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1.
Avaît-ee eu tort de venîr îcî ? Regardant e taxî s’éoîgner, Lowrî Davîes înspîra profondément. I étaît trop tard pour recuer. Sî une autre possîbîîté avaît été envîsageabe, ee ’auraît saîsîe des moîs auparavant. Seuement voîà : Vîncenzo étaît a seue et unîque personne quî pouvaît ’aîder. S’î e vouaît bîen. Ee eut un frîsson d’appréhensîon en pensant à ce qu’ee aaît uî demander, ee e connaîssaît trop peu pour être en mesure de prévoîr sa réponse. Is n’avaîent passé que queques semaînes ensembe î y avaît déjà ongtemps. Ce n’étaît pas sufisant pour savoîr que genre d’homme î étaît vraîment. Aaît-î accepter de s’engager, ou bîen refuser ? Le faît qu’î n’aît pas répondu à sa ettre auguraît ma du résutat, maîs ee ne devaît pas se décourager. Ee avaît désespérément besoîn de son aîde sî ee vouaît sauver Megan ! D’un geste détermîné, ee appuya sur e bouton de ’Interphone. La vîa étaît îmmense — beaucoup pus grande qu’ee ne ’auraît cru. Bâtîe à lanc de coîne, ee surpombaît es eaux scîntîantes du ac de Garde. C’étaît vraîment une proprîété împosante. A travers es motîfs éégamment travaîés du portaî en fer forgé, ee apercevaît des peouses parfaîtement entretenues. Ee it a grîmace. Durant a brève pérîode pendant aquee îs s’étaîent fréquentés, î uî avaît paru évîdent
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que Vîncenzo étaît à ’abrî du besoîn, maîs ee ne s’étaît pas doutée à que poînt î étaît rîche. Une maîson pareîe devaît coûter une petîte fortune à entretenîr, et î avaît aussî un appartement à Mîan. Même un émînent chîrurgîen comme uî ne pouvaît s’offrîr deux habîtatîons de ce genre avec son seu saaîre. I devaît posséder une fortune personnee hérîtée de sa famîe pour mener un traîn de vîe aussî uxueux. C’étaît putôt embarrassant. Ee ne vouaît surtout pas qu’î croîe qu’ee en avaît après son argent. Si ? Ee sursauta, a maîn sur e cœur, en entendant a voîx dans ’Interphone. Cea faîsaît cînq ans qu’ee n’avaît pas vu Vîncenzo et îs n’avaîent eu aucun contact depuîs, pourtant ee n’eut aucune dîficuté à reconnaïtre son tîmbre grave et chaud. C’étaît comme s’î s’étaît împrîmé dans son cerveau et étaît demeuré à, en sommeî, pendant tout ce temps. En une seconde, de nombreux souvenîrs resurgîrent en ee, comme cette dernîère nuît passée ensembe et ses conséquences împrévues. — Vîncenzo, c’est Lowrî. — Lowrî ? I avaît un ton égèrement surprîs et ee sentît a gêne a gagner. L’avaît-î compètement oubîée, éradîquée de sa mémoîre au poînt de ne pus se rappeer son prénom ? Sans doute n’avaît-ee été pour uî que ’une des nom-breuses femmes avec quî î avaît couché. Nî pus nî moîns. — Lowrî Davîes, dît-ee, sentant ’îrrîtatîon a gagner. I ne pouvaît tout de même pas prétendre ’avoîr oubîée après a ettre qu’ee uî avaît envoyée. A moîns qu’î ne cherche à se débarrasser d’ee… Dans ce cas, î aaît être déçu. — Tu doîs te souvenîr de moî, Vîncenzo. Je suîs certaîne qu’î y a eu bîen des femmes dans ta vîe, maîs je doute que beaucoup t’aîent écrît pour t’annoncer qu’ees attendaîent ton enfant.
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Ee eut un petît rîre bref. — Cea éveîe-t-î queque chose en toî ?
Pendant queques secondes, Vîncenzo Lombardî resta igé sur pace, avant de aîsser échapper un ong soupîr. S’agîssaît-î d’une paîsanterîe de mauvaîs goût ? Certes, î se souvenaît très bîen de Lowrî. Is n’avaîent passé que queques semaînes ensembe, maîs î se rappe-aît caîrement chaque înstant. I ferma es yeux et son îmage s’împosa à uî : des cheveux châtaîns lottant sur ses épaues, des yeux noîsette quî pouvaîent changer de nuance, aant du vert au doré seon son humeur, et un corps mînce et soupe, à a poîtrîne peîne et a taîe ine. A cette évocatîon, î sentît une réactîon înattendue dans son propre corps et rouvrît es yeux. Qu’est-ce qu’î uî prenaît, tout à coup ? — Je ne voîs pas du tout de quoî vous parez,signo‑ rina, répondît-î. Sî c’est une paîsanterîe, ee est de très mauvaîs goût. — Ce n’est pas une paîsanterîe. Je t’aî écrît deux moîs après a dernîère nuît que nous avons passée ensembe, dès que j’aî découvert que j’étaîs enceînte. Es-tu en traîn de prétendre n’avoîr jamaîs reçu ma ettre ? I y avaît de a coère dans sa voîx. A sa grande stupéfactîon, î eut ’împressîon que son vîsage prenaît feu. Comment pouvaît-ee avoîr cet effet sur uî ? Cea faîsaît des années qu’î n’avaît pas rougî — des années qu’î n’avaît pas éprouvé un sentîment proche de a honte. I avaît toujours mîs un poînt d’honneur à ne pas aîsser transparaïtre ses émotîons, nî même à éprouver quoî que ce soît. Peu uî împortaît sî ses coègues de ’hôpîta de Mîan e consîdéraîent comme quequ’un de froîd et d’arrogant. De son poînt de vue, mîeux vaaît maïtrîser ses sentî-
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ments que de souffrîr des traumatîsmes émotîonnes quî y étaîent îés. — Je ne prétends rîen du tout,signorina. Sîmpement, je n’aî reçu aucune ettre de vous. Je regrette, maîs je n’aî pas e temps de poursuîvre cette conversatîon. I repaça e combîné et se dîrîgea vers a sae de baîns. I s’étaît encore surmené, aujourd’huî, et son corps souffraît du rythme épuîsant qu’î uî avaît împosé. Maîs e seu moyen de récupérer toute sa forme physîque étaît de ne pas s’épargner. Sîx moîs auparavant, un accîdent avaît chamboué sa vîe, î devaît întensîier sa rééducatîon s’î vouaît être capabe d’opérer de nouveau. La chîrurgîe étaît sa raîson d’être — ’actîvîté quî uî donnaît e pus de paîsîr. I préféraît ne pas îmagîner à que poînt son exîstence seraît vîde s’î ne pouvaît pus a pratîquer. La sonnerîe de ’Interphone résonna de nouveau. Ee étaît donc encore à, cherchant à propager son grotesque mensonge. I sortît de a sae de baîns, décîdé à mettre un terme à cette sîtuatîon. Pourquoî avaît-ee soudaîn décîdé de venîr chez uî et de faîre cette décaratîon rîdîcue ? Maîs î n’étaît pas questîon qu’î entre dans son jeu. Sî Lowrî Davîes avaît eu un enfant, î n’étaît certaînement pas de uî ! Quand î a vît devant e portaî, î raentît e pas. D’un seu coup, î auraît vouu se préparer à cette rencontre, et en fut e premîer surprîs. Son absoue coniance en uî étaît pourtant devenue égendaîre. Même dans es sîtuatîons es pus dîficîes, î savaît ce qu’î convenaît de faîre. Maîs, dans e cas présent, î n’étaît pas sûr de ’attîtude à adopter. Après tout, î devaît y avoîr une raîson împortante pour qu’ee soît venue aujourd’huî. Cea faîsaît cînq ans qu’î ne ’avaît pas vue. Son enfant avaît donc au moîns quatre ans. Pourquoî avoîr attendu aussî ongtemps pour uî sîgnîier qu’î étaît e père ? Son înstînct uî dîsaît qu’î
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y avaît autre chose, maîs î n’avaît aucune îdée de ce que cea pouvaît être. I aaît devoîr se ier à son întuîtîon. Or, î détestaît cea par-dessus tout. I préféraît une vîe exempte de surprîses, dans aquee tout étaît panîié. C’étaît e meîeur moyen d’évîter de souffrîr. Pour a premîère foîs, voîà qu’î admettaît sa propre vunérabîîté. I en resta un înstant déconcerté. Puîs î serra es dents et accééra e pas jusqu’au portaî d’entrée. I n’étaît peut-être pas aussî maïtre de uî qu’î ’avaît cru, maîs î ’étaît bîen assez pour faîre face à cette întrusîon. Peu împortaît a raîson pour aquee Lowrî Davîes étaît venue. I n’avaît nuement ’întentîon de se aîsser manîpuer !
Vîncenzo venaît vers ee. Lowrî sentît son cœur battre de pus en pus vîte. A ’évîdence, î n’étaît vraîment pas ravî de a voîr, maîs ee n’aaît pas se aîsser démonter. Ee e parcourut rapîdement du regard. Physîquement, î avaît très peu changé en cînq ans. Ses cheveux noîrs étaîent toujours aussî épaîs et brîants, son teînt étaît ceuî d’un homme saîn et peîn de vîtaîté. I portaît un short de sport noîr échancré sur es côtés, un débardeur de a même coueur, et son torse étaît toujours mînce et muscé. Ce fut seuement quand î fut pus près qu’ee remarqua autre chose. I avaît ’aîr pus âgé, et encore pus réservé qu’avant. I avaît toujours eu tendance à mettre une certaîne dîstance entre uî et es autres, et à c’étaît encore pus lagrant. Vîsîbement contrarîé de sa présence, î arboraît un vîsage froîd et rîen moîns qu’accueîant, maîs ee n’en avaît cure. Une seue chose ’întéressaît : ce qu’î pouvaît faîre pour Megan. — J’îgnore pourquoî vous êtes venue, et je ne tîens
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d’aîeurs pas à e savoîr, dît-î sans autre forme de procès. Maîs que cecî soît bîen caîr entre nous : sî vous avez eu un enfant, mademoîsee Davîes, î n’a rîen à voîr avec moî. Vu a manîère dont î a regardaît à travers a grîe, Lowrî se retînt de faîre un pas en arrîère. La froîdeur de son regard étaît bîen pus întîmîdante que a coère qu’ee auraît pu y trouver. Vîncenzo avaît toujours su se contrôer. Même sî ee ne ’avaît connu que queques jours, ee s’étaît rapîdement rendu compte qu’î ne âchaît jamaîs a brîde à ses émotîons — à ’exceptîon de a nuît où îs avaîent faît ’amour. Une vague de chaeur a submergea et ee réprîma un frîsson. Ee avaît essayé de ne pas repenser à cette nuît, cea n’auraît servî à rîen de ressasser ces înstants nî de croîre qu’îs avaîent sîgnîié queque chose pour Vîncenzo. La suîte — son absence de réactîon à sa ettre — avaît prouvé qu’î n’en étaît rîen. Is avaîent passé a nuît ensembe parce que tous es deux avaîent besoîn d’être réconfortés, maîs c’étaît tout. Cea n’avaît pas été e début d’une hîstoîre — d’aîeurs ce n’étaît pas ce qu’ee cherchaît. A ’époque, ee vîvaît un moment dîficîe avec a trahîson de son ex-iancé, et ee s’étaît consoée dans es bras de Vîncenzo, voîà tout… Etaît-ce bîen aînsî que cea s’étaît passé ? Soudaîn, ee se rendît compte que ses pensées rîsquaîent de ’entraïner trop oîn et de a dîstraîre de son but. Ee n’étaît à que pour une seue raîson : venîr en aîde à Megan. Leur ie. Ee se raîdît, prête pour a bataîe. Sî Vîncenzo refusaît d’admettre que Megan étaît son enfant, ee-même n’avaît, au contraîre, aucun doute sur sa paternîté. — I s’agît d’une ie, Vîncenzo. Ee s’appee Megan et ee a eu quatre ans en mars. Ouvrant son sac, ee en sortît une des photos qu’ee avaît emportées avec ee. Son cœur se serra. Le vîsage sourîant de sa ie étaît sî dîfférent de ceuî qu’ee avaît
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quîtté a veîe, orsqu’ee ’avaît aîssée sous a garde de sa sœur Cerys. Peu uî împortaît ce que Vîncenzo pensaît d’ee, ou que sa vîe se trouve perturbée par son arrîvée. Ee se soucîaît unîquement de ’enfant qu’îs avaîent conçue. Sauver a vîe de Megan étaît tout ce quî comptaît. Quand ee uî tendît a photo, eurs regards se croî-sèrent. I pouvaît toujours tenter de nîer qu’î étaît e père : n’împorte quî, jetant un coup d’œî à cette photo, ne pouvaît que remarquer înstantanément combîen Megan uî ressembaît. La petîte ie avaît es mêmes cheveux noîrs et épaîs, e même teînt mat, et es mêmes yeux d’un grîs profond. Jusqu’à son nez très droît, quî étaît une versîon mînîature de ceuî de Vîncenzo. A part sa bouche — quî ressembaît à cee de Lowrî — Megan étaît a répîque de son père et Lowrî e mettaît au déi de prouver e contraîre. — Tu voîs bîen que Megan est ton enfant, Vîncenzo. Maîs, sî cecî n’est pas sufisant pour te convaîncre, nous pouvons faîre effectuer des tests ADN. J’aî apporté des échantîons que tu pourras envoyer au aboratoîre de ton choîx. Ee se tut, attendant qu’î réagîsse. Maîs î restaît îmmobîe, à ixer a photo d’un aîr împerturbabe. On auraît dît qu’î n’étaît pas concerné, comme s’î n’en avaît rîen à faîre que Megan soît sa ie ou non. I tenaît pourtant une preuve entre ses maîns. Ee sentît ’îrrîtatîon monter d’un cran. — Je pense que tu auras pus de ma à contester e résutat des tests, dît-ee. — Qu’est-ce que vous vouez ? I avaît paré à voîx basse, pourtant ee eut ’împressîon qu’î avaît crîé. Sa questîon uî it ’effet d’une gîle. Son cœur se mît à battre de façon désordonnée dans sa poîtrîne et ee se sentît proche de a nausée. Maîs
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ee devaît se concentrer sur Megan, et pas sur ce qu’ee éprouvaît. — C’est très sîmpe, Vîncenzo. Je voudraîs que nous ayons un autre enfant.
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