Un peu rouillé

De
Publié par

Oh, non ! Pas la folle du dessous...

Quand Félicien se retrouve nez à nez avec sa voisine dans l’ascenseur, il pense que sa journée ne peut pas devenir pire. Il a tort : sa femme, sa femme parfaite, lui annonce qu’elle veut divorcer. D’un coup, tous ses repères s’écroulent. Et contre toute attente, c’est son excentrique voisine, Osanne, qui va lui redonner le goût de vivre. Mais il va lui falloir de la patience, parce qu’après tant d’années à tenir l’amour pour acquis, il se sent un peu rouillé dans les choses du cœur...

15 000 mots (nouvelle)


Publié le : jeudi 5 juin 2014
Lecture(s) : 4
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782924395387
Nombre de pages : non-communiqué
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Résumé
Oh, non ! Pas la folle du dessous… Quand Félicien se retrouve nez à nez avec sa voisine dans l’ascenseur, il pense que sa journée ne peut pas devenir pire. Il a tort : sa femme, sa femme parfaite, lui annonce qu’elle veut divorcer. D’un coup, tous ses repères s’écroulent. Et contre toute attente, c’est son excentrique voisine, Osanne, qui va lui redonner le goût de vivre. Mais il va lui falloir de la patience, parce qu’après tant d’années à tenir l’amour pour acquis, il se sent un peu rouillé dans les choses du cœur…
UN PEU ROUILLÉ
Agathe Prudent
Éditions Laska Montréal, Québec Courriel : info@romancefr.com
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, personnages, lieux et incidents sont soit le fruit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés de manière fictive. Toute ressemblance avec des faits réels ou des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.
Tous droits réservés © Éditions Laska, 2014
Aucune reproduction ou transmission, totale ou partielle, n’est autorisée sans le consentement écrit préalable de la détentrice des droits et de l’éditeur.
Le téléchargement de cet ebook sur d’autres sites que ceux autorisés par l'éditeur ainsi que son partage au-delà du cadre strictement familial et privé est interdit et puni par la loi. Les Éditions Laska s’engagent à ne pas apposer de DRM ni d’autre mesure visant à restreindre l’utilisation de cet ebook par les personnes l’ayant dûment acquis.
Illustration de couverture : Cécile Rousseau
ISBN : 978-2-924395-38-7
Résumé Page titre Droits d’auteur Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Chapitre 5 Chapitre 6 Chapitre 7 Merci ! L’auteure
Table des matières
Chapitre 1
Juste avant que les portes ne se referment, il s’engouffra dans l’ascenseur. Il se tourna vers l’autre personne dans la cabine pour rire avec elle de son exploit : « J’ai bien cru que je ne l’aurais p… » Son sourire disparut à l’instant même où il identifia son interlocuteur.Pitié, pas elle !pensa-t-il. * * * Quelle arrogance, celui-là… Pour qui se prenait-il ? Un champion olympique ? Il n’avait fait qu’attraper un ascenseur. Mais Félicien Hubert n’avait rien d’un homme humble et modeste. Oh non ! Des mots comme prétentieux, présomptueux, vaniteux, suffisant, égocentrique, orgueilleux et hautain correspondaient mieux à son personnage. Beau était certes également un adjectif adéquat, mais puisque c’était sûrement sa beauté qui l’avait rendu aussi insupportable, celle-ci en devenait affreuse. Oui, voilà un raisonnement qui lui plaisait bien. * * * Évidemment, il fallait que ce soit elle. De tous ses voisins, c’était elle qui devait prendre l’ascenseur en même temps que lui. Ce n’était vraiment pas la première fois que cette situation se produisait, il aurait donc dû commencer à avoir l’habitude… Mais non, il n’y avait rien à faire. Il se demandait toujours ce qui pouvait bien les mettre sur le même chemin, ou plutôt dans le même ascenseur. « Bonsoir. — Bonsoir. » Toujours aussi aimable… Mais de quoi se plaignait-il ? Il valait mieux qu’elle soit seulement désagréable plutôt qu’enragée comme la plupart du temps. La dernière fois, elle avait tambouriné à leur porte en les insultant, lui et son épouse : « Connards ! La politesse, vous connaissez ?! Espèce d’animaux ! Quand on n’a pas de savoir-vivre, on n’habite pas dans un immeuble ! » Puis, sans avertissement, les coups sur la porte s’étaient arrêtés. Ils avaient entendu des sanglots et un « Z’êtes que des égoïstes… et de la pire espèce », suivis d’un gros reniflement, puis plus rien. Inutile de dire que lui n’avait pas dormi cette nuit-là. Heureusement qu’il n’était pas allé lui ouvrir la porte : il était déjà tombé dans le piège une fois, mais on ne l’y reprendrait pas. C’était la première fois qu’elle s’en était prise à leur pauvre porte. Il avait naïvement ouvert et une furie avait déboulé dans leur appartement. Il avait voulu l’empêcher d’avancer en se plaçant devant elle, et elle avait failli le frapper. Quand il lui avait saisi les poignets, elle l’avait insulté avec toute une liste d’adjectifs peu élogieux. Il avait fini par la faire sortir, mais elle avait continué de le menacer de les faire expulser. En réalité, c’était elle qui devait s’inquiéter de se faire expulser ! Elle était folle à lier, imprévisible et incontrôlable. Malheureusement, le propriétaire de l’immeuble se fichait des plaintes qu’ils avaient déposées contre elle. Si leur appartement ne leur plaisait pas autant, ils n’habiteraient plus ici depuis longtemps. Cependant, la vue était imprenable, la localisation, impeccable, la taille, parfaite, le quartier, agréable, le loyer, étrangement raisonnable et le voisinage, sympathique (enfin, à une exception près). Voilà pourquoi, depuis des années, il supportait d’habiter juste au-dessus d’une folle. Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce jour-là, il ne lui arriva rien dans l’ascenseur. Pas d’agression, d’insultes ni de coups. Cela ne présageait rien de bon, il en était certain. Lorsqu’elle sortit de l’ascenseur, elle jeta un coup d’œil par-dessus son épaule et, pendant
un instant, il crut qu’elle allait faire demi-tour pour l’attaquer. Il recula aussitôt vers le fond de l’ascenseur, se préparant à devoir se défendre. Mais non, rien. Elle se contenta de le regarder comme s’il était dément, ce qui était totalement absurde, puisque c’était elle, la folle à lier ! * * * Et en plus, il est idiot, pensa Osanne. Elle l’avait cru intelligent. Absolument insupportable, mais intelligent. Cependant, la façon dont il l’avait dévisagée en sortant de l’ascenseur montrait le contraire. Au moins ne m’a-t-il pas rendu la vie dure cette fois-ci, se consola-t-elle. Elle savait qu’il avait essayé de la faire expulser, et elle en avait été choquée. Elle avait certes su qu’il était égocentrique, impoli et irrespectueux, mais elle ne s’était pas doutée de sa méchanceté. Ce jour-là, elle avait compris une bonne fois pour toutes qui était Félicien Hubert. Avant cela, elle lui avait pardonné quelques impolitesses, parce qu’il était absolument époustouflant quand il rentrait en courant dans l’ascenseur, avec ses cheveux mouillés par la pluie, ses yeux étincelants et son sourire éblouissant. Mais cette époque-là était terminée. Elle ne commettrait plus les mêmes erreurs. Elle était donc ravie que, pour une fois, il l’ait laissée tranquille. Si seulement cela pouvait durer… * * * « Bonsoir, ma chérie ! Tu ne devineras jamais quoi : la folle dingue d’en dessous ne m’a pas agressé dans l’ascenseur. C’est mauvais signe, tu ne crois pas ? À tous les coups, il va m’arriver quelque chose de terrible. » Il déposa ses affaires et alla dans la cuisine, d’où s’échappait une délicieuse odeur de viande marinée. « Mon plat préféré ! Il faut croire qu’aucune catastrophe ne va m’arriver, finalement. » Il prit sa femme dans les bras et l’embrassa. Voilà à quoi ressemblait une femme bien. Elle devait être intelligente, belle, élégante, féminine, raisonnable et sensée, comme son épouse. « Assieds-toi, je vais te servir », lui fit sa femme. Et serviable, en plus. Oui, serviable et sensée : la description de la femme parfaite. Rien à voir avec la folle dingue. Absolument rien à voir. Tout le contraire, en fait. Mince alors ! Cette femme l’avait tellement traumatisé qu’il pensait à elle alors que son épouse lui servait le dîner. Allons, la journée avait été dure, il avait croisé cette folle dans l’ascenseur, cela commençait juste à faire un peu trop. Un bon repas et une agréable soirée avec sa femme règleraient le problème. « Tu ne manges pas ? lui demanda-t-il, surpris. — Non. » Si son épouse continuait à faire une tête d’enterrement, sa soirée risquait de ne pas être si agréable que ça. « Est-ce que ça va ? insista-t-il. — … Non. » Elle aurait dû dire oui. Il en aurait conclu qu’elle ne voulait pas en parler et aurait respecté son silence ; il aurait alors dégusté son repas et aurait fini la soirée en enlaçant son épouse devant la télévision. Mais cela ne s’annonçait pas aussi simple. « Qu’est-ce qui ne va pas, ma chérie ? Dure journée ? — Pas vraiment… C’est plutôt la soirée qui risque d’être dure… » Ça, je l’avais déjà deviné. « Pourquoi ? — Il faut que je te parle. » Aïe. « Je… Je veux… divorcer. » Tout le corps de la femme qui se tenait en face de lui se relâcha alors, comme s’il était soulagé d’un poids immense. Chez lui, ce fut sa main qui se relâcha, et la fourchette qu’elle
tenait tomba par terre. On entendit le bruit du métal percuter le sol, puis un grand silence. Sa femme était soulagée et anxieuse. Lui était bouleversé et détaché. « Comment ? — Félicien, ne m’oblige pas à le répéter, supplia-t-elle. — Bien. » Il regarda son assiette. Pourquoi lui avait-elle préparé ce repas ? Pour aider à faire passer la pilule ? « Quand est-ce que tu veux qu’on fasse ça ? — Le plus vite possible. Enfin, je veux dire… — Non, c’est bon. — Mais tu peux garder l’appartement. » Génial, il pouvait garder l’appartement et la folle du dessous. « Merci. — … De rien. — Pourquoi est-ce que tu pars ? — Félicien… — Non, c’est bon. Dis-moi la vérité. — Je… J’ai… rencontré quelqu’un. Mais on n’a pas encore… on n’a jamais… Nous sommes juste amis. — Pour le moment. — Oui, pour le moment. — Tu n’éprouves plus rien pour moi ? — Si, bien sûr, c’est juste que… ce n’est plus comme au début. — Mais c’est normal, ça. Après sept ans de mariage, ça ne peut plus être “comme au début”. — Oui, mais… on ne se parle plus trop. — Ce n’est pas vrai. On se parle. — Tu me parles. — Exactement, je parle. C’est toi qui ne parles pas. Mais si tu parlais, je t’écouterais. Mais puisque tu ne parles pas, que veux-tu que je fasse ? — Avec lui, j’arrive à parler. — Et pas avec moi. Je ne comprends pas pourquoi. — Moi non...
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Les Trois Sangs

de editions-laska

À toi, à jamais

de editions-laska

La Promise du vicomte

de editions-laska

suivant