Un secret si précieux (Harlequin Horizon)

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Shayna est sous le choc : non seulement Marco est de retour sur l’île de Ranai, mais il a tout oublié de l’histoire merveilleuse qu’ils ont vécue ensemble, deux mois auparavant, avant qu’il ne la trahisse. C’est-à-dire avant qu’elle comprenne que Marco, envoyé par son père, l’avait séduite dans l’unique intention de la ramener à New York. Aussi, lorsque cet homme qu’elle a tant aimé lui demande de l’aider à recouvrer la mémoire, Shayna hésite. D’autant qu’elle redoute par-dessus tout qu’il ne découvre le secret qui les lie à jamais...
Publié le : samedi 15 janvier 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280253680
Nombre de pages : 224
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1.
Marco DiSanto prit place dans le fauteuil en bambou, et posa négligemment le coude sur la petite table ronde du café. La brise qui se levait l’après-midi atténuait à peine les effets de la chaleur lourde. Il était sûrement le seul homme, sur l’île, assez fou pour porter un costume par cette température.
Se trouvait-il là pour affaires ? A la recherche d’un amour perdu, plutôt ? Il lui tardait de pouvoir répondre à ces questions.
Après avoir sorti de sa poche une photo fripée, il la posa sur la table et la lissa du plat de la main. Cette fois encore, il ressentit un choc face à ces yeux fascinants, d’un bleu pur, limpide, qui rappelait celui des lagons environnants. Des yeux qui semblaient le scruter et lui faisaient un étrange effet. Ce regard n’aurait pas déparé dans un film de science-fiction.
Il ne s’agissait cependant pas d’une extraterrestre. La réponse de l’employé auquel il avait montré la photo, à l’aéroport de Ranai, avait été aussi prompte que catégorique.
— Si je connais cette jeune personne ? Bien sûr ! Il s’agit de Shayna. Vous avez des chances de la trouver au Kimo’s Café. Elle y travaille de temps en temps.
Marco s’y était donc rendu, et à présent il regardait autour de lui, se demandant pourquoi ce décor ne lui évoquait absolument rien.
Il en était là de ses pensées quand il vit soudain entrer dans son champ de vision un short blanc, sous lequel se dessinaient les formes d’un postérieur bien bombé, musclé. De longues jambes hâlées complétaient ce charmant tableau.
Il ne tenait pas à croiser le regard de la jeune femme — pas encore, du moins —, mais se tourna davantage, afin d’avoir un aperçu plus complet de sa silhouette. Et il ne le regretta pas. Le T-shirt couleur chocolat avait glissé sur son épaule, dévoilant une peau douce et dorée, pareille à un abricot mûr.
Elle était fine, gracile, sans pour autant manquer de rondeurs féminines très agréables à regarder. Avec un rire cristallin, elle repoussa en arrière les boucles blondes qui lui arrivaient aux épaules, découvrant ainsi un ravissant visage aux traits délicats mais non dépourvus de caractère.
Les lèvres serrées, Marco regarda de nouveau la photo. C’était bien elle. Il n’avait pourtant jamais vu cette jeune personne. Qui pouvait-elle bien être ? L’employé de l’aéroport l’avait appelée Shayna. Voilà tout ce qu’il savait d’elle. Réprimant un soupir, il remit la photo dans sa poche et se laissa aller contre le dossier de son siège.
Lorsqu’il était entré dans le petit établissement à la mode situé en bord de mer, il s’était d’emblée dirigé vers le coin le plus reculé de la terrasse. Assis là, il s’était disposé à attendre le temps qu’il faudrait. finirait bien par le remarquer, par aller vers lui.Elle
C’était vraiment étrange qu’il ne garde aucun souvenir de ses récentes vacances sur les îles Traechelle. Il ne se rappelait rien de ces deux semaines passées là. Toutes ses tentatives pour essayer de déclencher en lui une réaction, quelle qu’elle soit, se révélaient vaines. Quelque chose au sujet de l’accident — à moins que ce « quelque chose » ne soit lié à son séjour sur l’île ? — avait provoqué un blocage dans son esprit. Le psychiatre qui lui avait été assigné pendant son rétablissement avait donné un nom à ce mal. Il s’agissait, selon lui, d’amnésie sélective.
— Votre mémoire reviendra petit à petit, avait-il déclaré, dardant sur Marco un regard intéressé.
Ce même regard dont il aurait gratifié une souris de laboratoire destinée à une toute nouvelle expérience.
— Il s’agit là d’un cas tout à fait singulier, avait-il insisté, la mine gourmande. J’espère que vous me tiendrez informé de l’évolution de la situation.
C’était peu probable. Si la science moderne n’avait aucune réponse à lui fournir, Marco résoudrait ce problème par ses propres moyens. Ce qui, pour le moment, présentait certaines difficultés…
Ces deux semaines restaient pour lui un trou noir. Il avait du mal à avancer dans l’existence, avec cet espace vide derrière lui. Il savait être venu sur cette île, mais qu’y avait-il fait ? Et avec qui ?
A cela s’ajoutait un problème de taille : il n’avait plus en sa possession d’importants travaux sur un projet auquel il travaillait. Les avait-il laissés là ? Il fallait qu’il en ait le cœur net, et surtout qu’il les retrouve le plus rapidement possible.
L’espoir de reconstruire ces deux semaines l’avait conduit jusqu’ici.
Il en était là de ses réflexions quand la jeune femme sortit du café, portant un plateau chargé de boissons tropicales aux tons pastel. Elle posa les verres ornés de petites ombrelles exotiques à une table de touristes. L’un d’eux eut un commentaire qui la fit rire, et elle renversa la tête en arrière. Marco regarda ses épaisses boucles blondes se répandre sur ses épaules, comme une séquence au ralenti.
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