Un prince irrésistible

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A cause d’une erreur commise par la clinique à laquelle elle s’est adressée, Alison se retrouve dans une situation incroyable : annoncer à un homme qu’elle n’a jamais vu qu’il est le père de son bébé à naître. Mais lorsqu’elle arrive à l’adresse qu’on lui a indiquée, elle découvre avec stupeur un immense et splendide manoir. Et, quelques minutes plus tard, affolée et consternée, Alison comprend que sa situation est pire encore qu’elle ne le croyait. Car Maximo Rossi est prince… Comment réagira-t-il lorsqu’il saura qu’elle est enceinte de l’héritier du trône ?
Publié le : dimanche 1 janvier 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280237987
Nombre de pages : 160
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001
1.
— Oh non, pas maintenant ! murmura Alison Whitman en posant une main sur son ventre dans l’espoir de chasser un haut-le-cœur.
Les nausées, déjà difficiles à supporter au saut du lit, étaient éprouvantes lorsqu’elles duraient toute la journée et, en ce moment précis où elle s’apprêtait à annoncer à un homme qu’il allait être père, elles étaient tout simplement infernales.
Alison stoppa la voiture devant un grand portail séparant l’imposant manoir du reste du monde. Elle ne connaissait le propriétaire que de nom, mais visiblement il venait d’un autre milieu qu’elle.
Elle écarquilla les yeux lorsqu’elle vit un homme en costume sombre et lunettes noires sortir et s’approcher de sa voiture. Max Rossi faisait-il partie de la mafia ? Qui pouvait bien avoir besoin d’un agent de sécurité dans un endroit aussi isolé de l’Etat de Washington ?
L’homme lui fit signe de baisser sa vitre et elle obtempéra, gênée de devoir le faire manuellement, car sa voiture n’avait rien d’un modèle récent possédant toutes les options.
— Vous avez besoin d’un renseignement, madame ?
Il avait l’air aimable et poli, mais elle devina que sa main droite partiellement dissimulée par sa veste de costume devait tenir un revolver.
— Non, je cherche M. Max Rossi. C’est l’adresse qui m’a été donnée.
— Je suis désolé. M. Rossi ne reçoit pas de visiteurs.
— Je m’appelle Alison Whitman. Je pense qu’il m’attend.
Le garde sortit un téléphone mobile, parla rapidement dans une langue qu’elle supposa être de l’italien et se retourna vers elle.
— Entrez et garez-vous devant l’entrée, dit-il en déclenchant l’ouverture du portail pour la laisser passer.
Elle eut un sursaut d’inquiétude à l’idée de rencontrer Max Rossi, mais elle avait longuement réfléchi avant de se décider et ne pouvait plus reculer à présent.
Elle arrêta sa vieille voiture devant une très grande bâtisse moderne en partie dissimulée par d’imposants sapins. La nature alentour était magnifique et, comme elle s’aventurait rarement hors des limites de Seattle, elle en apprécia la vue.
Mais le garde se matérialisa subitement à ses côtés et, l’arrachant à sa contemplation, lui attrapa fermement le bras pour la guider jusqu’à la porte.
— J’apprécie ce geste chevaleresque mais je suis capable de marcher seule, ironisa-t-elle.
Il relâcha son étreinte avec un sourire. Elle constata cependant qu’il restait prêt à intervenir. Quand il ouvrit la porte et lui céda le passage, elle eut le sentiment que c’était davantage pour l’intimider que par politesse.
— Mademoiselle Whitman…
Une voix grave et douce la surprit. Elle sentit son estomac se nouer mais pas sous l’effet d’une nausée, cette fois. C’était une impression étrange et inconnue, presque plaisante, que la vue du propriétaire de cette voix étonnante ne fit qu’amplifier. Elle le regarda descendre le large escalier d’un pas rapide, ferme et gracieux.
C’était l’homme le plus séduisant qu’elle ait jamais vu. En plus de son physique parfait, une grande assurance ainsi qu’une forte impression de puissance émanaient de sa personne. Elle fut immédiatement captivée.
Ses grands yeux noirs la fixaient intensément, presque durement.
Son visage lui sembla familier, mais elle ne put imaginer où elle aurait pu le rencontrer. Un tel exemple de perfection masculine ne hantait pas les couloirs du cabinet d’avocats bénévoles pour lequel elle travaillait.
Elle prit une profonde inspiration, espérant que cet afflux d’air calmerait un peu le malaise qui la tenaillait.
— Oui.
— C’est la clinique qui vous envoie ?
Il s’arrêta devant elle, très droit. Elle dut lever les yeux pour le regarder car il avait au moins une tête de plus qu’elle.
— Oui… Enfin… que vous a-t-on dit exactement ?
Melissa, sa meilleure amie, travaillait à la clinique. Ayant entendu parler de l’erreur commise au laboratoire, et à l’insu de son patron, elle avait immédiatement averti Alison et même proposé de contacter Max elle-même.
— Qu’il s’agissait d’une affaire urgente. Venons-en aux faits, je vous prie.
— Y a-t-il un endroit ou nous puissions discuter en privé ? demanda-t-elle en regardant l’immense hall d’entrée.
La maison sans nul doute comportait suffisamment de pièces où s’asseoir et parler. L’idée d’être seule dans un espace clos avec cet inconnu ne l’enchantait pas, bien sûr, mais malgré son envie de s’enfuir, elle devait faire face et affronter ses responsabilités.
— Je n’ai pas beaucoup de temps à vous accorder, mademoiselle Whitman.
La colère s’empara d’elle. Elle aussi avait un agenda chargé, et il lui était très difficile de s’échapper de son travail. En prenant l’après-midi pour venir le voir elle avait dû abandonner ses clients.
— Je puis vous assurer que mon temps est précieux aussi, monsieur Rossi, rétorqua-t-elle froidement. Mais j’ai besoin de vous parler.
— Parlez, alors.
— Je suis enceinte, parvint-elle à articuler.
— Suis-je censé vous féliciter ?
— Et c’est vous le père.
Le regard de Max s’assombrit.
— Nous savons tous deux que cela est impossible. Vous ne tenez peut-être pas à jour la liste de vos amants, mais je puis vous assurer que ma vie n’est pas à ce point dissolue que j’en oublie le nom de mes partenaires.
Alison sentit une bouffée de chaleur lui monter au visage.
— Vous n’ignorez pas qu’il y a d’autres façons de concevoir un enfant qu’en ayant un rapport physique. Je ne travaille pas chez Zoilabs, je suis… leur cliente.
Il se figea et son expression se durcit.
— Allons dans mon bureau.
Elle le suivit jusqu’à une très grande pièce dont le haut plafond était mis en valeur par de superbes poutres de bois naturel. L’un des murs, entièrement vitré, surplombait la vallée. Aussi loin que son regard portait, elle ne voyait rien d’autre que la nature, sauvage et magnifique. Mais cet impressionnant panorama ne suffit pas à la réconforter.
— Une erreur s’est produite à la clinique, dit-elle, le regard fixé sur les montagnes au loin. Une de mes amies travaille au laboratoire. Elle a pensé que… j’avais le droit de savoir. J’ai reçu votre « don » par erreur et votre dossier ne fait pas mention de… test génétique.
— Comment cela est-il possible ?
— On ne m’a fourni aucune explication. Votre échantillon m’a été donné à la place de celui du donneur que j’avais sélectionné. Vos noms se ressemblent.
Max lui lança un regard dur.
— Ce n’était ni votre mari ni votre petit ami ?
— Je n’ai ni l’un ni l’autre. Tout était censé se passer de façon anonyme. Mais ce n’est plus si simple, à présent.
Max eut un sourire ironique.
— Maintenant que vous avez découvert que votre donneur est un homme riche ? Vous êtes venue réclamer une sorte de pension prénatale, c’est cela ?
Alison se révolta.
— Mais pas du tout ! Je suis désolée d’avoir à vous déranger. Vous ne vous attendiez certainement pas à me voir arriver sur le pas de votre porte, mais j’ai besoin de savoir si vous avez fait un test génétique avant de faire un don.
— Je n’ai jamais fait de don, dit-il d’un ton rude.
— Le laboratoire m’a pourtant communiqué votre nom !
La mâchoire de Max se contracta et elle le vit serrer les poings comme s’il cherchait à maîtriser un accès de colère.
— Je ne suis pas allé à la clinique pour un don anonyme, mais pour ma femme.
Alison sentit le sang se retirer de son visage et sa tête se mit à tourner. Maintenant, elle avait réellement envie de tourner les talons et de s’enfuir. Elle avait lu des histoires terribles au sujet de couples concernés par des erreurs et de gens à qui on avait retiré leur bébé. D’un geste protecteur, elle posa une main sur son ventre. Le bébé lui appartenait, même si cet homme en était le père biologique. Elle était sa mère. Aucun juge n’enlèverait un bébé à une mère compétente et aimante. Et la femme de Max ne voudrait sûrement pas d’un bébé qui, de toute façon, ne lui appartenait pas.
— J’ai… J’ai juste besoin de savoir…
Elle prit une profonde inspiration avant de continuer.
— Je suis porteuse saine de mucoviscidose. Les donneurs sont normalement testés afin de déceler tout problème génétique éventuel avant d’être acceptés. Sachant que j’étais concernée par cette question, mon amie a recherché cette information mais elle ne figurait pas dans le dossier.
— Je n’étais pas donneur, expliqua-t-il sèchement.
— Mais avez-vous été testé, monsieur Rossi ?
Elle devait savoir… Voir sa sœur succomber à cette maladie dans son enfance avait été la chose la plus difficile qu’Alison avait endurée. Cet événement tragique avait signé la fin de tout : de sa famille, de son bonheur, de sa foi en l’avenir… Elle devait savoir pour se préparer au pire. Elle ne mettrait pas fin à sa grossesse. Le souvenir de sa sœur et de sa vie courte mais merveilleuse lui était trop cher pour envisager cela. Mais elle avait absolument besoin de savoir.
— Je n’ai pas fait ce test.
Elle s’effondra dans le somptueux fauteuil placé devant le bureau. Ses jambes ne la portaient plus.
— Vous devez le faire, dit-elle. Je vous en prie, c’est tellement important pour moi.
Le cœur battant lourdement, Maximo examina la femme assise face à lui. Il n’avait pas accordé une pensée à cette clinique depuis le décès de Selena, survenu deux ans auparavant. Il avait bien reçu un message de la clinique peu de temps après l’accident, mais l’avait ignoré, n’ayant pas la force de s’occuper de cela. Il n’avait pas imaginé de telles conséquences…
Il allait être père ! songea-t-il en baissant les yeux vers le ventre plat d’Alison. Elle était si mince qu’il était impossible de croire qu’elle portait un bébé, son bébé.
Il imagina aussitôt la jeune femme, un doux sourire maternel sur le visage, berçant un enfant aux cheveux sombres. Cette vision l’emplit d’un désir si intense et si incongru qu’il ressentit une violente douleur à la poitrine. Lui qui pensait avoir réussi à laisser ce désir d’enfants reposer aux côtés de sa femme…
Et voilà qu’en un instant, son rêve redevenait possible. Mais une menace pesait sur son enfant et, soudain, il ne pouvait plus contrôler sa vie, si soigneusement organisée jusque-là. Ce qui lui paraissait important quelques instants plus tôt avait perdu tout sens, et tout ce qui comptait se trouvait désormais dans le ventre de cette étrangère…
Il se ressaisit et annonça :
— Je vais faire ce test sans attendre.
Il n’avait pas prévu de rentrer à Turan avant deux semaines, mais cet examen était prioritaire. Il devait voir son médecin personnel au palais afin éviter que la presse s’empare de la nouvelle. Les journalistes avaient fait assez de dégâts dans sa vie…
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