Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Achetez pour : 5,49 €

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

Vous aimerez aussi

suivant
1.
— Que faites-vous dans mon bureau ? Samantha Thompson sursauta en entendant cette voix et faiit en faire tomber son styo. La ampe projetait juste assez de umière pour qu’ee puisse distinguer ’homme qui se tenait dans ’embrasure de a porte. — Bake, vous m’avez fait une de ces peurs ! En effet, son cœur battait à tout rompre, mais n’était-ce pas ’effet habitue que Bake Jarrod produisait sur ee ? Ee admira sa sihouette athétique, que son smoking mettait encore davantage en vaeur. I avait indéniabement a prestance d’un meneur d’hommes. P.-D.G. de Bake Jarrod Enterprises’Las Vegas hotes, i venait d’obtenir e poste de P.-D.G. de Jarrod Ridge, e compexe touristique que sa famie possédait à Aspen, a céèbre station de ski du Coorado. Etant son assistante depuis deux ans, i n’y avait rien d’anorma à ce qu’ee soit dans e bureau de son patron à 22 heures. Et ce n’était pas parce qu’ee utiisait e bureau du défunt père de Bake, situé dans e manoir de a famie, que cea changeait queque chose. Ee avait de bonnes raisons d’être à. Des raisons qui concernaient directement son patron. Ou putôt son futur ex-patron. — I est tard, observa-t-i.
8
Un sulfureux tête-à-tête
Ee prit une inspiration pour se camer et regarda a ettre qu’ee tenait à a main. Aait-ee oui ou non a donner ? Puis ee se rappea a soirée catas-trophique qu’ee venait de passer. Le point cuminant avait été ’arrivée d’une céèbre starette bonde qui avait outrageusement lirté avec Bake, et ui n’avait même pas essayé de dissimuer e paisir qu’i avait à être ainsi courtisé. Samantha ne pouvait pas ui reprocher de vouoir goûter à ce qui ui était offert, si te était son choix. Le probème, c’était qu’i avait refusé de goûter à ce qu’elle-mêmeui offrait. D’habitude, ee portait des taieurs éégants et discrets, à Las Vegas comme à Aspen, mais ce soir ee s’était mise en frais. Pour qu’i a remarque enîn, ee avait choisi une petite robe mouante coueur crème, et avait reevé ses ongs cheveux châtains en chignon, aors qu’ee es attachait habitueement sur a nuque. Mais, à ’évidence, cea n’avait eu aucun effet. I ne se passerait jamais rien entre eux. Ee ’avait enîn compris au moment où i ’avait aperçue et qu’ee ui avait adressé son pus beau sourire. I s’était retourné vers ’actrice sans ui prêter a moindre attention. I ’avait rejetée, comme Car ’avait rejetée. Ee avait donc pris une décision. La bonne décision. Laseuledécision possibe. Ee eva es yeux. — Oui, i est tard, Bake. Trop tard. I avança vers ee, comme s’i pressentait que queque chose cochait. — Je croyais que vous rentriez à Pine Lodge.
Un sulfureux tête-à-tête
9
C’était ce qu’ee avait prévu. Ee était même descendue dans e ha du manoir, manteau sur es épaues, pour attendre e monospace qui a ramènerait à Pine Lodge, situé non oin du manoir. Un chaet privé qu’ee partageait avec Bake — ee dormait dans une chambre d’ami, et Bake dans a suite principae. Et puis, quequ’un était entré dans e ha. Lorsque es portes s’étaient ouvertes, a froide brise d’automne ’avait frappée de pein fouet, comme pour ui rappeer que, quoi qu’ee porte, quoi qu’ee fasse, Bake ne a verrait jamais autrement que comme son empoyée. Aors, ee avait rebroussé chemin et s’était dirigée vers ’ascenseur privé, pour gagner son bureau, situé dans ’aie famiiae du manoir. — J’avais queque chose à înir, dit-ee. I ui ança un regard perçant comme s’i vouait ire dans son âme. — Nous sommes vendredi soir. Le travai peut attendre demain. Depuis eur arrivée à Aspen, is avaient travaié tous es samedis, pour garder e cap, en attendant qu’is s’instaent ici de façon permanente. Mais maintenant tout était remis en cause. Pour ee, du moins. — Ça ne peut pas attendre. — Qu’est-ce qui ne peut pas attendre ? Ee dégutit avant de répondre. — Ma ettre de démission. Ee vit passer un écair de surprise dans ses yeux si beus. — De quoi parez-vous ? dit-i d’une voix posée. I ne manifestait aucune émotion. Comme à son habitude, surtout avec ee. — I est temps pour moi d’avancer, Bake. C’est tout.
10
Un sulfureux tête-à-tête
— Pourquoi ? La question a désarçonna, mais ee parvint à hausser es épaues. — Parce que. I posa es mains sur e bureau et se pencha vers ee. — Que est e probème, Samantha ? Quee est a véritabe raison de votre départ ? Ee ui avait tenu tête sur des sujets professionnes à pusieurs reprises, mais cette fois c’était… personne. Avec prudence, ee recua e fauteui de cuir et, d’une démarche rendue incertaine par ses invraisembabes stiettos, se dirigea vers a vaste baie vitrée. En ce mois d’octobre, e uxueux compexe touristique offrait un tabeau charmant. Avec ses rues sinueuses et ses chaets, niché entre es hautes montagnes, e viage étinceait de manière féerique. Pour ee, une Caifornienne qui vivait à Las Vegas, a station possédait un charme qu’ee n’avait retrouvé nue part aieurs. Cet endroit avait du cœur. — I est temps pour moi de partir, dit-ee, e dos tourné. — Vous n’êtes pas heureuse, ici ? — Si ! s’excama-t-ee en se retournant. C’était contradictoire, ee en était consciente, et i devait sans doute se poser des questions. Pour être franche, ee se sentait un peu déprimée depuis queques semaines. Pus précisément, depuis que a sœur de Bake, Meissa, avait annoncé sa gros-sesse. Ee était pourtant heureuse pour Meissa, et ignorait pourquoi ’heureuse nouvee a perturbait. — Aors, que est e probème ? insista-t-i en se redressant.
Un sulfureux tête-à-tête
11
« Vous. C’est vous e probème. Je veux que vous me remarquiez. Je vous veux, tout simpement. » Mais comment dire cea à un homme qui ne ’avait jamais regardée en tant que femme ? Ee était sa îdèe assistante, et c’était à peu près tout. Jamais ee ne s’était comportée de façon ouvertement séductrice avec ui. Non, ee était toujours restée très professionnee. Ee aurait dû de temps à autre aisser s’exprimer son côté féminin. Si ee ’avait fait, peut-être ne serait-ee pas dans cette situation aujourd’hui. Pour autant, ee n’était pas amoureuse de ui. Ee était juste très attirée par ui. C’était un homme charismatique, séduisant, qui charmait es femmes sans effort, mais qui se montrait difîcie en ce qui concernait cees qu’i amenait dans son it. Or, ee vouait qu’i a remarque, qu’i a séduise. Ee vouait être dans son it, et dans ses bras. Maheureusement, ee n’avait jamais été ’objet de son attention, ee e mesurait vraiment à présent. Jusqu’à ce soir, ee y avait cru, mais après e rejet inconscient qu’i ui avait inligé ee avait compris une chose : s’i apprenait ce qu’ee ressentait pour ui, cea changerait tout. Ee serait embarrassée, et ui aussi. Ee serait humiiée, exactement comme avec Car. Et bien sûr ee ne pourrait pas continuer à travaier dans ces conditions. I vaait mieux partir avec un peu de dignité. — Samantha ? Pour a première fois, cea ui ît un drôe d’effet de ’entendre prononcer son nom. — Vous savez quoi, Bake ? Vous ne m’avez jamais appeée Sam. Pas une seue fois. C’est toujours Samantha. I fronça es sourcis.
12
Un sulfureux tête-à-tête
— Qu’est-ce que cea a à voir avec ça ? Tout. Ee vouait être Sam, de temps en temps. Sam, a jeune femme qui, après une dououreuse rupture amoureuse, avait quitté son quartier de Pasadena pour venir vivre dans a trépidante vie de Las Vegas. Sam, a femme audacieuse, capabe de désirer un homme tout en protégeant son cœur. Mais pour Bake ee n’était jamais que Samantha, ’assistante personnee qui ’aidait à diriger son bureau et sa vie, et qui faisait en sorte que tout soit toujours en ordre, comme i e souhaitait. Comment avait-ee pu croire un instant qu’ee pourrait avoir une chance avec ui ? — J’ai mes raisons pour démissionner, et c’est tout ce que vous avez besoin de savoir, répiqua-t-ee en s’apercevant qu’i attendait toujours une réponse. — Est-ce que quequ’un vous fait des ennuis ? Quequ’un de ma famie ? Je eur parerai si c’est e cas. Dites-moi. Ee secoua a tête. — Votre famie est formidabe. C’est… Ee hésita, regrettant de ne pas avoir pris e temps de préparer une expication pausibe. A sa décharge, ee ne s’était pas attendue à être ici ce soir à écrire sa ettre de démission, ni à ce qu’i a surprenne en train de a ui déposer. Ee avait cru qu’i înirait a soirée dans un cub, avec Miss Hoywood. — J’en veux davantage, tout simpement, vous comprenez ? Ce n’est pas du tout dirigé contre vous ou votre famie. I s’agit de moi. I fronça es sourcis, comme si ee ui parait une angue qu’i ne comprenait pas.
Un sulfureux tête-à-tête
13
— Voyager en première casse et vivre dans un endroit de casse mondiae, ça ne vous sufît pas ? — Non. En fait, je songe à rentrer à Pasadena pour queque temps, mentit-ee. Quoique, au fond, ce n’était pas une si mauvaise idée. — Jusqu’à ce que je décide de ce que je veux faire ensuite. — Et cea vous apportera ce que vous cherchez ? Si je me souviens bien, vous m’avez dit avoir quitté Pasadena pour mener une vie pus excitante. Oui, c’est bien ce qu’ee ui avait dit — et ee avait, en effet, cherché à rempir son existence par autre chose que des eçons de piano et des séances de shopping avec ses amies — mais c’était i y a quatre ans. Quand e jeune architecte à qui ee venait de décarer sa lamme était parti courir e monde, ee avait décidé de trouver sa propre source d’excitation. Son travai avec Bake ui avait offert ’occasion de vivre à cent à ’heure, sans aucun investissement émotionne. Jusqu’à aujourd’hui. Et même maintenant i n’était question que de désir, et non d’amour. I a îxa d’un regard perçant. — Vous sembiez heureuse avant de venir à Aspen. — J’étais… je suis… je veux dire… Ee était en train de s’emmêer es pinceaux, ne sachant par où commencer. Lorsque, queques mois pus tôt, i avait annoncé qu’i rentrait dans sa vie d’origine, et qu’ee devrait e suivre, ee avait en effet été enchantée. Le père de Bake avait exigé dans son testament que tous ses enfants reviennent à Jarrod Ridge une année durant, faute de quoi, is perdraient eur héritage. Bake étant ’aïné — i avait queques
14
Un sulfureux tête-à-tête
minutes de pus que son jumeau Guy —, c’était ui qui avait reevé e déî de diriger e compexe. Depuis, is avaient fait pusieurs aers-retours entre Aspen et Las Vegas. Bake conserverait ses hôtes à terme, mais dorénavant i passerait e pus cair de son temps à Aspen. Ee avait été très heureuse de cette décision. Jusqu’à ce soir. Ee s’écaircit a voix. — Ma famie et mes amis sont à Pasadena. Is me manquent. — J’ignorais que vous aviez des amis. — Merci, c’est très aimabe, ironisa-t-ee. — Vous savez ce que je veux dire, rétorqua-t-i d’un ton impatient. Vous travaiez ou vous voyagez avec moi en permanence, et vous rentrez rarement chez vous, en dehors des vacances. Vos amis n’ont jamais été une priorité auparavant. — J’imagine que ça a changé. Heureusement, Car n’était jamais revenu de ses voyages, et ee avait entendu dire qu’i avait épousé une Angaise. Natureement, e temps et a distance ui avaient montré qu’ee n’avait pas vraiment été amou-reuse de ui. Ee avait aimél’idéed’être amoureuse d’un homme intrépide qui parait de partir à ’aventure dans des contrées ointaines. Ee avait bêtement cru qu’is visiteraient tous ces pays ensembe. Que était son probème ? Pourquoi ne cessait-ee de désirer des hommes qui ne a désiraient pas ? — Qu’aez-vous faire après Pasadena, aors ? — Je ne sais pas encore. Je trouverai bien. Peut-être qu’un de mes rares amis m’aidera à trouver un travai. Tout ce qu’ee savait, c’était qu’ee ne travaierait
Un sulfureux tête-à-tête
15
pus pour Bake, ni à Aspen, ni à Las Vegas. Ee avait besoin d’une rupture caire et nette. I ’observait attentivement et ee faiit détourner es yeux pour ne pas qu’i a perce à jour. — Vous avez beaucoup de reations, vous pourrez toujours es faire jouer, suggéra-t-i. Ee sentit sa gorge se nouer. I sembait commencer à accepter sa décision. Et, cela,pus que tout e reste, démontrait qu’i ne se souciait pas d’ee. Ee n’était qu’une empoyée parmi d’autres, pour ui. Rien de pus. — J’envisage de changer de travai. — Pour faire quoi ? — Je ne sais pas encore. Ee prit une inspiration. — En tout cas, j’aimerais vivement quitter Aspen aussi vite que possibe, pour boucer mes dossiers à Las Vegas avant de rentrer chez moi. Cea ne devrait guère prendre pus de deux jours. Ee s’assurerait de ne pas prendre pus de temps. I ui ança un ong regard dubitatif qui a mit ma à ’aise et à son grand dam ee se sentit rougir. — Vous me cachez queque chose, décara-t-i sur e ton de ’évidence. Ee sentit son cœur battre à coups redoubés. Mais pourrait-i seuement se douter du în mot de ’histoire ? — I n’y a rien d’autre à dire. J’ai une vie, vous savez, et une famie, Bake, même si vous avez du ma à y croire. Ee ne pouvait en supporter davantage. Ee devait à tout prix mettre un terme à cet entretien et revint prendre a ettre sur e bureau. — Aors, j’apprécierais si vous acceptiez ma démis-
16
Un sulfureux tête-à-tête
sion, dit-ee. Dans ’idéa, j’aimerais partir dès que possibe. Demain, même. Ee s’approcha de ui et ui tendit a ettre, tres-saiant orsqu’ee comprit qu’i ne a prendrait pas. Au contraire, i resta immobie. Et déibérément muet. — Non, dit-i enîn. — Qu-quoi ? ît-ee, abasourdie. — Non. Je refuse votre démission, surtout quand vous me a donnez sans préavis. J’ai besoin de vous ici, avec moi. Ee aurait pu être lattée d’entendre de tees paroes, mais es images de a soirée qu’is venaient de passer étaient encore trop présentes à son esprit. Cea avait été un véritabe cavaire pour ee de e regarder lirter avec cette actrice. Comment rester tout en continuant à cacher son désir pour ui ? Ee ui présenta de nouveau a ettre mais i ne a regarda même pas. — Je ne peux pas rester, Bake, insista-t-ee. I faut vraiment que je parte. Maintenant. Demain, au pus tard. Comme i ne prenait toujours pas a ettre, ee baissa e bras. — Je suis e nouveau P.-D.G. de Jarrod Ridge, Samantha. Ce ne serait pas professionne de votre part de m’abandonner du jour au endemain. Ee regrettait de e mettre dans cette fâcheuse posture, mais i y aait de son équiibre émotionne. — Je sais, mais i y a d’autres personnes tout à fait capabes de me rempacer. Vous n’avez qu’à contacter une agence de recrutement haut de gamme. Je peux même e faire pour vous avant mon départ. Des tas