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Un passé si présent

De
142 pages

Comment croire en la vie quand elle vous a pris celui que vous aimiez plus que tout ? Comment l’imaginer sans lui?



Heather a choisi de la vivre de contrats photos à l’étranger. Ne plus se poser, ne plus tomber amoureuse ! Voilà comment est organisée sa vie. Mais c’était sans compter sur sa rencontre avec Will. Il est tout ce qu’elle ne veut plus et tout ce qu’elle désire en même temps. À la fois sexy, arrogant et attirant.



Will avait tout ce qu’il souhaitait. Une vie privée sans attache, une vie professionnelle bien remplie. Tout lui convenait parfaitement mais sa rencontre avec Heather va changer la donne. Soudain il veut plus et surtout il la veut elle. Mais contre tout attente, elle ne cédera pas aussi facilement qu’il le pensait.



Où leur histoire va-t-elle- les mener? Jusqu’à quel point Heather est-elle accrochée à son passé ? Jusqu’où Will est-il prêt à aller pour se construire un futur différent ?

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ISBN978-2-37447-054-2

Janvier 2016

Imprimé en France © Erato–Editions

Tous droits réservés

Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales

 

Chapitre1

 

Heather

 

Mon chez moi, me voilà enfin de retour. Comme ça fait du bien.Après trois semaines à photographier des paysages, des couchers de soleil et des lieux en tout genre, je retrouve enfin mon univers, mon petit cocon, ma maison…Je n’ai pas encore ouvert ma porte que mon téléphone sonne, je le sors de mon sac et regarde l’appelant. Adam ! En même temps il n’y a que mon meilleur ami pour m’appeler à peine débarquée.

— Allô.

— Coucou ma belle.

— Salut Adam, comment vas-tu ?

— Super, alors ça fait du bien de rentrer chez soi ?

— Oui, enfin je te dirai ça quand je serai à l’intérieur de la maison.

— Oh merde j’appelle trop tôt ?

— Mais non t’inquiète, lui dis-je en rigolant.

— Bon, tu es contente d’être rentrée alors ?

— Oui, ça fait un bien fou.

— Je veux bien te croire ! Dis-moi, je voulais savoir si tu avais quelque chose de prévu pour la semaine prochaine.

— Euh non pourquoi ?

— J’ai un boulot pour toi !

— Hey, oh, Adam laisse-moi peut-être le temps de rentrer et de vider mes bagages non ?

Tout en discutant, j’ouvre ma porte, ramasse l’amas de courrier à mes pieds et glisse ma valise dans l’entrée.

— Écoute, je te rappelle dans une heure voire même peut-être deux OK ?

— Ah non sûrement pas, je te rappelle et tu as plus qu’intérêt à me répondre.

Je suis sur le point de raccrocher quand il dit :

— Heather, bon retour à la maison.

— Merci.

Je raccroche, laisse tout en plan et file directement vers la salle de bain. Après vingt-quatre heures de voyage, je n’ai qu’une envie, c’est de détendre mes muscles endoloris. Je fais couler l’eau, commence à me déshabiller et ajouteàmon bain des sels senteur vanille. Je touche l’eau du bout des doigts pour vérifier la température et me glisse à l’intérieur. Une sensation de bien-êtrem’envahit aussitôt. Je m’allonge, me détends rapidement dans l’eau laissant la chaleur peu à peu m’envahir. C’est un pur bonheur. La vapeur enveloppe toute la pièce et diffuse le parfum apaisant des sels. Je me laisse aller totalement, j’ai l’impression que mes paupières pèsent une tonne aussi je ferme les yeuxà peine quelques minutes pour medélasser complètement.

Je suis soudain surprise par la sonnerie de mon téléphone, je me lève brusquement, mais celle-ci s’arrête. Je prends alors conscience de la pièce où je me trouve et réalise que ça doit faire très longtemps que je suis dans mon bain et que j’ai dû m’assoupir. Je commenceà sortir,étonnée par la fraîcheur de l’eau. Une fois en dehors de la baignoire, je frissonne un peu et j’attrape la serviette à ma gauche que j’avais préparée et m’enroule à l’intérieur. J’ai à peine le temps de finir de la nouer autour de ma poitrine que mon téléphone sonne à nouveau. Je me précipite vers le salon, là où je l’avais laissé tout à l’heure et décroche en sachant très bien qui se trouve à l’autre bout du fil.

— Adam !

Tu avais dit une heure !

— Je sais, je me suis endormie dans mon bain.

— Bah heureusement que je t’ai appelée alors !

— Ouais on peut dire ça comme ça ! Bon, tu voulais quelque chose de particulier ? Ce n’est pas comme si je n’avais pas des bagages à défaire, lui dis-je en mettant le téléphone sur haut-parleur le temps d’enfiler un peignoir.

— Ouais, en fait j’ai un boulot pour toi !

— Un boulot !

— Bah oui ! Est-ce que c’est mon genre d’appeler pour savoir comment vont les kangourous, franchement ? Je te téléphone rarement pour des conneries, ce n’est pas mon style.

— Ça, c’est ton point de vue pas le mien, bon ce boulot alors.

— Oui, mais si tu arrêtais de me couper je t’en aurais déjà parlé.

— Bah vas-y je t’écoute !

— Oui, en fait j’ai besoin d’un photographe et…

— Écoute Adam, tu sais très bien que je ne fais plus dans ce domaine depuis…

— Oh, Heather, rien qu’une fois s’il te plaît !

— Tu as déjà dit ça la dernière fois !

— Bon d’accord, mais là c’est LE contrat du siècle pour ma boîte, je ne peux pas le louper, s’il te plaît.

— Et tu vas me faire croire que tu ne connais personne d’autre ! Non, mais sérieux tu te fous de moi ?

— Non ! TU es la meilleure et je n’ai confiance en personne d’autre, allez Heather s’il te plaît ! Tu ne veux quand même pas que je me mette à genoux ?

— Humm… Tu le ferais ?

— Quoi ?

— Te mettre à genoux !

— … Non, mais sérieux tu déconnes ?

— Bah oui je déconne ! T’es nul parfois, j’te jure. Bon alors ton super boulot, explique-moi un peu.

Je remets l’appareil sur haut-parleur pendant qu’il m’explique vaguement. Je l’écoute d’une oreille distraite et en profite pour me sécher les cheveux qui dégoulinent dans mon dos puis enfiler des sous-vêtements de couleur blanche, un legging noir avec un pull long à grosses mailles.

— Alors tu acceptes ? Allez dis oui, dis oui !

— OK, d’accord je le ferai, mais c’est la dernière fois !

— Toi aussi tu as dit ça la dernière fois. Bon, je te laisse avant que tu ne changes d’avis. On se retrouve à la boîte demain matin. Bonne soirée.

— Waouh… attends Adam comment ça demain ? Je viens à peine de rentrer je…

Je n’ai pas le temps de finir ma phrase qu’il raccroche.

À peine ai-je posé mon téléphone, que celui-ci sonne de nouveau pour me prévenir de l’arrivée d’un SMS. Je sais très bien que c’est lui, avec ses smileys à la con pour se foutre de moi. Je ne prends même pas la peine de vérifier, par contre le téléphone toujours en mainsj’en profite pour me faire livrer une pizza quatre fromages.

Je regarde les nombreuses lettres que j’ai posées sur la table, toute une collection de factures, je ne me vois pas refuser un boulot même si ce dernier ne me réjouit pas. Je reprends mon portable pour lire le message que j’ai reçu quand il sonne à nouveau, je décroche :

— Allô !

— Heather ma chérie tu es rentrée ?

— Oui maman, en début d’après-midi.

— Tu aurais dû nous appeler, nous serions venus te chercher.

Au même instant retentit la sonnette.

— Attends maman, on sonne à ma porte.

— Tu attends quelqu’un ?

Je ne lui réponds pas, prends de l’argent dans mon porte-monnaie et me dirige vers la porte d’entrée, l’ouvre, paie le livreur et récupère ma pizza dont l’odeur me met l’eau à la bouche.

Non maman, juste mon repas de ce soir et tu sais, je suis encore capable de prendre un taxi.

— Pourquoi tu n’es pas venue à la maison, tu mangerais autre chose que de la pizza.

— Parce que je suis fatiguée avec toutes ces heures de vol et qu’Adam a besoin de moi dès demain pour un méga contrat qu’il ne peut se permettre de refuser pour sa boîte et il compte sur moi.

— D’accord, mais alors promets-moi de passer bientôt !

— C’est promis maman.

Je raccroche et m’installe dans mon canapé avec ma pizza. Je zappe sur les différentes chaînes tout en mangeant tranquillement, mais ne trouve aucun programme intéressant. Au final, je choisis d’aller me coucher, mais fais un petit détour par la salle de bain pour me brosser les dents et retirer mon legging ainsi que mon pull. J’enfile un grand tee-shirt complètement déformé et usé. Il reste l’un de mes seuls souvenirs de lui... Je retourne dans ma chambre et me glisse sous la couette. Je sens mon corps s’alourdir, épuisée je sombre dans un sommeil tranquille.

 

 

 

 

 

Chapitre2

 

Heather

 

Je suis réveillée le lendemain par la sonnerie du réveil, qui affiche six heures quarante-cinq. Je suis encore fatiguée, mais me lève et file directement dans la salle de bain, fait chauffer l’eau de la douche le temps de me déshabiller et me faufile sous celle-ci pour me motiver. J’attrape mon gel douche et commence à me savonner le corps, je me lave ensuite les cheveux et me glisse sous les jets d’eau chaude pour me rincer. Je sors, m’enroule dans un drap de bain et me sèche. Je passe ensuite des sous-vêtements rose pâle, un jean slim noir, un top rose lui aussi, mais plus soutenu, enfile mes converses de la même couleur que mon haut, puis file vers la cuisine. Je mets la bouilloire en marche et attrape mon thé saveur pomme-cannelle. Pendant que celui-ci infuse, j’entends la sonnerie de mon téléphone retentir, je repense soudain au message qu’Adam m’a envoyéhier et que je n’ai pas ouvert.

Je déverrouille mon téléphone et constate que c’est encore lui :

« Tu veux que je passe te prendre ;) »

Je lui réponds aussitôt :

« Bonjour Adam, merci j’ai très bien dormi c’est sympa de le demander ! Et non pas besoin je te rejoins devant ton agence :p ».

Je retourne vers la cuisine et bois mon thé tout en ouvrant le message qu’il m’a envoyé hier soir, et tombe bien sûr sur un smiley. Je laisse mon téléphone sur la table et prépare mon matériel que j’installe par la suite dans le coffre de ma Mini Cooper rouge vif. Une fois que tout est chargé, je retourne à l’intérieur, glisse mon portable dans mon sac et enfile ma veste en cuir noir. J’attrape un élastique et attache mes cheveux rapidement en un chignon désordonné -ça fera l’affaire-et repars vers ma voiture. Je mets le contact, la laisse tourner quelques minutes le temps de boucler ma ceinture et c’est parti, direction l’agence d’Adam.

J’y arrive en à peine vingt minutes et retrouve Adam à l’intérieur. Il me prend dans ses bras et m’embrasse sur la joue.

— Salut beau brun, comment vas-tu ?

C’est vrai qu’il est plutôt mignon, grand, je dirais un mètre soixante-quinze, des cheveux châtains foncés coupés courts, mais pas trop non plus, de grands yeux marron et un teint légèrement hâlé -le portrait craché de son frère-ce qui ne retire rien à son charme.

Il porte un jean noir et une chemise blanche dont le premier bouton est ouvert et ses manches sontdéjà relevées sur ses avant-bras.

— Salut ma belle. Je suis content de te voir, bien reposée ?

Sa réponse me fait sortir de ma rêverie.

— Pas assez à mon goût.

— Tu veux un thé avant de partir ?

— Non, mais je veux bien un peu plus de détails sur le boulot.

— On va déjà aller rencontrer notre client et quelques mannequins.

« Quelques mannequins »,répété-je.

— Oui, allez viens on prend ma voiture !

— Ta voiture, mais j’ai tout mon matériel dans la mienne !

— Je ne monte pas dans ta voiture, elle fait trop« voiture de fille ».

— En même temps, j’en suis une fille, tu sais !

— Je sais que tu es une fille banane, mais ça ne change rien au fait que je ne monterai pas dans ta voiture ! Et ton matériel tu n’en auras pas besoin aujourd’hui de toute façon.

— D’accord, mais je vais récupérer mon sac, mon book et mon appareil.

 

Je me dirige vers ma voiture, prends mes affaires et le rejoins dans sa BMWdécapotable. Je savais très bien en venant qu’il avait un boulot pour moi, mais des photos de mannequins franchement, pour le coup il ne pouvait pas me trouver un plus mauvais plan.

Je m’installe à côté de lui, dans le confort de ses sièges en cuir alors qu’il démarre.

— Alors l’Australie c’était comment ?

— C’était bien,c’est un pays magnifique avec des paysages grandioses, un ciel riche en étoiles et tu sais à quel point j’adore ça. Les gens sont super accueillants, une faune surprenante, mais… je suis contente d’être rentrée.

Nous arrivons rapidement devant un grand Building uniquement constitué de verre.

— On le rencontre ici ton client ? lui demandé-je en prenant mon sac.

— Oui ses bureaux sont ici.

— OK, alors allons-y, dis-je sans grande conviction. Je le suis et nous nous dirigeons vers l’accueil où une jolie blonde au téléphone nous regarde approcher et raccroche quand nous arrivons devant elle.

— Bonjour Mademoiselle, lui dit Adam avec son regard charmeur. Nous avons rendez-vous avec Monsieur Harper.

— Bien sûr je vais prendre vos noms s’il vous plaît, lui répond-elle en lui rendant son sourire et en battant des cils.

— Monsieur Carter et Mademoiselle James.

Je la regarde décrocher son téléphone, composer un numéro et nous annoncer, toutça sans quitter un instant Adam des yeux.

— Monsieur Harper vous attend, nous dit-elle. Prenez l’ascenseur derrière vous c’est le dernier étage.

Nous nous dirigeons vers celui-ci, j’appuie sur le bouton d’appel, et les portes s’ouvrent presque automatiquement, nous entrons à l’intérieur. Adam appuie sur le dernier bouton quand je lui demande :

— Tu avais donné mon nom avant même que je dise oui ?

— Je savais que tu ne résisterais pas à mon charme fou.

— Ton charme fou ! Laisse-moi rire.

Nous arrivons au dernier étage et les portes s’ouvrent sur un espace plutôt grand avec un bureau, où une belle femme d’une quarantaine d’années je dirais, est installée. Nous nous dirigeons vers elle et lui précisons que Monsieur Harper nous attend.

Elle nous demande de patienter quelques instants dans l’espace réservé à cet effet, le temps de prévenir son patron.

Je me dirige vers la fenêtre pour admirer le panorama.

— La vue est magnifique d’ici, regarde Adam ça doit être encore plus joli de nuit.

 

— Vous avez tout à fait raison Mademoiselle, cette vue est beaucoup plus belle de nuit.

Je me retourne brusquement et…

Waouh, il est là à quelques pas derrière moi. Mon regard se pose sur lui, il est juste… magnifique. Ses yeux sont d’un bleu gris captivant, rien qu’en regardant ses lèvres je les devine sûrement très douces. Mes yeux descendent et s’attardent sur son torse que j’imagine sous sa veste et sa chemise avec une musculature bien dessinée, comme j’aime ou plutôt comme j’aimais. Adam qui est à côté de moi s’est tourné à son tour.

— Monsieur Harper ?

— Oui.

— Je suis Adam Carter et voici Heather James.

Je sursaute légèrement et sors de ma contemplation en entendant mon nom.

— Mademoiselle, me salue-t-il esquissant un léger sourire et en me détaillantde la tête aux pieds.

Il nous fait signe de le suivre et nous nous dirigeons vers son bureau. Une pièce très spacieuse avec un grand bureau tout en chêne massif et, dans un coin à l’écart, une table basse en verre avec un canapé et des fauteuils de cuir blanc. Je vais vers la fenêtre en les laissant parler affaires, cette partie ne me regarde pas. Je laisse Adam s’occuper de tout cet aspect et attends qu’on en vienne à ce qui me concerne : la photo. Je les écoute discuter et me retourne lorsque j’entends :

 

— Et votre amie, pourquoi est-elle là au juste ? demande-t-ilsèchementen me toisant.

Je lui répondrais bien« pour décorer », mais je sais qu’Adam a besoin de ce contrat. Il voit la colère apparaître dans mon regard et lui répond, tellement rapidement qu’il en bafouille :

— Non… Euh… Elle n’est pas là pour m’accompagner enfin si, enfin… Monsieur Harper… Heather… enfin Mademoiselle James… est… elle sera notre photographe, c’est la meilleure.

— Je n’y vois aucune objection bien au contraire, mais j’aurais aimé me faire une idée de votre travail, me précise-t-il avec une petite lueur dans le regard qui n’y était pas tout à l’heure.

Je m’approche d’eux et pose mon book un peu trop brutalement sur le bureau devant lui. Je le laisse le feuilleter et se faire sa propre opinion, tandis qu’Adam me regarde, tendu. Son attitude me rappelle encore une fois que ce contrat est important pour lui, pour sa boîte. Soudain, Monsieur Harper relève son visage vers moi et s’appuie sur le dossier de sa chaise de bureau qui s’incline en arrière et me dit :

— Vos photos sont très jolies, mais je ne vois en rien le style de clichés que j’attends.

Je me dirige vers le bureau sous le regard d’Adam et fais glisser toutes les pages de mon book jusqu’aux dernières où je tombe sur le visage expressif et le corps magnifique d’Aaron le petit frère d’Adam.

Je détourne les yeux le temps qu’il termine d’observer la photo, je ne veux plus me rappeler ce moment de ma vie même s’il fut des plus agréables.

— Alors ? Leur dis-je sans même me retourner.

— C’est d’accord, mais je vous avoue que j’aimerais comprendre ce brusque revirement de carrière.

Je ne réponds pas, mais je sens le regard d’Adam vers moi. Comme je ne souhaite pas développer, cela ne le regarde en rien, je lui demande froidement :

— Quand avez-vous prévu la première séance ?

— Mercredi.

— Vous avez un studio photo et avez déjà choisi vos mannequins ?

— Oui, les mannequins ne devraient pas tarder à arriver, je voulais vous les présenter. Pour le studio photo ne vous inquiétez pas, il est en court d’aménagement.

Au même moment son téléphone sonne, il donne son accord à sa secrétaire et la porte s’ouvre. Quatre mannequins pénètrent dans la pièce, deux hommes et deux femmes uniquement vêtus de sous-vêtements.Super il ne manquait plus que ça ! Une campagne pour des sous-vêtements, y a pas à dire je suis gâtée. Je suis certaine qu’Adam a fait exprès de ne pas me préciser ce petit détail. Je vais finir par me le faire celui-là !Nous les regardons entrer, Adam n’en perd pas une miette. C’est le moment que Monsieur Harper choisit pour s’approcher de moi et me dire :

— Alors Mademoiselle James, qu’en pensez-vous ?

Je déglutis difficilement tellement sa proximité me trouble.

— Ce que je pense… de quoi ?

— De nos mannequins, de leurs tenues vous ne risquez pas d’être…distraite, déconcentrée ?

Non, mais pour qui il me prend, je regarde Adam pour qu’il vienne me sortir de là, mais il a déjà jeté son dévolu sur une des mannequins qui, il faut l’avouer est magnifique. Elle doit faire approximativement ma taille sans ses talons aiguilles, elle a de superbes yeux gris bleu et les cheveux châtains… Je me tourne vers Monsieur Harper et remarque à nouveau cette petite lueur dans son regard quand je lui réponds :

— Vos mannequins sont en effet très séduisants et séduisantes, quant à leurs tenues, elles sont elles aussi magnifiques, mais quant à être distraite, ne vous inquiétez pas pour moi, Monsieur Harper.

— Tant que le travail est fait, c’est le principal !

— Il le sera ! Soyez-en certain !

***

Quand nous avons terminé de discuter, Adam s’approche de nous à nouveau pour finaliser le contrat. Mes yeux se posent sur notre client que je détaille lorsqu’il retire sa veste, les idées que je me faisais de son torse semblent soudain prendre vie. Je n’ai même pas remarqué que les mannequins étaient tous sortis dans ces entrefaites tous, sauf la jeune femme qu’Adam dévorait des yeux quelques minutes plus tôt. Je le regarde se diriger vers elle et poser sa veste sur ses épaules je vois alors le regard d’Adam s’assombrir, mais tel que je le connais il ne va pas s’avouer vaincu. Je laisse les deux hommes reprendre leur discussion tandis que la jeune femme s’approche de moi et me dit :

— Il a l’air froid comme ça au premier abord, mais il est le meilleur dans son domaine.

— Comme moi dans le mien enfin d’après Adam ! Au fait salut moi c’est Heather je… Je suis la photographe.

— Oh oui pardon moi c’est Victoria, mannequin comme tu as pu t’en rendre compte, mais aussi la petite sœur de Will.

— Will ? lui dis-je étonnée.

— Oh oui pardon de Monsieur Harper, me répond-elle en me faisait un petit clin d’œil.

— Ah OK, ce n’est pas trop difficile de bosser avec son frère ?

— Non pas quand on s’entend bien, ça a même certains avantages.

Heather…

J’entends la voix d’Adam juste derrière moi.

— Il faut que je te laisse Victoria. Je te dis à mercredi.

— Oui à mercredi.

Je signe les différents exemplaires du contrat, prends celui qui me revient, salue poliment Monsieur Harper et pars avec Adam.

Une fois sortis du bureau nous nous dirigeons vers l’ascenseur quand je lui demande en rigolant :

— Alors, notre mannequin te convient, je pense ?

— Ouais, mais je ne suis pas sûr de faire le poids à côté de lui.

À côtéde qui ?

— D’Harper.

— N’importe quoi franchement tu es très mignon toi aussi.

— Très mignon, bah me voilà rassuré… ouais enfin je ne vais pas insister.

— Toi tu vas laisser tomber, j’y crois pas !

— Pourquoi, tu dis ça ? Tu l’as bien vu lui donner sa veste, je ne pense pas qu’il ferait ça juste comme ça avec n’importe qui et en plus contrairement aux autres mannequins elle est restée avec nous !

— Oui j’ai vu qu’il lui a passé sa veste, je suis d’accord je ne pense pas qu’il ferait ça avec n’importe qui, mais avec sa sœur oui.

Je vois son regard changer au fur et à mesure qu’il le lève vers moi, j’ai presque envie d’exploser de rire, mais me retiens. Au même instant les portes de l’ascenseur s’ouvrent et, d’une main posée au creux de mes reins, Adam me pousse à l’intérieur, il appuie sur le bouton et nous voilà repartis vers le hall d’entrée.

— Sa sœur ! Tu en es sûre ?