait un peu grossi, ce qui lui allait fort bien. Le
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