Un sauvetage miraculeux - Le triomphe de l'amour

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Un sauvetage miraculeux, Jackie Braun

Caroline est encore sous le choc : sans l’aide miraculeuse de Jake McCabe, elle et son petit garçon auraient pu rester bloqués dans cette terrible tempête de neige. Jake, en véritable sauveur, les a emmenés dans son auberge pour qu’ils puissent se remettre de leurs émotions. Il a tout de suite su trouver les mots et les gestes pour rassurer le petit garçon de Caroline. Tout irait donc pour le mieux si Caroline ne sentait son cœur battre beaucoup trop vite, quand Jake pose sur elle ses yeux bleus. Dire qu’elle va devoir rester en sa compagnie jusqu’à ce que la tempête se calme… Comment va-t-elle lui résister, elle qui ne pourrait pas faire face aux conséquences si elle succombait ?

Le triomphe de l’amour, Margareth Way

Quand Clio apprend que Josh est accusé d’avoir falsifié le testament de son grand-père, elle n’hésite pas une seconde : pour la première fois de sa vie, elle fait preuve d’indépendance d’esprit et prend la défense du garçon qu’elle aime depuis l’enfance. Ils ont grandi ensemble, elle est la personne qui le connaît le mieux au monde, elle est convaincue de son innocence. Et elle est d’autant plus déterminée que, en agissant ainsi, elle espère prouver à Josh que leur amour est plus fort que tout…
Publié le : samedi 15 septembre 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280250245
Nombre de pages : 288
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La voiture percuta le talus enneigé avec une violence telle que l’airbag se déploya. Au moins s’immobilisa-t-elle enîn, après un tête à queue interminable sur la grande route bordée d’érables. Caroline Franklin Wendell s’était agrippée de toutes ses forces au volant, et elle le lâcha avec soulagement pour passer une main tremblante sur son visage. Pendant ces instants de terreur, qui lui avaient semblé durer une éternité, elle avait vu déîler non pas sa propre vie mais celle de son îls. Si elle avait été tuée, elle aurait abandonné Cabot. Il n’aurait plus été élevé que par son père et sa grand-mère. Cette seule pensée la ît frissonner. Elle regarda au-dehors. Le capot de sa petite voiture de ville avait à moitié disparu sous une congère. Malheureusement, sa vie tout entière avait déraillé bien avant qu’elle ne ren-contre cette plaque de verglas. Elle patinait, sans plus aucun contrôle, depuis qu’elle avait commis quatre ans auparavant la bêtise de se marier avec Truman. Puis elle avait refusé de voir la réalité en face, de comprendre que la situation n’allait pas s’arranger d’elle-même. Même ce matin, alors qu’elle allait retrouver Truman, vaincue, elle espérait encore dans un recoin de son cœur trouver un autre moyen de sortir de ce cauchemar. Pas pour elle, mais pour Cabot. Son îls était la seule chose positive qui soit sortie de son mariage avec l’héritier de
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l’une des familles les plus riches et les plus puissantes de Nouvelle-Angleterre. Le cœur battant et les jambes encore flageolantes, elle appuya son front contre le volant en Skaï et înit par accepter la vérité. Truman avait raison. Il n’y avait aucune échappatoire. « Je fais cela pour ton bien. Tu as besoin de moi, Caroline. » Combien de temps était-elle restée prostrée ainsi ? Elle n’aurait pas su le dire mais la dernière trace de chaleur avait quitté la voiture. Dans l’habitacle, son soufe faisait de petits nuages de buée et même à travers ses gants en cuir doublés de cachemire le froid mordait ses doigts. Elle attrapa son téléphone dans son sac. Il faudrait bien qu’elle prévienne son mari de son retard et qu’elle lui demande de lui accorder un délai supplémentaire. Quand il s’agissait de son îls, elle était prête à tout, même à supplier. Mais d’abord, il lui fallait une dépanneuse et un endroit chaud où s’abriter. Elle activa son téléphone et regarda un instant la photo de son îls en fond d’écran. Il souriait, heureux et insou-ciant, comme tous les enfants de cet âge devraient l’être. Elle caressa son visage de chérubin du bout du doigt et se rembrunit : elle n’avait pas de réseau. Après avoir réussi à ouvrir la portière et s’être enfoncée jusqu’aux genoux dans la neige, elle leva le téléphone autant qu’elle put, balayant l’air de grands demi-cercles. Toujours rien. Elle fourra l’appareil dans la poche de sa parka et étouffa un juron. Un petit nuage blanc otta dans les airs. Elle allait devoir attendre de l’aide… Et encore, même pour cela il allait lui falloir de la chance. Un autre auto-mobiliste serait-il assez fou pour braver la météo ? Seul le désespoir l’avait poussée à prendre la route par ce mauvais temps. Elle regarda dans la direction d’où elle était venue. Au moment où elle avait pris la folle décision de quitter l’autoroute alors que le temps se dégradait, elle était passée
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devant une station-service, qui devait se trouver à cinq ou six kilomètres. Elle aurait pu marcher, elle était en bottes, mais le cuir souple et le talon de six centimètres n’étaient pas vraiment adaptés à une randonnée dans la neige. Et dans l’autre direction ? Qu’y avait-il un peu plus loin ? Avec sa chance, il n’y aurait que des kilomètres de congères et d’érables. Elle avait survécu à l’accident mais elle n’était pas sortie d’affaire, loin de là. Les larmes lui brûlèrent les yeux et sa respiration se ît haletante. La panique l’envahit. Qu’allait-elle faire ? Elle avait une échéance à respecter. Soudain, elle crut entendre un tintement de clochettes au loin. Elle ne savait pas s’il s’agissait du vent ou de son imagination, mais, bientôt, un homme à cheval apparut à un tournant de la route. Le rebord de son chapeau était couvert de neige, tout comme les larges épaules qu’on devinait sous son manteau en peau retournée. Il semblait tout droit sorti d’un rêve. Ou plutôt d’un fantasme, songea-t-elle alors qu’il s’approchait et qu’elle discernait son beau visage buriné : des yeux profonds, d’une couleur indéî-nissable, des pommettes saillantes et l’ombre d’une barbe sur le bas du visage. Son cœur se mit à battre un peu plus vite, ses genoux se dérobèrent et elle s’écroula dans la neige. C’était certain, elle était morte.
Lorsqu’il vit apparatre la femme, Jake se passa la main sur les yeux. Il avait dû la rêver. Aucune personne saine d’esprit ne serait sortie par ce temps. S’il se trouvait lui-même dehors, c’était seulement pour calmer ses nerfs à vifs. Et au moins avait-il eu le bon sens de sortir à cheval. Sa grande jument connaissait encore mieux que lui le chemin pour rentrer à l’écurie. Lorsqu’il vit la femme s’effondrer, il sauta de la selle avant même que le cheval ne se soit arrêté et s’enfonça
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jusqu’aux genoux dans la neige pour parvenir jusqu’à elle. Il s’accroupit, et résista à l’envie de la soulever dans ses bras. Protéger et servir. Dans une autre vie, cette devise avait fait partie de son quotidien. Plus maintenant. — Madame, hé, madame ! Ses paroles furent balayées par le vent. — Vous allez bien ? Elle le regarda avec un mélange de terreur et de répul-sion. Il n’en fut pas vexé. Cela lui était déjà arrivé. Soudain, elle ît quelque chose qui le bouleversa. Posant une main tremblante sur sa joue, elle demanda : — Vous êtes un ange ? La question le prit au dépourvu. On l’avait qualiîé de bien des choses au cours de l’année précédente, mais « ange » n’en faisait pas partie. Loin de là. — J’ai cru… — Vous êtes blessée ? Elle cilla, et fronça les sourcils. — Je ne crois pas. — Vous êtes sûre que vous ne vous êtes pas cogné la tête ? Il jeta un coup d’œil vers la voiture et découvrit l’airbag goné. Cela l’avait sans doute préservée d’un choc plus important mais elle pouvait tout de même avoir subi un traumatisme. — Je vais bien, dit-elle avec conviction. Et comme pour illustrer ses propos, elle se remit mala-droitement debout. Il se leva en même temps qu’elle. Elle était plus grande que ce que son apparence délicate ne le lui avait laissé croire. D’ailleurs délicate n’était pas le bon terme. Fragile plutôt. Le haut de sa tête arrivait à la hauteur de son nez cabossé. S’il en jugeait par le reste de sa tenue, certes élégante mais peu adaptée aux conditions météo, et bien qu’il ne vt pas ses pieds sous la couche de neige, elle devait porter des talons
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hauts, complètement inadaptés à la situation. Heureusement qu’il était passé par là. Elle n’aurait pas tenu une heure de plus seule par ce temps. Les gens ont besoin de toi, Jake. — Ma voiture, c’est une autre histoire, dit-elle. Je ne sais pas quelle est l’étendue des dégâts mais il va falloir la remorquer jusqu’à un garage. Les gens comptent sur toi, Jake. Il repoussa cette pensée et se mit à observer la petite voiture. Elle avait sans doute une très faible consommation de carburant mais ses qualités s’arrêtaient là, il en était certain. Il s’exprima d’une voix involontairement rude : — Vous appelez ça une voiture ? On dirait plutôt un jouet. La femme se mit à rire mais cela ressemblait plus à de l’hystérie qu’à de l’hilarité. A la réexion, elle n’aurait peut-être pas survécu plus d’une demi-heure sans son arrivée. — Oui, eh bien savez-vous où il y aurait un garagiste dans les environs ? Et un téléphone en état de marche ? Je n’ai pas de réseau ici. Il faut que j’appelle une dépanneuse. — Vous pouvez appeler de l’auberge. Auberge ? Son visage s’éclaira. — Il y a une auberge près d’ici ? — Oui, à environ huit cents mètres par là. — Savez-vous s’ils ont des chambres de libres ? Elle lui attrapa le bras. — Par pitié dites-moi oui. Il déglutit et, pendant un court instant, se perdit dans les grands yeux noisette. — Je suis sûr qu’on vous trouvera de la place. A dire vrai, l’auberge n’était plus que l’ombre de ce qu’elle avait été, une coquille vide, tout comme son propriétaire. Elle était fermée au public, mais, en ce week-end de Pâques, il y recevait malgré lui toute sa famille. D’où son envie subite de prendre l’air au beau milieu d’une tempête de neige. Ses parents, son frère, sa belle-sœur et leurs enfants,
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étaient arrivés la veille au soir sans prévenir. Lui et son jeune frère avaient déjà réussi à se disputer. Il avait préféré sortir avant de dire quelque chose qu’il aurait regretté. Enîn, qu’il aurait regretté plus encore que ce qu’il avait déjà dit. — Quelle chance ! dit-elle avec chaleur. Je… est-ce que par hasard vous pourriez m’y emmener ? Elle regarda la jument. Malgré le temps, Bess attendait patiemment à quelques pas. Cette jument clydesdale, qu’il avait acquise en même temps que l’auberge, avait l’habitude de tirer le traneau dans la neige. — Avec plaisir, répondit-il entre ses dents. Elle sembla douter de sa sincérité. — Vous disiez que c’était à huit cents mètres. Je… je peux marcher, dit-elle en avançant maladroitement d’un pas dans la neige. — Oui, dit-il, narquois, dans cette tenue ! Ha ! Vous aurez de la chance si vous n’avez pas gelé avant d’avoir fait dix mètres. Elle ît volte-face, les yeux brillants, les joues roses de colère. — Je ne suis pas une pauvre petite chose sans défense ! L’écho de son exclamation retentit à travers les érables, faisant tomber un peu de neige des branches. Pas sans défense peut-être, mais certainement désespérée. Il avait déjà vu ce regard, sur le visage des proches de traîquants de drogue par exemple. Dans leur cas, ce sentiment était compréhensible. Mais quel pouvait bien être la cause du désespoir de cette femme, qui avait tout de la riche oisive ? Il écarta la question et réprima son vieux réexe de proposer de l’aide.Ce n’est pas mon problème.Il n’était ofîciellement plus un héros, cette période-là était terminée, même si cette décision lui avait été imposée. Il s’entendit pourtant déclarer : — Venez, je vais vous aider à monter.
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Elle observa l’immense animal et, d’une voix plus crain-tive que îère, réitéra son souhait d’aller à pied. — Non, vraiment, ça ne me dérange pas… — Moi si. Cela prendra deux fois plus longtemps. Au moins. Il tenta d’adoucir son ton. — Ne vous en faites pas pour Bess. C’est une gentille géante. Elle tendit la main vers la voiture. — Et mes bagages ? Il ît un effort pour ne pas lever les yeux au ciel. — Vous en avez beaucoup ? — Je n’ai pas besoin de la valise sur la banquette arrière, si c’est ce que vous craignez. Mais j’aimerais bien le petit sac qui se trouve sur le siège passager. Il regarda par la fenêtre et ît la grimace. Le sac était assez petit pour passer en bagage à main à l’aéroport mais les conditions de leur trajet allaient être sufîsamment précaires sans qu’il se charge plus que nécessaire. — Je reviendrai le chercher. Il s’attendait à ce qu’elle proteste mais ce ne fut pas le cas. Elle se dirigea vers le cheval, s’enfonçant à chaque pas dans la neige. Par-dessus le hurlement du vent, il crut l’entendre répéter : « Courage, tu vas y arriver. » Il l’aida à s’installer sur la selle et monta derrière elle. Bess piaffa, peu habituée à avoir un cavalier, et certainement pas deux. Il savait ce qu’elle ressentait. Lui-même n’avait pas l’habitude de monter à cheval, encore moins avec une belle étrangère quasiment assise sur ses genoux. — Allez, Bess, tout va bien, dit-il en caressant l’encolure de la jument. Laisse-nous juste nous installer. La jeune femme se retourna vers lui. — Je me rends compte que je connais le nom de votre jument, mais pas le vôtre. — C’est Jake. Jake McCabe. Dans l’attente de sa réaction, il se blinda. Pendant quelque
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temps son nom avait été synonyme de Satan, au moins dans sa ville natale de Buffalo. Cependant son visage n’exprima rien de particulier. — Je suis Caroline… Franklin. Puis elle ajouta sur un ton de déî : — Mes amis m’appellent Caro. — Eh bien Caro, êtes-vous prête ? Elle hocha la tête et ils se mirent en route. Il leur fallut plus de temps que prévu pour regagner l’auberge, et pas seulement parce que la jument avait deux cavaliers à porter. Les conditions s’étaient encore dégradées. Le vent avait effacé presque toutes les traces laissées par Bess à l’aller. Il laissa échapper un soupir de soulagement en aper-cevant l’auberge, toute délabrée qu’elle fût. Nichée entre d’immenses arbres, à l’écart de la grand-route, cette maison avait le pouvoir de l’apaiser. Alors qu’il l’avait déblayée peu de temps avant de partir, la large galerie était recouverte d’une bonne couche de neige. Il l’imaginait en été, équipée des rocking-chairs qu’il avait fabriqués lui-même. Il avait toujours aimé travailler le bois et, grâce à l’ensei-gnement patient de son père alors qu’il était enfant, il était plutôt doué pour cela. Alors que certains ics se tournaient vers l’alcool pour se délasser après une dure journée, lui avait toujours préféré sa scie sauteuse et autres outils. C’était sans doute grâce à cette passion qu’il n’était pas devenu fou l’année précédente en attendant le résultat de l’enquête des affaires internes après la fusillade qui avait coûté la vie à une femme et à son enfant. Ils avaient été tués lors d’une descente de police dans une maison où un important traîquant de drogue était censé se trouver. Jake n’avait pas pressé la détente mais c’est lui qui commandait l’opération. Entre la tragédie et la în de l’enquête, il avait fabriqué deux fauteuils, apportant plus de soin que jamais à la conception et à la réalisation, résolu à ne laisser aucun détail
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de côté. Il n’avait pas besoin du psychologue de la police pour comprendre en quoi ce passe-temps lui était précieux. Il lui permettait de retrouver un certain contrôle sur sa vie. Au bout du compte, il avait été satisfait des fauteuils mais abasourdi par le résultat de l’enquête. Elle avait conclu qu’il avait bien reçu la bonne adresse mais l’avait mal lue à ses hommes. Frappé de stupeur, il avait d’abord estimé que c’était impossible. Il n’avait pas fait cela. Cependant certains documents importants avaient disparu et, hanté comme il l’était par ces tragiques dispa-ritions, il n’était plus sûr de rien. A l’issue de l’enquête, un blâme avait été inscrit dans son dossier, mais il avait été autorisé à reprendre le travail. Les choses auraient dû en rester là, aucune autre action ne devait être intentée, mais les choses avaient mal tourné. Le jeune ic inexpérimenté à l’origine des coups de feu, incapable de supporter d’avoir le sang de ces deux innocents sur les mains, s’était suicidé. Pour l’opinion publique, Jake était également responsable de cette mort. Son monde s’était écroulé. Dès la în de son diplôme universitaire en justice criminelle, il était entré dans la police de Buffalo. Il y travaillait depuis une douzaine d’années quand il était subitement devenu un paria. Certes, il avait conservé quelques amis, à la fois dans la population et dans la police. Et son syndicat avait promis de s’opposer aux conclusions de l’enquête. Cependant, lorsque son chef lui avait proposé un discret licenciement à l’amiable, il avait accepté. La démission lui trottait déjà dans la tête depuis un moment. Pourquoi aurait-il lutté ? Une femme était morte. Son bébé avait été tué avec elle. Un jeune collègue était mort. Même s’il ne s’était pas trompé dans l’adresse, cela s’était tout de même passé sous sa responsabilité. Et puis il y avait eu Miranda. Il avait donc fait ses valises et quitté non seulement la police mais aussi la ville de Buffalo.
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Il était arrivé à l’auberge six mois plus tôt, espérant se ressourcer dans cet endroit où sa famille venait souvent en vacances quand il était enfant, aussi bien en été qu’en hiver. La propriété se trouvait à l’ombre du Camel’s Hump, dans les Green Moutains du Vermont. Quelle déception lorsqu’il avait constaté qu’elle était fermée au public. Puis, il avait découvert un panneauAVENDRE. Le délabrement du bâtiment lui avait serré le cœur mais cela ne l’avait pas empêché de l’acheter. Les habitants de la région étaient comme dans son souvenir : polis, quoiqu’un peu distants avec les étrangers. Peu lui importait ; il n’était pas là pour se faire des amis. Il voulait la paix. Il ne cherchait pas, comme le prétendait son frère, à fuir ses problèmes ou à se cacher. — Est-ce que… c’est là ? Il lui fallut un moment pour se rendre compte que la jument avait dépassé l’auberge et s’était arrêtée devant la petite dépendance qui abritait son box. — Apparemment, Bess aussi a hâte de se mettre à l’abri. — Elle habite ici ? Fronçant les sourcils, Caro se tourna vers lui et reprit : — Vous habitez ici ? — Oui. L’auberge m’appartient. Elle sembla surprise, ce dont il ne pouvait lui tenir rigueur. Non seulement il n’avait rien de l’aubergiste jovial mais le lieu lui-même semblait à peine plus hospitalier, avec sa peinture écaillée, ses planches branlantes et la végétation envahissante. — Elle n’est pas ouverte au public en ce moment. Mais vous serez au chaud et au sec. Vous n’aurez qu’à vous installer pendant que je vais chercher votre sac. Il se tourna vers la jument. — Désolée ma belle, mais ta journée n’est pas înie. Il neigeait de plus en plus fort, avec des ocons énormes comme si les anges se livraient une bataille de boules de neige. Il descendit et tendit les bras à Caro. Même à travers
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