Un patron imprévisible - Un voisin si attirant - Le fiancé de ses rêves

De
Publié par

Un patron imprévisible, Barbara Wallace

Imbuvable, arrogant, détestable… Il n’y a pas de mot assez fort pour décrire le comportement de Charles Bishop, le nouveau patron de Liz. Ne prévoit-il pas de vendre son entreprise au plus offrant, sans se préoccuper du devenir de ses collaborateurs ? A la première occasion – un rendez-vous d’affaires où ils se rendent seuls tous les deux –, Liz n’hésite pas à exprimer son indignation. Mais alors qu’elle s’attend à une réponse hostile de Charles, ce dernier paraît touché par ses reproches. Et se révèle soudain sous un jour inattendu : attentif, généreux même, et aussi très troublant…

Un voisin si attirant, Trish Wylie

Une fois dans son appartement, Jorja prend une profonde inspiration pour calmer les battements désordonnés de son cœur : elle vient de croiser Daniel Brannigan sur le palier. En dépit du fait qu’il est le frère de sa meilleure amie, Daniel a toujours provoqué chez elle cette réaction épidermique, mélange ambigu d’exaspération et d’attirance. Jusqu’à présent, Jorja était parvenue à lui cacher ce qu’elle éprouve. Mais maintenant qu’il est son voisin, dissimuler ses sentiments lui paraît insurmontable…

+ 1 roman gratuit : Le fiancé de ses rêves, Jessica Hart

Publié le : jeudi 1 mai 2014
Lecture(s) : 10
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280321747
Nombre de pages : 416
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
couverture
pagetitre

1.

— M’man ! T’as pas vu mon livre d’histoire ?

Liz Strauss leva les yeux au ciel. Une fois de plus, les voisins avaient dû profiter de la voix de baryton de son fils…

— Où étais-tu quand tu t’en es servi la dernière fois ?

— Si je le savais, je ne te le demanderais pas…

Evidemment. Demander était tellement plus facile que chercher par soi-même.

— Regarde à côté de l’ordinateur !

Peut-être, un jour, se parleraient-ils normalement sans crier à travers toute la maison.

Mais ce jour-là n’était pas arrivé…

— Je l’ai !

Andrew était soulagé.

— Il était dans la cuisine !

Naturellement. A présent, elle pouvait de nouveau se concentrer sur le petit discours qu’elle retournait dans sa tête depuis une heure.

Comme vous le savez, monsieur Bishop, ma charge de travail s’est accrue depuis votre arrivée…

Trop pleurnichard. Il fallait avoir l’air dégagé.

Et sophistiqué.

Se regardant dans le miroir, elle lissa son pull marron à col roulé avant de fixer un interlocuteur imaginaire droit dans les yeux.

Mes responsabilités ayant augmenté, j’espère que… Non, je crois que. Voilà… crois est le mot qu’il faut. Je crois que je mérite

Pfff… Pourquoi était-ce aussi compliqué ? Depuis qu’elle était sortie de la douche, elle essayait de peaufiner ses arguments, mais ça n’avançait pas.

Si Ron Bishop avait encore été à la tête de l’entreprise, elle lui aurait tout bonnement dit :

Hé, Ron, Andrew va sans doute être admis à l’Académie de Trenton, et j’ai besoin d’une augmentation pour payer les droits d’entrée.

Hélas, elle ne travaillait plus pour Ron — Dieu ait son âme — mais pour le fils de celui-ci, dont, trois mois plus tôt, elle ignorait jusqu’à l’existence. Et il était bien trop occupé à défaire ce que son père avait bâti pour s’arrêter à des histoires de frais de scolarité…

D’un autre côté, elle méritait vraiment cette augmentation. Depuis l’arrivée du fils Bishop, pas un jour ne passait sans qu’il se défausse sur elle de ses colères et de ses frustrations.

Sur l’écran du petit téléviseur posé sur son bureau, la présentatrice météo annonçait d’un air inutilement agressif que le temps allait changer du tout au tout, et qu’il fallait s’attendre à de grosses chutes de neige.

Liz haussa les épaules. Etant donné la saison, cela n’avait rien d’extraordinaire. Attrapant la télécommande, elle fit disparaître la présentatrice, décidément crispante, et regarda l’heure. Il se faisait tard. Son discours allait devoir attendre.

En regagnant le rez-de-chaussée, elle remarqua le paillasson usé, le papier peint un peu passé. Non, ce n’était pas le moment. Soit elle rafraîchissait la maison, soit elle investissait son argent dans les études d’Andrew… De toute façon, tous les sacrifices du monde ne suffiraient pas. Il lui fallait cette augmentation.

En arrivant dans la cuisine, elle trouva son fils qui fourrait d’une main ses livres dans son sac et de l’autre enfournait un cookie dans sa bouche. Son mètre quatre-vingt-deux et ses longs bras occupaient tout l’espace, et elle le contourna prudemment de peur qu’il ne la voie pas. Pourtant, avec son mètre soixante-quinze, elle n’était pas particulièrement invisible.

— Un de ces jours, tu vas t’étouffer, dit-elle en attrapant une tasse dans le placard resté ouvert.

Andrew prit un air catégorique.

— Et alors ? Ça m’éviterait un contrôle de maths.

— Evidemment ! Tout le monde sait que la mort est préférable à un examen…

— A celui-là, oui.

Depuis le début de l’année, les maths étaient sa hantise.

— Tu as pourtant révisé, me semble-t-il.

Elle capta le regard de son fils, dissimulé sous les mèches châtaines qui lui masquaient le front.

— Oui, mais c’est même pas la peine. M. Rueben déteste toute la classe. Il voudrait qu’on rate le contrôle rien que pour avoir une bonne raison de nous crier dessus.

La dramatisation, cette habitude partagée par tous les adolescents de la terre…

— Mais non, dit-elle calmement, je suis sûre qu’il ne te hait pas. En travaillant davantage tes maths, tu passerais ce contrôle sans problème.

Lui confisquant sa tasse de café, Andrew y plongea un cookie.

— Ça ne te coûte rien de dire ça…

— Et toi de dire que tu vas rater ton partiel…

Elle lui reprit sa tasse.

— Tu veux un café ?

— Pas le temps. Vic passe me prendre dans cinq minutes, on va réviser une dernière fois dans la voiture.

Réviser ?

L’estomac de Liz se serra. Comme chaque fois qu’il était question de Vic. C’était pourtant une fille intelligente et gentille. Une fille bien.

Mais elle avait déjà sa propre voiture, et Andrew était fou amoureux d’elle. Des images de banquettes arrière et de passions adolescentes défilèrent dans la tête de Liz.

Mais il n’était pas comme elle, brûlant de se sentir désirée et prête à tout sacrifier pour un seul mot gentil.

Elle le savait d’autant mieux que, depuis le jour où elle l’avait mis au monde, elle veillait à ce qu’il se sente à chaque instant aimé et désiré à cent pour cent.

Un Klaxon retentit devant la maison.

— C’est Vic, dit bien inutilement Andrew en attrapant son sac à dos. A tout à l’heure après l’entraînement.

— Dis à Victoria d’être prudente. Les routes risquent d’être glissantes, dans quelques heures.

— Oui, m’dame.

Elle leva les yeux au ciel.

— Il est simplement hors de question que tu te tues sur la route…

— Si cela pouvait m’éviter de passer cet exa…

— On ne plaisante pas avec ça, m’sieur… Allez, bonne chance pour ton contrôle et…

Mais il passa la porte avant qu’elle ait fini sa phrase.

Sa tasse toujours à la main, elle ne put s’empêcher de vérifier par la fenêtre que les adolescents attachaient leur ceinture de sécurité avant de s’éloigner. Andrew avait beau ne plus avoir besoin d’être materné, elle avait du mal à couper le cordon.

Le temps passait si vite. N’était-ce pas hier qu’il la suppliait de rester debout jusqu’à 20 heures ? Elle secoua la tête, repoussant ces pensées inutilement nostalgiques. Andrew était désormais à l’orée de sa vie d’adulte, il intéressait l’équipe de hockey de Trenton et entrerait, dès la rentrée prochaine, à l’université.

Elle avait donc presque terminé son travail et estimait s’être bien débrouillée. Mieux que ses parents. Mais eux n’avaient jamais placé la barre aussi haut.

Captant son reflet dans la vitre du micro-ondes, elle essaya de donner un peu de volume à ses cheveux. Le résultat ne fut pas convaincant. Heureusement, elle misait sur son efficacité plus que sur son physique pour convaincre son patron, que rien ne séduisait davantage qu’un tableur ou une feuille de calculs. Du reste, la plupart des employés le considéraient comme un ordinateur sur pattes.

Elle termina son café, toujours aussi obnubilée par son augmentation. Elle avait décidé d’offrir l’académie de Trenton à Andrew et elle le ferait, dût-elle emprunter, mendier ou voler !

Pour commencer, elle allait mendier auprès de Charles Bishop. Restait à espérer que, de son côté, il ait envie de donner…

Elle avait prévu d’arriver très en avance au bureau, pour se préparer correctement à affronter son nouveau patron, mais la chance n’était pas avec elle. Sa voiture se retrouva coincée derrière le bus scolaire, et elle dut suivre son rythme lent et chaotique, entrecoupé d’arrêts incessants. Ce fut donc hors d’haleine qu’elle arriva dans son bureau. Avant même de retirer son manteau, elle alluma fébrilement son ordinateur. Il fallait absolument qu’elle parle à Bishop avant qu’il ne se replonge dans ses tableurs chéris.

— Bonjour, Elizabeth.

Diable. Il était à l’heure.

Lui adressant son plus beau sourire professionnel, elle attrapa d’un geste assuré la feuille qui sortait tout juste de l’imprimante.

— Bonjour, j’allais poser le planning de la journée sur votre bureau.

Comme d’habitude, le nouveau P.-D.G. de Bishop Paper semblait valoir un million de dollars. Plusieurs, même, pour être exacte. Manteau et écharpe de cachemire, costume griffé en laine, chemise sur mesure, gants de cuir doublés de soie. Il semblait autant à sa place dans son bureau qu’une statue en marbre au milieu d’un marché aux puces.

Il attrapa le planning d’un air peu amène.

— La comptabilité vous a-t-elle remis les estimations de chiffre d’affaires que j’ai réclamées ?

Tableurs et feuilles de calculs. Feuilles de calculs et tableurs. Cet homme était décidément monomaniaque.

— Pas encore.

Levant les yeux du document, il les posa sur elle. Cela énervait Elizabeth au plus haut point, mais elle sentit son cœur s’arrêter. Frangés de cils tellement noirs que c’en était injuste, les yeux de son patron, parfaitement cobalt, brillaient d’un éclat dur.

— Dites aux comptables qu’il me faut ces estimations pour 10 heures. Je désire les étudier avant notre réunion de cet après-midi.

— Très bien.

Mais elle attendrait tout de même qu’il ait regagné son bureau. Leanne, la secrétaire comptable, allait piquer une crise et elle avait la voix qui portait… C’était d’ailleurs un argument supplémentaire pour sa demande d’augmentation : la perte d’audition consécutive aux hystéries plus ou moins contenues des uns et des autres…

— J’attends aussi un courrier de Xinhua Paper, dit-il. Apportez-le-moi dès qu’il arrivera.

Là-dessus, il se dirigea vers son bureau. Elle sentit ses paumes devenir moites. C’était maintenant ou jamais.

— Je me demandais…

La main sur la poignée de la porte, il s’arrêta et tourna la tête vers elle.

— Oui ?

— … si je pourrais vous prendre quelques instants. Il y a quelque chose dont j’aimerais vous entretenir…

Il fronça les sourcils.

— Quelque chose… qui ne va pas ?

— Non, non… c’est en rapport avec mon travail.

— Dans ce cas, suivez-moi dans mon bureau.

Son bureau. Trois mois avaient passé, et elle avait encore du mal à l’entendre parler du bureau de son père comme du sien. Du temps de Ron, les étagères débordaient de photos de lui avec ses vendeurs ou ses collecteurs de fonds. Il y avait même un cliché où il faisait griller une côtelette lors du barbecue annuel de l’entreprise. Sur un autre, il riait à gorge déployée avec des membres du personnel.

Jamais, en revanche, elle n’avait vu la moindre photo de son fils.

De toute façon, Charles avait retiré toutes ces photos en arrivant, et la décoration se résumait à présent à une exposition permanente de feuilles de calculs et de bases de données. Le seul objet vaguement personnel qu’il ait apporté était une magnifique machine à café rouge et hors de prix qui trônait sur le buffet. Décidément, cet homme aurait pu disparaître dans l’instant, personne n’aurait même soupçonné qu’il avait appartenu à l’entreprise.

Elle attendit debout tandis qu’il pendait son manteau à la patère.

— De quoi vouliez-vous me parler ?

Elle lissa son pull puis posa sa main à plat sur son estomac.

— Comme vous le savez, depuis votre arrivée, ma charge de travail a augmenté. Non pas que je me plaigne mais…

Il alla jusqu’à la cafetière et mesura une dose de café moulu.

— Content de l’entendre.

Il y eut un bref ronronnement puis la machine se mit en marche. Liz dut élever la voix pour poursuivre.

— … Je me rends compte que le changement de direction entraîne un surcroît de travail et que je suis la mieux placée pour faire le lien entre vous et le reste de l’entreprise.

Dieu du ciel, mais qu’est-ce qu’elle racontait ?

Le ronronnement cessa, rendant à la pièce son silence. Charles pressa un autre bouton.

— Et… ?

Elle marqua un imperceptible temps d’arrêt.

Avant de se lancer.

— J’ai pensé que ce travail supplémentaire vous amènerait à reconsidérer mon salaire.

— Vous voulez une augmentation.

— Oui.

Le silence, de nouveau, troublé seulement par le goutte-à-goutte de la cafetière. Charles gagna son bureau, sortit son smartphone de la poche intérieure de sa veste puis il la retira et la suspendit avec une précision méthodique au dossier de sa chaise. Liz se sentait de plus en plus mal à l’aise.

— Vous touchez déjà un salaire relativement conséquent, dit-il finalement en s’asseyant. Plus que les autres assistants d’administration.

— Oui, mais j’en fais également plus qu’eux, répondit-elle. Je travaille tard, j’emporte du travail chez moi, je viens au bureau les week-ends. Par bien des aspects, je suis beaucoup plus qu’une assistante d’administration.

— Personne ne met votre dévouement en question, Elizabeth, ni votre valeur au sein de l’entreprise.

Ah…, peut-être s’inquiétait-elle pour rien ?

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi