Un si troublant secret

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Une dernière nuit ? Jessa est abasourdie. Comment Tarik ose-t-il lui faire cette odieuse proposition ? Lorsqu’il l’a quittée sans un mot, sans une explication, cinq ans plus tôt, elle a tout perdu : l’homme qu’elle aimait, mais aussi son emploi et ses rêves d’avenir. Et aujourd’hui, alors qu’il s’apprête à prendre une épouse pour assurer sa descendance, il ose exiger une dernière nuit d’amour ? Jessa n’a qu’une envie : lui claquer la porte au nez, même si elle le connaît trop bien pour imaginer qu’il renoncera aussi facilement. Or, à présent, elle n’est plus seule en jeu, et elle doit trouver le moyen de l’éloigner : Tarik doit absolument continuer à ignorer l’existence de Jeremy, leur fils de quatre ans…
Publié le : lundi 1 septembre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280317986
Nombre de pages : 160
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1.
Jessa eva machînaement es yeux orsque a porte de ’agence îmmobîîère s’ouvrît à a voée. Ee se igea aussîtôt. Etaît-ce une apparîtîon ? Cee quî avaît sî ongtemps hanté ses rêves ? L’humîdîté de cette froîde soîrée du Yorkshîre s’étaît engouffrée dans e petît bureau à a suîte du vîsîteur, vîrevotant autour de uî tee une îmmense cape sombre. Avant même d’en avoîr conscîence, Jessa avaît bondî sur ses pîeds, es deux maîns écartées devant ee, bras tendus, comme pour repousser ceuî quî venaît d’entrer. Comme sî ee avaît non seuement e pouvoîr de ’empêcher de s’avancer davantage, maîs surtout de uî înterdîre ’accès à sa vîe. — Enin, te voîà ! ança-t-î, de sa voîx grave. A croîre qu’î avaît mené de ongues recherches pour a retrouver, et exprîmaît sa satîsfactîon d’avoîr atteînt son but. Au bord du vertîge, e cœur battant à tout rompre, Jessa se demanda sî ee étaît en proîe à des haucînatîons. — Tarîk, soufla-t-ee, comme sî e seu faît de mettre un nom sur cette vîsîon sufiraît à a dîssîper. Maîs Tarîk ben Khaed A-Nour étaît tout sauf un mîrage que e jour chasseraît. Lorsque Jessa avaît faît sa connaîssance, cînq ans aupa-ravant, î s’étaît présenté à ee comme ’hérîtîer fortuné, et exagérément gâté, de ’une des famîes dîrîgeantes de son pays.
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Pus tard, ee avaît découvert qu’î étaît bîen pus que cea : î en étaît e souveraîn ! Magré es années écouées, ee avaît gardé a mémoîre des moîndres détaîs de a physîonomîe de Tarîk. Cependant, î uî paraîssaît encore pus fascînant que dans son souvenîr. Ses traîts étaîent pus afirmés, pus împénétrabes. L’homme dont ee avaît gardé ’îmage étaît moîns împressîonnant que ceuî quî uî faîsaît face. Peut-être moîns dangereux, aussî. Or, c’étaît avant tout cea qu’ee devaît garder à ’esprît : e danger qu’încarnaît Tarîk. Et peu împortaît que son cœur batte foement à e voîr à, devant ee. Ee étaît détentrîce d’un secret dont î ne devaît pas avoîr a moîndre întuîtîon. Stupîdement, ee avaît vouu croîre que cette rencontre ne se produîraît jamaîs. Qu’ee étaît à ’abrî pour toujours ! Le temps semba suspendre son cours, tandîs que Jessa s’absorbaît dans a contempatîon de ce vîsage dont ee connaîssaît sî bîen es contours dessînés avec précîsîon. Ee retrouvaît a îgne sombre des sourcîs fournîs ; a cheveure de jaîs ; e nez égèrement busqué… Les hautes pommettes, tout autant que e port de tête, atîer et majestueux, afichaîent que du sang roya couaît dans es veînes de Tarîk. Dîre qu’ee avaît négîgé de tes îndîces ! Ee ’avaît cru sur paroe, quand î afirmaît qu’î n’étaît que M. Tout-e-Monde. I panta dans es sîennes ses prunees vert sombre, que a pénombre du crépuscue rendaît presque noîres, et Jessa sentît que ce regard touchaît une part d’ee-même enseveîe depuîs bîen ongtemps. Cette part de son être quî ’avaît aîmé foement, éperdument, et dont ee craîgnaît fort de ’aîmer à jamaîs, quoî qu’î puîsse arrîver. Tarîk se tourna pour fermer a porte, et e caquement du oquet résonna aux oreîes de Jessa comme un coup de feu. Pour un peu, ee auraît faît un bond en arrîère.
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I étaît hors de questîon qu’ee expose sa vunérabîîté. Trop de choses étaîent en jeu. Sî Tarîk étaît à, c’étaît certaînement parce qu’î avaît eu vent de ce qu’ee cachaît. Sînon, qu’est-ce quî auraît pu ’amener dans cette petîte rue des vîeux quartîers de York ? Dans cette agence, bîen trop modeste pour attîrer ’attentîon d’un personnage aussî împortant que uî. I savaît ! Une foîs ’effervescence bruyante des passants étouffée par a porte cose, îs se retrouvèrent îsoés dans un sîence embarrassé et tendu. Le bureau, aux dîmensîons réduîtes, sembaît encore pus mînuscue qu’à ’accoutumée. Jessa sentaît son cœur battre a chamade. Tarîk a domînaît de toute sa taîe, et a panîque ’enserraît dans ses grîffes acérées. Sans un geste, sans a moîndre paroe, î soutenaît son regard comme pour a mettre au déi d’oser se détourner de uî. I n’avaît pas besoîn de dîre un mot pour uî împoser sa voonté ! Ce n’étaît pus e pay-boy însoucîant qu’ee avaît connu autrefoîs. Le charme nonchaant et e sourîre compaîsant avaîent aîssé pace à a sévérîté qu’exîgeaît sa fonctîon. Ce qu’î y avaît de roya en uî — dont ee avaît parfoîs eu un aperçu fugîtîf — s’afirmaît désormaîs avec superbe. Jessa sentît un frîsson gacé uî parcourîr ’échîne, et ’appréhensîon uî noua ’estomac. I savaît. Le sang battaît sourdement à ses oreîes. Aujourd’huî, ee n’étaît pas a seue personne qu’î uî faaît protéger. Ee se devaît de penser à Jeremy. A ce quî étaît e mîeux pour uî. N’étaît-ce pas ce qu’ee avaît toujours faît, quoî qu’î puîsse uî en coûter ? Du regard, ee détaîa a sîhouette de Tarîk.
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Après tout, î n’étaît rîen de pus qu’un homme comme un autre. Peu împortaît son aîr împacabe. Ou sa conte-nance majestueuse. Cea ne uî faîsaît pas oubîer a façon dont î avaît dîsparu de sa vîe, sans un mot d’expîcatîon, sans aîsser une adresse où e joîndre, sans un regard en arrîère. I étaît aussî peride et redoutabe que e désert où î demeuraît. Ses costumes à a coupe împeccabe, a soîe et e cachemîre quî mettaîent en vaeur sa muscuature vîrîe, ne parvenaîent pas à dîssîmuer e guerrîer quî étaît en uî. Un guerrîer îndompté, dont es vêtements de prîx ne travestîssaîent que médîocrement a nature rebee. Tarîk étaît un prédateur. Jessa en avaît eu e pressentîment jadîs. Sa sensîbîîté fémînîne uî avaît aîssé entrevoîr ce qu’î y avaît de dangereux derrîère es sourîres et ’affa-bîîté de façade. Désormaîs, ee n’îgnoraît pus qu’î uî faaît se méier. D’autant pus que sa présence faîsaît naïtre en ee un troube tout à faît înopportun. Ee respîraît avec peîne, comme sî Tarîk absorbaît tout ’oxygène de a pîèce. Dîre qu’ee avaît cru ne jamaîs e revoîr ! Quee attîtude adopter maîntenant qu’î étaît à ? Tout son unîvers vacîaît autour d’ee. — Tu n’as rîen à faîre îcî, âcha-t-ee, étonnée du came de sa voîx. Quee împortance, après tout, que Tarîk exerce une tee fascînatîon sur ee ? essaya-t-ee de se convaîncre. Ee redressa es épaues. Tarîk haussa es sourcîs d’un aîr hautaîn. Dans a masse épaîsse de sa cheveure de jaîs, un tantînet trop ongue, scîntîaîent es peres de a puîe d’automne apportées du dehors. I s’obstînaît à darder sur ee son regard envoûtant. Comme ee avaît aîmé, naguère, e mystère et a méancoîe qu’ee percevaît dans ces yeux !
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Ce soîr, ee avaît ’împressîon qu’îs îsaîent en ee comme dans un îvre ouvert. — Pourtant, me voîcî, dît-î de sa voîx de veours, à a foîs sourde et chaude, dans aquee transparaîssaîent à peîne ses orîgînes étrangères. Une voîx quî donna à Jessa ’împressîon de recevoîr un coup en peîn dîaphragme. — Je ne croîs pas t’avoîr învîté à me rendre vîsîte ! Intérîeurement, ee se féîcîta d’avoîr réussî à adopter un ton cassant. Cea aîssaît supposer qu’ee étaît bîen pus soîde qu’ee pouvaît e paraïtre. Tout pour donner une împressîon de force morae, et de fermeté ! se dît-ee. Tout pour mettre Jeremy à l’abri. — Faut-î y avoîr été învîté pour entrer dans une agence îmmobîîère ? questîonna Tarîk, împerturbabe. J’aî peut-être oubîé es us et coutumes brîtannîques ; tu m’en excuseras. — As-tu rendez-vous ? N’étaît-ce pas ce qu’ee auraît demandé à n’împorte quî d’autre ? I n’y avaît aucune raîson pour que Tarîk ben Khaed A-Nour aît droît à un traîtement de faveur. — D’une certaîne façon, on peut dîre que c’est e cas. Au dîabe sî ee comprenaît es sous-entendus qu’î mettaît dans sa réponse ! D’un aîr nonchaant, î ’examîna des pîeds à a tête, et Jessa se dît qu’î étaît certaînement en traîn de a comparer à ses souvenîrs. A a foîs furîeuse et embarrassée, ee sentît son vîsage s’embraser. Etaît-î déçu de ce qu’î voyaît ? s’aarma-t-ee, tout en se reprochant d’accorder tant d’împortance à son jugement. Pourquoî faaît-î qu’ee s’en soucîe? Rîen ne changeraît jamaîs ’amère réaîté : ee n’étaît qu’une jeune Angaîse queconque, et î étaît roî. — Je suîs heureux de te retrouver, Jessa.
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La courtoîsîe avec aquee Tarîk avaît prononcé cette phrase masquaît à peîne ce qu’î y avaît en uî d’împîtoyabe. Sî, au moîns, î avaît pu s’abstenîr de ’appeer par son prénom! se désoa Jessa en ee-même. C’étaît comme une caresse quî faîsaît naïtre un pîcotement sur sa nuque, et réveîaît e souvenîr de déîcîeux efleurements sur sa peau. — Je ne peux pas en dîre autant ! Ee avaît mîs dans sa voîx toute a froîdeur dont ee étaît capabe. I faaît que Tarîk comprenne que tout ce qu’ee vouaît, c’étaît être débarrassée de uî à jamaîs. Ce qu’î y avaît eu entre eux par e passé étaît bîen trop compîqué pour reprendre vîe dans e présent. — Tu es bîen a dernîère personne que j’auraîs souhaîté revoîr, enchaïna-t-ee. Sî tu dîsparaîs dans a seconde, nous pourrons îmagîner que cette rencontre n’a jamaîs eu îeu. Le regard de jade de Tarîk s’obscurcît. I enfonça ses ongues maîns ines dans es poches de son jean. A quoî jouaît-î? se demanda Jessa. Pourquoî s’efforçaît-î de sîmuer a décontractîon qu’î se paîsaît à affecter par e passé? Ee savaît maîntenant que cea n’avaît été qu’une façade. Et cette posture étaît d’autant pus hypocrîte que ’homme quî se tenaît devant ee n’avaît rîen de commun avec ceuî que Tarîk avaît prétendu être. — Je constate que es années t’ont rendue pus acerbe. Y a-t-î d’autres choses quî ont changé en toî ? Suîs-je face à une nouvee Jessa ? Sî Jessa avaît changé, c’étaît bîen parce qu’î y avaît dans sa vîe queque chose de nouveau. Maîs, cea, ee ne pouvaît en aucun cas en faîre état devant uî. Ou bîen étaît-î au courant ? Luî tendaît-î un pîège ? Ee reeva e menton et serra es poîngs, décîdant que a meîeure défense étaît ’attaque. — J’aî mûrî, voîà tout. On ne me prendra pus à suppîer personne. Tarîk ne it pas un geste, maîs Jessa e sentît se raîdîr, comme s’î se préparaît au combat. Ses èvres s’încur-
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vèrent en une mîmîque trop menaçante pour ressember à un sourîre. — Pour autant qu’î m’en souvîenne, je ne t’aî jamaîs entendu faîre rîen de te. Sauf, peut-être, dans mon ît. Pour ma part, je seraîs ravî de revîvre de tees scènes ! Jessa ouvrît des yeux ronds. Comment osaît-î rappeer ces moments ? Quant à ee, ee se refusaît absoument à se remémorer cet aspect de eur reatîon. — Ce n’est pas près d’arrîver, dît-ee, es dents serrées. I y a ongtemps que j’aî rayé es pay-boys de ma vîe. Autour d’eux, Jessa sentît ’aîr se charger d’éectrîcîté. Les yeux verts de Tarîk n’étaîent pus que deux mînces fentes. De nouveau, ee songea que ’homme quî se tenaît devant ee n’étaît pus ceuî qu’ee avaît connu naguère. Ee auraît tort de e sous-estîmer, ou de présumer de ses propres forces. N’avaît-ee pas toujours faît preuve d’une faîbesse coupabe e concernant ? Mortîiée, ee se rendaît compte qu’î uî faîsaît toujours autant d’effet. A croîre qu’î gardaît sur ee un pouvoîr întact. Sa poîtrîne tendît ’étoffe de son corsage, et ses joues s’empourprèrent. Au cœur de sa fémînîté, une chaeur famîîère se réveîa. Ee se mordît a èvre, bîen décîdée à ne pas trahîr des émotîons qu’ee se refusaît à uî aîsser percevoîr. Après tout, ’achîmîe quî sembaît toujours exîster entre eux n’étaît qu’une sîmpe réactîon chîmîque. Cea ne sîgnîiaît rîen.
La femme quî soutenaît son regard hantaît ’îmagînatîon de Tarîk ben Khaed A-Nour depuîs des années. Où qu’î aîe. Quoî qu’î fasse. Et î n’étaît pas homme à aîsser des fantômes e tour-menter îndéinîment.
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Néanmoîns, Jessa auraît dû faîre preuve d’un peu pus de cîrconspectîon, et ne pas uî tenîr tête comme sî ee îgnoraît e danger qu’ee couraît. Certes, î se consîdéraît comme un cheîkh évoué, et exerçaît ses fonctîons en homme éprîs de modernîté. Cependant, î n’auraît pas détesté jeter Jessa Heath en travers de a see de son cheva, pour ’emporter au in fond du désert quî constîtuaît ’essentîe du terrîtoîre sur eque î régnaît, dans a pénînsue Arabîque. I se féîcîta d’avoîr prîs a décîsîon de venîr jusqu’à ee. De ’affronter. Quand bîen même ee s’obstînaît à e déier comme ee ’avaît faît par e passé. D’accord, î auraît dû être furîeux qu’ee se montre sî dîstante, et qu’ee aît ’audace de e houspîer. Luî, e cheîkh Tarîk ben Khaed A-Nour, souveraîn du royaume de Nour, auraît dû avoîr honte de s’abaîsser à aer uî-même débusquer dans sa retraîte cette femme quî étaît a seue à avoîr jamaîs osé ’abandonner. La seue quî uî eût jamaîs înspîré des regrets. Son taîeur ma coupé ne a mettaît guère en vaeur ! constata-t-î. De pus, ee ’accueîaît avec une froîdeur à aquee î ne s’étaît pas attendu ! Rîen que cette însute auraît dû e mettre en rage. Au îeu de quoî, î étaît încapabe d’éprouver pour ee autre chose qu’un însatîabe désîr. I uî avaît sufi de poser es yeux sur ce corps aux formes vouptueuses — qu’î contînuaît à chercher à son côté dans son sommeî — sur ces grands yeux noîsette, sur cette bouche pupeuse pour sentîr s’éveîer sa vîrîîté. I retrouvaît e goût de sa peau sur ses èvres, e souvenîr de sa fougue orsqu’ee se aîssaît emporter par a passîon. Que n’auraît-î donné pour a posséder de nouveau ! On verraît, aors, sî ee contînuaît à e braver… — Un pay-boy ! C’est donc aînsî que tu me voyaîs ? Garder un ton désînvote uî avaît demandé un effort
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manîfeste, et î n’étaît pas convaîncu d’avoîr réussî à masquer son agacement. Décîdément, a jeune femme uî rappeaît bîen trop ’exîstence désordonnée qu’î avaît menée à une certaîne époque. Pourtant, î ne pouvaît s’empêcher de a désîrer. Et d’être détermîné à a mettre de nouveau dans son ît. — Cette accusatîon me surprend, poursuîvît-î. Le teînt d’abâtre de Jessa prît une cooratîon pêche, trahîssant sa nervosîté. — Ce n’est pas une accusatîon, ança-t-ee. C’est une sîmpe vérîté. Tarîk a ixa onguement. Jessa ne pouvaît savoîr à que poînt e souvenîr de ses années d’înconduîte e pongeaît dans a honte. Dans son esprît, ee étaît assocîée à cette pérîode de sa vîe à aquee î avaît dû renoncer par force, et quî aujourd’huî uî faîsaît horreur. Depuîs eur rupture, î uttaît pour se défaîre de ’emprîse qu’ee gardaît sur uî. I n’avaît cessé de se répéter que, s’î ne parvenaît pas à ’oubîer, c’étaît tout sîmpement parce qu’î ne supportaît pas d’avoîr été quîtté. Or, ee n’avaît faît qu’antîcîper une décîsîon qu’î auraît inî par prendre tôt ou tard, comme î e faîsaît avec chacune de ses maïtresses successîves. Et pourtant î étaît à, devant ee. — Donc, je n’étaîs qu’un vugaîre pay-boy ! Un être dépourvu de a moîndre sensîbîîté, je suppose. Est-ce à dîre que je me comportaîs comme un mule, et que je traîtaîs comme un jouet sexue, à mon entîère dîsposîtîon ? Ma chose, pour tout dîre ! Jessa devînt écarate. Magré uî, Tarîk se réjouît de constater son îrrîtatîon. En uî, e guerrîer prenaît e dessus, prêt à îvrer bataîe. Ee pînça es èvres. — Lîbre à toî de penser cea, répîqua-t-ee. Pour ma
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part, je ne me suîs jamaîs consîdérée comme t’appartenant, de queque manîère que ce soît. — Effectîvement ! Tu me ’as bîen faît comprendre, î y a cînq ans ! Le ton cassant qu’î avaît empoyé a it se raîdîr. Tarîk s’avança, jusqu’à ce qu’î n’y aît pus entre eux que a barrîère symboîque du bureau. — Quoî qu’î en soît, reprît-î, est-ce à une façon d’accueîîr un vîeî amî ? — Unami? répéta Jessa. Is n’étaîent pus qu’à moîns d’un mètre ’un de ’autre. Tarîk n’auraît eu qu’à tendre e bras pour a toucher. Ee dégutît nerveusement, et cea e it sourîre. Ee étaît toujours a même, avec ses bouces cuîvrées, ses prunees d’un brun doré, es taches de rousseur quî consteaîent son déîcîeux petît nez, et cette bouche évocatrîce de tant de déîces… De pus, î n’y avaît pas à douter qu’ee fût encore sensîbe à son charme. Aaît-ee s’embraser s’î a touchaît, comme autrefoîs ? I mouraît d’envîe d’essayer. — Que suggères-tu ? demanda-t-ee, en haussant ses ravîssants sourcîs. Que nous aîons prendre un café tous es deux ? Pour parer du bon vîeux temps, peut-être ? J’avoue que cea ne me tente guère. — Je suîs accabé ! D’ordînaîre, mes ancîennes maï-tresses se montrent pus coopératîves. Ee ne parut pas goûter ces traîts d’humour. Ses prunees s’assombrîrent, et ee se redressa dîgnement. — Pourquoî es-tu venu jusqu’îcî, Tarîk ? questîonna-t-ee d’un ton sec, croîsant es bras sur sa poîtrîne. Chercheraîs-tu un appartement à ouer à York ? Sî te est e cas, î te faudra revenîr, car mes patrons sont en rendez-vous. Je ne suîs que eur assîstante. — A ton avîs, Jessa, pourquoî suîs-je îcî ? La questîon tomba dans un ourd sîence, que Tarîk ne chercha pas à meuber.
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