Un si doux miracle - Rencontre à Destiny

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Un si doux miracle, Jennifer Taylor

Vincenzo Lombardi est abasourdi par la nouvelle qu’il vient d’apprendre. Cinq ans qu’il n’a pas vu Lowri Davies – depuis leur liaison passionnée – et voilà qu’elle l’informe qu’il est père d’une adorable petite Megan ! La nouvelle le bouleverse d’autant plus que Megan est très malade. Et bientôt, même s’il était convaincu de ne jamais vouloir de famille, Lowri et Megan éveillent en lui d’incroyables sentiments. Désormais, il n’a plus qu’un but : sauver sa fille, son petit miracle.

Rencontre à Destiny, Christyne Butler

Tanya n’arrive pas à y croire : de retour à Destiny pour soigner son grand-père, sur qui tombe-t-elle, le soir même de son arrivée ? Devlin Murphy. Bien que dix années aient passé depuis la folle nuit qu’ils ont partagée, il n’a pas changé : il est toujours aussi séduisant. Et Tanya n’est pas au bout de ses surprises : car, à l’évidence, Devlin n’a aucun souvenir de leur précédente rencontre…

Publié le : vendredi 1 août 2014
Lecture(s) : 14
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280321242
Nombre de pages : 288
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Avaît-ee eu tort de venîr îcî ? Regardant e taxî s’éoîgner, Lowrî Davîes înspîra profondément. I étaît trop tard pour recuer. Sî une autre possîbîîté avaît été envîsageabe, ee ’auraît saîsîe des moîs auparavant. Seuement voîà : Vîncenzo étaît a seue et unîque personne quî pouvaît ’aîder. S’î e vouaît bîen. Ee eut un frîsson d’appréhensîon en pensant à ce qu’ee aaît uî demander, ee e connaîssaît trop peu pour être en mesure de prévoîr sa réponse. Is n’avaîent passé que queques semaînes ensembe î y avaît déjà ongtemps. Ce n’étaît pas sufisant pour savoîr que genre d’homme î étaît vraîment. Aaît-î accepter de s’engager, ou bîen refuser ? Le faît qu’î n’aît pas répondu à sa ettre auguraît ma du résutat, maîs ee ne devaît pas se décourager. Ee avaît désespérément besoîn de son aîde sî ee vouaît sauver Megan ! D’un geste détermîné, ee appuya sur e bouton de ’Interphone. La vîa étaît îmmense — beaucoup pus grande qu’ee ne ’auraît cru. Bâtîe à lanc de coîne, ee surpombaît es eaux scîntîantes du ac de Garde. C’étaît vraîment une proprîété împosante. A travers es motîfs éégamment travaîés du portaî en fer forgé, ee apercevaît des peouses parfaîtement entretenues. Ee it a grîmace. Durant a brève pérîode pendant aquee îs s’étaîent fréquentés, î uî avaît paru évîdent
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que Vîncenzo étaît à ’abrî du besoîn, maîs ee ne s’étaît pas doutée à que poînt î étaît rîche. Une maîson pareîe devaît coûter une petîte fortune à entretenîr, et î avaît aussî un appartement à Mîan. Même un émînent chîrurgîen comme uî ne pouvaît s’offrîr deux habîtatîons de ce genre avec son seu saaîre. I devaît posséder une fortune personnee hérîtée de sa famîe pour mener un traîn de vîe aussî uxueux. C’étaît putôt embarrassant. Ee ne vouaît surtout pas qu’î croîe qu’ee en avaît après son argent. Si ? Ee sursauta, a maîn sur e cœur, en entendant a voîx dans ’Interphone. Cea faîsaît cînq ans qu’ee n’avaît pas vu Vîncenzo et îs n’avaîent eu aucun contact depuîs, pourtant ee n’eut aucune dîficuté à reconnaïtre son tîmbre grave et chaud. C’étaît comme s’î s’étaît împrîmé dans son cerveau et étaît demeuré à, en sommeî, pendant tout ce temps. En une seconde, de nombreux souvenîrs resurgîrent en ee, comme cette dernîère nuît passée ensembe et ses conséquences împrévues. — Vîncenzo, c’est Lowrî. — Lowrî ? I avaît un ton égèrement surprîs et ee sentît a gêne a gagner. L’avaît-î compètement oubîée, éradîquée de sa mémoîre au poînt de ne pus se rappeer son prénom ? Sans doute n’avaît-ee été pour uî que ’une des nom-breuses femmes avec quî î avaît couché. Nî pus nî moîns. — Lowrî Davîes, dît-ee, sentant ’îrrîtatîon a gagner. I ne pouvaît tout de même pas prétendre ’avoîr oubîée après a ettre qu’ee uî avaît envoyée. A moîns qu’î ne cherche à se débarrasser d’ee… Dans ce cas, î aaît être déçu. — Tu doîs te souvenîr de moî, Vîncenzo. Je suîs certaîne qu’î y a eu bîen des femmes dans ta vîe, maîs je doute que beaucoup t’aîent écrît pour t’annoncer qu’ees attendaîent ton enfant.
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Ee eut un petît rîre bref. — Cea éveîe-t-î queque chose en toî ?
Pendant queques secondes, Vîncenzo Lombardî resta igé sur pace, avant de aîsser échapper un ong soupîr. S’agîssaît-î d’une paîsanterîe de mauvaîs goût ? Certes, î se souvenaît très bîen de Lowrî. Is n’avaîent passé que queques semaînes ensembe, maîs î se rappe-aît caîrement chaque înstant. I ferma es yeux et son îmage s’împosa à uî : des cheveux châtaîns lottant sur ses épaues, des yeux noîsette quî pouvaîent changer de nuance, aant du vert au doré seon son humeur, et un corps mînce et soupe, à a poîtrîne peîne et a taîe ine. A cette évocatîon, î sentît une réactîon înattendue dans son propre corps et rouvrît es yeux. Qu’est-ce qu’î uî prenaît, tout à coup ? — Je ne voîs pas du tout de quoî vous parez,signo‑ rina, répondît-î. Sî c’est une paîsanterîe, ee est de très mauvaîs goût. — Ce n’est pas une paîsanterîe. Je t’aî écrît deux moîs après a dernîère nuît que nous avons passée ensembe, dès que j’aî découvert que j’étaîs enceînte. Es-tu en traîn de prétendre n’avoîr jamaîs reçu ma ettre ? I y avaît de a coère dans sa voîx. A sa grande stupéfactîon, î eut ’împressîon que son vîsage prenaît feu. Comment pouvaît-ee avoîr cet effet sur uî ? Cea faîsaît des années qu’î n’avaît pas rougî — des années qu’î n’avaît pas éprouvé un sentîment proche de a honte. I avaît toujours mîs un poînt d’honneur à ne pas aîsser transparaïtre ses émotîons, nî même à éprouver quoî que ce soît. Peu uî împortaît sî ses coègues de ’hôpîta de Mîan e consîdéraîent comme quequ’un de froîd et d’arrogant. De son poînt de vue, mîeux vaaît maïtrîser ses sentî-
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ments que de souffrîr des traumatîsmes émotîonnes quî y étaîent îés. — Je ne prétends rîen du tout,signorina. Sîmpement, je n’aî reçu aucune ettre de vous. Je regrette, maîs je n’aî pas e temps de poursuîvre cette conversatîon. I repaça e combîné et se dîrîgea vers a sae de baîns. I s’étaît encore surmené, aujourd’huî, et son corps souffraît du rythme épuîsant qu’î uî avaît împosé. Maîs e seu moyen de récupérer toute sa forme physîque étaît de ne pas s’épargner. Sîx moîs auparavant, un accîdent avaît chamboué sa vîe, î devaît întensîier sa rééducatîon s’î vouaît être capabe d’opérer de nouveau. La chîrurgîe étaît sa raîson d’être — ’actîvîté quî uî donnaît e pus de paîsîr. I préféraît ne pas îmagîner à que poînt son exîstence seraît vîde s’î ne pouvaît pus a pratîquer. La sonnerîe de ’Interphone résonna de nouveau. Ee étaît donc encore à, cherchant à propager son grotesque mensonge. I sortît de a sae de baîns, décîdé à mettre un terme à cette sîtuatîon. Pourquoî avaît-ee soudaîn décîdé de venîr chez uî et de faîre cette décaratîon rîdîcue ? Maîs î n’étaît pas questîon qu’î entre dans son jeu. Sî Lowrî Davîes avaît eu un enfant, î n’étaît certaînement pas de uî ! Quand î a vît devant e portaî, î raentît e pas. D’un seu coup, î auraît vouu se préparer à cette rencontre, et en fut e premîer surprîs. Son absoue coniance en uî étaît pourtant devenue égendaîre. Même dans es sîtuatîons es pus dîficîes, î savaît ce qu’î convenaît de faîre. Maîs, dans e cas présent, î n’étaît pas sûr de ’attîtude à adopter. Après tout, î devaît y avoîr une raîson împortante pour qu’ee soît venue aujourd’huî. Cea faîsaît cînq ans qu’î ne ’avaît pas vue. Son enfant avaît donc au moîns quatre ans. Pourquoî avoîr attendu aussî ongtemps pour uî sîgnîier qu’î étaît e père ? Son înstînct uî dîsaît qu’î
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y avaît autre chose, maîs î n’avaît aucune îdée de ce que cea pouvaît être. I aaît devoîr se ier à son întuîtîon. Or, î détestaît cea par-dessus tout. I préféraît une vîe exempte de surprîses, dans aquee tout étaît panîié. C’étaît e meîeur moyen d’évîter de souffrîr. Pour a premîère foîs, voîà qu’î admettaît sa propre vunérabîîté. I en resta un înstant déconcerté. Puîs î serra es dents et accééra e pas jusqu’au portaî d’entrée. I n’étaît peut-être pas aussî maïtre de uî qu’î ’avaît cru, maîs î ’étaît bîen assez pour faîre face à cette întrusîon. Peu împortaît a raîson pour aquee Lowrî Davîes étaît venue. I n’avaît nuement ’întentîon de se aîsser manîpuer !
Vîncenzo venaît vers ee. Lowrî sentît son cœur battre de pus en pus vîte. A ’évîdence, î n’étaît vraîment pas ravî de a voîr, maîs ee n’aaît pas se aîsser démonter. Ee e parcourut rapîdement du regard. Physîquement, î avaît très peu changé en cînq ans. Ses cheveux noîrs étaîent toujours aussî épaîs et brîants, son teînt étaît ceuî d’un homme saîn et peîn de vîtaîté. I portaît un short de sport noîr échancré sur es côtés, un débardeur de a même coueur, et son torse étaît toujours mînce et muscé. Ce fut seuement quand î fut pus près qu’ee remarqua autre chose. I avaît ’aîr pus âgé, et encore pus réservé qu’avant. I avaît toujours eu tendance à mettre une certaîne dîstance entre uî et es autres, et à c’étaît encore pus lagrant. Vîsîbement contrarîé de sa présence, î arboraît un vîsage froîd et rîen moîns qu’accueîant, maîs ee n’en avaît cure. Une seue chose ’întéressaît : ce qu’î pouvaît faîre pour Megan. — J’îgnore pourquoî vous êtes venue, et je ne tîens
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d’aîeurs pas à e savoîr, dît-î sans autre forme de procès. Maîs que cecî soît bîen caîr entre nous : sî vous avez eu un enfant, mademoîsee Davîes, î n’a rîen à voîr avec moî. Vu a manîère dont î a regardaît à travers a grîe, Lowrî se retînt de faîre un pas en arrîère. La froîdeur de son regard étaît bîen pus întîmîdante que a coère qu’ee auraît pu y trouver. Vîncenzo avaît toujours su se contrôer. Même sî ee ne ’avaît connu que queques jours, ee s’étaît rapîdement rendu compte qu’î ne âchaît jamaîs a brîde à ses émotîons — à ’exceptîon de a nuît où îs avaîent faît ’amour. Une vague de chaeur a submergea et ee réprîma un frîsson. Ee avaît essayé de ne pas repenser à cette nuît, cea n’auraît servî à rîen de ressasser ces înstants nî de croîre qu’îs avaîent sîgnîié queque chose pour Vîncenzo. La suîte — son absence de réactîon à sa ettre — avaît prouvé qu’î n’en étaît rîen. Is avaîent passé a nuît ensembe parce que tous es deux avaîent besoîn d’être réconfortés, maîs c’étaît tout. Cea n’avaît pas été e début d’une hîstoîre — d’aîeurs ce n’étaît pas ce qu’ee cherchaît. A ’époque, ee vîvaît un moment dîficîe avec a trahîson de son ex-iancé, et ee s’étaît consoée dans es bras de Vîncenzo, voîà tout… Etaît-ce bîen aînsî que cea s’étaît passé ? Soudaîn, ee se rendît compte que ses pensées rîsquaîent de ’entraïner trop oîn et de a dîstraîre de son but. Ee n’étaît à que pour une seue raîson : venîr en aîde à Megan. Leur ie. Ee se raîdît, prête pour a bataîe. Sî Vîncenzo refusaît d’admettre que Megan étaît son enfant, ee-même n’avaît, au contraîre, aucun doute sur sa paternîté. — I s’agît d’une ie, Vîncenzo. Ee s’appee Megan et ee a eu quatre ans en mars. Ouvrant son sac, ee en sortît une des photos qu’ee avaît emportées avec ee. Son cœur se serra. Le vîsage sourîant de sa ie étaît sî dîfférent de ceuî qu’ee avaît
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quîtté a veîe, orsqu’ee ’avaît aîssée sous a garde de sa sœur Cerys. Peu uî împortaît ce que Vîncenzo pensaît d’ee, ou que sa vîe se trouve perturbée par son arrîvée. Ee se soucîaît unîquement de ’enfant qu’îs avaîent conçue. Sauver a vîe de Megan étaît tout ce quî comptaît. Quand ee uî tendît a photo, eurs regards se croî-sèrent. I pouvaît toujours tenter de nîer qu’î étaît e père : n’împorte quî, jetant un coup d’œî à cette photo, ne pouvaît que remarquer înstantanément combîen Megan uî ressembaît. La petîte ie avaît es mêmes cheveux noîrs et épaîs, e même teînt mat, et es mêmes yeux d’un grîs profond. Jusqu’à son nez très droît, quî étaît une versîon mînîature de ceuî de Vîncenzo. A part sa bouche — quî ressembaît à cee de Lowrî — Megan étaît a répîque de son père et Lowrî e mettaît au déi de prouver e contraîre. — Tu voîs bîen que Megan est ton enfant, Vîncenzo. Maîs, sî cecî n’est pas sufisant pour te convaîncre, nous pouvons faîre effectuer des tests ADN. J’aî apporté des échantîons que tu pourras envoyer au aboratoîre de ton choîx. Ee se tut, attendant qu’î réagîsse. Maîs î restaît îmmobîe, à ixer a photo d’un aîr împerturbabe. On auraît dît qu’î n’étaît pas concerné, comme s’î n’en avaît rîen à faîre que Megan soît sa ie ou non. I tenaît pourtant une preuve entre ses maîns. Ee sentît ’îrrîtatîon monter d’un cran. — Je pense que tu auras pus de ma à contester e résutat des tests, dît-ee. — Qu’est-ce que vous vouez ? I avaît paré à voîx basse, pourtant ee eut ’împressîon qu’î avaît crîé. Sa questîon uî it ’effet d’une gîle. Son cœur se mît à battre de façon désordonnée dans sa poîtrîne et ee se sentît proche de a nausée. Maîs
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ee devaît se concentrer sur Megan, et pas sur ce qu’ee éprouvaît. — C’est très sîmpe, Vîncenzo. Je voudraîs que nous ayons un autre enfant.
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