Un trop séduisant milliardaire

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Quand elle se retrouve face à Lorenzo Hall, son nouveau patron, Sophie Braithwaite se sent soudain au bord de la panique : si elle travaille tous les jours avec cet homme si séduisant, qui ne lui cache pas qu’il la trouve fort à son goût, ne risque-t-elle pas de céder au désir ? Et lorsqu’il ne voudra plus d’elle, nul doute qu’il la congédiera sans pitié… A la pensée qu’elle pourrait alors décevoir de nouveau sa famille, persuadée qu’elle est incapable de voler de ses propres ailes, Sophie se jure qu’elle fera tout pour résister au charme ensorcelant du beau milliardaire…
Publié le : jeudi 1 septembre 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280237390
Nombre de pages : 160
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1.
Sophia se mit à battre nerveusement du pied sur le sol de béton, sa manière habituelle de se libérer d’un excès d’agitation intérieure. La patience ne faisait pas partie de ses qualités premières, et le peu dont elle disposait était mis à rude épreuve par l’homme qu’elle était venue voir.
La réceptionniste lui avait indiqué où se trouvait le bureau ; elle vérifia de nouveau le nom affiché sur la porte, qui lui confirma pour la vingtième fois qu’elle était au bon endroit. Elle était arrivée à l’heure, et était la seule à être ponctuelle.
Réprimant un soupir, elle se tourna pour étudier les photos accrochées au mur. Toutes représentaient la campagne italienne. Un choix de Cara, sans doute. Puis son regard dériva vers le bureau, ou du moins vers ce qu’elle en distinguait sous l’amas de dossiers, courrier et papiers divers qui s’entassaient dessus.
Si elle avait été une espionne, elle aurait eu tout loisir de fouiller dans les documents abandonnés là. Une pile s’était effondrée sur le clavier de l’ordinateur, une chemise s’était même déversée dans le fauteuil en cuir, de l’autre côté. Cara n’avait pas exagéré en affirmant être partie en catastrophe…
« Je n’avais plus toute ma tête et depuis, avec les derniers événements, je n’ai pas pu revenir au bureau », avait-elle expliqué.
« Les derniers événements », c’était la naissance prématurée de sa fille. Celle-ci était encore en couveuse à l’hôpital, où sa mère la veillait, les yeux cernés et le visage anxieux. Cara avait donc dû abandonner son travail à mi-temps pour le Fonds Whistle, l’organisation caritative de Lorenzo Hall.
Ce même Lorenzo Hall qui brillait en ce moment par son absence…
Où pouvait bien se trouver le célèbre homme d’affaires, le chouchou de la haute société, le magicien du négoce viticole encensé par la presse financière ?
Sophia se rendit soudain compte qu’elle tapait du pied au même rythme qu’un martèlement sourd et lointain — un peu comme si quelqu’un enfonçait un clou quelque part dans l’immeuble, tapant, s’arrêtant, reprenant de plus belle. Secouant la tête avec irritation, elle se déplaça dans le bureau, examinant plus attentivement les lieux. Il faudrait du temps pour absorber tout ce travail en retard. Elle aurait dû refuser, mais elle n’avait jamais su dire non — une incapacité chronique qui avait été source de bien des ennuis.
Car tout le monde le savait et en profitait : cela faisait à peine un mois qu’elle était revenue en Nouvelle-Zélande, mais déjà sa famille avait réussi à remplir son agenda. Elle avait accepté sans rechigner ce qu’on lui demandait, en dépit de ses bonnes résolutions. Par son comportement, sans doute laissait-elle penser qu’elle n’avait rien de mieux à faire et encourageait-elle sa famille à exiger toujours plus.
Elle avait pourtant un projet qui lui tenait à cœur, un projet auquel il lui faudrait consacrer du temps. Pour le mener à bien, elle allait devoir apprendre à refuser.
Peut-être le destin lui en offrait-il l’occasion ? Pourquoi attendait-elle sagement que Lorenzo Hall daigne se rappeler leur rendez-vous ? Elle regarda la jolie montre qu’elle avait achetée dans une brocante de Londres mais, cette fois, n’éprouva pas le plaisir habituel à la vue du vieux cadran jauni. Elle constata, en revanche, que l’homme d’affaires était en retard de vingt minutes.
Le martèlement sourd se fit de nouveau entendre, éveillant dans son esprit des souvenirs d’école. Etait-il possible que… ?
Incrédule, elle contourna le bureau pour regarder par la fenêtre. En contrebas, entre le bâtiment où elle se trouvait et un vieil entrepôt, un homme jouait au basket dans une cour désaffectée — le ballon était la source de la pulsation sourde qui l’avait intriguée. Il pivota et Sophia entrevit un visage qu’elle avait déjà vu en photo dans divers magazines, celui de Lorenzo Hall…
S’il avait joué contre quelqu’un, elle aurait pu comprendre son retard : il aurait pu vouloir terminer un match. Mais il n’avait pas d’adversaire. Il s’amusait pendant qu’elle l’attendait.
Son irritation se transforma en colère. Pourquoi son temps serait-il moins précieux que celui de cet homme ? Furieuse, elle regagna le rez-de-chaussée, ses talons cliquetant sur le sol de marbre. D’un geste, elle arrêta la réceptionniste, qui se dirigeait d’un pas pressé vers un bureau, un casque sans fil sur la tête.
— Excusez-moi, j’aimerais savoir quand M. Hall sera disponible.
La jeune femme la dévisagea, médusée et visiblement épuisée.
— Vous voulez dire qu’il n’est pas là-haut ?
Sophia lui jeta un regard agacé. N’était-elle pas censée savoir où son patron se trouvait ?
— Apparemment non, répliqua-t-elle froidement.
— Je suis sûre de l’avoir vu passer, pourtant. Essayez au troisième ou dans la cour.
Puis la réceptionniste repartit sans plus lui prêter attention. Après une hésitation, Sophia se dirigea vers la porte située derrière la réception et qui, selon ses déductions, devait donner dans la cour en question.
Leur rendez-vous avait été fixé deux jours plus tôt. Sophia avait du mal à s’expliquer la réussite professionnelle de Lorenzo Hall s’il n’était pas capable d’être ponctuel. La main sur la poignée, elle hésita et redressa les épaules. Puis elle tira le lourd battant de bois.
***
Elle avait eu beau se préparer mentalement, elle fut ébranlée de se retrouver soudain en présence du célèbre businessman, … Le souffle coupé, elle s’arrêta sur le seuil.torse nu
Il lui tournait le dos, dont elle put constater qu’il était fort musclé. Sa peau luisante de sueur arborait un magnifique hâle cuivré. Un feu liquide courut dans les veines de Sophia — certainement dû à la colère, analysa-t-elle.
Lorenzo Hall faisait face au panier et, le ballon au bout des doigts, s’apprêtait à le lancer. Elle attendit le moment précis où il allait tirer. Alors, elle éleva la voix et demanda de son ton le plus sec :
— Monsieur Hall ?
Sa tactique eut l’effet escompté : le ballon manqua largement le panier. Un sourire satisfait se dessina sur les lèvres de Sophia, mais disparut presque aussitôt quand l’homme se retourna.
Malgré la distance qui les séparait, elle aurait juré sentir la chaleur qui émanait de lui. Il la dévisagea d’un coup d’œil rapide, lui laissant à peine le temps de remarquer qu’il avait les yeux les plus noirs qu’elle avait jamais vus. Puis il pivota de nouveau vers le panier.
Sophia cligna des yeux, déroutée. Etait-ce tout ? Un seul regard et il l’avait jugée ? Elle avait beau être le mouton noir de la famille, elle savait qu’elle avait plutôt de l’allure, surtout avec la jupe de lin bleu et la chemise blanche impeccable qu’elle portait aujourd’hui. Son carré de cheveux blonds encadrait un visage qu’on disait joli. Mais tout cela semblait laisser Lorenzo Hall de marbre.
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