Un séduisant inconnu - Une troublante imposture

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Un séduisant inconnu, Kerry Connor

Non ! Pas maintenant ! Sa voiture vient de tomber en panne au beau milieu de nulle part, et Piper sent la panique l’envahir. Les ravisseurs qui détiennent Tara, sa sœur, lui ont donné rendez-vous dans une heure : maintenant, jamais elle n’arrivera à temps au lieu fixé pour leur remettre la rançon qu’ils réclament… Elle est sur le point de perdre son sang-froid quand un homme en pick-up s’arrête à sa hauteur. Galvanisée par la peur et la tension, Piper sort son pistolet pour exiger que l’inconnu la conduise auprès des ravisseurs, qu’il le veuille ou non. Mais elle est loin de s’attendre à ce qu’il la désarme avec autant de facilité… avant d’exiger des explications.

Une troublante imposture, Kathleen Creighton

Sunny a-t-elle été assassinée à cause de sombres secrets de famille ? C’est ce qu’Abi a décidé de découvrir, après avoir trouvé dans les affaires de sa colocataire une lettre de son grand-père – accompagnée d’une forte somme d’argent –, l’invitant à venir passer quelques jours dans sa propriété de Californie. Un courrier très étrange car Sunny, abandonnée au plus jeune âge, n’a jamais rencontré son grand-père… Déterminée à enquêter dans l’ombre, Abi choisit de se faire passer pour Sunny. Elle est grande, blonde aux bleus comme elle — l’imposture peut être crédible. Mais c’est compter sans le séduisant Sean, le cousin de Sunny, qui vient l’accueillir à l’aéroport et lui fait immédiatement sentir qu’il a des doutes sur son identité…
Publié le : lundi 1 octobre 2012
Lecture(s) : 10
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280235365
Nombre de pages : 448
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« Ce n’est pas vrai ! » Incrédule, Piper regarda le nuage de fumée qui s’échappait de sa voiture de location. C’était à peine si elle avait eu le temps de se garer sur le bord de la route avant que l’énorme panache noir ne jaillisse du capot, accompagné d’un grésillement inquiétant. Son espoir que le moteur qui faisait des siennes depuis quelques kilomètres tienne assez longtemps pour l’amener à destination était lui aussi en train de s’évanouir en fumée. Elle consulta l’horloge du tableau de bord. Les chiffres implacables lui sautèrent aux yeux. Trente-quatre minutes. Il lui restait trente-quatre minutes pour arriver au lieu de rendez-vous. Sinon… « Non ! » Elle ne pouvait se permettre d’envisager cette éven-tualité ; elle ne devait penser qu’à la façon de se sortir de ce pétrin. Mais elle eut beau rééchir, rien ne lui vint à l’esprit, à part ces mots qui résonnaient sans cesse dans sa tête depuis deux jours. « Ce n’est pas vrai ! » Ils tournaient en boucle, de plus en plus vite, au même rythme affolé que son cœur, qui battait si fort qu’elle avait du mal à respirer.
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Ça ne pouvait pas înir ainsi. Elle n’avait pas fait tout ce chemin pour échouer si près du but ! « Ce n’est pas vrai ! » Malgré la panique qui lui embrouillait les idées, son instinct de conservation lui soufa qu’il n’était pas prudent de rester dans la voiture. Le moteur risquait d’exploser d’un instant à l’autre. D’une main tremblante, elle coupa le contact, puis prit son sac ainsi que la carte routière. Après être descendue du véhicule, elle claqua la portière et dut se retenir pour ne pas lui anquer un coup de pied rageur. Dès qu’elle avait entendu ces chocs sourds dans le moteur, elle avait su que quelque chose n’allait pas. Pourtant, même si elle n’avait pas été aussi pressée, s’arrêter n’aurait été d’aucune utilité puisqu’elle ne connaissait rien à la mécanique. Elle n’avait donc eu d’autre choix que continuer à rouler en espérant arriver malgré tout au terme de son voyage. Vain espoir… Il ne lui restait plus qu’un moyen. Haut dans le ciel, le soleil dardait impitoyablement ses rayons sur elle, et sa peau claire commençait à rougir. La main en visière au-dessus de ses yeux, elle scruta les alentours. La route déserte s’étendait à perte de vue de côté et d’autre, disparaissant à l’horizon. Piper n’avait aucune idée de l’endroit où elle se trouvait, sinon que c’était quelque part au Nouveau-Mexique. Elle avait suivi les instructions reçues, puisqu’elle ne pouvait faire autrement, et n’avait pas croisé un seul véhicule ni aperçu la moindre habitation depuis au moins une demi-heure. Rien ne permettait de croire qu’elle en trouverait une, si elle décidait de poursuivre son chemin à pied. Elle savait qu’on lui avait îxé
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rendez-vous au milieu de nulle part — à présent, elle en avait plus conscience que jamais. Sachant déjà ce qu’elle verrait, elle jeta un coup d’œil à sa montre. Plus que trente-deux minutes. Sentant ses yeux picoter, elle les ferma pour refouler ses larmes. Non, elle ne pleurerait pas. Elle s’y refusait. Elle ne l’avait pas fait une seule fois depuis le début de cette épreuve. Ni quand elle avait appris l’accident de Pam ni quand elle avait reçu ce terrible appel, deux jours plus tôt. Elle n’avait pas non plus pleuré durant ce long trajet, même si elle savait ce qui l’attendait au bout. Cependant, elle n’avait jamais été aussi près de laisser libre cours à ses larmes qu’en cet instant. Un sanglot monta dans sa gorge. « Ce n’est pas vrai ! » Comme elle avait toujours les yeux fermés, ce fut le bruit du moteur qu’elle perçut en premier, si faible qu’elle ne le reconnut pas tout de suite. Lorsqu’elle l’identiîa, elle retint son soufe et n’osa pas regarder, de crainte que ce ne soit une hallucination. Il paraissait impossible qu’un véhicule arrive au moment précis où elle en avait si désespérément besoin. Le cœur battant à grands coups, elle ouvrit lentement les yeux et se tourna en direction du bruit. Le véhicule était encore si loin qu’elle le distinguait à peine dans l’air vibrant de chaleur. Elle ne le quitta pas du regard tandis qu’il se rapprochait et se dessinait de plus en plus nettement. C’était un pick-up. Rouge, lui semblait-il, même si cela importait peu. Tout ce qui comptait, c’était qu’elle soit là. Avec le nuage noir qui montait du capot, il était difîcile de ne pas repérer sa voiture. Piper se plaça néanmoins
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au milieu de la route et agita les bras au-dessus de sa tête pour attirer l’attention du conducteur. Il pouvait être du genre à ignorer les personnes en difîculté, et elle ne voulait pas courir le risque de le voir passer sans s’arrêter. Un soupir de soulagement s’échappa de sa poitrine quand le pick-up commença à ralentir bien avant d’arriver à sa hauteur, pour s’arrêter sur le bas-côté, derrière la voiture de location. Maintenant, elle devait décider d’un plan d’action. Rééchissant à toute allure, elle regarda la portière du conducteur s’ouvrir lentement. Un instant plus tard, deux bottes touchèrent le sol, l’une après l’autre. Puis un chapeau à la forme reconnaissable entre toutes apparut — un Stetson. C’était un cow-boy. Un authentique cow-boy ! Un rire quasi hystérique monta dans la gorge de Piper. Elle n’en rencontrait pas beaucoup chez elle, à Boston, mais ils n’étaient sans doute pas rares dans la région. Et voilà que l’un d’eux se portait à son secours, tel un personnage de western, à ceci près qu’il arrivait en pick-up et non sur un cheval. En pick-up… Son fou rire instantanément dissipé, elle reporta son attention sur le véhicule. Une froide détermination s’empara d’elle. Elle plongea la main dans son sac et referma les doigts sur l’objet qui s’y trouvait. Elle savait exactement ce qu’elle devait faire.
Cade McClain ravala un soupir d’impatience en mettant pied à terre. Il ne manquait plus que ce contretemps ! Le voyage à Albuquerque avait pris plus longtemps que
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prévu et il voulait rentrer au ranch rapidement. Il avait trop de choses à faire là-bas, comme toujours. Mais, dès qu’il avait repéré la fumée sur la route et aperçu la voiture, il avait su qu’il allait devoir s’arrêter. Même si la femme ne lui avait pas fait signe, il n’au-rait pas pu l’ignorer. Non seulement cela aurait été un comportement odieux, mais il était fort possible que personne d’autre ne passe par ici avant un bon bout de temps. Il y avait peu de circulation sur cette route traversant le désert. Il se demanda depuis combien de temps cette femme était là, et ce qu’elle venait faire dans le coin. Pendant qu’il se garait, elle était allée se poster derrière sa voiture. Il l’inspecta rapidement des pieds à la tête. Elle était mince, vêtue d’un jean et d’un T-shirt, avec des cheveux noirs tombant sur ses épaules. Elle portait une sorte de besace dont elle avait passé la bandoulière en travers de son torse, de sorte que le sac lui-même était presque entièrement dissimulé à sa vue. Elle ne lui parut pas familière. Probablement une touriste qui s’était trompée de direction à un croisement et s’était ainsi retrouvée sur une route où elle n’avait rien à faire. Il s’efforça de dissimuler son mécontentement. Ce n’était pas la faute de cette femme si elle était tombée en panne, et c’était sans doute bien plus pénible pour elle que pour lui. — Vous allez bien ? demanda-t-il en contournant sa portière sans la refermer. Après un instant d’indécision, elle acquiesça d’un hochement de tête. — Oui, ça va. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Le moteur n’arrêtait pas de faire du bruit, et puis la fumée a commencé à sortir…
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Sa voix tremblait, comme si elle allait éclater en sanglots, et Cade contint un gémissement. « Oh ! Mon Dieu ! Je vous en supplie, faites qu’elle ne se mette pas à pleurer ! » La bagnole, il saurait peut-être la réparer, mais, face à une femme en larmes, il se sentait complètement démuni. Il prit une profonde inspiration, en se disant que, s’il restait serein, il réussirait peut-être à lui communiquer un peu de son calme. — Vous avez un portable ? Avez-vous appelé quelqu’un ? — N… non, répondit-elle d’un air hésitant, en faisant un pas vers lui. Ma batterie est à plat. C’est bien ma veine, ajouta-t-elle, avec un petit rire qui sonnait faux. — Eh bien, vous pouvez utiliser le mien. Je vais le chercher, proposa-t-il en se dirigeant vers son pick-up. — J’ai une meilleure idée. Le ton de sa voix le mit immédiatement en alerte. Il s’immobilisa, pressentant, avant même de la regarder, que quelque chose n’allait pas. Lentement, il se retourna. Elle se tenait toujours à la même place mais, entre ses mains, elle serrait à présent un pistolet. Pointé droit sur lui.
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