Un papa d'exception - Une femme en héritage - Le play-boy amoureux

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Un papa d’exception, Lindsay Longford

C’est avec émotion que Gabrielle croise par hasard Joe Carpenter, son amour d’adolescence. Joe qui est parti il y a onze ans, du jour au lendemain, sans plus donner de nouvelles. Gabrielle s’était juré de ne jamais lui pardonner. Mais elle était loin d’imaginer alors que Joe reviendrait un jour. Et que, bien loin du mauvais garçon d’autrefois, il serait un autre homme, le père célibataire d’un garçon de sept ans. Plus rassurant et plus séduisant que jamais…

Une femme en héritage, Marion Lennox

Hamish Douglas a décidé de vendre le domaine qu’il vient d’hériter en Australie – que ferait-il de ce bien situé à l'autre bout du monde ? Mais quand il arrive dans le petit village de Dolphin Bay, il découvre avec surprise que son château est habité par une certaine Susie, une jeune femme aussi volontaire que séduisante, mère d'une petite fille d'un an, qui semble prête à tout pour le faire renoncer à son projet...

Le play-boy amoureux, Shirley Jump

En apprenant qu'avant de mourir, son oncle lui a légué sa fabrique de jouets, Carter Matthews est agacé : l'entreprise est au bord de la faillite, et lui pose de nouvelles contraintes dans sa vie de play-boy... Néanmoins, comme un défi, il accepte de reprendre les rênes de la société. Et tente par tous les moyens de convaincre Daphné Williams, sa voisine, de venir travailler pour lui. La belle Daphné, qu’il a bien l’intention de séduire. Coûte que coûte…
Publié le : samedi 15 décembre 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280291804
Nombre de pages : 416
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— Ne touche pas à ce sapin de Noël ! C’est le mien. Gabrielle baissa les yeux, interdite, en sentant qu’un pied écrasait le sien. Instinctivement, elle renforça sa prise sur le tronc rugueux. Un petit garçon au visage buté et aux sourcils froncés levait la tête vers elle, le menton redressé en signe de déî. Ses doigts potelés avaient agrippé la branche la plus proche de lui et il tirait dessus avec impatience. — Remets-le à sa place, s’il te plaït. Une pluie d’aiguilles tomba sur le sol détrempé. — Mon papa et moi avons déjà choisi cet arbre. C’est le nôtre. Trouves-en un autre. Mi-stupéfaite, mi-amusée, Gabrielle examina le petit bonhomme déterminé qui se tenait face à elle. Sa chemise était soigneusement rentrée dans un jean neuf, quelqu’un avait tenté d’aplatir ses mèches rebelles, et avait lacé avec soin ses baskets. Ses yeux bruns étaient anxieux, comme si son attitude hostile dissimulait une crainte secrète. Gabrielle ne put réprimer un élan d’émotion envers l’enfant. Peut-être parce que c’était Noël, et qu’elle voyait sa propre solitude se reéter dans ce regard sombre et belligérant. — Tu comprends ? insista-t-il. Tu dois trouver un autre sapin ! Le ton était agressif, presque impoli, mais Gabrielle lisait de l’angoisse dans ces yeux rivés sur elle, ce corps raidi qui semblait redouter sa réponse.
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Il avait du courage, songea-t-elle, le cœur serré par la détresse qu’elle devinait en lui. Il ne manquait pas de cran, ce petit garçon qui refusait de renoncer à son arbre juste parce qu’elle était plus grande que lui. Gabrielle eut soudain l’impression d’être une méchante sorcière qui menaçait de lui gâcher son Noël. Elle sourit et retira la main qu’elle avait posée sur le tronc. — Comment sais-tu que je ne l’ai pas vu avant toi ? demanda-t-elle, curieuse d’entendre sa réponse. — Parce que je suis resté ici pour le garder, rétorqua-t-il d’un ton vaguement étonné, comme s’il avait du mal à croire qu’elle soit si stupide. Mon papa est là-bas. Il pointa le doigt vers l’entrée de la jardinerie. — Et je te préviens que tu n’as pas intérêt à nous embêter, moi ou mon arbre, parce que mon papa est drôlement fort, reprit-il sans la quitter des yeux. Mon papa et moi, on est une équipe. — Je vois, ît Gabrielle en se mordant la lèvre pour ne pas sourire, tandis que l’enfant se redressait îèrement. Il devait avoir l’habitude de se défendre, se dit-elle, songeuse. Pourtant, il ne pouvait pas avoir plus de sept ans ! Et, en dépit de son attitude déterminée, elle hésitait à le laisser seul. Le monde était plein de dangers, même à Bayou Bend. Comment cet homme avait-il pu partir en abandonnant son enfant au milieu des sapins de Noël dans la semi-obscu-rité ? se demanda-t-elle, indignée, cherchant du regard un parent potentiel dans les allées désertes de la jardinerie. — Je suis désolée, mais je pense vraiment que je l’ai vu la première, mentit-elle aîn de prolonger la discussion pour rester avec lui en attendant le retour du fameux papa. — Non. Il n’y avait personne. — Je l’ai vu tout de suite, insista-t-elle en efeurant une des branches. Il est très haut. Je voulais un grand sapin cette année. Un sapin spécial. Il se balança d’un pied sur l’autre et înit par détourner les yeux avec un soupir.
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— Moi aussi. Gabrielle crut déceler une trace d’émotion dans la voix bourrue du petit garçon. Ainsi, il avait ses raisons pour choisir cet arbre. Tout comme elle avait les siennes. Son père et elle avaient toujours tenu à rapporter à la maison le plus chétif des sapins qu’ils puissent trouver, juste pour avoir la joie d’entendre le rire cristallin de sa mère à leur retour. Noël était le jour préféré de Kathleen O’Shea. Elle était morte l’année précédente, laissant Gabrielle et son père terrassés par le chagrin. Incapables d’affronter la vision de la chaise vide au bout de la grande table de la salle à manger, ils n’avaient ni l’un ni l’autre pu se résoudre à simuler une fête. Et en dépit du soleil éclatant de la Floride, ce Noël-là avait été froid et triste dans la maison des O’Shea. Cette année, tout serait différent. La douleur était aussi vive qu’au premier jour, mais il y aurait un sapin, des décorations dans le jardin, et les gâteaux traditionnels. Ils trouveraient la force d’accepter l’absence de Kathleen. Avec du recul, Gabrielle se demandait s’ils n’auraient pas dû se forcer à faire de même l’année précédente. Mais à quoi bon revenir sur le passé ? Elle laissa échapper un soupir et surprit le regard anxieux de l’enfant sur elle. — Je suis désolé, murmura-t-il, d’une voix presque inaudible. Mais c’est un arbre spécial, pour mon papa et pour moi. Un élan de tendresse submergea Gabrielle. Elle mourait d’envie de presser contre elle ce petit garçon inconnu, de l’entourer de ses bras et de le réconforter. Au lieu de quoi, elle opta pour une approche plus terre à terre. — C’est la vie, ît-elle d’un ton léger, espérant chasser le pli soucieux qui lui barrait le front. — Oui, c’est la vie, répéta-t-il gravement. Derrière elle, des pas résonnèrent sur l’allée en planches qui séparait les rangées d’arbres. Encore agenouillée devant
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l’enfant, elle lui sourit et se retourna pour faire face à la silhouette qui s’approchait. — Papa ! s’écria le garçonnet en s’élançant vers lui, traïnant tant bien que mal le sapin à sa suite. Papa ! Soulagée, Gabrielle leva la tête vers le papa en question. Des mots se formèrent sur ses lèvres — des mots courtois, raisonnables, choisis pour faire comprendre à cet homme qu’il devait mieux surveiller son îls. Elle ouvrit la bouche… et son cœur ît un bond dans sa poitrine. Les mots s’étranglèrent dans sa gorge, et elle rougit jusqu’à la racine des cheveux. Joe Carpenter. Joe Carpenter, mince et élancé, né avec du caractère à revendre, caractère qu’il avait de toute évidence transmis à son îls. Une main sur l’épaule du garçon, il lui souriait avec affection. — Tu es sûr que c’est celui-ci que tu veux, Oliver ? — Oui. Se cramponnant à la fois au sapin et à son père, le garçon acquiesça avec conviction. — C’est le plus grand. Le plus beau. C’est le nôtre, hein? Il lança un regard rapide à Gabrielle, puis sourit à son père de toutes ses dents. Gabrielle se demanda vaguement si elle pouvait simple-ment disparaïtre dans l’obscurité, s’évanouir derrière les branches, se volatiliser. Mais Joe Carpenter plongea son regard sur elle, une lueur amusée dans ses yeux bruns. — Il faut qu’on cesse de se rencontrer par hasard, Gabby. Les souvenirs déferlèrent sur Gabrielle. Elle aurait voulu être n’importe où ailleurs qu’aux genoux de Joe Carpenter. Il ébouriffa les cheveux châtains de son îls et eut une grimace espiègle. — Voyons. C’était il y a… Onze ans avaient passé. Gabrielle avait tenté de se construire une vie, mais elle savait précisément à quand
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remontait leur dernière rencontre. Et lui aussi, comprit-elle en le regardant.
C’était le 17 mai. Un samedi. Le soir du bal du lycée. Elle avait alors quinze ans. — Bonsoir, jolie Gabby, avait-il dit ce soir-là en guidant sa moto jusqu’à la jetée du country club. L’eau clapotait contre les quais tandis qu’il l’observait, le grondement de sa moto s’élevant entre eux dans la nuit humide du printemps. — Que fais-tu là ? Le bal est à l’intérieur. Il avait pointé le doigt vers le bâtiment aux fenêtres brillamment éclairées, d’où venait un bruit indistinct de basses. — Je sais, avait-elle dit en se détournant, essuyant furtivement ses larmes. — Vas-tu me dire pourquoi la plus jolie îlle du lycée est dehors toute seule ? Ou bien faut-il que je devine ? Gabrielle savait pertinemment qu’elle n’était pas la plus jolie îlle du lycée. Elle savait exactement qui elle était. La îlle raisonnable, la déléguée de classe, la présidente du club des lycéens, la îlle sur qui l’on pouvait compter. La îlle qui prenait tout trop au sérieux. Oh, oui, elle le savait. Elle n’était pas la plus jolie, mais elle aimait être la personne qu’elle était, et maintenant Joe Carpenter la taquinait, ou irtait avec elle. Quoi qu’il en soit, elle ne savait pas comment réagir, et elle voulait qu’il cesse. Mais elle voulait aussi désespérément qu’il continue à lui parler de cette voix délicieusement rauque qui lui donnait des frissons. Cette voix grave qui vibrait en elle, provoquant une sensation si inhabituelle qu’elle avait l’impression d’être quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui ne ressemblait en rien à Gabrielle O’Shea.
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Joe Carpenter l’effrayait. Et l’emplissait de curiosité à la fois. Elle replia les genoux sous sa jupe en chiffon pâle, s’ef-forçant de ne pas renier trop bruyamment, et îxa le clair de lune qui se reétait sur l’eau. Mieux valait contempler les vagues plutôt que songer aux paroles de Joe Carpenter. Même si son corps frémissait au son de sa voix. Au bout d’un moment, il mit la béquille de sa moto, éteignit le moteur et vint vers elle, ses bottes gémissant sur l’herbe mouillée. — La plus jolie îlle devrait être à l’intérieur, murmura-t-il, en train de danser. Il s’approcha lentement d’elle. — Tu sais ce que je veux dire, Gabby, continua-t-il de sa voix sensuelle. Je parie que Johnny Ray te cherche partout. Il veut danser avec toi, et respirer le parfum de tes cheveux… Il jeta sa cigarette et ît un autre pas vers elle. — Tes cheveux, Gabby. Je me demande s’ils sentent la pluie et le jasmin… Il tendit la main vers elle, et Gabrielle crut que son cœur cessait de battre. Incapable de parler, elle avait retenu son soufe tandis que les doigts de Joe efeuraient ses épaules, glissaient sous la manche de sa robe, lui caressaient les bras et les poignets, avec la légèreté d’un papillon. Le clair de lune se reétait sur son bracelet, teintant sa peau d’une lueur argentée. — Johnny Ray n’est pas là, marmonna-t-il, mais moi si. Tant pis pour lui. Il avait posé le bras de Gabrielle sur son épaule. Sans la quitter des yeux, il avait soulevé une boucle de ses cheveux et l’avait portée à ses lèvres. Ensuite, il l’avait embrassée, et elle lui avait rendu son baiser avec ferveur. Blottie contre le corps mince et dur de Joe, elle avait senti fondre son cœur de quinze ans. Et puis, avec un sourire qui lui promettait le paradis ou l’enfer — elle ne l’avait jamais su —, il s’était détaché
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d’elle, avait enfourché sa moto et était parti dans un cris-sement de pneus, la laissant désemparée. Pendant toute la soirée, et tout le mois qui avait suivi, son corps et ses lèvres avaient brûlé de désir, et durant deux ans au moins, elle avait rêvé de Joe Carpenter. Mais elle ne l’avait jamais revu. Il s’était volatilisé, laissant Bayou Bend en proie à de multiples rumeurs qui avaient îni par s’épuiser d’elles-mêmes, sans que jamais ne soit éclairci le mystère de sa disparition, à un mois des examens.
Même onze ans plus tard, Gabrielle sentait son corps s’enammer au souvenir de ce baiser passionné. Pas étonnant que Joe Carpenter ait eu mauvaise répu-tation alors. Eh bien, elle n’allait pas se laisser aller à rêver de lui de nouveau. Elle avait passé trop de nuits blanches, et trop de journées sombres à tenter d’effacer Joe Carpenter de sa mémoire et de ses rêves. — Combien de temps, Gabby ? reprit-il de sa voix rauque et profonde. Voyons si je peux me souvenir de la dernière fois que je t’ai vue. C’était sans doute… — Il y a longtemps, coupa-t-elle en se relevant mala-droitement et posant un pied dans la boue. Son pied glissa, et elle trébucha en avant, laissant tomber son sac à main. — Hé, attention, mon chou ! La main de Joe se referma sur son coude et arrêta sa chute. Elle se redressa gauchement, sentant la chaleur des doigts de Joe à travers la soie de son chemisier. Un frisson la parcourut. — Tu as froid ? s’enquit-il sur un ton amusé. Il la regardait, et elle eut la certitude qu’il avait conscience de son émoi, tout comme il l’avait deviné onze ans aupa-ravant. Onze ans qui semblaient soudain s’être évanouis à
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son contact. Il savait qu’elle était troublée, mais elle n’allait pas lui donner la satisfaction de le lui montrer. Elle avait vingt-six ans, à présent. Elle avait passé l’âge de se conduire comme une lycéenne. — C’est l’humidité, marmonna-t-elle. C’est tout. Je n’ai plus l’habitude. — Vraiment ? — Hmm. — As-tu quitté Bayou Bend ? — J’ai vécu en Arizona. Il y a aussi des serpents à sonnette, mais le climat est moins humide, répondit-elle d’un ton faussement détaché. Elle épousseta sa jupe en velours rouge, décocha un sourire d’adieu à Oliver et mit son sac en bandoulière. — J’ai été heureuse de te revoir, Joe. Joyeux Noël ! Elle était presque sauvée. Une seconde de plus, et elle serait en route vers sa voiture, loin de ses souvenirs et des doigts brûlants de Joe. Rien qu’une petite seconde. Mais sans crier gare, Moon Tibo surgit dans l’allée, sa silhouette massive heurtant Gabrielle et l’envoyant droit dans les bras de Joe Carpenter. — Alors, ce sapin? ît-il d’une voix joviale, visiblement inconscient du trouble qu’il venait de provoquer. Je vous l’amène jusqu’à la voiture. Eh ! Plus que vingt jours avant Noël. Il est temps de commencer à décorer, non ? — C’est vrai, acquiesça Joe en riant. Juste une petite minute, Moon. J’ai une demoiselle en détresse à secourir. — Ah, oui ? Comment vas-tu, Gabrielle ? Et ton père ? — Il va bien, merci, répondit-elle en tentant de dégager sa bandoulière qui, coincée dans un des boutons de la veste de Joe, la maintenait contre lui. Nous allons décorer l’arbre demain soir. Viens, il sera content de te voir. Moon sourit. — Avec plaisir. J’aime beaucoup ton père. Elle tira de nouveau sur la bandoulière, en vain. — Tu peux m’aider, s’il te plaït ? marmonna-t-elle à Joe. Je ne peux pas y arriver toute seule.
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— Tu as raison, mon chou. Il y a des tas de choses qui ne sont pas drôles à faire tout seul. Son sourire éclatant la ît rougir de plus belle. Il dégagea la bandoulière et ît un pas en arrière, libérant Gabrielle, mais garda une main au creux de son dos. — C’est mieux ? — Parfait. Merci, murmura-t-elle en se recoiffant pour se donner une contenance. Eh bien, cela a été… un plaisir. — Tout le plaisir est pour moi, répondit-il en tendant la main pour retirer une aiguille de pin de ses cheveux. Tiens. Un souvenir, Gabby. Au nom du bon vieux temps. Sa voix était légère, amusée, et ses yeux la taquinaient. L’espace d’une seconde, elle crut déceler dans son regard une lueur de regret qu’elle ne sut s’expliquer. Son imagination lui jouait des tours, songea-t-elle. — Nous n’avons jamais eu de bon vieux temps, Joe, dit-elle en laissant tomber l’aiguille sur le sol avec un sourire forcé. — Non ? Elle secoua la tête, espérant ne pas trahir ses propres émotions. — Pas moi. Tu dois penser à quelqu’un d’autre, répondit-elle en songeant au nombre de îlles qui avaient été amoureuses de lui au lycée. Et pourtant… Jamais elle n’avait éprouvé avec un autre homme la sensation de folie et de légèreté qu’elle avait connue dans ses bras. Mais elle n’avait plus quinze ans à présent, et elle n’allait pas se laisser émouvoir par les taquineries de Joe. Le regard de celui-ci sembla s’assombrir un instant. — Si tu le dis. Il haussa les épaules et posa la main sur la tête de son îls. — En tout cas, j’ai été heureux de te revoir, dit-il d’une voix où perçait le regret. Le rouge te va bien. Tu ressembles à un joli cadeau de Noël, Gabby. Gabrielle ouvrit la bouche, puis la referma. Pourquoi
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aller au-devant des ennuis? Elle n’avait qu’à prendre congé et à s’éloigner. Rien de plus. Elle hésita, puis se lança, les yeux posés sur le petit garçon. — Pourquoi ne venez-vous pas dïner à la maison demain ? Demain soir ? Un silence lui répondit, trahissant la surprise de Joe. Gabrielle se mordit la lèvre, regrettant d’avoir parlé. Si seulement elle pouvait revenir en arrière ! Mais il était trop tard. Les mots avaient été prononcés, et semblaient suspendus au-dessus d’eux. — Pourquoi pas, Joe ? intervint Moon. Tu connais Milo. Il adore avoir de la compagnie. Sur quoi il empoigna le sapin d’une seule main et s’engagea dans l’allée qui menait au parking. Gabrielle le suivit du regard, se sentant prise au piège. Elle aurait dû savoir que Moon mettrait son grain de sel dans la conversation. — Il a raison, dit-elle par politesse. D’ailleurs, papa fait toujours assez à manger pour nourrir la terre entière. Il a prévu du jambalaya pour demain. — Du jambalaya, répéta Joe d’un air songeur. Milo fait du très bon jambalaya. — Comment le sais-tu ? demanda-t-elle, stupéfaite. A sa connaissance, Joe Carpenter n’avait jamais ren-contré son père. — Oh, j’ai goûté la cuisine de ton père une fois ou deux. Il se passa une main dans les cheveux et jeta un coup d’œil à Oliver. — Merci de nous inviter. Nous viendrons avec plaisir, dit-il enîn, d’une voix si basse que Gabrielle se demanda si elle avait bien entendu. Oliver, qui était resté étrangement silencieux pendant toute la scène, la foudroya du regard, son visage aussi fermé qu’au moment où elle l’avait vu pour la première fois. Puis il ît un pas de côté et se colla aux jambes de son père. L’hostilité évidente de l’enfant accentua encore le
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johanne.narcisse

CE livre est exeptionelle

samedi 9 janvier 2016 - 16:00

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